Surcharge de travail : risques, symptômes, cadre légal

Surcharge de travail
Le travail fait partie intégrante de nos vies, puisque c’est statistiquement ce qui nous prend le plus de temps et d’énergie. Pour la plupart des personnes ayant un emploi, les quelques journées particulièrement fatigantes n’impactent pas la santé physique ou mentale. Mais dans certains cas, on peut ressentir une véritable surcharge de travail et subir le syndrome d’épuisement professionnel qui peut mener tout droit au burn-out. Alors, comment reconnaître et réagir face à une telle situation ?

Qu’est-ce qu’une surcharge de travail et que dit la loi ? 

La surcharge de travail est une situation dans laquelle la quantité de travail demandée à un salarié dépasse ses capacités. En d’autres termes, les tâches à effectuer sont trop grandes ou trop nombreuses vis-à-vis du temps imparti, et le salarié se retrouve débordé et ne sait pas comment gérer ce rythme effréné.  

En droit français, l’article L.4121-1 du Code du travail impose à l’employeur de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé physique et mentale des salariés. Longtemps considérée comme une obligation de sécurité de résultat, la jurisprudence actuelle qualifie cette obligation d’« obligation de moyens renforcés » : l’employeur doit démontrer qu’il a mis en œuvre toutes les mesures de prévention possibles.

En cas de surcharge de travail ayant entraîné un burn-out, la responsabilité de l’employeur peut être engagée si celui-ci n’a pas respecté son obligation de prévention et de protection de la santé des salariés. Il lui appartient de démontrer qu’il a mis en œuvre toutes les mesures nécessaires pour prévenir les risques psychosociaux et assurer la sécurité.

Depuis la loi Rebsamen du 17 août 2015, l’épuisement professionnel (burn-out) peut être reconnu comme maladie d’origine professionnelle, mais uniquement hors tableau. Pour cela, il faut démontrer un lien direct et essentiel entre l’activité professionnelle et la pathologie, et que celle-ci entraîne une incapacité permanente d’au moins 25 % ou le décès du salarié.  

Stress, fatigue, perte de motivation ?
Parlez-en à un médecin en ligne pour prévenir les effets de la surcharge de travail.
trigger

Quels sont les risques d’une surcharge de travail sur la santé ? 

La surcharge de travail peut être la première étape d’une longue descente aux enfers professionnelle et psychologique. Les conséquences d’une telle situation peuvent être sérieuses. Elles sont notamment susceptibles de dégrader la santé mentale.  

Surcharge de travail et harcèlement moral  

Souvent, la surcharge de travail et le harcèlement moral vont de pair. En effet, le fait de demander une charge impossible à réaliser en temps et en heure à un salarié peut être un outil de harcèlement moral facile. D’ailleurs, la limite entre la direction et le harcèlement moral peut être fine, c’est pourquoi les employés peuvent avoir du mal à le détecter.  

Le harcèlement moral peut provoquer une détresse psychologique dans la mesure où il s’agit d’une véritable volonté de nuire. En effet, l’employé harcelé est une victime. Le harcèlement peut donc dégrader la santé des salariés et même provoquer des maladies mentales.  

Surcharge de travail et burn-out  

Le premier problème de santé mentale auquel on pense en cas de surcharge de travail, c’est évidemment le burn-out. C’est le nom anglais qui permet de conceptualiser le syndrome d’épuisement professionnel. Il s’agit du moment où l’investissement professionnel dépasse les capacités du salarié.  

Le burn-out se caractérise par trois symptômes majeurs :   

  • l’épuisement émotionnel et le sentiment d’être vidé de ses émotions ;
  • la dépersonnalisation : on devient de moins en moins sensible à son environnement et on a une vision de plus en plus négative des autres et du travail ;
  • on peut avoir le sentiment de ne pas s’accomplir personnellement au travail. Il s’agit d’une perte de sens. On ne sait plus pourquoi on effectue ce travail.

Reconnu par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) depuis 2019 (en vigueur depuis 2022), le burn‑out est désormais admis comme un syndrome professionnel, même s’il reste à formaliser pour être assimilé comme maladie professionnelle par la Sécurité sociale.

Le burn-out doit être traité par un professionnel de la santé mentale puisqu’il peut avoir de grandes répercussions sur la vie d’une personne. Il peut mener à une dépression qui dépasse alors le simple cadre du professionnel, et peut s’étaler dans le temps.  

Charge mentale et addiction au travail

La charge mentale, caractérisée par une surcharge cognitive et décisionnelle constante, peut épuiser les ressources attentionnelles et conduire à des erreurs, à une baisse de performance ou même à l’épuisement professionnel. Ce phénomène est aggravé par des contraintes temporelles, des objectifs conflictuels ou un manque de soutien hiérarchique.

Dans certains cas, la dépendance au travail (ou workaholisme) accentue la surcharge : les heures supplémentaires, souvent imposées, favorisent une relation addictive et nocive à sa propre activité professionnelle.

Surcharge de travail : ne laissez pas le stress s’installer.
Consultez un professionnel de santé pour retrouver équilibre et énergie.

Comment reconnaître et prouver une surcharge de travail ?

Lorsque l’on subit une surcharge de travail, on peut présenter les symptômes du syndrome d’épuisement professionnel. Il s’agit d’un syndrome causé par un stress professionnel chronique dans lequel le salarié ne parvient pas à faire face à toutes ses obligations et à sa charge de travail.  

Les symptômes psychologiques  

  • On se sent irrité, on subit des sautes d’humeurs, à tel point qu’on ne parvient plus à maîtriser ses émotions ;
  • On perd son sang-froid au travail ;
  • On a des troubles de la concentration, de l’attention et de la mémoire ;
  • On peut ressentir du stress avant d’arriver au travail et durant la journée ;
  • On peut ressentir l’envie de pleurer face à une situation au travail ;
  • L’isolement social est également un signe : on n’a plus suffisamment de force pour faire autre chose qu’aller au travail ;
  • On se sent moins motivé et on se désengage progressivement ;
  • On peut se mettre à douter de ses capacités et de sa place dans l’entreprise dans laquelle on est.   

 Ces premiers signes méritent une attention particulière car ils peuvent traduire une surcharge de travail (ou une autre maladie professionnelle), lorsqu’on ne parvient pas à se rendre compte qu’on a trop de travail à accomplir.  

Les symptômes physiques :   

 Il est donc important d’être à l’écoute de son corps. Lorsque l’on est dans le déni et que l’on ne se rend pas compte des abus au travail, le corps peut nous alerter.  

Comment réagir face à une surcharge de travail ? 

La surcharge de travail est un véritable problème qui peut avoir des répercussions sérieuses sur la santé. Bien que certaines personnes aient assimilé l’idée que travail = charge élevée, cela fait partie des conditions anormales de travail. Il est donc indispensable de réagir et de dénoncer cette situation, tant pour défendre ses droits que pour préserver sa santé mentale.  

La surcharge de travail peut engendrer de nombreux problèmes tels qu’une incapacité à travailler ainsi que des problèmes de santé mentale ou physique. Il est donc difficile de la gérer.

Victimes de surcharge de travail : comment se faire aider ?  

Pour pouvoir gérer une mauvaise situation au travail, on peut en premier lieu en parler à ses proches ou à un collègue, voire supérieur, afin d’améliorer la situation et recueillir des avis objectifs.  

Si cela ne suffit pas, il est conseillé de consulter un psychologue ou un psychiatre.

Enfin, les entreprises de +50 salariés disposent d’entités visant à protéger les droits des salariés : c’est le cas du CSE et du syndicat / des représentants du personnel, prêts à vous écouter et à trouver des solutions avec vous.  

Il est également indispensable d'en parler avec le médecin du travail.  

Votre entreprise compte moins de 50 salariés et vous subissez une situation de mal-être causée par votre employeur ? Des syndicats bénévoles existent et sont référencés sur internet : ils vous aideront à y voir plus clair, vous conseilleront quant à la marche à suivre et, si besoin, vous représenteront en justice.  

Comment prouver une surcharge de travail ?   

Lorsque l’on ne parvient pas à changer la situation, que son supérieur ne change rien ou qu’au contraire les choses ne font qu’empirer, on peut réunir des preuves en vue de tenter une action en justice.  

Il est donc nécessaire de collecter toutes les preuves qui peuvent illustrer la surcharge de travail et les conditions de travail anormales.  

Pour ce faire, on garde :  

  • les e-mails,  
  • les sms,  
  • les échanges entre collègues / avec des prestataires,  
  • les certificats médicaux,  
  • les preuves de harcèlement moral,  
  • un relevé des horaires de travail.  
Bon à savoir : Devant les prud’hommes, un enregistrement audio ou vidéo réalisé à l’insu d’une personne est en principe irrecevable car considéré comme une preuve déloyale. En revanche, dans le cadre d’une procédure pénale (tribunal correctionnel), ce type de preuve peut être admis par le juge.  

Comment dénoncer une surcharge de travail ?  

Il faut savoir que dans certains cas, les problèmes de surcharge de travail peuvent être résolus devant la justice. Dans ces cas précis, les juges doivent pouvoir argumenter et résoudre la situation en se fondant sur des faits réels et objectifs.  

Généralement, la surcharge de travail peut être quantifiée et qualifiée en fonction du nombre d’heures de travail. Si le travail demandé dépasse le cadre fixé par le contrat de travail, on peut alors parler de surcharge.  

Epuisement, troubles du sommeil, irritabilité ?
Un médecin en téléconsultation peut vous aider à mieux gérer la charge mentale.

L’avis des experts de MédecinDirect

La surcharge de travail est une problématique fréquemment rencontrée en consultation, notamment dans le cadre des visites de médecine du travail. Lorsqu’elle devient chronique, elle fragilise non seulement la santé psychologique, mais aussi la santé physique des salariés. Stress permanent, troubles du sommeil, maux de tête, tensions musculaires, anxiété, voire symptômes dépressifs : ce sont des signaux d’alerte à ne pas négliger.

Il est important de rappeler que chacun a des limites, et que l’épuisement professionnel (le « burn-out ») ne survient pas du jour au lendemain. La prévention repose sur un dialogue avec l’employeur, le médecin du travail ou le médecin traitant. Des aménagements d’horaires, une meilleure répartition des charges ou un soutien psychologique peuvent être envisagés. Les salariés ne doivent pas banaliser leurs difficultés : demander de l’aide tôt est une grande étape pour protéger sa santé et éviter des complications durables.

 

SOURCES :
  • Saisir Prudhommes : le lien
  • Legifrance : le lien
  • Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative : le lien

EN BREF
Retrouvez aussi nos conseils santé sur Youtube

Nos actualités médicales

Heading

This is some text inside of a div block.