La gazette

Journées nationales de la DMLA : du 27 juin au 1er juillet 2016 !

La DMLA, enjeu majeur de santé publique :

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La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est une altération de la macula, c’est-à-dire la zone centrale de la rétine, qui peut entraîner une perte progressive de la vision centrale. La rétine est la membrane sensorielle qui tapisse l’arrière de l’œil. C’est sur elle que vient se projeter une image qui est mise au point par le cristallin. La macula joue un rôle essentiel dans la précision des gestes et des activités comme la lecture, la couture, la reconnaissance des détails et des visages, la conduite automobile, etc.

La DMLA est la première cause de malvoyance, en France, chez les personnes âgées de plus de 50 ans. Toutes formes confondues, cette maladie concerne environ un million de personnes. On estime qu’elle touche 1 à 2 % des personnes âgées de 50 à 60 ans, 25 % de celles âgées de 70 à 80 ans et plus de la moitié des personnes de plus de 80 ans. En raison du vieillissement de la population et de l’augmentation de l’espérance de vie, la DMLA est un enjeu majeur de santé publique.

La pathologie est insidieuse et apparaît souvent sans que des signes d’alerte ne soient perceptibles. Chaque cas est particulier, tant dans l’ampleur de son atteinte (les deux yeux sont atteints dans un cas sur deux) que dans sa vitesse d’évolution (initialement, la DMLA ne touche le plus souvent qu’un œil ; mais le risque de bilatéralisation est de 10 % à un an et 42 % à cinq ans). Sauf exception, la DMLA ne rend jamais complètement aveugle, la vision périphérique (latérale) étant généralement conservée.

Les facteurs de risque de la DMLA :

Si la première cause de la DMLA est le vieillissement, la maladie résulte de la conjonction de plusieurs facteurs de risque :

  • Le sexe : la DMLA atteint plus fréquemment les femmes que les hommes et les personnes ayant des yeux claires.
  • Le tabagisme : Les personnes qui fument plus de vingt cigarettes par jour ont un risque de développer une DMLA multiplié par 2,5.
  • La surcharge pondérale : l’obésité double sensiblement le risque d’avoir une DMLA.
  • Les antécédents familiaux : le risque de développer une DMLA est multiplié par 4 dans le cas d’antécédents familiaux ; il existerait donc une prédisposition génétique.
  • Une alimentation déséquilibrée : plusieurs études indiquent qu’une alimentation équilibrée et riche en légumes verts, fruits frais et poissons gras jouerait un rôle protecteur dans la DMLA.

Les signes d’alerte de la DMLA :

La DMLA est une maladie qui évolue silencieusement, à « bas bruit ». Au stade initial de l’atteinte, dans la très grande majorité des cas, aucun symptôme n’est perceptible. Seul un examen du fond d’œil pratiqué par un ophtalmologiste permet alors de diagnostiquer la maladie. Puis, des symptômes de la maladie se manifestent :

  1. La diminution de l’acuité visuelle : souvent rapide, elle s’accompagne d’une diminution de la capacité à percevoir les détails.
  2. La moindre perception des contrastes : la personne a, par exemple, l’impression de manquer de lumière pour lire.
  3. La déformation des lignes : les lignes droites qui apparaissent gondolées, courbes ou ondulées, interrompues ou brisées (métamorphopsies).
  4. L’apparition d’une tache sombre, grise ou noire, centrale (scotome) plus ou moins foncée apparaît et empêche la vision au centre du champ visuel.

Les traitements existants pour soigner la DMLA :

S’il n’est aujourd’hui pas possible de guérir toutes les formes de la DMLA, seules les DMLA exsudatives (la forme la plus fréquente et qui s’aggrave le plus rapidement), peuvent bénéficier de traitements actifs pour en ralentir l’évolution. Dans le cas où un traitement ne serait pas possible ou suffisamment efficace, la rééducation basse vision peut être une solution pour compenser la chute de la vision centrale. Elle apprend au patient à développer la vision périphérique et à bien choisir et utiliser les aides visuelles (loupes, filtres, éclairage…) pour lui permettre de conserver la meilleure autonomie et qualité de vie possibles. La vision périphérique reste normale et permet de se déplacer, de s’habiller seul(e) et de garder une autonomie importante. Cependant, les patients doivent s’adapter aux anomalies de la perception visuelle (localisation dans l’espace et appréciation des distances et des mouvements), ce qui les conduit souvent à réduire leurs déplacements, à l’arrêt de la conduite d’un véhicule automobile et d’être à l’origine de chutes.

Comment prévenir la DMLA ?

La prévention primaire (éviter l’apparition de la maladie) permet de détecter des personnes à risque avant les premiers signes de la DMLA. Elle vise à recommander dans la population des mesures préventives telles que la lutte contre le tabagisme, la pratique d’une activité physique régulière ou encore un régime alimentaire équilibré et approprié, riche en anti-oxydants, en lutéine ou encore en acides gras oméga-3. Ces acides gras oméga-3 sont indispensables au bon fonctionnement des photorécepteurs de la rétine. On les trouve essentiellement dans les poissons gras (saumon, hareng, maquereau, thon) et dans les végétaux tels que les noix, le germe de blé, le soja. Les pigments caroténoïdes (lutéine et zéaxanthine) des aliments s’incorporent dans la macula et jouent un rôle protecteur. Les épinards et les choux frisés en sont richement dotés mais on les retrouve aussi dans beaucoup de légumes verts et dans le jaune d’œuf. Les micro-nutriments anti-oxydants empêchent les réactions d’oxydation qui conduisent à l’altération des cellules de la rétine. Les principaux sont la vitamine E, la vitamine C, le sélénium, le zinc ainsi que les caroténoïdes que l’on retrouve dans les carottes, dans les tomates, le melon, les pastèques, les goyaves ou encore les pamplemousses…

Comment vivre avec la DMLA ?

Soignez votre alimentation. Si vous êtes éblouis par le soleil, portez des lunettes de soleil anti-reflet. Aménagez votre habitat afin de réduire les risques de chute, utilisez un éclairage basse tension adapté pour les activités nécessitant une vision dans le détail ou accomplir des tâches qui demandent de la minutie, livres écrits en gros caractères, téléphone à grosses touches, montre parlante… Même si on a une DMLA, la vie continue ! Il n’y a donc pas de raison de renoncer à ses activités habituelles, si ce n’est à celles qui imposent d’avoir une bonne vision et pourraient s’avérer dangereuses.

A l’occasion des 10ème journées nationales d’information de la DMLA du 27 juin au 1er juillet, ayez le réflexe dépistage ! Certaines méthodes d’auto-évaluation permettent de mettre en évidence des symptômes pouvant être évocateurs d’une DMLA. C’est le cas en particulier de la grille d’Amsler qui est un bon test de référence et que vous pouvez télécharger. Ensuite, il suffit d’effectuer le test dans une pièce bien éclairée en tenant la grille au niveau de l’œil à une distance de lecture confortable et en fixant le point central. Si les lignes de la grille vous paraissent déformées, amputées, mobiles ou superposées à une tache, il est urgent de consulter un ophtalmologiste. De même, à partir de 55 ans (50 ans chez les personnes dont les proches parents sont touchés), une consultation annuelle chez l’ophtalmologiste est indispensable pour vérifier votre vision et l’état de votre macula.

Lien pour plus d’informations :
http://www.inserm.fr/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/degenerescence-maculaire-liee-a-l-age-dmla


Auteur : Dr Cha Rosunee
Conflits d’intérêts : L’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données diffusées dans cette interview ou publiées dans la référence citée. Cet article est issu d’une expérience de terrain, il existe d’autres produits, et d’autres protocoles de prise en charge.

Journées nationales de la DMLA : du 27 juin au 1er juillet 2016 !