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Coronavirus : mythes et réalités | Les médecins font le point ℹ️

Je suis enceinte, que dois-je faire ? Comment faire le test ? Faut-il que j’arrête mes traitements ? L’équipe médicale de MédecinDirect répond à 16 questions fréquentes quant au Coronavirus COVID-19. Mis à jour le 31 mars 2020.

 

🤰 Je suis enceinte, que dois-je faire ?

Quel que soit le terme de la grossesse, aucun argument en faveur d’une augmentation du risque d’infection chez les femmes enceintes n’a été rapporté. Par ailleurs, aucun cas de transmission de la mère à l’enfant n’a également été identifié. En cas d’infection, le principal risque est celui d’un accouchement prématuré à cause de la fièvre. C’est la raison pour laquelle nous vous recommandons de bien suivre les consignes d’hygiène suivantes : http://bit.ly/2TR2iUg

 

✋ Suis-je une personne à risque ?

La notion de « risque » concerne uniquement les patients déjà contaminés pour lesquels un passage à une “forme grave” de la maladie est à craindre. En effet, aucun argument en faveur d’une augmentation du risque d’infection chez les personnes considérées comme “à risque” n’est à ce jour rapporté.

Dans ce cadre, les personnes suivantes sont considérées comme plus à risque de développer une forme grave de la maladie COVID-19 :

  • Les personnes âgées de 70 ans et plus (les patients entre 50 ans et 70 ans doivent être surveillés de façon plus rapprochée)
  • Les patients aux antécédents cardiovasculaires : hypertension artérielle compliquée, antécédent d’accident vasculaire cérébral ou de coronaropathie, chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV
  • Les diabétiques insulinodépendants (diabète de type 1) non équilibrés ou présentant des complications secondaires à leur pathologie
  • Les personnes présentant une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d’une infection virale
  • Les patients présentant une insuffisance rénale chronique dialysée
  • Les malades atteints de cancer sous traitement

La maladie du COVID-19 peut entraîner une infection respiratoire grave. Sont également considérées comme à risque présumé les situations suivantes :

  • Les patients suivant une chimiothérapie anticancéreuse, un traitement immunosuppresseur, une biothérapie et/ou une corticothérapie à dose immunosuppressive
  • Infection à VIH non contrôlé ou avec des CD4 < 200/mm3
  • Suite à une greffe d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques,
  • Liée à une hémopathie maligne en cours de traitement
  • Les malades atteints de cirrhose au stade B de la classification de Child-Pugh – au moins
  • Les personnes présentant une obésité morbide (indice de masse corporelle (IMC) > 40 kg/m2) par analogie avec la grippe A(H1N1)09.

Nous vous recommandons de bien suivre les consignes d’hygiène rapportées dans le document ci-joint et de limiter au maximum vos déplacements : http://bit.ly/2TR2iUg

 

🔬 Comment faire le test COVID-19 ?

À ce jour, les décisions gouvernementales concernant le dépistage ne sont pas en faveur d’un dépistage de masse. Les tests de dépistage sont actuellement réservés aux patients considérés comme “cas probables”. Ils sont réalisés après avis de l’infectiologue de garde de chaque département. Cela fait suite à une prise en charge par le centre 15.

 

📝 Comment obtenir un arrêt de travail suite à la fermeture des crèches et établissements scolaires ?

La Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) a mis en place un lien pour permettre la délivrance exceptionnelle d’un arrêt de travail suite à la fermeture des crèches et établissements scolaires. Cette demande doit être effectuée par votre employeur, uniquement en cas d’impossibilité de mise en oeuvre d’un télétravail et pour un seul des 2 parents. Cet arrêt de travail peut être d’une durée maximale de 14 jours (éventuellement renouvelable si les mesures de fermeture sont poursuivies).

Patients symptomatiques, symptomatiques, libéraux… Vous souhaitez en savoir plus sur les modalités d’arrêt de travail ? Découvrez notre article dédié (à venir).

 

🚫 Faut-il que j’arrête mes traitements actuels ?

L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) appelle les patients et les professionnels de santé à privilégier l’utilisation du paracétamol en cas de fièvre. Les anti-inflammatoires (dont l’ibuprofène) peuvent masquer une infection et potentiellement avoir un effet aggravant dans certaines situations. Si vous êtes actuellement traité par anti-inflammatoires ou par corticoïdes, n’arrêtez pas votre traitement. Pour tout traitement de fond, il est nécessaire de bien évaluer le rapport entre les bénéfices de votre traitement et les risques d’un arrêt de celui-ci avant tout arrêt.

Dans l’immédiat, je vous conseille de poursuivre votre traitement et de contacter dès à présent votre médecin traitant ou spécialiste, qui seront les mieux placés pour vous orienter.

 

😷 Faut-il porter un masque ?

Les masques chirurgicaux sont disponibles seulement sur prescription médicale. Leur port est réservé aux personnes malades, aux personnes en contact avec des personnes à risque modéré/élevé et aux professionnels de santé. Ils ne peuvent en aucun cas être lavés pour être réutilisés et ils doivent donc être jetés à la poubelle après utilisation.

Le port de ce type de masque par la population non malade n’est pas recommandé dans la mesure où son efficacité n’est pas démontrée. Les masques FFP2, plus filtrants que les masques chirurgicaux, sont recommandés uniquement pour les professionnels qui ont un contact direct avec les personnes infectées, dans le cadre des procédures de prise en charge spécifique.

 

🌡️ Quels sont les symptômes les plus fréquents ?

Les dernières études publiées sur le sujet et ce qui a été observé depuis le début de l’épidémie nous confirme que les symptômes du COVID-19 sont proches de ceux de la grippe. Les symptômes les plus fréquents et significatifs à apparaitre sont :

  • La fièvre (94% des cas)
  • La toux (79% des cas)

Environ un quart des malades ressentent également de la fatigue et ont une toux grasse. Il est aussi possible de ressentir des douleurs musculaires, une gêne respiratoire et une agueusie / anosmie, soit la perte du goût et de l’odorat. Pour les cas les plus graves, une infection pulmonaire ou pneumopathie est aussi observée. De manière plus marginale, 4 à 5 % des malades peuvent souffrir de diarrhées, nausées et vomissements.

 

😌 Quels traitements ont été prodigués aux personnes contaminées ayant été guéries ?

À ce stade, il n’existe pas de médicament ciblant le COVID-19. La prise en charge consiste aujourd’hui à traiter les symptômes : faire baisser la fièvre et aider la respiration. Ce sont les réponses immunitaires du patient qui l’aident à contrôler le virus.

 

🙌 La chloroquine peut-elle soigner le coronavirus ?

La chloroquine est souvent citée dernièrement comme une potentielle réponse à l’épidémie. Le recours à cet antipaludéen a été testé à l’Institut Hospitalo-Universitaire (IHU) méditerranée infection de Marseille. Les premiers résultats ont été obtenus par l’équipe du Pr Didier Raoult. Cette équipe a mené une étude ayant montré les bénéfices de la chloroquine sur des patients infectés au COVID-19. Bien qu’encourageant, ce pilote n’a été mené que sur 24 patients : il ne permet donc pas d’affirmer l’efficacité de la chloroquine contre l’infection.

Ces premières données, doivent être confirmées par des études de plus grande ampleur. Olivier Véran, ministre de la Santé, a indiqué avoir “donné l’autorisation pour qu’un essai plus vaste par d’autres équipes puisse être initié dans les plus brefs délais, sur un plus grand nombre de patients ».

L’essai concerne 3 200 patients en Europe dont 800 en France. Plusieurs CHU du pays sont concernés à Paris, Lyon, Nantes et Lille. L’essai devrait ensuite être étendu à plusieurs dizaines d’établissements.

A l’heure actuelle et en l’absence d’étude plus poussées, plusieurs experts appellent à la prudence en raison des effets indésirables de la chloroquine qui peuvent être graves.

 

🐱 Les animaux peuvent être porteurs du coronavirus  ?

En l’état actuel des connaissances, bien que le COVID-19 soit d’origine animale (d’animaux sauvages), il n’existe aucune preuve que les animaux de compagnie et ceux d’élevage soient porteurs du virus. L’Agence nationale de sécurité sanitaire exclut donc la possibilité de transmission du virus en mangeant de la viande issue d’un animal d’élevage.

 

💳 Combien de temps le virus reste-t-il actif hors du corps humain, sur des surfaces inertes ?

Le COVID-19 peut survivre sur les surfaces inertes (métal, verre, plastique) de quelques heures à quelques jours. Cela dépend de la surface, de la température, et de la quantité de virus déposée sur la surface. Toutefois, le risque d’être infecté est très faible en se lavant régulièrement les mains au savon ou avec un gel hydroalcoolique (selon l’OMS). Ceci est valable les pièces de monnaie, billets de banque ou cartes de crédit, par exemple.

 

🙅‍♀️ Peut-on attraper le coronavirus si on est vacciné contre la grippe  ?

La réponse est oui. Le vaccin antigrippal protège de la grippe seulement. En savoir plus sur le vaccin contre la grippe.

 

🚰 Se laver les mains à l’eau froide permet-il de se protéger du coronavirus ?

Se laver les mains à l’eau froide ne pose pas de problème. En revanche, il faut du savon et bien frotter (20 secondes selon les recommandations officielles). Il est nécessaire de se laver les mains plusieurs fois par jour. Cela vaut particulièrement lorsque l’on a emprunté un ascenseur, un transport en commun, fait ses courses au supermarché, etc… Nous en profitons pour vous transmettre ce document concernant les mesures d’hygiène élémentaires : http://bit.ly/2TR2iUg

 

👫 Quelles sont les précautions à prendre si l’on vit à deux dans un petit logement et que l’un des deux est atteint et confiné à la maison  ?

Cela vaut particulièrement si l’un des deux a plus de 65 ans. Tous doivent respecter une quarantaine, à savoir :

  • Utiliser le masque à l’intérieur pour protéger la personne non malade.
  • Eviter les contacts : se tenir à moins d’1 mètre et limiter les échanges à moins de 15min.
  • Rester dans une pièce spécifique et aérée et utiliser de préférence une salle de bain et WC spécifique.
  • Ne pas dormir dans le même lit et prendre les repas seuls dans sa chambre.
  • Utiliser des mouchoirs jetables et les jeter dans une poubelle dédiée. Se laver les mains régulièrement.
  • Désinfecter les surfaces touchées par le patient malade : poignées de porte, tables de chevet, cadres de lit, etc.
  • Ne pas partager les verres, vaisselle, etc…

 

🚭 L’irritation des voies respiratoires (tabagisme, allergies, asthme) facilite t-elle l’infection coronavirus  ?

Il n’y a pas encore de données claires là-dessus mais l’irritation des voies respiratoires est probablement aggravant.

 

🤝 Comment le coronavirus peut-il être transmis  ?

Le COVID-19 se propage entre humains par des “gouttelettes”, par contact manuel ou par l’intermédiaire d’un objet contaminé. La maladie se transmet par les postillons (éternuements, toux). On considère donc qu’un contact étroit avec une personne malade est nécessaire pour transmettre la maladie : même lieu de vie, contact direct à moins d’un mètre lors d’une toux, d’un éternuement ou une discussion en l’absence de mesures de protection.

 

💊 Quels médicaments je peux prendre ?

Afin de garantir leur disponibilité, à partir du 18 mars 2020, les pharmaciens pourront délivrer sans ordonnance 1 seule boite de paracétamol (500 mg ou 1 g) par patient ne présentant aucun symptôme, ou 2 boites (500 mg ou 1 g) en cas de symptômes (douleurs et/ou fièvre). La vente sur Internet des médicaments à base de paracétamol, d’ibuprofène et d’aspirine est suspendue.

Utilisé à bon escient, le paracétamol est un médicament sûr et efficace. Cependant en cas de surdosage, le paracétamol peut entraîner des lésions graves du foie irréversibles dans certains cas : la mauvaise utilisation du paracétamol est la 1ère cause de greffe hépatique d’origine médicamenteuse en France.

 

🗣️ Faisons le point sur la toux

La toux est un réflexe naturel de défense pour expulser les mucosités ou les agents irritants des voies respiratoires. Le médecin traitant propose un traitement en fonction de son origine et de sa nature (grasse, sèche, chronique ou aiguë). La toux aiguë est le plus souvent due à une infection d’origine virale des voies respiratoires le plus souvent virale (rhinopharyngite, laryngite aiguë, bronchite aiguë). La toux, sèche au début, devient grasse. Elle cesse en 10 à 15 jours sans antitussifs, ni antibiotiques. Des examens complémentaires sont rarement utiles. La prescription d’antibiotiques est inutile et ne raccourcit pas la durée de la toux. Certains éléments de cet toux sont évocateurs d’une cause plus sévère (pneumonie, embolie pulmonaire…) mais ces cas ont des signes cliniques associés et nécessitent un examen clinique physique par un médecin.

 

En cas de doute, pensez à la téléconsultation : vous pouvez consulter un médecin généraliste ou spécialiste sans sortir de chez vous 24/7. Ce service est pris en charge par votre complémentaire santé ou entreprise : testez votre éligibilité !

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