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Le Cancer : types, causes, traitements et prévention
Le Cancer : types, causes, traitements et prévention
Mis à jour le 
22
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05
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2024
Article relu par la Direction Médicale de MédecinDirect
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Le cancer demeure l’une des maladies les plus complexes et dévastatrices de notre époque, qui affecte des millions de vies à travers le monde chaque année. En France, les cancers représentent la première cause de décès chez l’homme et la deuxième chez la femme, selon Santé Publique France. Cette page fournit des informations essentielles sur le cancer.

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Mieux comprendre le cancer

Le cancer n’est pas une maladie unique car, selon la façon dont on le classe, il peut exister plus de 200 types de cancers. Le cancer est donc un terme générique qui désigne différents types de tumeurs malignes.

Le cancer est un dysfonctionnement de certaines cellules de l’organisme qui deviennent anormales et prolifèrent de façon excessive et anarchique, formant ainsi des tumeurs. En 2023, le nombre de nouveaux cas de cancers en France métropolitaine a été estimé à 433 136, avec 150 000 décès.

A ce jour, le pronostic de la maladie dépend :

  • de la génétique du patient ;
  • du tissu touché ;
  • du stade du cancer au moment du diagnostic.

Un cancer est dit in situ lorsqu’il est au stade précoce et donc, confiné à la zone où il a commencé. Le cancer infiltrant ou invasif est celui dont les cellules ont envahi les tissus voisins de la tumeur.

Des études sont toujours en cours pour faire régresser le nombre de décès. Cela se fera non seulement grâce aux traitements personnalisés qui tiennent compte des caractéristiques spécifiques de chaque tumeur et de chaque patient, mais aussi, grâce à la mise au point de techniques de dépistage toujours plus performantes. Les cancers peuvent être classés selon leur origine tissulaire.

Quelques cancers les plus courants

Voici une liste non exhaustive des cancers les plus courants.

Cancer du sein

Le cancer du sein est le cancer féminin le plus répandu. La plupart des cancers du sein se développent à partir des cellules des canaux galactophores (cancers canalaires) et d’autres, à partir de cellules des lobules (cancers lobulaires). Dépisté tôt, le cancer du sein a un bon pronostic, dont le taux de survie à 5 ans est de 87 %.

Les symptômes du cancer du sein peuvent être :

  • une boule dans un sein ;
  • des ganglions durs au niveau de l’aisselle ;
  • des modifications de la peau du sein et du mamelon ;
  • un changement de la taille ou de la forme du sein.

Un programme national de dépistage organisé a été mis en œuvre en France depuis 2004, afin de détecter précocement les cancers du sein et d’en réduire la mortalité. Même si elles ne présentent ni symptômes, ni facteurs de risque, les femmes de 50 à 74 ans sont invitées à faire un examen clinique des seins et une mammographie tous les deux ans.

Le saviez-vous ? Les hommes peuvent également développer un cancer du sein.

Cancer de la prostate

La prostate est une glande masculine qui a pour fonction de produire un liquide entrant dans la composition du sperme. Avec l’âge, deux pathologies peuvent s’installer dans la prostate : l’adénome de la prostate (qui entraine les difficultés à uriner) et le cancer de la prostate.

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme âgé. Dans la plupart des cas, il s’agit d’une tumeur qui évolue lentement et n’entraine pas de symptômes. Ces derniers apparaissent s’il s’agit d’un cancer métastatique, ce qui signifie que la maladie a progressé :

  • augmentation de la fréquence des besoins d’uriner ;
  • difficultés à émettre les urines ;
  • douleurs en urinant ;
  • présence de sang dans l’urine ou le sperme ;
  • éjaculations douloureuses ;
  • troubles de l’érection.

Le risque de développer un cancer de la prostate augmente avec l’âge et la majorité des diagnostics se fait après 65 ans. Dans l’ensemble, les cancers de la prostate ont un très bon pronostic, avec une survie standardisée nette à 5 ans de 93 %.

Cancer du poumon

Le cancer du poumon est l’un des cancers les plus répandus dans le monde. En France, c’est le 3ème cancer le plus fréquent et la 1ère cause de décès par cancer.

Le tabac est le facteur de risque le plus connu. Toutefois, il en existe d’autres, tels que les expositions professionnelles et environnementales, les antécédents personnels et familiaux.

Bien qu’il n’existe pas de symptômes caractéristiques du cancer du poumon, certains signes persistants doivent pousser à consulter :

  • toux persistante avec quintes ;
  • essoufflement ;
  • douleur au niveau du thorax ou des épaules ;
  • crachats purulents ou sanglants ;
  • infections pulmonaires récurrentes.

Selon l’Institut national du cancer, le taux de survie à 5 ans du cancer du poumon est de 20 % en moyenne (18 % chez les hommes et 24 % chez les femmes).

Cancer colorectal

Le cancer colorectal touche aussi bien les hommes que les femmes. Il se développe sur les cellules du côlon ou du rectum. S’il n’est pas diagnostiqué et traité, le cancer colorectal entraine peu à peu des symptômes digestifs et abdominaux tels que :

  • des troubles du transit intestinal ;
  • la présence de sang dans les selles ;
  • des douleurs ;
  • anémie ;
  • fièvre persistante ;
  • une perte de poids inexpliquée.

Plus le diagnostic tarde, plus les symptômes deviennent nombreux et fréquents. Le taux de survie à 5 ans est de 63 % pour les personnes touchées par un cancer colorectal.

En France, un programme national de dépistage organisé a été mis en œuvre depuis 2008, afin de détecter précocement le cancer colorectal. Les personnes entre 50 et 74 ans peuvent réaliser des tests de recherche de sang occulte dans les selles tous les deux ans.

Cancer de la peau

Selon Santé Publique France, entre 141 200 et 243 500 cas de cancer de la peau sont diagnostiqués chaque année. Plus de 85 % d’entre eux sont dus aux ultraviolets. Le taux de survie à 5 ans est de 93 % tous sexes confondus, pour le cancer de la peau.

Il n’existe pas une, mais plusieurs formes de cancers de la peau (mélanome, carcinome basocellulaire et carcinome épidermoïde). Tous les grains de beauté d’une personne se ressemblent. Il est donc important de prêter attention à tout changement : un grain de beauté différent des autres, une nouvelle tache brune.

Parmi les cancers courants, l’on peut aussi citer le cancer du col de l’utérus qui est le 4ème cancer le plus fréquent chez la femme dans le monde. En France, un programme de dépistage a été mis en œuvre à l’échelle nationale en 2018. Son taux de survie à 5 ans est de 64 %.

Causes et Facteurs de Risque

Le cancer naît de la transformation de cellules normales en cellules tumorales. Ces mutations sont la conséquence d’interactions entre des facteurs génétiques propres au sujet et des agents extérieurs.

Facteurs externes

Les facteurs externes sont liés à :

  • l’environnement : rayonnements ultraviolets, radiations ionisantes, virus et bactéries (cancer du col de l’utérus relié au papillomavirus, cancer du foie relié à l’hépatite B, cancer de l’estomac relié à l’Helicobacter pylori), produits industriels ;
  • le mode de vie : tabac, alcool, alimentation, inactivité sportive ;
  • les produits chimiques et industriels : l’amiante, l’arsenic, l’aflatoxine (contaminant alimentaire) etc.

Le saviez-vous ? Selon l’Institut national du cancer, 40 % des cancers pourraient être évités en agissant sur les facteurs externes et en prenant le vaccin adapté.

Facteurs internes

Les principaux facteurs internes sont l’âge et l’hérédité.

  • l’âge : l’incidence du cancer croît considérablement avec l’âge. Cela est vraisemblablement dû au cumul des agressions externes subies par les cellules et à une moindre efficacité des mécanismes de réparation de l’ADN chez les personnes âgées ;
  • l’hérédité : certaines personnes sont plus à risque de développer un cancer car, à leur naissance, elles portent déjà des mutations dans un ou plusieurs de leurs gènes. Néanmoins, seuls 5 à 10 % des cancers sont liés à la transmission d’une mutation héréditaire.

Les personnes porteuses des gènes BRCA1 et BRCA2 ont un risque sur deux de transmettre la mutation à chacun de leurs enfants. Ces gènes engendrent un sur-risque important de cancers du sein et de l’ovaire.

Symptômes les plus courants

Certains symptômes peuvent représenter des signaux d’alarme de cancer. Ils doivent pousser le patient à consulter un médecin. Il peut s’agir de :

  • fièvre récurrente ;
  • troubles respiratoires ;  
  • perte de poids inexpliquée ;
  • sueurs nocturnes ;
  • nausées ou vomissements récurrents ;
  • saignements ;
  • toux chronique ;
  • fatigue ;
  • troubles urinaires ;
  • problèmes de vue ou d’audition ;
  • sang dans les selles ;
  • troubles digestifs
  • douleur ;
  • excroissance ou marque sur la peau qui grossit ;
  • lésion qui ne cicatrise pas ;
  • ganglions lymphatiques hypertrophiés.

Le cancer est plus facilement guéri s’il est traité précocement. Il est donc fondamental de le diagnostiquer assez tôt.

Bon à savoir : ces symptômes n’impliquent pas nécessairement l’existence d’un cancer. Ils peuvent être la conséquence d’autres problèmes de santé.

Diagnostic

Plus un cancer est dépisté et pris en charge tôt, plus le patient a des chances de guérir. Le diagnostic se fait grâce à un examen clinique au cours duquel le médecin met l’accent sur la peau, les ganglions, les poumons, les seins, l’abdomen et les testicules. Le toucher rectal et vaginal, ainsi que l’examen de la prostate peuvent aussi s’avérer importants.

Des examens complémentaires sont ensuite réalisés, en vue de dépister le type de cancer. Il s’agit :

  • de l’imagerie médicale : RX sans préparation, échographies (sein, ovaire, cœur, thyroïde, etc.), TDM, PET, IRM, scintigraphie. Ces examens permettent d’identifier les anomalies ;
  • des biomarqueurs : ils apportent les éléments de preuve concordants en cas de signes évocateurs d’un cancer spécifique ;
  • de la biopsie : grâce à elle, il est possible de confirmer le diagnostic et le tissu d’origine de la tumeur ;
  • du grade de la tumeur : c’est un examen morphologique de l’échantillon du tissu qui permet de mesurer l’agressivité histologique du cancer ;
  • des tests moléculaires : ils permettent de déterminer l’origine des cancers métastatiques (analyses chromosomiques, fluorescence par hybridation, PCR, antigènes de surface cellulaire).

Traitements

Les traitements du cancer sont plus de plusieurs ordres. Ils regroupent aussi bien les traitements classiques que les soins de support et les médecines complémentaires.

Traitements classiques

Il s’agit de :

  • la chimiothérapie : ce traitement s’attaque aux cellules cancéreuses. Cependant, d’autres cellules saines de l’organisme peuvent aussi être touchées, d’où les nombreux effets secondaires ;
  • la radiothérapie : elle permet de détruire les cellules cancéreuses par irradiation ;
  • la chirurgie : son but est d’enlever la tumeur. La chirurgie peut être pratiquée avant ou après la radiothérapie/chimiothérapie ;
  • l’hormonothérapie : elle consiste en un traitement qui vise à ajouter, bloquer ou enlever des hormones afin de ralentir ou d’interrompre la croissance de cellules cancéreuses qui ont besoin d’hormones pour se développer ;
  • l’immunothérapie : ici, les cellules du système immunitaire sont stimulées pour s’attaquer aux cellules cancéreuses ;
  • les thérapies ciblées : il s’agit de médicaments qui visent à bloquer la croissance et/ou la propagation des cellules tumorales, en s’attaquant spécifiquement à certaines de leurs anomalies. Il s’agit des inhibiteurs intracellulaires et des inhibiteurs extracellulaires (biomédicaments).

Médecines complémentaires ou douces

Elles peuvent être envisagées afin de soulager les symptômes ressentis par les malades du cancer. Il peut s’agir de : digitopuncture, acupuncture, aromathérapie, hypnothérapie, massothérapie, méditation, musicothérapie, réflexologie, etc.).  

Le choix de la thérapie dépend non seulement de la recommandation de l’équipe médicale, mais aussi des effets souhaités. Même si ces médecines peuvent soulager, il ne faut pas perdre de vue qu’elles ne remplacent pas les traitements habituels du cancer.

Avant d’engager une thérapie complémentaire, il est important de s’assurer auprès de l’équipe médicale qu’elle ne nuira pas au traitement du cancer en cours.

Attention ! Certaines personnes ou associations profitent de la vulnérabilité et du désespoir des personnes atteintes de cancer et proposent des traitements miracles. Leurs méthodes, présentées comme plus efficaces que les traitements classiques, peuvent être très dangereuses.

Soins de support

Il s’agit de l’ensemble des soins et soutiens dont les malades ont besoin tout au long de la maladie. Ces soins se font conjointement avec les traitements spécifiques mis en place pour lutter contre le type de cancer.

Les soins de support ont pour but d’assurer une meilleure qualité de vie aux malades. Ils prennent en charge les conséquences de la maladie et des traitements. Ces soins concernent :

  • l’aide à la reprise d’une activité physique adaptée ;
  • la prise en charge et le traitement de la douleur ;
  • la prise en charge de la fatigue (physique et psychologique) ;
  • le soutien psychologique ;
  • l’aide à l’amélioration de l’image de soi ;
  • le suivi social (aide sociale adaptée) ;
  • soins palliatifs.

Prévention

Le risque de cancer peut être réduit en adoptant certains gestes :

  • ne pas fumer ;
  • conserver un IMC sain : chez l'adulte, un IMC compris entre 18 et 25 kg/m² indique un poids normal. Au-delà de 25, il est considéré comme « en surpoids », alors que l'obésité correspond à un IMC supérieur à 30 kg/m² ;
  • adopter une alimentation saine (riche en fruits et légumes) ;
  • faire régulièrement de l’exercice physique ;
  • réduire la consommation d’alcool (ou l’éviter) ;
  • se faire vacciner contre le PVH et l’hépatite B ;
  • éviter de s’exposer aux rayons UV (soleil, cabines de bronzage) ;
  • limiter l’exposition aux rayonnements ionisants
  • réduire l’exposition à la pollution atmosphérique
  • participer à des programmes de dépistage
Bon à savoir : on parle de rémission lorsque la maladie a diminué ou disparu. On parle de guérison lorsqu’une rémission a une durée suffisamment longue. En moyenne, après 5 ans sans rechute, le patient peut être considéré comme guéri.

Les avancées de la recherche contre le cancer

Grâce à une meilleure compréhension des mécanismes de développement du cancer et à la performance des technologies, la recherche en cancérologie est de plus en plus productive à travers le monde.

En effet, de nombreuses innovations, aussi bien en termes de dépistage, de prévention, de diagnostic que de thérapeutique, sont en cours dans les laboratoires. Les chercheurs ont pour principaux défis aujourd’hui :

  • d’identifier les facteurs de risque du cancer pour mieux les prévenir ;
  • de mettre en évidence des biomarqueurs permettant d’avoir un diagnostic de plus en plus précoce ;
  • d’étudier les phénomènes de résistance aux traitements pour les contourner ;
  • de comprendre les mécanismes moléculaires afin de développer des thérapies innovantes.
L’avis des spécialistes de MédecinDirect sur le cancer : Dépistés tôt, la plupart des cancers ont un meilleur taux de survie. Certains peuvent être évités en suivant les conseils de prévention et en se faisant vacciner. Les soins de support permettent d’améliorer la qualité de vie des malades du cancer. Même si les thérapies complémentaires ou douces participent au soulagement des symptômes ressentis, il est important de ne pas s’y lancer sans recommandation de l’équipe médicale.