La gazette

Burn-out, bore-out et brown-out : faisons le point 💼

« Le travail c’est bien une maladie, puisqu’il y a une médecine du travail ! » disait Coluche. Et vous comment ça se passe au travail ? Au 21e siècle, tout un chacun peut être touché par des troubles de santé liés au travail. Syndrome d’épuisement professionnel (burn-out), d’épuisement par l’ennui (bore out – de l’anglais to bore : ennuyer), de lassitude ressenti par un travailleur qui ne trouve pas de sens à son travail (brown-out – de l’anglais « coupure de courant »)… Mais quel est ce mal qui nous touche ?

 

Le burn-out : syndrome d’épuisement professionnel

En vingt ans, le burn-out est passé de l’ombre à la lumière. Sa prévalence est passée de 2,3 % à 3,1 % entre 2007 et 2012. L’OMS a étoffé sa définition dans la CIM-11, comme « un syndrome (…) résultant d’un stress chronique au travail qui n’a pas été correctement géré ». Il s’articule comme un triptyque avec un sentiment de manque d’énergie, un retrait vis-à-vis du travail, des sentiments de négativisme, une perte d’efficacité professionnelle.

Le diagnostic du burn-out est complexe. Ses manifestations sont propres à chacun d’entre nous (tristesse ou absence totale d’émotion), et peuvent se rapprocher d’autres troubles psychiques ou maladies. Les symptômes s’installent progressivement, souvent de manière insidieuse. Les principaux symptômes sont d’ordres :

➡️ Émotionnels : anxiété, hypersensibilité, tristesse, émotions absentes

➡️ Cognitifs : troubles de la concentration, difficultés à mémoriser, inattention…

➡️ Comportementaux : isolement, agressivité, manque d’empathie, addictions…

➡️ Physiques : sommeil, répercussions gastro-intestinales, troubles musculo-squelettiques…

 

Chez l’employé concerné en découle :

➡️ un sentiment d’inutilité

➡️ une incompréhension quant aux tâches que l’on effectue

➡️ un questionnement qui nous dépasse

 

Le burn-out se manifestant de manière individuelle, sa prise en charge varie d’une personne à l’autre. Elle va de l’arrêt de travail à la relaxation, en passant par l’intervention d’un psychiatre pour les cas les plus complexes. Un mal-être durable s’installe ? Parlez-en sans attendre à un médecin. Chez MédecinDirect, vous pouvez consulter nos médecins généralistes et spécialistes par écrit, téléphone ou vidéo, 24h/24 et 7j/7. Vous n’avez aucun frais à avancer : ce service est peut-être pris en charge par votre complémentaire santé ou votre mutuelle. Testez votre éligibilité !

 

Le bore-out : quand l’ennui rend malade

Travail chronophage, mauvaise répartition des tâches, missions peu stimulantes… Voici des exemples de cas conduisants au bore-out ! Être véritablement « payé à ne rien faire » (et plutôt bien payé la plupart du temps) peut devenir un réel supplice. En effet, le manque de stimulation intellectuelle dévalorise et – paradoxe – stresse. En grandissant, cette souffrance nous entraine à développer des habitudes palliatives, telles que le grignotage, l’excès de tabac ou encore le recours à l’alcool. Une étude nommée « Bored to death » (2010) a d’ailleurs mis en évidence qu’un salarié qui s’ennuie dans sa vie professionnelle présente un risque 2 à 3x plus élevé d’accidents cardiovasculaires qu’un salarié dont l’emploi est stimulant.

 

Le brown-out : s’enliser dans l’absurdité

En 2016, l’institut Gallup dévoilait des chiffres alarmants dans son article « Do employees really know what’s expected for them? » (les employés savent-ils vraiment ce que l’on attend d’eux ?). En effet, seulement 33 % des salariés américains se sentent engagés dans leur travail. À l’échelle mondiale, nous ne serions que 13 %.

La cause numéro un invoquée est le manque de sens au travail. En 2013 déjà, David Graeber (anthropologue américain) dénonçait l’inquiétante propagation des « bullshit jobs », qui se caractérisent par des tâches aussi chronophages que perçues comme inutiles.

Les explications qu’on peut donner à la survenue de ces phénomènes sont sous étude depuis plusieurs années. Un article concernant la motivation et la créativité définit comme importants les points suivants :

➡️ La mission ou l’objectif de la tâche

➡️ La perception d’avoir le choix et contrôle sur les tâches qu’on réalise

➡️ La sensation de se sentir compétent à la réalisation d’une activité

➡️ Et le progrès perçu dans la réussite de ces tâches

Ceux-ci sont les éléments de base qui permettent d’avoir un épanouissement au travail. De la même manière qu’il est important d’avoir les bons ingrédients pour faire un plat de qualité, il est important de veiller à ce que ces éléments soient présents pour avoir un travail épanouissant et pourquoi pas, source de bonheur.

 

Que peut faire le médecin pour moi ?

Le médecin doit d’abord s’assurer que ces symptômes n’orientent pas le diagnostic vers une maladie physique puis psychique, mais susceptible d’avoir un caractère d’urgence. Dès lors où cette hypothèse est écartée, le risque suicidaire sera évalué. Le médecin devra confronter ces éléments, pour écarter d’autres troubles psychiques tels que la dépression, les troubles anxieux ou encore le stress post-traumatique. Le médecin pourra également diagnostiquer que l’un de ces troubles coexiste avec le burn-out. Le burn-out se manifestant de manière individuelle, sa prise en charge varie d’une personne à l’autre. Elle va de l’arrêt de travail à la relaxation, en passant par l’intervention d’un psychiatre pour les cas les plus complexes.

💼 Vos conditions de travail (Est-ce intense ? Exigeant ? Avez-vous suffisamment d’autonomie ? Comment sont vos relations avec vos collègues ?…)

🏠 Vous, et votre vécu (Avez-vous des antécédents personnels ou familiaux ? Des événements sont-ils survenus ? Êtes-vous soutenu par votre entourage ?…)

Vous ne souhaitez pas vous absenter de votre bureau pour solliciter un médecin à ce propos ? Vous préférez opter pour une discussion par écrit sur ce sujet sensible ? Pourquoi ne pas opter pour la téléconsultation médicale ? Découvrez si vous bénéficiez de nos services via votre complémentaire santé ou votre entreprise !

 

Ce que vous pouvez faire

Que vous soyez victime d’épuisement, d’ennui ou de quête de sens dans votre vie professionnelle, il convient d’agir rapidement pour ne pas laisser la situation s’enliser. Voici quelques recours pour y voir plus clair, dans cette période désagréable de votre vie :

  • En parler au médecin du travail : il est là pour déceler ce genre de troubles
  • Discuter avec vos collègues : vous n’êtes peut-être pas seul(e) dans cette situation. Il est fréquent d’avoir l’impression de passer pour une personne faible, raison pour laquelle on évite d’en parler. Le silence est la voie la plus simple, mais aussi la plus rapide pour se retrouver dans une sensation d’isolement, qui aggravera les symptômes décrits.
  • Si possible, essayer d’arranger les choses avec votre supérieur en lui expliquant calmement les choses
  • Être en veille sur le marché de l’emploi. Peut-être est-il temps de voler vers de nouveaux horizons ?

 


Auteur : Dimitri MOULU – relu par le Dr. Juan Sebastián SUAREZ VALENCIA

Burn-out, bore-out et brown-out : faisons le point 💼