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Symptômes et localisations de la crise aiguë de goutte 🔥

Mis à jour en décembre 2019

Nous savons que la goutte est une maladie fréquente. Elle se caractérise par un excès d’acide urique dans le sang, soit par augmentation de sa production, soit par défaut d’élimination. On parle alors « d’hyperuricémie ». Il existe deux types de goutte : la crise de goutte aiguë et la goutte chronique. Dans cet article, nous parlerons des symptômes de la crise aiguë et des différentes localisations possibles. Nous conclurons par le diagnostic différentiel des crises de goutte. Il existe des facteurs de risque de la maladie goutteuse.

 

Qu’est-ce qu’une crise de goutte aiguë, Docteur ?

Chez un patient présentant une hyperuricémie, on ne parlera de goutte qu’après un premier épisode de poussée inflammatoire articulaire, ou « arthrite ». En général, ces crises ne surviennent que chez un faible pourcentage (environ 10 %) des patients. Elles sont liées à la précipitation de l’acide urique en cristaux qui se déposent dans les articulations (voire dans les voies excrétrices rénales) entraînant une réaction inflammatoire. Il existe des facteurs déclenchant des accès goutteux :

  • l’excès d’aliments riches en purines (gibiers, abats…)
  • l’alcool,
  • les infections,
  • les traumatismes physiques ou psychiques,
  • les prises de médicaments hyperuricémiants (les diurétiques par exemple)
  • les interventions chirurgicales (l’arthrite goutteuse est la plus fréquente des arthrites aiguës postopératoires).

A noter qu’il est décrit que même un infarctus myocardique peut déclencher une crise aiguë chez le goutteux.

 

Avant : les symptômes annonciateurs d’une crise de goutte aiguë ?

Nous pouvons, dans certains cas, relever des signes annonciateurs appelés « prodromes » de la crise de goutte. En effet, un certain nombre de goutteux sont prévenus, parfois ou souvent, de l’imminence de leurs accès par des prodromes locaux :

  • Une gêne à l’articulation qui sera frappée.
  • Une lourdeur, des crampes ou soubresauts musculaires dans les membres inférieurs.
  • Des signes généraux : nervosité, fatigue et insomnie surtout, troubles de la digestion, frissons, fièvre, difficultés à uriner dans quelques cas.

Ces prodromes permettent aux malades de prévoir certaines de leurs crises et permettent de consulter rapidement leur médecin traitant pour confirmer le diagnostic et mettre en place le traitement adapté.

 

Pendant : la crise de goutte aiguë

La goutte aiguë est caractérisée par des accès inflammatoires dont la forme typique est celle de l’atteinte du gros orteil du pied, mais d’autres localisations articulaires sont possibles. Nous les détaillerons dans un chapitre à part. L’accès lui-même touche en général une seule articulation, mais ce n’est pas toujours le cas chez des goutteux importants. Parfois, deux ou plusieurs articulations peuvent être le siège de la poussée inflammatoire. Dans ce cas, elles sont souvent consécutives.

 

Les principaux signes

  • La douleur, aiguë, souvent nocturne. C’est généralement le premier symptôme.
  • La douleur s’accroît progressivement et est souvent décrite comme cuisante, déchirante et même à type de broiement, d’arrachement ou de morsure. Elle est souvent insupportable. On dit que le malade à l’impression d’avoir son pied (par exemple) pris dans un « piège à loup ».
  • Cette douleur est exacerbée par le moindre contact, elle peut entrainer une insomnie et une impotence du membre atteint. Elle est souvent localisée sur la face intérieure de l’articulation.
  • Les signes ressemblent à ceux d’une infection aiguë, avec tumeur, rougeur, chaleur et douleur exquise.
  • La peau en regard est tendue, chaude, brillante et de couleur rouge ou violacée.
  • Il peut y avoir de la fièvre, une tachycardie, des frissons, un malaise.
  • Au petit matin, la crise se calme généralement.
  • La répétition des crises chaque nuit constitue « l’accès de goutte ».

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Quelles peuvent être les articulations atteintes ?

Il s’agit généralement de crises mono-articulaires intéressant :

  • Les membres inférieurs (surtout) :
    • Le tarse et le gros orteil principalement,
    • les chevilles,
    • les genoux.
  • Les membres supérieurs (parfois) :
    • Les mains,
    • les poignets,
    • les coudes,
    • parfois l’épaule.

 

Il peut y avoir une atteinte oculaire, du larynx, du canal carpien avec compression du nerf médian et un Syndrome du canal carpien. A noter que la hanche est peu ou quasiment jamais touchée. En ce qui concerne la colonne rachidienne, la littérature médicale est parfois contradictoire. Certains articles mentionnent que le rachis n’est jamais touché par la crise de goutte aiguë, mais d’autres décrivent des cas associés. En cas de goutte chronique, il semble que des « tophus goutteux » (évolution tardive des dépôts de cristaux d’acide urique qui forment en se conglomérant de véritables nodules durs au niveau des articulations et sous la peau) peuvent se localiser dans certaines portions du rachis cervical ou dorsal. Ceci est à confronter avec l’expérience personnelle de chaque praticien.

La présence de cristaux d’acide urique au niveau rénal peut être responsable de crise de « colite néphrétique » lors de la migration des cristaux conglomérés ou de la présence de ces cristaux dans les voies excrétrices urinaires.

Il s’agit exceptionnellement de crises polyarticulaires, avec une succession d’atteintes mono-articulaires plutôt qu’une véritable polyarthrite. L’atteinte inflammatoire peut aussi toucher les tissus de voisinage.

 

Avec quoi peut-on confondre la crise de goutte ?

Différentes pathologies peuvent ressembler à des crises aigües de goutte. Voici une liste non exhaustive des principales :

Les arthrites infectieuses
 : on les élimine par la mise en « culture du liquide synovial » et la recherche d’une bactérie.

Les arthrites microcristallines ou la « chondrocalcinose articulaire diffuse » : on se base sur les radiographies (incrustations calciques des cartilages articulaires et des fibrocartilages) et l’aspect des cristaux dans le liquide synovial (courts, trapus, à bouts carrés, peu ou pas biréfringents en lumière polarisée). Le « Rhumatisme à hydroxyapatite », pour le citer.

Les rhumatismes inflammatoires : citons les principaux, non exhaustifs.

  • Syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter
  • Arthrites réactionnelles
  • Arthrites des entérocolopathies
  • Sarcoïdose
  • Behçet
  • Spondylarthrite ankylosante
  • Polyarthrite rhumatoïde
  • Arthrite du psoriasis
  • L’algodystrophie

 

Pour conclure – nous rappellerons le rôle important de la consultation chez son médecin traitant pour faire le diagnostic, mettre en place le traitement adapté rapidement, et soulager le patient. Il est aussi important de réaliser des examens sanguins réguliers soit de « routine » prescrit par son médecin selon un rythme précis, soit de surveillance, si une hyperuricémie est déjà connue et/ou si des crises aiguës ont déjà été réalisées.

 

Vous pensez être victime de crises de goutte ou souhaitez surveiller votre hyperuricémie ? Consultez un médecin généraliste ou spécialiste 24h/24 et 7j/7, où que vous soyez.


Auteur : Dr Birman Laurent-David

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