La gazette

On me dit que j’ai une allergie de saison, que faire Docteur ?

On me dit que j’ai une allergie de saison, que faire Docteur ? Peut-on parler de la « rhinite allergique », Docteur ?

Allergies MédecinDirect

On parle de « rhume allergique », ou plus médicalement, de « rhinite allergique », lorsque votre organisme réagit par contact, soit de manière immédiate, soit de manière retardée, à un élément présent dans l’atmosphère ou dans l’environnement. Pour rester simple, ce contact déclenche au niveau de l’organisme, un ensemble de phénomènes en cascade dont le résultat est la libération par des cellules du corps de plusieurs substances aboutissant au final à une« inflammation ». Dans notre cas c’est principalement au niveau de la muqueuse nasale que s’initie le phénomène.

Mes symptômes peuvent-ils apparaître toujours à la même saison ?

Bonne question. En effet, le caractère périodique ou non de vos symptômes est variable selon le climat, mais dépend aussi des personnes. Si votre rhinite est plutôt régulière, nous dirons « périodique », c’est à dire liée éventuellement à une saison (comme le printemps !), nous pourrons incriminer, dans les symptômes désagréables que vous signalez, certains éléments plutôt atmosphériques, comme les pollens, les graminées, des fleurs, certains arbres, peut-être des plantes, etc. (liste non exhaustive). Par contre, si vos symptômes ne sont pas en rapport avec une saison précise de l’année, nous dirons « apériodique », c’est plus vers votre environnement personnel ou professionnel que vous devez chercher la cause. Nous citerons comme exemple, les poussières de maison, les moisissures, les poils d’animaux, les acariens, qui sont les plus connus. Mais il ne faut pas oublier les aliments, comme certains fruits l’été, ou les produits de la mer. Evidemment, ce ne sont que des exemples fréquents, la liste des éléments pouvant déclencher une allergie est très longue. Se souvenir :

  • Symptômes périodiques d’allergie = saisonnier, donc plutôt atmosphérique
  • Symptômes apériodiques d’allergie= plutôt environnemental ou de contact

Mais vous n’êtes pas seul dans ce cas : La prévalence des maladies allergiques a doublé au cours des 15 à 20 dernières années. Une personne sur 4 est actuellement allergique dans les pays occidentaux. Pour l’Organisation Mondiale de la Santé, les maladies allergiques sont au 4e rang des maladies chroniques. Entre 20% et 30% de la population française est concernée par une allergie respiratoire (rhinite allergique et asthme), contre 3,8% en 1968. 1 personne sur 5 est touchée par l’allergie aux pollens, et à peu près autant par l’allergie aux acariens.

Ma maman et mon petit frère sont eux aussi allergiques à la même saison, est-ce normal et héréditaire ?

La composante héréditaire de l’allergie saisonnière est probable, pour autant elle n’a jamais été réellement prouvée scientifiquement. Par contre, il a été démontré que le risque d’être allergique est plus important quand les deux parents sont atteints.

Je suis une femme de 25 ans, est-ce que cela joue un rôle dans l’allergie ?

Il y a autant d’hommes que de femmes qui peuvent être atteints par des phénomènes de rhinite allergique, le sexe n’est donc pas un facteur prédisposant. L’âge de prédilection est avant 30 ans, il semblerait que les symptômes diminuent ensuite avec l’avancée dans la vie adulte.

Quels sont les symptômes les plus fréquents de la rhinite allergique ?

Les symptômes sont nombreux et vous en avez déjà décrit certains dans votre question, nous rappellerons ici les principales manifestations retrouvées dans notre exercice de terrain :

  • Un écoulement nasal généralement clair parfois qui coule dans la gorge.
  • Au contraire et parfois en alternance, le classique « nez bouché ».
  • La sensation d’avoir des picotements au niveau du nez, du palais, de la gorge et même de la peau avec l’envie de se gratter.
  • Les éternuements, très fréquents, gênants, pouvant perturber la vie sociale car parfois en salves répétées, pouvant durer un long moment.
  • Les yeux qui coulent et la sensation de picotements dans l’œil, classiquement « comme des grains de sable ».
  • La sensation d’oreilles bouchées avec l’impression de moins bien entendre.
  • Des cernes.
  • Une certaine fatigue souvent en relation avec des troubles du sommeil.
  • La respiration se fait par la bouche, car l’air a du mal à passer par « un nez bouché », ce qui peut donner des sensations de bouche sèche surtout le matin.
  • Une toux très sèche, irritative, parfois répétée, et alternant avec les éternuements.
  • L’impression d’avoir perdu le sens de l’odeur ou le sens du gout.

Bref, des symptômes tous aussi gênants les uns que les autres et qui peuvent avoir, comme on peut s’en douter  des répercussions importantes, à la fois sur la vie active personnelle, et professionnelle.  Evidemment, comme parfois en médecine, certains symptômes peuvent rapidement devenir plus graves et les manifestations d’asthme peuvent conduire à des crises graves, qui doivent être prises en charge rapidement vers des services spécialisés.

Remarque : Vous devez quelque soit la symptomatologie, consulter votre médecin, pour une prise en charge adaptée et un traitement dont nous allons évoquer les principes. Cependant, En cas d’apparition de fièvre, de douleurs musculaires, d’une grande fatigue ou si les écoulements par le nez deviennent jaunes ou verts, il faut consulter son médecin traitant pour éliminer une infection nécessitant un traitement adapté.

Faut-il faire des examens de dépistage pour savoir à quoi je suis allergique ?

Vous devez consulter votre médecin traitant référent pour qu’il puisse, après un interrogatoire précis et un examen clinique adapté, d’abord éliminer une autre cause qui pourrait être virale ou bactérienne à vos symptômes, et vous faire réaliser des tests sanguins qui sont à sa disposition pour envisager le diagnostic d’allergie. Il s’agit d’une prise de sang avec deux examens principaux, le dosage d’une certaine classe d’anticorps et un examen appelé « Phadiatop », qui permet de dire, si il est positif, que vous êtes de nature allergique. D’autres tests sanguins peuvent être réalisés, qui permettent, par leurs résultats, en niveau de sensibilité, d’orienter votre allergie vers des composants plus précis. Il est évident que votre médecin peut aussi vous confier avant ou après la réalisation de ces tests à un médecin allergologue, qui effectuera des tests plus spécifiques, à la fois au niveau allergique, mais aussi au niveau respiratoire, pour évaluer votre gêne et mettre en place des traitements adaptés.

Attention : Il existe des médicaments qui sont souvent donné en cas de rhinite allergique pour diminuer les symptômes. Ces médicaments peuvent gêner les tests réalisés par votre médecin ou par le médecin allergologue, et doivent donc être arrêtés avant leur réalisation. Votre médecin vous expliquera combien de temps avant les tests vous devez stopper ces traitements. Les tests réalisés par les médecins allergologues sont réalisés souvent au niveau de la peau, on les appelle « Test de Prick »: on réalise une petite érosion de la peau et on réalise un contact avec un testeur imbibé d’un produit potentiellement allergique. Le test est positif si une rougeur et une inflammation apparaissent au niveau de l’érosion. Ces tests peuvent aussi être réalisés par des injections, par une aiguille très fine, sous la peau, de petites quantités de produits pouvant donner une allergie, et  qui donnent le même résultat en cas de positivité. Dans tous les cas, ces tests doivent être réalisés dans des conditions de sécurité importante, dans un cabinet médical, avec un médecin habitué, capable d’intervenir, et disposant du matériel d’urgence nécessaire en cas de réaction allergique grave. Pour les médecins, il s’agit d’une véritable enquête policière, et c’est souvent l’interrogatoire précis et le hasard d’un contact qui permet de s’orienter vers la cause de l’allergie.

Comment puis-je me traiter et que peuvent les médecins pour moi ?

D’abord et comme c’est le principe de base en médecine, vous soulager de vos symptômes, pour vous permettre de retrouver une vie quotidienne la plus normale possible.

Les mesures générales : 

  • Evidemment tenter de diminuer si possible l’exposition aux produits allergisants, autant faut-il les connaître !
  • Limiter les sorties en campagne au printemps……
  • Limiter l’emploi de l’air conditionné.
  • Nettoyage régulier et intense du lieu d’habitation.
  • Attention aux animaux domestiques si connaissance d’une allergie éventuelle.
  • Limiter tant que possible l’exposition aux polluants (fumées par exemple).

Les traitements spécialisés : 

  • La désensibilisation est en générale réalisée chez l’adulte jeune. L’injection de petites quantités régulières sous la peau, selon des dosages croissants et calculés d’un ou de mélanges de produits reconnus comme allergique pour la personne, permet de faire fabriquer à l’organisme des anticorps  qui protègent contre les réactions allergiques. Il faut pour cela avoir identifié le produit responsable.
  • L’immunothérapie plus complexe, est réservée aux rhinites allergiques très résistantes à des traitements médicamenteux bien conduits.

Les médicaments : 

Les produits de référence sont des traitements pour soulager les symptômes, ce sont ce que l’on appelle « des antihistaminiques », l’histamine étant un élément important de l’allergie. Il en existe 5 classes, ayant souvent des effets secondaires et indésirables différents, que votre médecin vous expliquera au moment de la prescription, et qu’il faut adapter à votre vie personnelle et professionnelle. Simplement pour exemple, certains peuvent entrainer une somnolence et seront plutôt prescrits le soir, d’autres ne sont pas sédatifs et peuvent être administrés le matin sans risque. Evidemment ce ne sont que des exemples et votre professionnel de santé vous apportera toutes les réponses et informations à vos questions. Il existe aussi des gouttes nasales, dont certains contiennent de la cortisone à vertu anti-inflammatoire et antiallergique. On peut citer aussi des décongestionnants nasaux,mais là encore attention aux effets secondaires, et donc éviter l’automédication. La cortisone par voie générale ou injectable est réservée aux cas graves et toujours de courte durée.

Pour conclure existe-t’il des complications aux rhinites allergiques ?

Malheureusement comme dans beaucoup d’affection bénigne il peut y avoir des complications qui sont parfois gênantes, nous citerons les principales :

  • Surinfection par des bactéries, comme nous l’avons déjà vu.
  • Otites.
  • Sinusites.
  • Asthme. (Liste non exhaustive)

Cela nous permet de vous rappeler le rôle important de la consultation chez votre médecin traitant qui vous orientera vers un confrère allergologue, avant ou après la réalisation des tests sanguins, qui permettent d’orienter vers un produit ou une substance allergique présent dans votre environnement ou dans l’atmosphère. Souvent il est difficile de retrouver la cause exacte aux rhinites allergiques car elles peuvent aussi être le résultat d’un mélange de plusieurs facteurs. Votre médecin pourra dans son rôle de soignant, soulager vos symptômes, et vous permettre de reprendre une vie quotidienne adaptée à votre entourage, et à votre environnement personnel et professionnel.

Pour plus d’information sur ce(s) médicament(s), nous vous recommandons de consulter le site de l’ANSM


Auteur : Dr Birman Laurent-David

Conflits d’intérêts : l’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données diffusées dans cette interview ou publiées dans la référence citée. Cet article est issu d’une expérience de terrain, il existe d’autres produits, et d’autres protocoles de prise en charge.

 

On me dit que j’ai une allergie de saison, que faire Docteur ?