La gazette

Moyens de contraception : avec ou sans hormones ?

La contraception correspond à l’ensemble des méthodes (naturelles ou non) visant à empêcher une grossesse non désirée. Elle doit être adaptée à chaque patient(e) et réévaluée régulièrement en fonction du contexte, de l’âge et des désidératas. Toutes les solutions doivent être envisagées, tout en respectant certaines contre-indications spécifiques. L’efficacité de l’ensemble des méthodes est excellente si elles sont correctement utilisées.

A l’heure actuelle, plus de 75 % des couples (majoritairement par l’intermédiaire de la femme) utilisent une contraception. Cependant, plus de 200 000 interruptions volontaires de grossesse sont réalisées chaque année en France.

Petit tour d’horizon des différentes méthodes contraceptives : leurs utilisations, leurs contre-indications, leurs éventuels effets secondaires…

 

Les moyens de contraception hormonaux

La pilule oestro-progestative

Il s’agit du moyen contraceptif le plus utilisé par les femmes en âge de procréer. Il se présente sous forme de comprimés à prendre tous les jours du premier au 21e jour du cycle menstruel. Une pause de 7 jours est ensuite respectée (ou dans certains cas, la prise de 7 comprimés inactifs), durant laquelle les règles se déclenchent.

Elle est contre-indiquée notamment en cas de tabagisme actif (risque de phlébite voire d’embolie pulmonaire). Son utilisation nécessite également des bilans préalables et réguliers (glycémie, bilan thyroïdien, bilan lipidique,…).

La pilule progestative

Cette pilule présente moins de contre-indications que la pilule associant un oestrogènes et un progestatif, notamment en ce qui concerne le tabagisme.
Elle est également très efficace mais peut entraîner des effets indésirables tels que spottings permanents (pertes de sang) ou disparition des règles.

Le stérilet hormonal

Posé au décours d’une consultation gynécologique, sa durée d’efficacité est de 5 ans. Il délivre continuellement de faibles doses de progestatifs et a donc les mêmes effets secondaires que la pilule progestative. Contrairement aux idées reçues, il peut être tout à fait adapté aux jeunes femmes n’ayant  jamais eu de grossesse.

L’implant contraceptif

Il est l’équivalent du stérilet hormonal et délivre lui aussi des progestatifs de façon continue. Il est implanté dans la face interne du bras après une petite anesthésie locale. Son efficacité est de 3 ans et ses effets indésirables sont similaires au stérilet hormonal.

Le patch contraceptif

Ce patch délivre une dose continue d’oestrogènes et de progestatifs. Les effets indésirables et les contre-indications sont donc similaires à la pilule oestro-progestative, tout comme le bilan à pratiquer régulièrement. Il se colle à n’importe quel endroit de la peau, à raison d’un patch par semaine pendant 3 semaines. Après ces 3 semaines, une « pause » d’une semaine sans patch permettra le déclanchement des règles.

L’anneau vaginal

L’anneau vaginal délivre également une dose continue d’oestrogènes et de progestatifs. Mêmes conditions de prescription et de suivi donc que pour la pilule oestro-progestative et le patch. Il est inséré au niveau vaginal et reste en place pendant 3 semaines consécutives. Un nouvel anneau sera alors inséré après 7 jours de « pause ».

L’injection hormonale

Cette technique est très peu utilisée. Elle est toutefois très efficace ! Il s’agit d’une injection unique d’hormones progestatives tous les 3 mois. Les effets indésirables sont similaires à ceux des techniques progestatives seules (pilule, stérilet, implant).

 

Les moyens de contraception non hormonaux

Le seul moyen contraceptif non hormonal réellement efficace et réversible est le Dispositif Intra Utérin (DIU ou stérilet) au cuivre :

Il est placé dans l’utérus au décours d’une consultation gynécologique (généralement durant les règles). Il entraîne une réaction inflammatoire locale empêchant l’ovule d’effectuer sa nidation. Son efficacité est excellente et dure 5 ans, mais il peut être retiré à tout moment.

Il n’est donc pas, contrairement aux idées reçues, réservé aux femmes ayant déjà des enfants et ne souhaitant pas de grossesse à long terme. Son inconvénient principal est l’abondance acrue des saignements au moment des règles.

 

Les autres techniques de contraception

  • Préservatif masculin : correctement utilisé, le préservatif peut protéger à la fois des infections sexuellement transmissibles et des grossesses puisqu’il constitue une barrière entre les spermatozoïdes et l’appareil génital féminin.

Toutefois, en raison du risque de rupture de celui-ci en cas de mauvaise utilisation, il ne peut être considéré comme un moyen de contraception pleinement efficace.

  • Préservatif féminin : moins connu et moins utilisé que son homologue masculin, le préservatif féminin est tout aussi (voire plus) efficace en raison du risque moindre de mauvaise utilisation et de rupture. Il se place à l’intérieur du vagin, même plusieurs heures avant le rapport.
  • Spermicides : ils se présentent sous différentes formes (gel, ovule, crème, tampons…) à appliquer à l’intérieur du vagin. Ils sont censés rendre les spermatozoïdes inactifs. Cette technique est la moins efficace des méthodes de contraception et est déconseillée seule.
  • Diaphragme : il s’agit d’un « capuchon » se plaçant contre le col de l’utérus, avant un rapport, afin de barrer l’accès aux spermatozoïdes. Sa manipulation est assez complexe et son efficacité s’en trouve amoindrie. Il ne peut, à lui seul, être considéré comme un moyen de contraception efficace. Par ailleurs, il ne protège pas des infections sexuellement transmissibles.
  • Retrait / Abstinence périodique : l’efficacité de ces deux méthodes est très aléatoire et elles ne sont donc évidemment pas recommandées. En effet, concernant le retrait avant éjaculation, le liquide spermatique présent dès le début de l’acte contient quelques spermatozoïdes potentiellement fécondants. Par ailleurs, les cycles menstruels féminins n’étant pas forcément très réguliers, la date d’ovulation ne peut être connue avec certitude et une abstinence périodique s’avère risquée en l’absence de désir de grossesse.

 

Stérilisation féminine

Deux techniques peuvent être employées afin d’empêcher définitivement le passage de l’ovule dans les trompes :

  • ligature des trompes
  • pose d’implants à l’entrée des trompes afin de boucher celles-ci.

Stérilisation masculine

  • L’intervention, appelée vasectomie, consiste à couper les canaux déférents situés entre les testicules et la verge. Le sperme produit ne contient alors plus de spermatozoïdes.

 

Pour aller plus loin : Guide INPES « Choisir sa contraception »

 


Auteur : Dr Mathieu Flandin, médecin généraliste – Juillet 2019

Moyens de contraception : avec ou sans hormones ?