La gazette

Homéopathie : à quoi ça sert ? Est-ce vraiment efficace ?

Contrairement à la médecine traditionnelle, l’homéopathie est considérée comme une médecine douce. Elle peut être pratiquée par les médecins généralistes, dont certains se spécialisent en homéopathie, ou encore les sages-femmes. Les bases ont été posées il y a 200 ans par le Dr Hahnemann, un médecin allemand, avec un principe : traiter les maladies par leurs semblables.

 

Qu’est-ce que l’homéopathie ?

Les termes “homéo” et “pathie” signifient en grec “maladie identique”. L’homéopathie repose donc sur le principe de similitude en “traitant le mal par le mal”. L’homéopathe prend en compte le patient dans sa globalité et non pas dans ses symptômes isolés. Il va déterminer un profil homéopathique en fonction duquel il prescrira un traitement qui contient une substance toxique mais suffisamment diluée pour soulager les symptômes.

En France, ce sont principalement des tubes granules et des doses de globules qui constituent les principales présentations des médicaments homéopathiques. Ce sont des petites boules de sucre qui sont imprégnées de la solution homéopathique à la dilution souhaitée. Il faut les prendre en général en plusieurs prises, sous la langue et à distance des repas.

 

Comment fonctionne l’homéopathie ?

Les homéopathes pensent que le corps a la capacité de se guérir lui-même. Il est donc inutile de connaître la cause de la maladie mais plutôt de trouver un moyen de stimuler cette capacité que nous avons tous. En homéopathie, les mêmes symptômes ou la même maladie ne seront pas forcément soignés de la même façon. Le thérapeute va prescrire un traitement homéopathique en fonction aussi des caractéristiques et de la personnalité de la personne.

 

L’homéopathie est-elle efficace ?

De nombreuses études scientifiques ont été faites pour comparer l’homéopathie à d’autres traitements traditionnels. Aucune d’entre elle n’a montré une efficacité supérieure ou égale de l’homéopathie.

Pour autant, l’homéopathie montre une efficacité chez environ 30 % des patients. Il est important de remarquer que l’administration d’un placébo, c’est-à-dire d’une substance neutre ne contenant aucun produit actif, a également une efficacité thérapeutique de 30 %. Il n’y a aucune étude clinique prouvant que le résultat d’un traitement homéopathique est supérieur à celui d’un médicament placebo. Ce taux de réussite correspond un médicament placebo qui ne contient donc pas de substance active.

L’homéopathie bénéficie d’une autorisation de mise sur le marché, comme les autres médicaments mais elle n’est pas soumise à des études cliniques scientifiques pour évaluer son efficacité. Ce manque d’analyse scientifique est pointé du doigt par certains médecins qui remettent en cause son efficacité (collectif FakeMed).

En France, la sécurité sociale rembourse les médicaments homéopathiques à hauteur de 30 % sur prescription médicale. Ils sont aussi en vente libre en pharmacie sans ordonnance. Avec presque un français sur deux qui l’utilise, l’homéopathie est l’une des médecines complémentaires les plus populaires.

A l’heure actuelle, plusieurs pays ont supprimé le remboursement de l’homéopathie. En France, un collectif de médecins s’est constitué en vue d’obtenir le dé-remboursement (collectif FakeMed). La Haute Autorité de Santé donnera son avis sur ce sujet d’ici quelques mois.

 

Quelle est la différence entre les dilutions ?

Plus de 300 souches différentes issues des plantes, des animaux ou de la chimie sont utilisées. Les traitements vendus en pharmacie sont commercialisés sous leur nom latin avec un numéro qui indique leur dilution. 9 ch signifie par exemple une dilution 9 fois au centième. Plus le chiffre est important, et plus le produit sera dilué.

Il existe ainsi trois types de dilution :

  • Les dilutions hautes de 10 à 30 ch : elles nécessitent un recueil d’information précis car elles doivent être adaptées à une personne. Elles agissent en profondeur avec une action durable. L’homéopathe les réserve plutôt aux maladies chroniques ou aux problèmes psychologiques
  • Les dilutions moyennes de 5 à 9 ch : elles sont plutôt prescrites en cas de problème d’un organe ou d’une région
  • Les dilutions basses de 1 à 4 ch : plutôt adaptées à l’automédication en cas de problème aigu, elles prennent en charge un symptôme très général comme une douleur causée par un traumatisme par exemple. Elles peuvent être répétées fréquemment et de façon prolongée

Une dilution haute n’est donc pas moins efficace qu’une dilution basse. Au contraire, en homéopathie, les dilutions hautes sont réservées aux maladies chroniques et difficiles à traiter.

 

Comment se passe une consultation chez un homéopathe ?

En France, seuls les professionnels de santé ont le droit de prescrire des médicaments homéopathiques. Lors d’une consultation, le professionnel va d’abord observer la personne pour dresser son profil homéopathique. Il va ensuite réaliser un interrogatoire précis pour se renseigner sur les symptômes, la maladie, mais aussi les habitudes de vie, son histoire personnelle ou ses antécédents familiaux.

La prescription n’intervient qu’en fin de consultation après avoir récolté toutes les informations nécessaires. Elle est toujours personnalisée et peut être différente même en cas de maladie identique.

 

À quoi sert l’homéopathie ?

L’homéopathie considère que ce n’est pas la maladie qui compte, mais la façon dont le corps réagit. Dès lors, tous les symptômes ou les maladies peuvent bénéficier d’un traitement homéopathique, qu’il s’agisse d’un problème aigu ou chronique :

  • Les troubles articulaires et osseux : douleurs articulaires et osseuses, arthrite, arthrose, ostéoporose…
  • Les douleurs de dos : suite d’accident, de blessure, pincements et compressions vertébrales…
  • Les infections comme les rhumes, les gastro-entérites virales, les otites…
  • Les troubles du sommeil : insomnies, réveils, transpiration, agitation, cauchemars…
  • Les brûlures, les piqûres, les morsures
  • Les migraines
  • Les conjonctivites à répétition
  • Les maladies de peau : eczéma, psoriasis, acné, rosacée, abcès, excroissances…
  • Les troubles gynécologiques : ménopause, douleurs menstruelles, hémorragies, vaginites, kystes et fibromes, syndrome prémenstruel, chaleurs et troubles de la ménopause
  • Les troubles de la prostate : hypertrophie, tumeurs…
  • Les maladies respiratoires : asthme, bronchite chronique, emphysème, pneumonie à répétition…
  • Les troubles des parties génitales et dysfonctions sexuelles : inflammation, pertes, trouble de l’érection, trouble de la libido
  • Les maladies du système digestif : ulcère, gastrite, reflux, hyperacidité, diarrhées chroniques, colites, syndrome du côlon irritable, maladie de Crohn, hépatite, troubles de la glycémie…
  • Les troubles de l’audition et de la vision
  • Les allergies alimentaires ou respiratoires
  • Les troubles du système urinaire et rénal : cystites chroniques, urétrites, calculs rénaux, maladies rénales, énurésie, dysfonctions urinaires…
  • Les maladies auto-immunes : arthrite rhumatoïde, sclérose en plaques, sclérose latérale, spondylarthrite
  • Les troubles de la circulation et du sang : jambes lourdes et varices, varicocèle, hémorroïdes, hypertension, anémie, déséquilibres de la formule sanguine…
  • Les maladies cardiaques : palpitations, troubles du rythme, insuffisance cardiaque, angine de poitrine…
  • Les troubles du développement chez les enfants : lenteur de la dentition et de la taille, lenteur d’acquisition de la marche, du langage, de l’habileté, de la lecture ou autres troubles d’apprentissage liés à la lenteur ou au déficit d’attention et à l’hyperactivité…
  • Les troubles psychologiques et mentaux : troubles du comportement, les troubles anxieux, les paniques, phobies, les syndromes dépressifs, certains troubles bipolaires et schizoïdes…

 

Quelles sont les limites de l’homéopathie ?

Comme l’homéopathie fait appel aux capacités de guérison du corps, et que son effet thérapeutique n’est pas démontré, elle ne peut pas être utilisée en cas d’urgence vitale, d’infection qui nécessite un antibiotique, ou bien si une chirurgie est nécessaire. Elle ne peut pas réparer les organes ou les os par exemple, et en aucun cas elle ne soigne les cancers.

 

L’homéopathie a-t-elle des effets secondaires ?

Tout comme un médicament placebo qui ne contient pas de principe actif, l’homéopathie peut en effet avoir des effets secondaires. Cependant, dans la plupart des cas, l’homéopathie est très bien tolérée.

 

Quand consulter un homéopathe ?

Qu’il s’agisse d’une maladie aiguë ou chronique, beaucoup de patients de tous âges souhaitent tenter en premier un traitement homéopathique, y compris pour leurs enfants. Il faut cependant en connaitre les limites et savoir recourir à des médicaments si l’état du patient ne s’améliore pas rapidement.

 

Peut-on s’auto-médiquer en homéopathie ?

Les traitements homéopathiques sont en vente libre en pharmacie. Il est possible de s’en procurer sans consulter un professionnel de santé. Cependant, il est préférable de bien se documenter à l’aide de livres ou auprès d’un professionnel pour bénéficier du bon remède et de la bonne dilution, en particulier en cas de maladie chronique.

Si les médicaments choisis n’ont pas un effet positif rapide, il ne faut pas poursuivre de traitement homéopathique. Dans ce cas, on conseille de consulter un médecin en vue d’un traitement conventionnel.

 

L’homéopathie peut-elle remplacer la médecine traditionnelle ?

Comme son nom l’indique, l’homéopathie est une médecine complémentaire. Elle ne pourra donc jamais remplacer la médecine traditionnelle. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle est prescrite par des professionnels de santé uniquement. Dans tous les cas, et particulièrement en cas de maladie grave ou chronique, il est fortement déconseillé de ne prendre que de l’homéopathie.

 


Auteur : Dr Claire Lewandowski, psychiatre – 10 octobre 2018

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