La gazette

Pic de pollution dans ma ville : que faire pour protéger ma santé ?

Certains périodes de l’année (telles que l’hiver et l’été) sont propices à l’apparition de pics (ou épisodes) de pollution sur le territoire français. Devons-nous continuer à aérer nos intérieurs ? Pouvons-nous pratiquer nos sports favoris ? MédecinDirect fait le point sur les choses à faire et ne pas faire pour préserver sa santé lors de ces épisodes.

 

La pollution, c’est quoi au juste ?

Le pollution de l’air résulte du mélange de divers éléments chimiques, biologiques et physiques pouvant être toxiques pour l’homme. La pollution peut être d’origine naturelle : éruptions volcaniques, vents de sable du Sahara, rayonnement solaire, exportation de l’air… ou résulter de l’activité humaine : chauffage, moteurs, industries, agriculture… Cependant, selon la source d’émission et son taux de présence dans l’air, on distingue différents impacts sur la santé humaine.

La Fédération des associations de surveillance de la qualité de l’air surveille chaque jour le niveau de pollution en France. Chacun d’entre nous peut savoir en temps réel quelle est la qualité de l’air selon sa région :

En Île-de-France, une procédure est définie par arrêté préfectoral en cas d’épisode de pollution d’ozone (O3), de dioxyde d’azote (NO2) ou de particules (PM10). Elle comporte 2 niveaux de gravité selon la concentration de ces polluants dans l’air :

  • Le niveau d’information et de recommandation : la population est informée. Des recommandations sanitaires sont dispensées, et des mesures sont mises en place pour réduire certaines émissions polluantes.
  • Le niveau d’alerte : en plus des actions prévues au niveau d’information et de recommandation, ce niveau fixe des mesures de restriction ou de suspension des activités concourant à la pollution (industries et transports, voire véhicules).

 

SO2, O3, P10… Comprendre les différents polluants et leurs impacts sur la santé

De manière générale, on surveille en priorité 4 polluants nocifs pour la santé humaine :

  • Le dioxyde de soufre (SO2) : il s’agit des combustibles fossiles contenant du soufre, tel que le fioul, le charbon, la lignite, le gazole… ou encore les volcans
  • L’ozone (O3) : l’ozone se produit dans l’atmosphère sous l’effet du rayonnement solaire
  • Le dioxyde d’azote (NO2) : résulte de la combustion à haute température de charbon, fioul, essence… Il s’agit principalement des rejets de nos pots d’échappement
  • Les particules (PM) : combustions industrielles ou domestiques, transports diesel, volcans ou érosion. On distingue généralement deux types de particules, selon leur taille :
    1. PM10 : particules de diamètre inférieur à 10μm (assez grosses pour être retenues au niveau du nez et des voies aériennes supérieures)
    2. PM2,5 : particules de diamètre inférieur à 2,5μm (si petites qu’elles pénètrent profondément dans l’appareil respiratoire jusqu’aux alvéoles pulmonaires)

Téléchargez le tableau des polluants d’Airparif pour mieux sensibiliser vos proches et vos enfants.

MédecinDirect - Impacts pollution

Schéma relatif à la pénétration des particules dans l’organisme (réalisé sur la base d’un dessin du Dr J. Harkeman) – Source : site internet de l’ANSP

 

Nos conseils en cas de pics de pollution

On distingue plusieurs types de populations : les populations vulnérables, sensibles et la population globale. Les conseils prodigués ci-dessous s’adressent à l’ensemble de ces populations, excepté le conseil #2.

 

Conseil #1 : Continuez à aérer chez vous

Le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) souligne qu’un épisode de pollution de l’air ne doit pas modifier vos pratiques habituelles d’aération et de ventilation de vos intérieurs. La pollution est amplifiée à l’intérieur des bâtiments ! Outre le transfert de la pollution provenant de dehors, nos intérieurs produisent aussi des polluants : peinture, produits d’entretien, tabac, cosmétiques ou bougies parfumées en sont responsables.

Optez pour une aération de votre intérieur aux périodes de la journée les moins polluées : idéalement tôt le matin, quand les températures sont douces. Pour rappel, il est conseillé d’aérer son intérieur 5 à 10 minutes par jour.

 

Conseil #2 : N’arrêtez pas pour autant de pratiquer une activité physique !

Ce conseil ne s’adresse qu’aux personnes ne présentant aucun souci particulier de santé, notamment de pathologies chroniques, asthmatiques, insuffisants respiratoires ou cardiaques.

La pratique d’une activité sportive (intérieure comme extérieure) lors d’un épisode de pollution n’est pas proscrite. En revanche, pratiquez ces activités le plus à l’écart possible des sources majeures de pollution, au petit matin. Pour ce faire, n’hésitez pas à consulter les cartes que la Fédération des associations de surveillance de la qualité de l’air met à votre disposition : elles vous indiquent, en temps réel, la qualité de l’air.

Lors d’un effort physique, nous inhalons plus d’air que la normale. Mais saviez-vous que votre nez était un excellent filtre naturel ? N’hésitez pas à vous efforcer de respirer par le nez pour vous prémunir au maximum.

 

Conseil #3 : Aérez votre véhicule

Aviez-vous déjà remarqué que les prises d’air des systèmes d’aération des véhicules étaient situés au même niveau que les pots d’échappement ? Les automobilistes sont plus exposés à la pollution que les piétons ou les cyclistes. Le faible volume d’air à l’intérieur de nos véhicules concentre les polluants provenant de l’extérieur.

Épisode de pollution ou non, il est conseillé d’aérer régulièrement son véhicule pour réduire cette concentration de polluants. L’aération doit cependant se faire :

  • Loin d’autres sources de pollution (éviter le trafic dense, les tunnels)
  • Pendant les moments de la journée où le niveau de pollution est au plus bas (généralement tôt le matin).

 

Conseil #4 : Fréquenter les parcs durant les heures les moins chaudes de la journée

Les arbres filtrent les particules les plus fines (parmi les plus dangereuses pour la santé) et luttent contre les îlots de chaleur en ville. Aux heures les plus fraîches de la journée (tôt le matin dans l’idéal), tel un bol d’air frais pour vos poumons, optez pour une marche (ou une activité sportive) à l’abris des végétaux.

 

Conseil #5 : Évitez les bougies d’intérieur, encens désodorisants et la fumée de tabac

Saviez-vous que le tabac est le premier polluant d’intérieur ? Comme nous l’avons vu lors du conseils #1, certains produits utilisés à domicile produisent une pollution au sein même de nos domiciles. De manière générale mais encore plus lors d’un épisode de pollution, limitez votre utilisation de ces produits.

Ayez le réflexe d’éviter de brûler plusieurs produits simultanément et n’inhalez pas directement la fumée. Après avoir utilisé un encens ou une bougie d’intérieur (par exemple), aérez votre domicile au moins dix minutes.

 

Conseil #6 : Consommez des aliments antioxydants

L’air respiré est pollué de puissants oxydants, tels que le dioxyde d’azote et l’ozone. La consommation d’aliments antioxydants permet de diminuer l’oxydation de ces molécules nocives inhalées ! Les petits fruits rouges, tels que la mûre ou les fraises sont des aliments riches en antioxydants, ainsi que le coeur d’artichaut cuit.

 

Conseil #7 : À chaque sortie sa douche !

Notre peau, nos vêtements et nos cheveux recueillent la pollution. Afin de limiter le dépôt de particules toxiques sur vos oreillers, il est conseillé de se doucher et de se laver les cheveux avant d’aller se coucher. Ainsi, vous évitez de respirer ces particules pendant votre sommeil.

 

Conseil #8 : Un symptôme ? Consultez immédiatement un médecin

Vous souffrez d’une maladie chronique, êtes asthmatique, insuffisant respiratoire ou cardiaque ? Lors d’épisodes de pollution, vous pouvez adapter votre traitement de fond si nécessaire. Restez vigilants par rapport à toute aggravation de votre état, de façon à consulter un médecin rapidement à la première anomalie.

 

Les patients asthmatiques sujets à des crises liées à l’effort physique peuvent, lors d’épisodes de pollution atmosphérique, avoir recours à un bronchodilatateur inhalé en prévention, selon les recommandations de leur médecin traitant.

Vous n’avez pas de problème de santé avéré mais ressentez des difficultés respiratoires, des irritation au niveau des yeux ou de la gorge ? Parlez-en à un médecin. Si vous bénéficiez de MédecinDirect, exprimez vos symptômes 24h/24 et 7j/7 à l’un de nos médecins : il vous indiquera la marche à suivre.

 


Auteur : Alexia Orny Jaber, relu par Dr Marion Lagneau – Juillet 2019

Pic de pollution dans ma ville : que faire pour protéger ma santé ?