La gazette

Les pityriasis, zoom sur ces infections cutanées 🔍

Mis à jour en mars 2020

L’été est une saison bien agréable, mais qui comporte son lot de petits soucis cutanés. En fait partie le pityriasis versicolor, éruption mycosique peu grave mais volontiers récidivante – à ne pas confondre avec son cousin le pityriasis rosé de Gibert ou PRG, qui n’est pas infectieux.

 

Le pityriasis versicolor : qu’est-ce que c’est ?

C’est une mycose cutanée superficielle, très fréquente. Bien que très gênante, elle n’est pas grave. Les adultes jeunes sont plus souvent concernés. Ses caractéristiques sont les suivantes :

  • des tâches d’une couleur différente de celle de la peau
  • peut atteindre toute la surface du corps (mais est plus souvent limité sur le tronc et la partie proche des membres)
  • la surface desquame finement si on la gratte
  • n’est pas contagieux mais récidive facilement *

* Il est d’ailleurs très difficile de savoir quand il y a une résistance au traitement ou une récidive. Après le traitement, la persistance des tâches claires n’est en général que le témoin de l’action anti-mélanine du champignon. Il y a donc, dans les zones touchées, un déficit en mélanine qui va se rattraper progressivement.

 

Pourquoi certains l’ont souvent et pas d’autres, alors que les conditions sont les mêmes ?

Le terrain est effectivement très important. D’abord, certains facteur généraux entrent en jeu tels que les facteurs :

  • génétiques (peut-être, non trouvés encore)
  • hormonaux (traitement corticoïde, grossesse)
  • l’état immunitaire…

Mais les facteurs locaux sont au moins aussi importants : le champignon est de la famille des Malassezia qui ont pour particularité d’apprécier énormément les lipides de la peau (donc les peaux grasses). Cela explique beaucoup de choses comme la prédominance de la survenue en saison chaude, la topographie sur le corps et la rareté chez les personnes âgées (qui ont la peau plus sèche)…

Aussi, d’autres facteurs plus circonstanciels vont favoriser sa survenue : la transpiration, les vêtements occlusifs, les produits solaires gras ou couvrants…

 

Avec quoi peut-on confondre le pityriasis ?

Dans les formes « colorées » on peut les confondre avec :

  • une lésion d’origine bactérienne sur les plis
  • des troubles de la pigmentation
  • une dermite séborrhéique
  • un pityriasis rosé de Gibert
  • des lésions tardives de syphilis

Dans les formes décolorées ou « achromiques » :

  • le vitiligo
  • des dermatides achromiantes (peaux atopiques, eczéma)

 

Comment le traiter ?

Les traitements locaux

  • le kétoconazole à 2 p.100 (Kétoderm ® monodose), qui s’utilise une seule fois, comme un produit de douche, sur tout le corps sauf le visage. Il faut insister sur les zones atteintes, respecter 10 minutes de temps de pose avant de rincer soigneusement. Il permet ainsi de traiter le cuir chevelu et tout le corps en même temps. On peut faire un traitement de sécurité une semaine après.
  • le flutrimazole en shampooing à 1 p.100, en usage quotidien pendant 2 semaines, et le kétoconazole en shampoing à 2 % (employé surtout dans les dermites séborrhéiques du cuir chevelu) ont une efficacité comparable.
  • le ciclopirox en solution ou en crème est appliquée une à deux fois par jour pendant 3 ou 4 semaines, avec une bonne tolérance. Les effets secondaires sont surtout à type d’irritation et démangeaisons.
  • le pyrithione de zinc, produit ancien, reste efficace. Il s’applique en shampoing après la douche, à garder pendant 5 minutes puis rincer. Opération à répéter tous les soirs pendant 2 semaines.
  • la terbinafine, en crème ou en solution à 1 p. 100, s’applique une fois par jour pendant une semaine, elle est stockée dans la peau et agit plusieurs semaines encore après. Elle est à éviter avant 12 ans faute d’études.

Etant donné que certaines récidives sont dues à des lésions encore invisibles au moment du traitement, on peut dire que le principal effet secondaire des formes en crème ou solution qui s’appliquent sur les lésions c’est… la récidive. Mais comme les traitements sont en général longs, on peut avoir le temps de voir les nouvelles lésions arriver.

 

Les traitements par voie orale

Le kétoconazole a été détrôné par des dérivés plus efficaces et plus souvent bien tolérés :

  • le fluconazole en dose unique, ou mieux : en une prise à dose moindre, mais renouvelée une semaine après
  • l’itraconazole, à prendre pendant 5 à 7 jours, et qui agit ensuite pendant 3 à 4 semaines, car stocké dans la peau

 

Quoiqu’il en soit, les récidives sont très fréquentes (jusqu’à 80 % à 2 ans), liées aux facteurs favorisants, et justifient un traitement préventif :

  • soit un traitement prolongé plusieurs mois, avec 1 à 2 applications par semaine
  • soit un traitement local systématique avant la saison chaude et à son début

On commence actuellement à employer le traitement en comprimé, en cures mensuelles, de 1 ou 3 jours, répétées pendant plusieurs mois

 

À quoi ressemble le pityriasis rosé de Gibert ?

Au début, le pityriasis rosé de Gilbert ressemble à une mycose que l’on appelle « herpès circiné » : c’est une plaque en forme de cocarde, au milieu plus pâle et à la périphérie surélevée, dont la surface desquame un peu. Ce médaillon initial va rester isolé 1 à 2 semaines et peut démanger – ou pas. Par la suite, vont sortir :

  • plusieurs autres médaillons
  • des plaques ou macules de couleur pâle, plus homogènes,
  • sur le tronc et la partie proche des membres

Lorsque les plaques confluent, l’aspect arrondi disparaît pour devenir « une carte de géographie ». C’est cette extension, sans aucun autre symptôme (hormis d’éventuelles démangeaisons), qui amène le médecin a être certain du diagnostic.

 

A quoi les pityriasis sont-ils dûs ?

Depuis quelques années, on incrimine une cause virale, ce qui pourrait expliquer la prévalence forte chez les personnes jeunes (75 % surviennent avant 35 ans), et la survenue saisonnière (il est plus fréquent en automne et au printemps). Même si la cause virale est reconnue, la contagiosité est absente ou très faible.

 

Quels sont les risques ?

Aucun a priori, il disparaît tout seul en quelques semaines.

Le traitement ne sera donc que symptomatique : anti-histaminiques pour les démangeaisons, parfois crème corticoïde faible sur quelques lésions. Ne pas oublier l’application de crèmes hydratantes et émollientes : les peaux réactives qui ont tendance à avoir de l’eczéma seraient de bonnes candidates… Le pityriasis rosé de Gibert se traite avant tout par la patience.

 

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Auteur : Dr CAZIVASSILIO

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