La gazette

Mon enfant est toujours malade Docteur, que faire ? 👶

Mis à jour en mars 2020

« Bonjour Docteur, je viens d’aller consulter mon médecin traitant pour mon fils de 5 ans qui contracte des rhino-pharyngites à répétition, je souhaitais obtenir des conseils afin de les soigner efficacement, et à l’avenir les prévenir. Il m’a évoqué plusieurs hypothèses : carence en fer, donc prescription d’une prise de sang, allergie, reflux gastrique, environnement à risque… Mais j’étais aussi accompagnée de mon bébé de 9 mois qui pleurait sans arrêt, alors je n’ai pas tout entendu. Mon médecin avait déjà passé beaucoup de temps avec nous, dans la précipitation, je n’ai pas pensé à lui demander de m’expliquer plus en détails son diagnostic… Je dois de toute façon le revoir pour les résultats de la prise de sang, mais en attendant, pourriez vous m’éclairer ? »

 

Quelles sont les hypothèses de ces maladies fréquentes ?

C’est un motif fréquent de consultation de médecine générale ou pédiatrique. Nous évoquons en effet souvent plusieurs pistes lorsqu’un enfant tombe souvent malade 👶

La « maladie de l’adaptation  » est souvent évoquée. C’est un terme choisi pour rappeler que les défenses de l’enfant sont en pleine phase d’apprentissage, d’adaptation aux différents virus et bactéries, et n’ont pas encore atteint leur pleine efficacité. Mais nous recherchons aussi les autres pistes qui peuvent favoriser ces infections à répétition :

➡️ l’existence éventuel d’un reflux gastro oesophagien (découvrez ici notre article à ce propos)

➡️ une carence en fer

➡️ des allergies

➡️ des troubles immunitaires ou génétiques (rares)

➡️ « végétations » trop importantes

➡️ le « terrain » familial (habitation, crèche, tabagisme passif…)

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C’est quoi la prise de sang « ferritine » ?

Le dosage de la ferritine dans le sang est souvent demandé en cas d’infections à répétition, car réserves en fer et immunité sont liées. Dans l’organisme, le fer se trouve sous plusieurs formes :

➡️ la forme « utilisée » dans les globules rouges, les cellules musculaires, certaines enzymes…

➡️ les formes de transport et de réserve

 

La ferritine est l’une des protéines de stockage du fer. Elle représente le niveau de réserve en fer, utilisable par l’organisme en cas de besoin. L’un des premiers signes biologiques de carence martiale (manque de fer dans l’organisme) est donc la baisse du taux de ferritine. En cas de carence importante, on constate une anémie (manque de globules rouges) car l’organisme ne dispose pas d’assez de fer pour synthétiser l’hémoglobine nécessaire aux globules rouges. Dans les cas moins sévères, la carence martiale s’accompagne de différents symptômes : fatigue, diminution de l’endurance, perte de cheveux, susceptibilité aux infections… 😷

 

Concernant l’immunité, deux faits s’opposent :

1️⃣ d’un coté, les infections à répétitions permettent fréquemment de découvrir une carence martiale. On sait que le manque de fer perturbe le fonctionnement de certains globules blancs.

2️⃣ d’un autre coté, l’un des modes de défense de l’organisme contre les bactéries est de diminuer artificiellement le taux sanguin de fer.

Les liens entre immunité et réserves en fer sont donc encore à élucider. Dans tous les cas, le dosage de ferritine en cas d’infections à répétition reste utile : en effet, il est fréquemment l’occasion de mettre en évidence une carence. Et les études s’accordent pour dire qu’il est bénéfique de corriger cette carence, surtout chez l’enfant 👶

 

À propos des allergies chez l’enfant

Dans les premières années de vie, quand l’enfant débute sa vie sociale, il va obligatoirement être mis en contact avec les virus courants de la sphère ORL et respiratoire. Il y en a plus d’une centaine !

A chaque fois, ce sont des symptômes de rhume ou de bronchite qui montrent que l’organisme se défend contre l’intrus. En même temps, il fabrique ses anticorps, permettant en général lors du prochain contact avec le même virus de ne pas être malade (ou très peu de temps) 🤧

Cela n’empêche pas une éventuelle allergie de participer à certains symptômes, et de les majorer. Si votre enfant présente :

➡️ des éternuements à répétition

➡️ de l’asthme

➡️ une persistance du nez qui coule

➡️ à l’inverse, une obstruction nasale durable

➡️ des ronflements nocturnes

➡️ de l’urticaire

➡️ un eczéma tenace…

Alors il est possible d’envisager une participation allergique et de faire un bilan.

 

🤷 Je suspecte une allergie : comment la détecter ?

L’âge minimum à partir duquel les tests peuvent être fiables sont assez controversés :

  • certains préfèrent attendre au moins 4 ans pour avoir un résultat fiable, le temps que le système immunitaire soit assez mature
  • d’autres les font dès 1 an si les symptômes sont assez importants

Par contre, avant 1 an, cela risque de ne pas être interprétable. A fortiori, avant 6 mois, ce sont les anticorps de la maman qui seraient testés.

 

🧪 Que faire, en attendant les tests ?

Il faut toujours préparer la consultation d’allergologie. Pour cela, il convient de recenser le plus précisément possible les conditions d’environnement et les aliments ingérés lorsque des symptômes de type allergique surviennent ou s’aggravent.

En attendant d’en savoir plus, vous pouvez faire la chasse aux sources d’acariens chez vous. En effet, c’est l’une des allergies les plus fréquentes. Pour ce faire, il est préférable d’éviter les tapis, moquettes, papiers peints… À défaut, il est recommandé :

  1. de les traiter 2 fois par an avec un produit anti-acariens
  2. d’aérer tous les jours et passer souvent l’aspirateur
  3. de passer les peluches au lavage régulièrement.

Sachez qu’il est possible, dans des cas difficiles, d’avoir une expertise par un conseiller en environnement domestique : c’est une spécialité qui se développe.

 

🌬️ Et la pollution dans tout ça ?

Il n’y a pas que les allergies pour entretenir un état inflammatoire persistant de nos muqueuse ! Les diverses pollutions de l’air respiré ont une grande part de responsabilité, et ceci en permanence. La pollution dans notre habitat n’est pas seulement la pollution extérieure : il existe beaucoup de polluants domestique. Parmi eux, on compte :

➡️ les solvants dans les produits ménagers

➡️ les gaz propulseurs : bombes de désodorisant, produits de nettoyage, insecticides

➡️ le tabagisme passif !

 

🚭 Fumer au balcon ou devant la fenêtre n’est pas suffisant pour protéger un jeune enfant. Son arbre respiratoire est en plein développement et se défend mal ! Une partie de la fumée revient à l’intérieur. Par ailleurs, les gaz que vous inhalez se retrouvent dans votre haleine, qui les renvoie dans votre intérieur… Ce fait a été prouvé dans diverses études qui étudiaient le taux de cotinine dans les urines (signes d’exposition à la fumée de tabac). On a retrouvé un taux significatif chez des enfants dont les parents affirmaient ne jamais fumer à l’intérieur… Quant à la pollution extérieure (gaz d’échappements, fumées d’usines…), elle est mieux connue.

Ne vous inquiétez pas : les infections respiratoires et rhinites d’origine virale sont inévitables pour les jeunes enfants. Progressivement, ils doivent s’immuniser. Les symptômes peuvent seulement être majorés ou pérennisés par divers facteurs irritants dans l’air environnant (surtout par le tabagisme passif qui aggrave l’asthme) et par des allergies éventuelles.

 

Le RGO (Reflux Gastro-Oesophagien)

La recherche d’un « reflux » ou « reflux gastro-oesophagien » (RGO) fait classiquement partie du bilan chez un enfant présentant des infections ORL ou broncho-pulmonaires à répétition. Le RGO se définit par le passage de liquide en provenance de l’estomac dans l’oesophage (avec ou sans régurgitation ou vomissement).

Le RGO est très fréquent chez le nourrisson (40 % des nourrissons de 3-4 mois). Chez l’adulte, il atteint la même proportion d’enfants (1 an et plus) que d’adultes : environ 6-8 %. Cela s’explique par l’immaturité du système « anti-reflux » chez le nourrisson, par sa position quasiment toujours allongée et par son alimentation exclusivement liquide 🥣 Le RGO est responsable de symptômes assez spécifiques chez le nourrisson (en plus des régurgitations), comme des malaises après les repas ou des apnées.

En revanche, chez l’enfant plus âgé, les symptômes rejoignent ceux de l’adulte : notamment le pyrosis (sensation de brulure derrière le sternum) qui est fréquemment décrit par les enfants. Une dysphagie (sensation de gène à la déglutition) est parfois rapportée. En dehors de ces symptômes classiques, des manifestations telles que des affections ORL ou broncho-pulmonaires récidivantes peuvent être expliquées par un RGO.

 

L’homéopathie pour stimuler l’immunité ?

Certaines études tendent effectivement à prouver l’intérêt de l’homéopathie chez les enfants présentant des infections répétées du fait d’une immunité déficiente. L’homéopathe interviendra à plusieurs niveaux. Tout d’abord, tant par l’interrogatoire que par l’examen clinique, il essayera de déterminer le mode de fonctionnement global de l’enfant 👶

  • La connaissance de la constitution et du terrain de l’enfant permettent de savoir comment l’enfant réagira à une agression. Ainsi, certains montent vite en température, d’autres vomissent, etc.. La connaissance du mode réactionnel de l’enfant vis à vis des infections permet de seconder correctement les moyens de défense de l’organisme par l’administration de remèdes homéopathiques ciblés.
  • Dans le cadre d’infections chroniques ou répétées, la connaissance de l’agent infectant permet de donner un remède homéopathique fabriqué à partir de l’agent pathogène. Il s’agit de signaler au corps la présence du microbe, en espérant que l’organisme réponde à cette sollicitation.

Un traitement homéopathique symptomatique sera utile pour combattre certains effets de l’infection sur le corps. Par exemple, on peut traiter la toux 🗣 Ceci peut contribuer à la guérison, car la toux fatigue l’enfant et diminue d’autant l’énergie qui lui reste pour combattre l’infection.

 

Il n’y a pas que l’homéopathie qui puisse influencer le terrain immunitaire de l’enfant. Les oligo-éléments sont également souvent cités comme améliorant valablement un terrain déficient. La prise de certaines vitamines ou compléments alimentaires telles que la vitamine C, et l’huile de foie de morue restent encore d’actualité. Enfin, une bonne hygiène de vie est évidemment la première mesure à adopter pour que l’enfant puisse guérir d’une maladie infectieuse.

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Auteurs: Dr Philippe Vassart, Dr Dussauze Frédéric, Dr Hélène Pera, Dr Cazivassilio

Mon enfant est toujours malade Docteur, que faire ? 👶