La gazette

La dyshidrose

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Bonjour docteur, j’ai consulté mon médecin généraliste pour de gros problèmes de peau, au niveau des pieds. Il m’a parlé de dyshidrose. Il m’a donné un traitement comportant deux crèmes et m’a conseillé de voir un allergologue.

Pouvez-vous m’en dire davantage? Y a-t-il d’autres choses à faire?

La dyshidrose est considérée aujourd’hui comme une forme particulière d’eczéma qui siège sur les paumes des mains, les plantes des pieds et les faces latérales des doigts et orteils. On y observe généralement des vésicules, confluantes, qui sont précédées ou qui s’accompagnent d’un inconfort variable (démangeaisons, sensation de tension). Le plus souvent les vésicules ne se rompent pas, même si cela peut se voir dans certaines formes de dyshidrose. Comme pour d’autres types d’eczéma, cette pathologie évolue par poussées avec une alternance d’améliorations (voire de disparition des lésions) et de récidives.

Les formes de dyshidrose

Plusieurs formes sont possibles, de la dyshidrose la plus simple (quelques vésicules discrètes entrainant peu ou pas d’inconfort) à des présentations plus compliquées. Par exemples, les vésicules peuvent se rompre et entrainer un suintement, des saignements ou une surinfection. Lorsque les vésicules de dyshidrose apparaissent sur un épiderme altéré (rouge et/ou squameux), on parle d’eczéma dyshidrosique. De nombreux facteurs ou substances sont soupçonnés de déclencher ou de favoriser les poussées de dyshidrose. Même s’il faut savoir que dans la majorité des cas, aucune cause n’est retrouvé (on parle alors de dyshidrose idiopathique), il arrive cette pathologie soit déclenchée par une autre dermatose ou par des situations particulières :

  • la dyshidrose peut être d’origine immuno-allergique et être secondaire à une eczéma classique, à une mycose cutanée, ou à la prise d’un médicament,
  • elle peut être la conséquence d’une situation : travail en milieu chaud et humide, contacts répétés avec des produits irritants.

En outre quelque soit la cause de la dyshidrose, il existe des facteurs aggravants comme l’alcool, le tabac, et le café, le stress certains facteurs climatiques, l’hyperhidrose (transpiration excessive) mais la littérature médicale reste pauvre sur le sujet et ces liens n’ont pas été prouvés. Le diagnostic de dyshidrose, surtout si celle-ci est invalidante, demande parfois de faire quelques examens complémentaires. Pour cela une consultation auprès d’un dermatologue s’impose pour confirmer le diagnostic. Il orientera éventuellement le patient vers un allergologue pour la réalisation de test cutanés (recherche d’allergènes pouvant déclencher la crise).

Qu’en est-il du traitement du dyshidrose ?

Lorsqu’un facteur aggravant est retrouvé, la prise en charge passe par le traitement spécifique de celui-ci. Par exemple, en cas d’hyperhidrose, on peut proposer un traitement par ionophorèse. Pour le traitement des crises, les dermocorticoides (crèmes ou lotion ou pommade à la cortisone) sont souvent prescrits. On conseille également de rompre les bulles puis de les assécher par des bains antiseptiques. Une bonne hydratation de la peau et l’utilisation de crèmes apaisantes peuvent aider. Enfin, en cas de formes sévères, d’autres traitements peuvent être envisagés, mais ils nécessitent un avis spécialisé. Au total, la dyshidrose est une affection de l’épiderme apparentée à l’eczéma. D’un patient à l’autre la sévérité des lésions et le retentissement sur la qualité de vie sont tout à fait variable. Par ailleurs des recherches complémentaires sont parfois nécessaires pour établir avec certitude les facteurs pouvant être déclenchants, ainsi que pour codifier la prise en charge des formes sévères.


Auteur : Dr Hélène Pera

Conflits d’intérêts : L’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données diffusées dans cette interview ou publiées dans la référence citée. Cet article est issu d’une expérience de terrain, il existe d’autres produits, et d’autres protocoles de prise en charge.

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