La gazette

La thyroïde : signes et causes de mauvais fonctionnements

Mis à jour en décembre 2019

La thyroïde est une glande située à la face antérieure du cou. Elle sécrète des hormones (T4 et T3) qui vont agir sur plusieurs organes du corps (comme le cœur, les muscles, le système nerveux ou encore le tube digestif). Le taux d’hormones thyroïdiennes est maintenu constant dans le sang par une régulation hypothalamo-hypophysaire. Mais lorsque les taux d’hormones thyroïdiennes baissent ou s’affolent, que se passe t-il ? Zoom sur les troubles de la thyroïde.

 

Quels sont les signes des troubles de la thyroïde ?

Les pathologies de la thyroïde se révèlent :

  • soit par un excès de sécrétion d’hormone : hyperthyroïdie
  • soit par leur production insuffisante : hypothyroïdie

Les signes cliniques (surtout dans le cas de l’hypothyroïdie) peuvent être à la fois discrets et banalisés par les patients : la prise de poids ou encore la fatigue rendent parfois le diagnostic difficile. C’est pourquoi les médecins ont tendance à faire assez facilement un dosage de la TSH (pour thyroid stimulating hormon – également appelée hormone thyréostimulante ou thyréostimuline) devant des tableaux parfois peu explicites. Ce dosage est réalisé lors d’une prise de sang qui peut être faite dans tous les laboratoires.

 

Quelles sont les causes d’hyperthyroïdie ?

La maladie de Basedow

C’est la cause la plus fréquente d’hyperthyroïdie. Il s’agit d’une pathologie auto-immune liée à la production naturelle d’anticorps. Ces derniers vont venir se fixer sur les récepteurs, à la même place que la TSH, et ainsi stimuler la production d’hormones thyroïdienne. D’autres anticorps peuvent être présent (anticorps antithyroïdiens), mais ils ne sont pas spécifiques de la maladie de Basedow. Elle s’observe le plus souvent entre 30 et 50 ans et touche plutôt les femmes. Dans sa forme caractéristique, la maladie associe :

  • un goitre (= glande thyroïde augmentée de volume) souple et non douloureux,
  • des signes oculaires tels que l’exophtalmie (saillie du globe oculaire hors de son orbite), douleurs oculaire, larmoiement, photophobie, œdème des paupières,
  • un myxoedème prétibial. Plus rare, c’est une infiltration pourpre, en peau d’orange, de la face antérieure de la jambe.

 

L’adénome toxique

C’est un nodule thyroïdien qui sécrète de façon autonome des hormones thyroïdiennes en excès. Cette pathologie touche surtout la femme après 50 ans. Le traitement est le plus souvent chirurgical ou par iode radioactif si la chirurgie est contre-indiquée.

 

Goitre multihétéronodulaire toxique

C’est un goitre qui comporte plusieurs adénomes toxiques. Le traitement est en général chirurgical.

 

Thyroïdite de De Quervain

C’est une inflammation de la thyroïde d’origine virale (virus coxsackie, ourlien ou adénovirus). Dans ce cas, la glande thyroïde est le plus souvent douloureuse : douleur à la face antérieure du cou pouvant irradier vers les oreilles et augmentée par la déglutition, la toux ou les mouvements du cou.

 

Thyroïdite du post-partum

Thyroïdite auto-immune se manifestant dans les mois qui suivent l’accouchement (entre 6 semaines et 3 mois). L’intensité des symptômes est variable. L’évolution est le plus souvent favorable sans traitement spécifique.

 

Autres cause d’hyperthyroïdie

Certains traitements médicamenteux, tels que la Cordarone® (traitement à visée cardiaque), peuvent en être la cause, tout comme l’ingestion d’hormones thyroïdiennes (certains cocktails amaigrissants illégaux).

 

Quelles sont les causes d’hypothyroïdie ?

Hypothyroïdie spontanée atrophique

L’hypothyroïdie est liée à l’atrophie (destruction) progressive de la glande thyroïde (la glande est alors impalpable). La cause est vraisemblablement là encore d’origine auto-immune. Elle s’observe surtout chez la femme ménopausée. Le traitement consiste à une supplémentation à vie en hormones thyroïdienne (L-Thyroxine = Lévothyrox®).

 

Thyroïdite d’Hashimoto

C’est la forme la plus fréquente d’hypothyroïdie avec goitre. C’est une thyroïdite d’origine auto-immune avec la mise en évidence dans le sang de taux élevés d’anticorps antithyroïdiens (antithyroperoxydase et antithyroglobuline). A noter que la maladie peut débuter par une phase d’hyperthyroïdie. Elle touche typiquement la femme entre 20 et 60 ans. Le traitement consiste à une supplémentation à vie en hormones thyroïdienne (L-Thyroxine = Lévothyrox®).

 

Hypothyroïdie congénitale

L’hypothyroïdie est soit liée à une malformation de la glande ou à son dysfonctionnement. Elle est fréquente : 1 nouveau-né sur 4000. Tous les nouveau-nés en France bénéficient d’un dépistage à la naissance (dosage de la TSH).

 

Hypothyroïdie post-thérapeutique

Ce sont les hypothyroïdies secondaires à :

  • L’ablation partielle ou totale de la thyroïde (traitements des goitres multihétéronodulaires, des cancers de la thyroïde),
  • Des traitements par iode radio-actif,
  • Une radiothérapie externe. Les troubles thyroïdiens peuvent alors être tardifs (plusieurs année après le traitement).

 

Hypothyroïdie iatrogène

Ce sont des hypothyroïdies secondaires à :

  • La prise de certaines substances antithyroïdiennes, tels que les antithyroïdiens de synthèse utilisé dans le traitement de la maladie de Basedow ou le lithium (utilisé dans le traitement de certaines troubles maniacodépressifs).
  • Une surcharge en iode (Cordarone® ou produits de contraste iodés utilisé pour l’imagerie médicale).

 

Hypothyroïdie par carence en iode

Elle est liée à une carence alimentaire en iode qui est indispensable à la fabrication des hormones thyroïdiennes. Cette cause est rare en France, d’autant plus que les sels de table sont supplémentés en iode.

 

Hypothyroïdies secondaires

La glande thyroïde est normale, mais elle s’atrophie en raison d’un défaut de sécrétion de TSH chez les personnes atteintes de maladie hypophysaires ou hypothalamiques. Ce n’est pas une cause fréquente d’hypothyroïdie.


Auteur : Dr Julie Rigaut

La thyroïde : signes et causes de mauvais fonctionnements