Cocaïne : qu'est-ce qui se passe dans le cerveau ?

Des sachets plastique contenant de la poudre blanche
La cocaïne est l’une des drogues les plus consommées en France après le cannabis. Selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), environ 1,1 million de Français de 11 à 75 ans en font un usage annuel. Son image de « drogue festive » masque une réalité bien plus sombre : la cocaïne est une substance hautement addictive, aux conséquences graves sur le cerveau et le corps. Les hommes la consommeraient 3 à 4 fois plus que les femmes. Quels sont les impacts de la cocaïne à court et long terme ? Comment le cerveau réagit à la prise d'une telle substance ? Faisons le point.

Les origines de la cocaïne

La cocaïne découle de la transformation de feuilles de cocaïer, un arbuste cultivé en Amérique du Sud. Cette feuille est historiquement utilisée depuis un millénaire par les Indiens des Andes pour résister à l’altitude, la faim et la fatigue. Après traitement chimique, elle se présente sous plusieurs formes :

  • Chlorhydrate de cocaïne : poudre blanche généralement sniffée.
  • Cocaïne base (crack) : forme cristallisée, souvent fumée.
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Qu'est-ce qui se passe dans le cerveau ?

Dans le cerveau, il existe une multitude de connexions entre les neurones qui se font via des synapses. Dans ces synapses, des neurotransmetteurs sont transmis de neurone en neurone. La cocaïne agit en bloquant la recapture de certains neurotransmetteurs, tels que la dopamine, sérotonine et noradrénaline (neurotransmetteurs liés au bien-être). Pourtant, c'est cette recapture qui permet de mettre fin au sentiment (excitation, joie, stress...) provoqué par un neurotransmetteur.

Ce blocage entraînera une accumulation de ces neurotransmetteurs. Par conséquent, les 3 symptômes essentiels liés à ces neurotransmetteurs se feront ressentir :

  • Dépendance (merci la dopamine)
  • Sentiment de confiance en soi (merci la sérotonine)
  • Énergie (merci la noradrénaline).
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Quels sont les effets de la cocaïne ?

Les effets de la cocaïne et leurs débuts dépendent :

  • de la qualité (qui dépend de la pureté) ;  
  • de la voie d’administration ;
  • de la dose consommée et des individus.

Immédiatement après la prise, les effets sont :

  • l'euphorie (qui dure quelques minutes) ;
  • un sentiment de toute puissance intellectuelle et physique ;
  • de la désinhibition ;
  • une augmentation de l’intérêt et de l’excitation sexuelle ;
  • un éveil sensoriel.

Lorsque la consommation est faible ou occasionnelle, on retrouve plusieurs effets additionnels :  

  • perte d’appétit ;  
  • soif ;
  • excitation ;
  • hyperactivité ;
  • sautes d’humeur ;
  • mauvaise coordination des mouvements, etc.

Chez certains individus, des effets plus graves peuvent prendre place. Parmi eux, on peut citer :  

  • idées paranoïaques ;  
  • mégalomanie ;
  • hallucinations visuelles et olfactives ;
  • une augmentation de la température corporelle. Ce dernier effet est particulièrement risqué peut car il peut entraîner des convulsions et donc, des accidents.

Ces effets, parfois qualifiés de « cools », se paient lors de la phase qui succède à cette phase euphorique. C’est ce que l’on appelle la « dysrégulation hédonique », phase de descente ou crash. Cette phase s'accompagne de fatigue, de perte d’estime de soi, d'anxiété et de tristesse, entre 2 et 5 jours pour les fortes doses ou les consommateurs chroniques.  

Ces effets déclenchent une distorsion de la perception. L’individu cherchera à renouveler la consommation pour éviter cette phase désagréable, ce qui déclenche un cercle vicieux comportemental. C'est ce cercle qui entraînera l’addiction sur le plan physique par la suite : c’est le fameux syndrome de sevrage.

Quelles sont les conséquences physiques ?

Peau, poumon, cœur, dents, système digestif... À long terme, plusieurs effets nocifs sont notables sur plusieurs organes. Aucun d'entre eux n'est épargné par les effets néfastes de la consommation de la cocaïne. À chaque prise, qu'importe la dose (cela dépend de l’individu), les risques sont de voir survenir :

  • des crises convulsives,
  • des lésions nasales et sinusales dues au sniff,
  • des troubles respiratoires, notamment en cas de consommation par inhalation.
  • une grande difficulté à prendre des décisions, etc.

De plus, la cocaïne est souvent coupée avec des substances dangereuses, comme le lévamisole, ce qui augmente les risques de complications graves.

Tous ces risques sont présents à chaque consommation, avec un effet cumulatif dans le temps. En gros, c’est comme jouer à la roulette russe à chaque prise de cocaïne. Même si les symptômes d’une consommation chronique sont réversibles, la dépendance très forte qu'impose la cocaïne rend sa consommation dangereuse à court et long terme. Comme vous l’avez compris, la cocaïne possède des effets très nocifs sur la santé, notamment sur le cerveau et le système cardio-vasculaire.

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L’avis des experts de MédecinDirect

Lorsqu’une personne consomme de la cocaïne, celle-ci agit comme un stimulant du système nerveux central. Elle bloque la recapture de neurotransmetteurs comme la dopamine, la noradrénaline et la sérotonine. Cela entraîne une accumulation de dopamine dans certaines zones cérébrales, notamment le noyau accumbens, région liée au plaisir, à la motivation et à la récompense.

C’est cette inondation de dopamine qui provoque la sensation d’euphorie intense, d’énergie décuplée, de confiance excessive. Mais ces effets sont brefs (30 à 60 minutes) et suivis d’un « crash » psychique : fatigue, irritabilité, anxiété, voire tristesse marquée.

À long terme, le cerveau s’adapte en réduisant ses propres productions de dopamine. Résultat : l’individu a besoin de consommer plus pour retrouver les mêmes sensations. C’est ce qu’on appelle le phénomène de tolérance, qui mène à l’addiction.

Par ailleurs, la cocaïne perturbe aussi les fonctions de l’amygdale (centre de la peur et des émotions) et du cortex préfrontal, siège de la prise de décision et du jugement. Cela peut expliquer l’impulsivité, les troubles de l’humeur, les angoisses, voire les symptômes psychotiques (hallucinations, paranoïa) observés chez certains usagers chroniques.

Chez MédecinDirect, nous recommandons vivement à toute personne concernée ou inquiète de consulter un médecin ou un centre d’addictologie. Des traitements efficaces et un accompagnement existent.

SOURCES :
  • Observatoire français des drogues (OFDT) : le lien
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