La gazette

Conseils sur les hémorroïdes

douleur feu hémorroïdesUn Français sur deux de plus de 50 ans souffre de ses hémorroïdes. Or, certaines règles de vie peuvent en atténuer la survenue et l’évolution. Un français sur deux pourra donc profiter de conseils sur l’hygiène de vie à adopter pour éviter ou soulager la pathologie hémorroïdaire.

Qu’entend-t-on par hémorroïdes ?

Nous avons tous des vaisseaux hémorroïdaires qui parcourent la marge anale (hémorroïdes externes) ou la paroi du rectum (hémorroïdes internes). Ils servent à parfaire la continence de l’anus face aux gaz et selles molles. Mais ces vaisseaux peuvent se congestionner, s’enflammer, saigner puis se thromboser.

Quels sont les facteurs favorisant cette altération hémorroïdaire ?

  • Troubles du transit : constipation ou diarrhée.
  • Cyclisme, équitation.
  • Phase prémenstruelle.
  • Grossesse, accouchement.
  • Présentation longue sur les cuvettes, comme c’est le cas lors d’une activité de lecture

Quelle hygiène alimentaire adopter ?

Avertissement : Les règles suivantes sont données à titre d’exemple, et doivent être adaptées  en fonction du patient par le médecin traitant, notamment chez les diabétiques, les porteurs de certaines colopathies, les hypertendus…liste non exhaustive.

Consommer suffisamment de fibres végétales pour éviter la constipation

  • 2 à 3 fruits secs par jour (de préférence le matin) : abricots, pruneaux, raisins.
  • fruits et légumes à chaque repas. Parmi les plus laxatifs, on trouve les kiwis, les melons, les pommes cuites ou en jus, et les épinards. Les moins laxatifs sont le riz, les carottes cuites, et les bananes, à limiter donc.
  • pain complet ou aux multi céréales : 4 tranches par jour ou un quart de baguette, c’est-à-dire 80 grammes
  • pâtes complètes plutôt que raffinées.

Éviter l’excès de consommation de chocolat, lequel est constipant

  • Boire suffisamment : au moins un litre et demi d’eau par jour, en favorisant l’absorption d’eau très minéralisées (Hepar, Courmayeur, Contrex).
  • Ne pas consommer trop d’épices fortes, excitant la muqueuse colique : poivre noir, piment.
  • Utiliser plutôt des  herbes aromatiques comme le thym, le laurier, les herbes méridionales.
  • Éviter l’abus de café, un autre excitant de la muqueuse colique.
  • Ne pas abuser d’alcool qui a une action congestive sur les vaisseaux.
  • Éviter la nourriture trop grasse.
  • Éviter les repas trop copieux.

Et quelle hygiène de vie ?

  • Pratiquer des activités physiques régulières.
  • Éviter néanmoins certaines activités agressant la zone hémorroïdaire comme le vélo, la moto et l’équitation.
  • Éviter la répression des besoins d’exonérer : prendre le temps, et éviter d’être dérangé.
  • Éviter le port de pantalons serrés, de string.

Une complication souvent méconnue à surveiller et à prévenir : l’anémie

La douleur, l’état local congestif, l’irritation anale sont des symptômes qui ne passeront pas inaperçus dans la maladie hémorroïdaire. Il n’en n’est pas de même concernant l’installation sournoise et progressive d’une anémie, par pertes sanguines minimes, certes, mais continues. Il peut s’en suivre une fatigabilité, mais bien d’autres complications liées à l’anémie ainsi installée et parfois extrêmement sévère. On peut par exemple citer l’aggravation de la dyspnée chez le bronchiteux chronique, la survenue d’une souffrance cardiaque aigue chez l’ insuffisant coronarien. Il peut être utile de consulter son médecin pour vérifier si une telle anémie n’est pas présente chez les patients porteurs de maladies hémorroïdaires. Mais il importe également de prévenir ce risque en absorbant suffisamment d’aliments riches en fer, cet élément qui est celui qui fait le plus défaut dans les anémies par pertes sanguines. Il peut ainsi être utile de manger au moins un produit carné par jour (viande, poisson). Tout en ayant à l’esprit que le mieux est souvent l’ennemi du bien : un excès de viande, surtout associé à une faible consommation de fruits et légumes favorise les thromboses hémorroïdaires.

En conclusion, il est possible d’influencer favorablement la maladie hémorroïdaire par une hygiène alimentaire et une hygiène de vie et d‘éviter ainsi bien des désagréments liés à cette maladie. Et s’il ne faut retenir qu’une seule chose de ce qui précède,  c’est le rôle prépondérant de la constipation dans la genèse des affections hémorroïdaires. En effet, la plupart des auteurs (1) s’accordent à dire que la seule correction d’une éventuelle constipation suffit bien souvent à soulager radicalement le patient.

 Sources

  1. Rambaud JC, Contou JF. Maladies anorectales. In : Godeau, Herson, Piette JC. Traité de médecine interne Flammarion, 2004, p 1450

Auteur : Dr Vassart
Conflits d’intérêts : L’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données diffusées dans cette interview ou publiées dans la référence citée. Cet article est issu d’une expérience de terrain, il existe d’autres produits, et d’autres protocoles de prise en charge.

 

Conseils sur les hémorroïdes