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Mon bébé pleure... tout le temps !
Mon bébé pleure... tout le temps !
Mis à jour le 
16
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11
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2017
Article relu par la Direction Médicale de MédecinDirect

Bien connus sous le nom de « coliques » les pleurs inexpliqués du nourrisson peuvent être une véritable épreuve pour les parents, quelques semaines après l’arrivée de l’enfant à la maison.

Que faire devant ce bébé qui semble inconsolable bien qu’il ait été nourri, bercé, changé ? Une grande cause de désarroi et d’inquiétude chez les parents, l’occasion de donner une multitude de conseils pour l’entourage… Et l'occasion de consulter le médecin traitant de l'enfant !

D'une part pour vérifier l'absence de quelques pathologies ou circonstances pouvant expliquer les pleurs (œsophagite, poussées dentaires...), d'autre part pour faire le point sur le comportement à adopter. Dans les années cinquante, les coliques du nourrisson ont été arbitrairement définies par une règle des trois : pleurs pendant plus de trois heures par jour, au moins trois jours par semaine et pendant au moins trois semaines.

Diverses hypothèses ont été élaborées concernant leur origine, la plus répandue étant celle d’un désordre gastro-intestinal (reflux acides, spasme, ballonnement…). La cause de ces pleurs n’est pas encore élucidée, mais au cours de cette dernière décennie d’autres hypothèses ont été proposées.

Que sait-on ?

En occident, les pleurs inexpliqués sont présents chez 10 à 30 % des nourrissons selon les définitions utilisées. Même chez un bébé dont on considère la durée de pleurs comme normale, les pleurs ont tendance à augmenter à partir de la deuxième semaine de vie jusqu’à la sixième semaine, ils diminuent ensuite et se stabilisent vers l’âge de 4 mois.

Les pleurs inexpliqués suivent la même courbe. A 3 mois, 60 % des nourrissons qui en souffraient n’en ont plus, à 4 mois, 90 % ! Les pleurs prédominent en fin d’après midi et début de soirée. Les accès de pleurs sont souvent imprévisibles et inattendus. Ils durent longtemps (de 35 minutes à deux heures). L’enfant semble souffrir et être inconsolable.La grande majorité (plus de 95 %) de ces enfants n’a aucune pathologie organique. Il n’existe pas de facteur augmentant le risque de pleurs inexpliqués. En particulier, les bébés allaités ne font pas plus ni moins de « coliques » que les enfants nourris au biberon.

Qu’en pense-t-on actuellement ?

Certains pédiatres, en s’appuyant sur des études épidémiologiques et ethnologiques, pensent qu’il n’y a pas de cause particulière aux pleurs inexpliqués. Ce qui les différencie de pleurs considérés comme normaux ne serait que la durée de pleurs en réponse à une situation donnée. De ce fait, il faudrait surtout comprendre pourquoi l’enfant pleure plus longtemps plutôt que d’essayer d’expliquer ce qui les fait pleurer.

Les pleurs, chez l’enfant comme chez tous les mammifères, sont un signal, un moyen de communiquer avec l’adulte plutôt que le symptôme d’une pathologie. La spécificité humaine est que ces cris peuvent persister même après la correction du facteur déclenchant.

Pour certains chercheurs, notre mode de vie et de pensée occidental  a sa part de responsabilité dans les pleurs inexpliqués du nourrisson. En effet, même si les habitudes sont en train de changer, le maternage « à distance » a longtemps été valorisé.On avait à cœur d’offrir à l’enfant un meilleur sommeil en le laissant seul. On essayait de lui imposer des horaires, de ne pas le garder longtemps dans les bras, afin de ne pas le laisser prendre de « mauvaises habitudes ». En effet, un bébé pleurant beaucoup était (est) considéré comme difficile, capricieux ou manipulateur. C’est oublier la fonction de communication des pleurs et l’énergie que ceux-ci demandent à l’enfant.

Par ailleurs des études auraient montré que dans certaines cultures traditionnelles où les pleurs déclenchent une réponse quasiment immédiate de la mère, où l’enfant est davantage porté, les enfants ne souffrent quasiment jamais de « coliques ».

Que faire pour ces enfants ?

Beaucoup d’approches ont été tentées. Sur le plan scientifique, elles sont parfois difficiles à évaluer. Pour chacune d’entre elles, on trouve facilement, au cas par cas, des témoignages d’efficacité comme des témoignages d’inefficacité !

Les approches alimentaires

Les préparations sans fer ajouté n’ont pas été évaluées, celles sans lactose n’ont pas montré d’efficacité au cours des études. Les préparations à base de soja auraient une efficacité modérée, mais elles seraient susceptibles d’augmenter le risque d’allergies alimentaires. L’utilisation d’un lait sans protéine de lait de vache aurait montré une efficacité mais leur utilisation est limitée par le coût de ce type de lait et leur goût particulier qui entraîne parfois un refus de la part des enfants.Pour les enfants allaités, on conseille parfois de donner des tisanes à base de fenouil, mélisse… mais leur efficacité est peu étudiée et  des cas de convulsions chez les nouveau-nés ont été rapportés après la consommation de tisane à base d’anis étoilé (badiane). En revanche, les régimes hypoallergéniques (excluant les allergènes alimentaires connus) ont montré leur efficacité. Mais ces régimes sont draconiens, parfois difficiles à mettre en place sans l’aide d’un nutritionniste.

Les autres approches

L’utilisation de médicaments est maintenant abandonnée : certains étaient inefficaces. Les autres avaient trop d’effets secondaires. Certains parents ont recours à une prise en charge par un ostéopathe. Encore une fois, les études, difficiles à mettre en place, ne sont pas concluantes. Ce qui ne veut pas dire qu’au plan individuel cette approche soit inefficace. Le plus souvent, la méthode utilisée est comportementale. Les parents observent qu’ils parviennent à calmer les pleurs de leur enfant en le berçant, par un tour en poussette, en voiture, par l’utilisation d’un porte bébé… chaque enfant réagira différemment à ces techniques.

Que faire en pratique ?

La première étape est de bien comprendre que cette période difficile n’aura qu’une durée limitée. Il est parfois difficile d’admettre qu’un comportement aussi fatiguant de son enfant ne repose pas sur un diagnostic précis. Mais vraisemblablement, votre enfant se porte bien !L’idéal est de trouver une personne de confiance à qui confier l’enfant quelques heures afin de pouvoir se détendre, et de retrouver une certaine sérénité. Vous pouvez ensuite essayer différentes approches, par exemple en notant la durée des pleurs afin d’avoir une évaluation objective de leur efficacité.N’hésitez à porter davantage votre bébé, qui ne deviendra pas « capricieux » pour autant. Enfin, il est important de voir votre médecin traitant régulièrement. Pour éliminer une pathologie expliquant les pleurs (même si cela est rare) et pour faire le point sur la « stratégie » mise en place.

Auteur : Dr Hélène Pera

Conflits d’intérêts : L’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données diffusées dans cette interview ou publiées dans la référence citée. Cet article est issu d’une expérience de terrain, il existe d’autres produits, et d’autres protocoles de prise en charge.

Article paru le 24 septembre 2010 et re-publié le 13 juillet 2017.

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