La gazette

Que vous apportent les Oméga3 ?

Que vous apportent les Oméga 3 pour votre santé ?
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Les omégas 3 font partie de la famille des acides gras polyinsaturés, que l’on sait depuis longtemps être bénéfiques pour la santé. Par contre on connait depuis peu l’étendue de leurs atouts santé. Pour mieux le comprendre, il faut savoir qu’ils sont impliqués dans la structure membranaire de nos cellules, y compris de nos neurones, et qu’ils sont indispensables à la synthèse des prostaglandines et leucotriènes, aux multiples actions dans l’organisme. Le plus connu est l’acide alpha linolénique (ALA) qui est définé comme « essentiel » tout comme les vitamines et ne peut être obtenu que par l’alimentation. Les autres oméga 3 : acide eicosapentaénoïque (EPA), et acide docosahexaénoïque (DHA ) sont utilisés par l’organisme, qui est partiellement capable de les fabriquer à partir de l’ALA; mais cette synthèse est peu performante, et il est important d’en apporter, soit avec une alimentation riche en certains poissons, soit avec des compléments alimentaires. Ces compléments alimentaires, après avoir été déremboursés il y a 10 ans sous prétexte d’efficacité insuffisante ou non démontrée (Maxepa, récemment abandonné par le fabriquant), ont à nouveau le vent en poupe après maintes études prouvant leur intérêt.

  • Les actions physiologiques des oméga-3.

Les actions cardiovasculaires :

  • anti-agrégantes directes
  • et en plus inhibition de facteurs de la coagulation
  • inhibent les réactions prolifératives qui contribuent à rétrécir les parois artérielles lésées
  • abaisse le taux du fibrinogène, molécule impliquée dans inflammation et hémostase.
  • tout ceci aboutit en clinique à : une fluidification du sang et des globules rouges plus souples qui ne forment pas facilement des « bouchons », un assouplisement des parois vasculaires, des globules blancs qui adhèrent moins aux parois, une action anti-inflammatoire dans les vaisseaux. Tous ces éléments sont des facteurs de la formation des plaques d’athérosclérose, les omégas 3 justifient ainsi leur rôle dans sa prévention.

Citons Mr le Pr Jean-Charles Fruchart, directeur du département « athérosclérose » à l’Institut Pasteur:

« Par rapport aux malades non traités avec ce médicament, les patients prenant de l’oméga 3 ont vu leur risque de mortalité globale baisser de 20 %, leur risque de mortalité par maladie cardio-vasculaire décroître de 30 %, celui de maladie mortelle coronarienne de 35 % et celui de mort subite de 45 % ».

« Des résultats d’autant plus importants que les patients sur lesquels l’essai a été mené suivaient déjà le traitement « classique » destiné à éviter les décès survenant après un infarctus du myocarde et observaient aussi un régime méditerranéen, destiné à diminuer les risques cardio-vasculaires », a souligné le Pr Fabio Turazza, auteur principal de cette étude.

  • Les actions neuro-psychologiques

l’acide docosahéxaénoïque (DHA) est un constituant important des membranes des cellules nerveuses. Hors toute la communication entre les neurones, donc le comportement, la mémoire, les émotions, dépend de l’intégrité de ces membranes On a constaté expérimentalement que la déficience en DHA altère le comportement des animaux; la supplémentation de 41 étudiants par 1500 mg/j de DHA pendant 3 mois versus placebo, a entraîné une baisse de l’agressivité liée au stress mental. Les omégas 3 pourraient avoir un rôle important dans la protection des neurones vis à vis des dommages associés au vieillissement, et en particulier dans la lutte contre la toxicité du glutamate (principal neurotransmetteur excitateur). 60% du poids sec [2] du cerveau est constitué d’acides gras dont 50% sont les acides gras polyinsaturés (PUFA) tels que les oméga3 et les oméga6. Il a été retrouvé dans les expériences que les PUFA sont capables de moduler la fluidité des membranes des cellules nerveuses (neurones), l’activité des neurotransmetteurs impliqués dans les troubles mentaux (sérotonine et dopamine) et la réponse inflammatoire.

Une carence en oméga 3 serait à l’origine d’une diminution du taux de dopamine. Ces acides gras ont été associés à une amélioration de l’humeur; ces effets antidépresseurs et stabilisateurs d’humeur seraient dus à leur action sur le neurotransmetteur sérotonine. En agissant sur les cellules immunitaires via la production de prostaglandins, leukotrienes et thromboxanes, AHA et EPA peuvent être transformés en agents dont l’activité atténue les réactions inflammatoires au niveau du cerveau ; améliorer la performance de ce système pourrait mener à une réduction des troubles mentaux. L’impact des habitudes alimentaires sur les troubles psychiatriques a été démontré par Hibbeln en 1998 ; il a montré révélé que les pays avec une consommation de poisson importante, comme le Japon par exemple, avaient une fréquence de dépression moindre.

  • Obtenir un bon équilibre dans ses apports en AGPI.

De récentes études épidémiologiques, comme l’étude SUVIMAX*, ont constatées que la consommation d’Omega 3 était insuffisante en France. Les apports sont en effet inférieurs de 50 à 80% aux apports nutritionnels conseillés qui sont de 2g par jour. Cette étude a aussi révélé que le rapport Omega 3 /Omega 6 était de 1/20 au lieu des 1/5 recommandé. Un piège classique est la consommation de margarines allégées, mais les fabricants on renversé la vapeur en proposant depuis quelques années des formules enrichies. Ce rapport est important, parce que les 2 utilisent les mêmes enzymes pour être utilisés, et un excès d’apport en omégas 6 entraine de surcroît une moindre utilisation des omégas 3. Ceci peut entrainer des, ou une plus grande facilité à la formation des plaques d’athérosclérose ( en présence d’autres facteurs de risque vasculaire) dysfonctionnements neuronaux

Une autre étude chez les personnes âgées a aussi retrouvé une corrélation entre une consommation régulière de poisson et une fréquence moindre de dépression, de meilleure performances cognitives et une incidence moindre de la maladie d’Alzheimer. Les oméga 3 sont principalement présents dans les poissons gras des mers froides, les algues, les crustacés, ainsi que dans les noix et les huiles végétales ( colza, noix), la moutarde. Les autres sources ne sont que complémentaires, car la consommation utile à des apports notables serait très importante en volume. beaucoup d’huiles riches en omégas 3 ne supportent pas la cuisson, cela peut varier selon le mode de fabrication, pensez à vérifier. Même pour les poissons qui en sont riches statistiquement, la concentration va énormément varier en fonction de l’origine géographique du poisson, de son âge, de son alimentation, de ses conditions de vie. Voilà pourquoi la qualité nutritionnelle des saumons sauvages et d’élévage, par exemple, est totalement différente. Il est difficile de concilier la sauvegarde des espèces menacées et la diététique…Voilà pourquoi certains spécialistes ont ouvertement regretté l’abandon du complément nutritionnel Maxepa, qui fût remboursé il y a longtemps, et saluent l’arrivée de nouvelles spécialités, non remboursées certes, mais néanmoins potentiellement utiles.

N’hésitez pas à en parler à votre médecin ou votre pharmacien si vous envisagez de donner un coup de pouce à votre santé psychique et morale avec un complément en omégas 3. Pour finir, un petit tableau donnant les moyennes de concentration en acides gras et omégas 3 : pour ne pas s’encombrer les idées, il est tenu compte de la fourchette des concentrations mais pas de l’unité de mesure.

  • Teneur en AGS (ACides gras saturés)

80-90 Végétaline

50-65 Beurre

40-50 Saindoux

30-40 Lard, graisse de volailles

20-30 Beurre allégé, graisse d’oie

10-20 Huiles végétales

  • Teneur en AGMI (Acides gras mono-insaturés)

70-80 Huile d’olive, de noisette

60-70 Huile de colza

50-60 Graisse d’oie

45-55 Huile d’arachide, graisse de volailles

40-45 ISIO4, Graisse de dinde, saindoux

25-40 Margarines, huile de maïs

15-25 Huile de tournesol, de soja

  • Teneur en acide linoléique ( apport d’omégas 6)

60-70 Huile de pépins de raisins, de tournesol

50-60 Huile de noix, de maïs, de soja, de germe de blé

40-50 ISIO4, Huile de sésame

30-40 Margarine

20-30 Huile de colza, d’arachide

10-20 Huile de noisette, graisse de volailles

5-10 Huile d’olive

0,8-2 Beurre, beurre allégé

  • Teneur en acide alpha-linolénique

12 Huile de noix

8-10 Huile de colza

6-7 Huile de soja, de germe de blé

1,9 ISIO4

0,1-1 Beurre, suif, Saindoux, huile de tournesol, huile de noisette


Auteur : Dr Cazivassillio

Conflits d’intérêts : l’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données diffusées dans cette interview ou publiées dans la référence citée. Cet article est issu d’une expérience de terrain, il existe d’autres produits, et d’autres protocoles de prise en charge. Pour plus d’information sur ce(s) médicament(s), nous vous recommandons de consulter le site de l’ANSM : http://ansm.sante.fr

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