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L’ostéoporose est une maladie du squelette caractérisée par une diminution de la résistance osseuse, ce qui rend les os plus fragiles et plus susceptibles de se fracturer, même après un choc minime.
Elle résulte d’un déséquilibre entre deux processus naturels :
Chez les personnes en bonne santé, ces deux mécanismes s’équilibrent. Avec l’âge ou certains facteurs, la résorption l’emporte sur la formation, ce qui fragilise l’os.
L’ostéopénie, quant à elle, est un stade précoce : la densité osseuse est inférieure à la normale, mais pas encore suffisamment basse pour parler d’ostéoporose. Détecter une ostéopénie est important car c’est un signal d’alerte qui permet d’agir avant que les fractures ne surviennent. Une personne présentant une ostéopénie peut néanmoins avoir un risque de fracture plus important en présence d’autres facteurs de risque. La densité minérale osseuse ne suffit donc pas, à elle seule, à déterminer le risque fracturaire.
Le vieillissement représente le principal facteur d’ostéoporose. La masse osseuse augmente pendant l’enfance et l’adolescence pour atteindre son maximum vers 25 ans environ, puis reste relativement stable avant de diminuer progressivement, notamment à partir de 40–50 ans.
Plusieurs facteurs peuvent accélérer cette perte osseuse ou augmenter le risque de fracture :
Parmi les médicaments susceptibles de favoriser une perte osseuse figurent notamment les corticoïdes au long cours, certains traitements hormonaux des cancers du sein ou de la prostate, certains inhibiteurs de la pompe à protons et certains antidépresseurs. L’Inserm et l’Assurance Maladie citent ces traitements parmi les causes possibles d’ostéoporose secondaire.
Les femmes sont davantage touchées, en particulier après la ménopause. Les œstrogènes participent en effet au maintien de l’équilibre du remodelage osseux. Lorsque leur concentration diminue à la ménopause, la perte osseuse s’accélère pendant plusieurs années.
Selon l’Inserm, l’ostéoporose est deux à trois fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes, et l’accélération de la perte osseuse liée à la chute des œstrogènes peut se prolonger pendant environ 5 à 10 ans après la ménopause.
L’ostéoporose masculine ne doit cependant pas être négligée. Les hommes développent généralement la maladie plus tardivement, mais environ un quart des fractures dues à une fragilité osseuse surviennent chez des hommes, toujours selon l’Inserm.
L’ostéoporose est souvent appelée « maladie silencieuse » car elle n’entraîne généralement aucun symptôme au début de son évolution. Une fracture de fragilité peut ainsi constituer le premier signe de la maladie.
Une fracture de fragilité survient après un traumatisme de faible énergie, par exemple une chute de sa propre hauteur. Les localisations les plus fréquentes concernent le poignet et l’avant-bras, les vertèbres et l’extrémité supérieure du fémur.
L’examen de référence est l’ostéodensitométrie, également appelée DXA. Elle utilise des rayons X de faible intensité pour mesurer la densité minérale osseuse, généralement au niveau du rachis lombaire et de l’extrémité supérieure du fémur. L’examen est indolore, ne nécessite ni injection ni prélèvement et ne dure que quelques minutes. Chez la femme ménopausée et l’homme à partir de 50 ans, l’interprétation de la densité minérale osseuse repose notamment sur le T-score :
Le T-score ne doit toutefois pas être interprété isolément et ces seuils ne doivent pas être présentés comme universels chez tous les patients. Une personne peut présenter un risque important de fracture même avec une densité minérale osseuse qui n’atteint pas le seuil de l’ostéoporose.
L’Inserm souligne d’ailleurs qu’environ la moitié des fractures ostéoporotiques surviennent chez des personnes dont la densité minérale osseuse (DMO) n’apparaît pas particulièrement basse, ce qui montre que la DMO ne suffit pas à elle seule à prédire le risque de fracture. La qualité et la microarchitecture de l’os interviennent également dans sa résistance.
Le médecin peut également utiliser FRAX®, un outil d’évaluation du risque fracturaire développé par une équipe de l'université de Sheffield. Il estime la probabilité de présenter, dans les dix années suivantes, une fracture majeure liée à l’ostéoporose ou une fracture de hanche en intégrant différents facteurs cliniques.
Contrairement à une idée répandue, l’ostéoporose elle-même ne provoque généralement pas de douleur avant la survenue d’une fracture. Il est donc difficile de parler de véritables « signes précoces ».
Une diminution de la taille, l’apparition progressive d’un dos voûté ou certaines douleurs dorsales peuvent être les conséquences d’une ou plusieurs fractures vertébrales. Celles-ci peuvent parfois passer inaperçues, car elles ne sont pas toujours douloureuses.
Les principales fractures liées à l’ostéoporose sont :
Les conséquences dépassent largement la douleur immédiate. Les fractures sévères peuvent entraîner une perte de mobilité, une diminution de l’autonomie, des douleurs persistantes et, chez les personnes âgées ou fragiles, des complications susceptibles d’engager le pronostic vital.
La prévention de l’ostéoporose commence dès l’enfance et se poursuit à tous les âges. L’objectif est d’obtenir un pic de masse osseuse aussi élevé que possible au début de l’âge adulte, puis de limiter la perte osseuse et le risque de chute avec l’avancée en âge.
Une alimentation équilibrée apportant suffisamment de calcium et de vitamine D participe au maintien de la santé osseuse.
Parmi les sources alimentaires de calcium figurent notamment :
La vitamine D est notamment apportée par certains poissons gras, le jaune d’œuf et d’autres aliments. Elle est également synthétisée par la peau sous l’action des UVB.
Chez une personne atteinte d’ostéoporose, l’Assurance Maladie indique qu’un apport total en calcium de 1 000 à 1 200 mg par jour doit notamment être recherché chez la femme ménopausée, en privilégiant l’alimentation et en complétant si nécessaire. Une éventuelle carence en vitamine D doit également être corrigée.
La supplémentation en calcium ou en vitamine D ne doit cependant pas être considérée comme un traitement suffisant d’une ostéoporose avérée lorsqu’un traitement spécifique est indiqué.
L’activité physique est bénéfique pour l’os, mais toutes les activités ne sollicitent pas le squelette de la même manière. Les exercices en charge et les exercices contre résistance sont particulièrement intéressants pour la densité minérale osseuse.
L’on peut citer notamment :
Chez les personnes âgées, les activités travaillant l’équilibre, la coordination et la force musculaire sont également importantes parce qu’elles contribuent à diminuer le risque de chute.
La natation reste excellente pour l’endurance et la condition physique générale, mais, l’eau diminuant les contraintes mécaniques exercées sur le squelette, elle ne remplace pas les exercices en charge lorsqu’on cherche spécifiquement à stimuler l’os.
La prévention des fractures passe aussi par la réduction du risque de chute :
Le traitement médicamenteux n’est pas décidé uniquement à partir du T-score. Selon la Haute Autorité de santé et l’Assurance Maladie, un traitement spécifique est indiqué lorsque le risque de fracture est suffisamment élevé, après prise en compte de la densité minérale osseuse, des fractures antérieures, de l’âge et des autres facteurs de risque. Plusieurs traitements sont disponibles.
Lorsqu’ils sont bien prescrits et suivis, ces traitements peuvent réduire le risque de fractures de 30 à 70 %, selon la molécule.
Il est fortement recommandé de continuer à bouger et faire du sport avec de l’ostéoporose :
Le traitement ne doit pas être commencé, interrompu ou modifié sans avis médical.
En France, le dépistage de l'ostéoporose par ostéodensitométrie n'est pas systématique dans la population générale, mais il est recommandé pour :
Une diminution inexpliquée de la taille ou la découverte d’une fracture vertébrale peut également conduire à rechercher une ostéoporose. L’Inserm souligne d’ailleurs que le dépistage après une fracture sévère demeure insuffisant : moins de 10 % des femmes ayant présenté certaines fractures sévères recevraient un traitement approprié de l’ostéoporose.
L’objectif n’est donc pas de réaliser une ostéodensitométrie à un âge arbitraire, mais d’identifier suffisamment tôt les personnes présentant un risque de fracture justifiant une évaluation spécifique.
L’un des principaux pièges de l’ostéoporose est d’attendre l’apparition d’une douleur pour s’en préoccuper. L’absence de symptôme ne signifie pas que les os ne sont pas fragilisés. Chez une personne présentant des facteurs de risque ou après une fracture survenue pour un traumatisme minime, il est important d’en parler à un médecin afin d’évaluer le risque de fracture et de déterminer si une ostéodensitométrie est indiquée.
L’activité physique est un pilier de la prévention, mais elle doit être associée à des apports nutritionnels suffisants, à la prévention des chutes et, lorsque le risque fracturaire le justifie, à un traitement médicamenteux. L’objectif du traitement n’est pas simplement d’améliorer un chiffre de densité minérale osseuse : il est avant tout d’éviter une première fracture ou d’empêcher qu’une nouvelle fracture survienne.
Une attention particulière doit être portée aux personnes ayant déjà présenté une fracture de fragilité. Une fracture du poignet, d’une vertèbre, de la hanche ou de l’humérus après un traumatisme minime peut être le premier signal d’une fragilité osseuse jusque-là silencieuse.
SOURCES :
1. Ostéoporose et ostéopénie : deux situations différentes
2. Les principales causes et facteurs de risque de l’ostéoporose
3. Le diagnostic de l’ostéoporose et le rôle de l’ostéodensitométrie
4. Les manifestations de l’ostéoporose
5. Prévenir l’ostéoporose et préserver la résistance osseuse
6. Les traitements de l’ostéoporose
7. L'âge du dépistage
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