La gazette

J’ai des brulures sur la vulve… C’est de l’herpès ? 🌺

Mis à jour en décembre 2019

La littérature médicale signale que 90 % de la population mondiale serait atteinte par cette infection. Normalement, ce virus n’est pas grave et est essentiellement localisé au niveau de la peau et des muqueuses. Mais parfois, chez le nouveau-né et chez les personnes ayant une baisse des défenses corporelles, cette infection peut prendre une forme plus grave. Le virus peut prendre deux formes : le type 1, généralement responsable de la forme orale (c’est à dire souvent buccale), et le type 2, responsable de la forme génitale. Zoom sur l’herpès de type 2.

 

Ce virus peut entraîner des manifestations au niveau du corps, aussi bien au moment du premier contact que lors de ses récidives. En effet, après une première infection, le virus reste tranquillement installé dans les ganglions nerveux, et peut, dans certaines circonstances, se réveiller. Lors de ces « réveils », il donne lieu à de nouvelles poussées, ce qui en fait toute sa problématique et son rôle désagréable dans la vie sociale des gens. Il touche autant la femme que l’homme, et on le retrouve à tous les âges, sans facteurs héréditaires reconnus.

 

Quels sont les organes qui peuvent être atteints ?

Comme nous l’avons vu, ce virus peut toucher la peau et les muqueuses à différents endroits en fonction de son type. Mais l’herpès peut aussi toucher d’autres organes comme les poumons, le système digestif, le système nerveux (par exemple les méninges) ou l’œil. Dans les muqueuses, nous retrouvons surtout la bouche et les organes génitaux, comme la vulve chez la femme, ou le pénis chez l’homme. Comme c’est souvent le cas en médecine, certaines localisations sont plus dangereuses (par exemple, les méninges), et peuvent conduire à des hospitalisations urgentes, dans des services spécialisés pour la mise en place de traitements rapides. Ceci nous permet de rappeler l’intérêt de consulter un médecin devant tout symptôme ou apparition de lésions anormales, sur la peau ou les muqueuses, pour un examen clinique et un traitement adapté.

 

Les brûlures de la vulve, l’herpès génital, un problème récurrent !

L’herpès génital est une infection très fréquente de la peau et des muqueuses de la région génitale et/ou de l’anus. Le plus souvent, elle est due à un « virus herpès simplex » de type 2. Dans ce cas génital, les femmes se contaminent plus que les hommes. L’âge de prédilection est 18-40 ans, avec deux pics de fréquence :

  • Pour les primo-infections : 18-20 ans
  • Pour les récurrences : 24-28 ans

 

Quels sont les facteurs de risque ?

Distinguons les facteurs de risque en distinguant premiers contacts et récurrences.

 

Pour les premiers contacts ou « primo-infection » d’herpès génital :

  • contact sexuel non protégé, avec une personne infectée. Ceci nous permet de rappeler l’intérêt de l’utilisation d’une protection sexuelle par préservatifs, pour toute relation avec un partenaire non connu ou inhabituel, surtout si aucun test sanguin de dépistage n’a été réalisé. Il faut demander à son médecin de faire réaliser ces tests ainsi qu’à son partenaire.
  • rapports sexuels avec partenaires multiples et non protégés
  • Rarement (mais retrouvée dans la littérature) d’utilisation de serviettes de toilette humides ayant été utilisées par une personne contaminée, même si cela est beaucoup plus rare.

 

Pour les récidives d’herpès génital :

  • rapports sexuels, encore une fois,
  • période de fragilité vaginale, telle que la période des règles,
  • stress, d’émotions, d’une infection venant d’un autre endroit… mais qui diminue la résistance du corps,
  • suites d’une vaccination, en raison de la baisse transitoire des défenses de l’organisme,
  • traitement par antibiotique, par de la cortisone ou un médicament qui diminuerait les défenses naturelles de l’organisme,
  • éventuel traumatisme de la zone génitale, quelqu’en soit le mécanisme.

 

Comment faire le diagnostic d’herpès génital ?

Pour les premiers contacts ou « primo-infection » d’herpès génital :

Elle ne donne souvent aucun symptôme, et c’est bien la son problème ! Les femmes ne ressentent rien, ce qui retarde souvent le diagnostic. Dans certains cas peuvent apparaître des :

  • brûlures et des douleurs au niveau de la vulve et/ ou de l’anus,
  • douleurs au moment des rapports sexuels (et surtout lors de la pénétration) qui parfois est impossible à supporter, donnant des symptômes d’infection de la vulve et du vagin,
  • brulures urinaires ou des difficultés à uriner, et dans certains cas d’absence totale de pouvoir uriner,
  • ganglions au niveau de l’aine (souvent des deux côtés),
  • maux de tête, douleurs musculaires, de la fatigue… bien que ces signes ne soient pas spécifiques à l’herpès génital.

 

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Des indices visibles

L’apparition visible (quoique parfois difficile à constater seule pour une femme) de petites lésions des deux cotés de la vulve ou à l’entrée de l’orifice du vagin, ressemblant à des vésicules (un peu comme la varicelle). Ces lésions sont posées sur une surface un peu rouge et inflammatoire. Elles orientent le diagnostic, surtout si ces petites bulles éclatent, donnant lieu à des petits cratères qui forment rapidement une croute. Elles sont situées :

  • au niveau des grandes et petites lèvres de la vulve (surtout),
  • sur la face interne des cuisses, tout en haut (parfois),
  • directement sur la vulve ou à l’entrée du vagin (parfois)
  • sur l’anus ou dans la zone autour de l’anus.

⚠️ Il faut absolument (et rapidement) consulter un médecin si l’on ressent de tels symptômes. Il pourra envisager le diagnostic avec un examen clinique visuel des lésions.

 

🚹 Remarque :

Chez l’homme, on observe parfois des lésions au niveau du gland et du prépuce, ainsi que sur le sillon qui attache le gland (« le frein » de la verge). Mais attention, ces lésions sont souvent absentes ou invisibles chez l’homme ! Ceci pose un problème, car l’homme contaminé devient alors contagieux sans le savoir, et peut transmettre cette infection lors d’un rapport sexuel non protégé. D’ou l’intérêt de la prévention des rapports par préservatif, avec un partenaire non connu, ou en cas de partenaires multiples ! Comme souvent en médecine, il existe des formes plus graves. Environ 5 % des cas (par exemple, une méningite) nécessitent une hospitalisation urgente et un traitement rapide. Heureusement, la plupart du temps, la guérison des primo-infections est spontanée en 2 à 3 semaines.

 

Pour les récidives d’herpès génital :

Attention, les récidives sont parfois les premières manifestations ressenties d’herpès génital car le premier contact est passé totalement inaperçu !

  • On retrouve la notion de brûlures, de douleurs et d’irritations au niveau de la vulve,
  • Rapidement apparaissent les petites vésicules, souvent regroupées en bouquet, qui se rompent en quelques heures ou quelques jours laissant des cratères et des croutes,
  • Ces lésions ne sont souvent localisées que d’un seul coté de la vulve, ce qui fait la différence avec la primo-infection. Il peut y avoir du coté des lésions un ganglion unique, mais ceci a été observé dans seulement 10% des cas.

 

Tout cela guérit en général en 1 ou 2 semaines, sans cicatrices. Ce qui est intéressant, c’est que les récidives se font toujours au même endroit : c’est à dire sur la zone du premier contact, de la primo-infection. Ces lésions sont moins nombreuses et durent moins longtemps que pour la primo-infection.

 

Comment être sur(e) qu’il s’agit d’un herpès ? J’ai souvent des mycoses à la vulve, les signes sont un peu les mêmes

Bonne question ! Il existe effectivement d’autres causes médicales qui peuvent donner des brûlures à la vulve et qui ne sont pas de l’herpès. Nous pouvons citer par exemple (liste non exhaustive) :

  • le zona,
  • les condylomes vénériens,
  • un traumatisme,
  • une mycose vulvaire ou vulvo-vaginite – très fréquente chez les femmes,
  • la syphilis,
  • l’eczéma par allergie de contact (sous vêtements, préservatifs, serviettes hygiéniques, tampons, savon de lavage intime, etc.),
  • aphtes génitaux.

D’abord, il faut toujours consulter un médecin en cas de symptômes anormaux au niveau génital, surtout si c’est la première fois et si l’on a eu un rapport sexuel non protégé. L’examen direct permettra, dans un premier temps, d’envisager le diagnostic et de vous proposer éventuellement des examens sanguins complémentaires.

 

Quels examens sanguins peuvent m’être conseillés ?

Il existe plusieurs méthodes biologiques de diagnostic, par :

  • frottis direct d’une vésicule,
  • mise en culture,
  • des techniques plus compliquées, que nous ne détaillerons pas dans cet article.

La méthode retenue est en général une prise de sang à la recherche d’anticorps. Elle est refaite 15 jours plus tard, et permet d’affirmer le diagnostic en cas d’élévation du taux des anticorps, surtout en cas de primo-infection. Dans les récidives, le taux des anticorps ne s’élève pas de manière significative. C’est la connaissance de la primo-infection et l’examen clinique qui permettent le diagnostic. C’est votre médecin traitant et/ou gynécologue qui vous expliquera les résultats de ces tests sanguins et c’est important qu’ils soient consultés.

 

Est-ce que l’herpès se soigne, Docteur ?

Tout d’abord – et encore une fois au risque de se répéter – il faut absolument faire de la prévention et protéger vos relations sexuelles si votre partenaire n’est pas connu ou en cas de partenaires multiples, c’est primordial ! Le traitement se fait généralement à la maison, prescrit par un professionnel de santé. Seules certaines formes graves d’infection, survenant parfois chez des patients déjà fragiles, nécessitent une hospitalisation. Une hygiène corporelle et génitale quotidienne est essentielle. Il faut évidemment consulter un médecin pour éliminer les autres maladies sexuellement transmissibles. Si possible, l’examen par un médecin du partenaire relationnel est important. Mais parfois, l’acceptation de cet examen est difficile. Les rapports sexuels sont à éviter jusqu’à cicatrisation complète. Il existe aussi des médicaments à la fois sous forme de comprimés ou de crème : c’est votre médecin qui vous orientera vers ces produits et les adaptera à votre cas.

 

🤰 Un cas particulier : la femme enceinte

Certains médicaments sont contre-indiqués pendant la grossesse et il ne faut pas utiliser l’automédication. Le risque d’herpès transmis à son enfant est plus élevé en cas de primo-infection par le virus pendant le dernier mois de la grossesse (ou de récidive dans la dernière semaine). Les médicaments ne sont pas d’utilisation systématique dans ce cas (en fin de grossesse). Une césarienne est indiquée en cas d’herpès génital évolutif lors de l’accouchement, s’il y a une primo-infection dans le dernier mois ou une récurrence dans la dernière semaine de la grossesse.

 

Herpès buccal et génital peuvent-ils s’associer ?

Comme nous l’avons vu, il existe un type d’herpès pouvant toucher la bouche et les muqueuses buccales (généralement, le type 1). Parfois, les deux types d’herpès s’associent, et on peut retrouver des poussées à la fois au niveau de la bouche mais aussi au niveau génital. Pour en savoir plus, consultez notre Top 6 des IST qui se transmettent par la bouche !

 

L’herpès est une infection extrêmement fréquente. Sa forme génitale très gênante, d’abord en raison des symptômes de la primo-infection (qui sont souvent douloureux), mais aussi par son mode de transmission par relation sexuelle. C’est aussi une infection récidivante avec parfois des récidives rapprochées. En tant que médecin de terrain, il est important d’insister sur la notion d’hygiène corporelle quotidienne, de prévention des rapports sexuels, et d’examen clinique systématique en cas de symptômes d’apparition brutale ou chroniques anormaux, permettant un dépistage précoce.

 

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Auteur : Dr Birman Laurent-David, médecin généraliste

 

J’ai des brulures sur la vulve… C’est de l’herpès ? 🌺