La gazette

Alimentation et articulations

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Introduction : L’industrie pharmaceutique offre une grande variété de traitements préventifs et curatifs capables de soulager ou de traiter les articulations sujettes à de l’inflammation ou de la dégénérescence. Il est néanmoins par ailleurs acquis qu’une alimentation bien adaptée peut également aider à soulager les articulations, voire ralentir leur détérioration.

Arthrose et arthrite

Il existe plusieurs maladies provoquant de la douleur articulaire. Parmi ces maladies, la plus courante est l’arthrose. Dans cette affection, le cartilage, substance élastique amortissant les chocs articulaires, est usé. Les os subissent alors plus de contraintes, surtout lorsqu’il y a frottement direct entre eux. Il en résulte de la douleur, principalement à l’utilisation, et de la raideur des articulations concernées.

La polyarthrite chronique évolutive ou arthrite rhumatoïde est une affection plus grave, dans laquelle le système immunitaire, sensé nous protéger des envahisseurs extérieurs, se met à attaquer notre propre corps, et en l’occurrence, dans ce cas, nos articulations. Il en résulte d’une part un état inflammatoire de la synoviale, membrane qui entoure les articulations, qui se met à sécréter un liquide synovial inflammatoire, et d’autre part un grignotage du cartilage des articulations. L’articulation est enflée et douloureuse, tant, si pas plus, au repos qu’en activité.

Des aliments déclencheurs

Plus que l’arthrose et d’autres formes d’arthrites, c’est surtout cette polyarthrite chronique évolutive qui, du fait de son origine immunitaire, serait particulièrement influencée par une alimentation bien conduite. Et ce tout simplement parce que notre système immunitaire semble lui même influencé par notre alimentation. Ainsi, chez les populations qui mangent surtout des fruits,des légumes et des céréales n’ayant subi aucune transformation, les maladies auto immunes sont en tout cas moins fréquentes. Autre exemple: la Chine rurale où l’alimentation diffère fortement de la nôtre rescence peu de cas de polyarthrite rhumatoïde. Par ailleurs, quelques études portent à croire que chez certaines personnes, ce sont en particuliers certains aliments qui favoriseraient la survenue de cette arthrite auto immune. Ont été incriminés: le blé, certains produits laitiers, le maïs, les agrumes, les tomates, les oeufs. Néanmoins, il ne s’agit que d’hypothèses.

Le régime végétarien

Le régime végétarien succite bien des inconvénients et présente bien des dangers. Néanmoins, il faut reconnaître qu’il semble soulager les personnes présentant des douleurs arthritiques. Plusieurs raisons sont invoquées. Les protéines animales de l’alimentation constituent des corps étrangers, capables donc d’exciter notre système immunitaire. Nous appelons cela des antigènes.L’absence de protéines animales à fort potentiel antigénique dans notre alimentation diminue d’autant l’excitabilité du système immunitaire. Par ailleurs, lorsque nous mangeons des mets à forte teneur en protéines animales, nous ingurgitons ipso facto inévitablement des graisses animales. Ces graisses animales facilitent les processus inflammatoires

Le rôle des graisses animales saturées dans l’inflammation

La douleur inflammatoire est due à la présence de prostaglandines sur les sites inflammatoires. Ces prostaglandines ont été formées sur place à partir de graisses saturées. Si les tissus sont fortement imprégnés de graisses saturées, ils pourront donc produire plus de prostaglandines. Il y aura donc plus d’inflammation. Voila pourquoi certains chercheurs préconisent actuellement de diminuer les apports en graisses animales si l’on présente des phénomènes inflammatoire, et ce au niveau de tous nos tissus.

Le rôle bénéfique des oméga 3

Le saumon, le maquereau, le thon rouge, le hareng, la sardine, la truite, le flétan, le lieu jaune, autant de poissons riches en oméga 3. Or, les oméga 3 ont la propriété de freiner la production de prostaglandines et de leucotriènes, deux substances contribuant à l’inflammation. Certains auteurs préconisent l’absorption de poissons gras deux à trois fois par semaine pour obtenir ainsi un effet bénéfique sur l’inflammation.

La vitamine C

Certains auteurs disent que la vitamine C a un effet bénéfique sur nos articulations, sans préciser toutefois son mode d’action. Effet antioxydant? Effet favorable sur la génèse du collagène, et donc la réparation du cartilage ? Toujours est-il que dans la littérature,on peut lire qu’une dose journalière de cent vingt milligrammes de vitamine C, c’est à dire l’équivalent par exemple de deux oranges, pourrait être suffisante pour aider nos articulations.

La lutte contre l’obésité

Il est vrai que les gens sujets à l’arthrose peuvent avoir de l’arthrose dans des articulations qui ne sont pas soumises aux contraintes liées au surpoids, comme les poignets par exemple. Néanmoins, ce surpoids est un élément qui peut aggraver ou faire apparaître de l’arthrose dans les articulations qui précisément sont sujets à ce type de contrainte. Il est donc utile d’éviter l’obésité pour prévenir ou soulager l’arthrose.

Et les compléments alimentaires ?

Le sulfate de chondroïtine est depuis longtemps proposé comme complément alimentaire. Il agit sur le tissu cartilagineux. Ensuite, est apparu le sulfate de glucosamine, issu du cartilage de requin. Selon certains auteurs, il y a synergie entre les deux sulfates. On peut également citer certains oligoéléments tel le selenium, le zinc, le soufre, le cuivre. Sans compter les vitamines antioxydantes tel que la vitamine C et E. Divers préparations existent qui mélangent certains des composants cités ci-dessus. Il y est par ailleurs souvent joint des substances phytothérapiques. Mais tout ceci nous éloigne un peu du contenu de notre assiette !

En conclusion : L’observance d’une alimentation appropriée peut apporter sa modeste contribution au soulagement d’une affection pénible au quotidien, sans que cette conduite alimentaire ne puisse pour autant prétendre remplacer les traitements pharmaceutiques actuels qui restent bien entendu la clé de voûte de la prise en charge de nos affections articulaires.


Auteur : Dr Philippe Vassart

Conflits d’intérêts : L’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données diffusées dans cette interview ou publiées dans la référence citée. Cet article est issu d’une expérience de terrain, il existe d’autres produits, et d’autres protocoles de prise en charge.

 

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