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Octobre Rose : un mois pour sensibiliser au dépistage du cancer du sein

À l’occasion du 25ème Octobre Rose, cette campagne mondiale de sensibilisation sur l’importance du dépistage précoce du cancer du sein, MédecinDirect vous informe sur cette affection qui peut concerner toutes les femmes.

Avec près de 54 000 nouveaux cas et 12 000 décès par an, le cancer du sein se situe au deuxième rang des cancers et au troisième rang de la mortalité par cancer. C’est malheureusement le cancer le plus fréquent chez la femme en France. Pourtant, grâce au dépistage organisé, toutes les femmes peuvent bénéficier gratuitement d’une mammographie et d’une consultation pour détecter le cancer avant même les premiers symptômes.

 

Qu’est-ce que le cancer du sein ?

Le cancer du sein est une tumeur qui se développe à partir des cellules de la glande mammaire. Les cellules malignes se multiplient de façon anarchique et viennent former une tumeur qui peut être différente selon la localisation ou le type de cancer :

  • Un carcinome in situ lorsque les cellules cancéreuses restent au niveau du sein
  • Un carcinome infiltrant si les cellules cancéreuses ont envahi les tissus en dehors de la glande mammaire, vers les ganglions de l’aisselle ou bien sous forme de métastases

 

Comment faire le diagnostic du cancer du sein ?

Pour confirmer le diagnostic, les médecins utilisent des examens d’imagerie puis une analyse biologique de la tumeur :

  • Une mammographie qui est une radiographie des seins et qui permet de voir la présence de microcalcifications suspectes de cancer
  • Une échographie qui permet de dire si la masse repérée est un kyste ou bien une tumeur
  • Une IRM (Imagerie par Résonnance Magnétique) pour faire la différence entre une tumeur bénigne ou bien cancéreuse

Après les examens d’imagerie, il faut faire un examen anatomopathologique, c’est-à-dire une analyse au microscope du tissu mammaire prélevé directement. Après cette analyse, si les résultats laissent penser que le cancer a pu s’étendre dans le corps, il faut faire d’autres examens comme une radiographie du thorax, un scanner, une IRM, ou une scintigraphie osseuse.

 

Quels sont les facteurs de risque du cancer du sein ?

Il existe deux types de facteurs de risque de cancer du sein :

  • Les facteurs de risques environnementaux. Par exemple : le port du soutien-gorge, le surpoids, le tabagisme, l’alcool, l’utilisation d’un déodorant, la contraception hormonale, le traitement hormonal substitutif de la ménopause, les grossesses tardives ou encore la consommation de viande grasse et le diabète
  • Les facteurs de risque héréditaires. Ils concernent les femmes ayant des antécédents familiaux de cancer du sein et qui sont porteuses de certains gènes de prédisposition nommés BRCA1 et 2

 

Quels sont les niveaux de risque ?

Il existe trois niveaux de risques différents :

  • Le risque moyen qui concerne les femmes en général sans aucun autre facteur de risque que l’âge car 99 % des cancer du sein touchent les femmes
  • Le risque élevé qui concerne les femmes ayant un risque particulier, quel que soit leur âge. Il peut s’agir par exemple d’un antécédent de cancer du sein, de l’utérus, ou d’autres d’affections du sein comme une hyperplasie atypique ou une infection proliférative bénigne. Mais aussi des femmes ayant été exposées à une irradiation à haute dose avant l’âge de 30 ans par exemple dans le traitement d’un lymphome
  • Le risque très élevé qui concerne les femmes ayant une prédisposition génétique

Le risque de développer un cancer du sein augmente avec l’âge. Environ 80 % des cancers surviennent après l’âge de 50 ans.

 

Quel dépistage pour quels risques ?

En fonction du niveau de risque, le dépistage ne sera pas le même :

  • En cas de niveau de risque moyen : on conseille de faire une mammographie et un examen clinique chez un radiologue agréé tous les 2 ans entre 50 et 74 ans. Ce programme de dépistage organisé est pris en charge à 100 % par l’assurance maladie, sans avance de frais. Toutes les mammographies font l’objet d’une seconde lecture par un autre radiologue.
  • En cas de niveau de risque élevé : on conseille une surveillance spécifique suivant la situation et l’âge. Il ne s’agit pas du programme de dépistage organisé du cancer du sein mais des modalités de suivi qui sont adaptées à la situation et décidées par le gynécologue. Il peut s’agir alors des mêmes examens mais débutés à un âge plus précoce avec des intervalles plus rapprochés. Le médecin propose parfois de compléter par une échographie ou une IRM.
  • En cas de niveau de risque très élevé : on conseille une surveillance clinique dès l’âge de 20 ans et une surveillance radiologique à partir de l’âge de 30 ans. Dans certains cas des consultation d’oncogénétique sont proposées à toutes les femmes de la famille.

De façon générale, pour toutes les femmes, on conseille de faire un examen clinique des seins, c’est-à-dire une palpation, une fois par an à partir de l’âge de 25 ans. Réalisé par un gynécologue, un généraliste ou une sage-femme, il est rapide et indolore, et permet de détecter une éventuelle anomalie.

 

Qu’est-ce que le programme de dépistage organisé ?

Depuis 2004, les pouvoirs publics ont développé un programme de dépistage organisé sur l’ensemble du territoire français. Il concerne toutes les femmes âgées de 50 à 74 ans considérées comme étant à risque moyen.

À partir de 50 ans, tous les 2 ans, toutes les françaises reçoivent un courrier à leur domicile les invitant à effectuer une mammographie. Une liste de médecins radiologues agréés est jointe à l’invitation pour choisir le professionnel que l’on souhaite consulter.

Le dépistage organisé permet de réaliser une mammographie, un examen des seins, et une échographie si nécessaire. Il permet également de détecter les anomalies à un stade précoce, avant même que les symptômes n’apparaissent.

 

Quelles sont les limites du dépistage ?

Le dépistage présente certaines limites qu’il faut connaître :

  • Ne permet pas de distinguer les cancers qui vont évoluer de ceux qui n’auront aucune conséquence. Certains médecins sont opposés à ce dépistage car ils considèrent qu’un certain nombre de cancers dépistés n’auraient en fait pas évolué en tumeur active. Ils avancent que la pratique du dépistage induit un sur-traitement pour de nombreuses femmes
  • Expose à des rayons X
  • Peut passer à côté des cancers qui se développent entre deux mammographie
  • Contraint parfois parfois à attendre jusqu’à 2 semaines pour avoir les résultats définitifs
  • Peut être la source d’une inquiétude

Même si le dépistage organisé expose les femmes au rayon X tous les 2 ans, il permet tout de même d’éviter plus de décès par cancer du sein que par cancer Induit par les rayons X. C’est pourquoi il reste quand même nécessaire pour dépister précocement les cancers du sein.

 

Quels sont les avantages du dépistage ?

S’engager dans une démarche de dépistage doit être un choix personnel. Cependant, même s’il a des limites, le dépistage a de nombreux avantages. Il permet :

  • De repérer une lésion suspecte de cancer avant même l’apparition des symptômes
  • De repérer les plus petits cancers avant même qu’ils ne soient palpables
  • D’éviter des traitements lourds et parfois des séquelles en permettant une prise en charge la plus précoce possible
  • De contrôler par deux radiologues agréés chaque mammographie

Plus le cancer du sein est détecté et traité tôt, et plus la survie à 5 ans sera élevée. On considère qu’elle est de 99 % pour un cancer du sein détecté à un stade précoce alors qu’elle n’est que de 26 % pour un cancer avec des métastases.

 

Quels sont les symptômes à surveiller ?

Même en cas de mammographie tous les 2 ans, il est important de rester vigilante à la moindre modification inhabituelle des seins :

  • Apparition d’une boule, ou bien d’une grosseur dans le sein ou sous le bras
  • Une rougeur, un œdème ou un aspect peau d’orange sur le sein
  • Une rétractation, un changement de couleur, ou des écoulements depuis le mamelon
  • Un changement de forme du sein

Dès l’apparition de l’un de ces symptômes, il est important de consulter son gynécologue ou son médecin traitant. Bien sûr cela ne signifie pas nécessairement qu’il s’agit d’un cancer. Néanmoins, il est toujours préférable de faire les examens complémentaires sans tarder.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site d’Octobre Rose.


Auteur : Dr Claire Lewandowski, psychiatre – 01 octobre 2018

Octobre Rose : un mois pour sensibiliser au dépistage du cancer du sein