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En France, les Affections de Longue Durée (ALD) concernent aujourd'hui 14 millions de bénéficiaires, soit environ 20 % de la population. Diabète, hypertension artérielle, maladies cardiovasculaires, maladies respiratoires chroniques (asthme, BPCO), insuffisance rénale chronique, maladies inflammatoires, troubles psychiatriques de longue durée, sclérose en plaques, maladies auto-immunes : la liste des pathologies qui requièrent un suivi régulier est longue.
Pour ces 14 millions de personnes, les consultations médicales sont une nécessité structurelle. Et dans un contexte de délais d'attente qui s'allongent, de déserts médicaux qui s'étendent et de médecins généralistes déjà saturés, maintenir un suivi de qualité est un défi croissant. La téléconsultation est l'une des réponses concrètes à ce défi.
Les téléconsultations réalisées dans le cadre d'une ALD sont prises en charge dans les mêmes conditions que les consultations en présentiel, y compris l'exonération du ticket modérateur pour les soins liés à l'affection.
Selon l’Assurance maladie, l'ALD garantit la prise en charge à 100 % des soins liés à votre maladie chronique, sans avance de frais. Cette prise en charge s'applique aux téléconsultations dès lors qu'elles s'inscrivent dans le parcours de soins coordonnés et concernent votre affection reconnue.
Pour les soins hors ALD (infections banales, autres motifs sans lien avec votre pathologie chronique), les conditions habituelles de remboursement s'appliquent. La distinction est importante : si vous consultez votre médecin en téléconsultation pour ajuster votre traitement du diabète, c'est pris en charge au titre de votre ALD. Si vous consultez pour un rhume, c'est un autre acte.
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit par ailleurs une prise en charge de prestations d'accompagnement préventif pour les assurés souffrant d'une pathologie à risque d'évolution vers une ALD.
En juillet 2025, la HAS a publié son guide de parcours de soins pour le patient adulte vivant avec un diabète de type 2. Il détaille le rôle des différents professionnels de santé et précise les modalités de coordination, dont le recours à la télésanté, possible tout au long du parcours.
Le guide mentionne explicitement la possibilité de recourir à la téléconsultation pour l'avis d'une équipe spécialisée en cas de lésion du pied diabétique, parmi d'autres usages. Ce n'est pas anodin : c'est la HAS elle-même, autorité de référence en bonnes pratiques médicales, qui inscrit la télésanté dans le parcours standard de certaines pathologies chroniques majeures stables : l'autorité de santé encourage l'intégration de la télésanté comme outil de coordination et de suivi régulier, en complément (et non en substitution) des consultations physiques.
Pour une maladie stabilisée, la très grande majorité des actes de suivi régulier ne nécessitent pas d'examen physique. Voici ce qu'un médecin peut faire lors d'une téléconsultation dans le cadre d'un suivi chronique :
Cet article est rédigé à titre informatif et ne se substitue pas à un avis médical personnalisé. Pour toute question sur l'intégration de la téléconsultation à votre suivi, parlez-en à votre médecin traitant.
Sources
La téléconsultation ne remplace pas tout, et les médecins formés à la télémédecine, comme ceux de MédecinDirect, sont les premiers à vous le dire.
Un point important à ne pas perdre de vue : la réglementation française impose une alternance entre téléconsultations et consultations en présentiel dans le cadre du suivi régulier des patients. Selon service-public.fr, pour être bien prise en charge, une téléconsultation doit notamment s'inscrire dans un suivi qui alterne consultations physiques et à distance.
Concrètement, pour un patient chronique, cela signifie que la téléconsultation ne peut pas constituer l'intégralité du suivi. Elle vient s'intercaler entre les consultations physiques structurantes (bilans annuels, examens cliniques complets, actes techniques, etc.). Cette règle n'est pas une contrainte arbitraire : elle reflète l'évidence médicale que certains actes sont irremplaçables en présentiel.
Au-delà de la téléconsultation, la HAS a développé des référentiels de télésurveillance médicale pour cinq pathologies chroniques majeures : diabète, insuffisance cardiaque chronique, insuffisance rénale chronique, insuffisance respiratoire chronique et porteurs de prothèses cardiaques implantables à visée thérapeutique.
La télésurveillance va un cran plus loin que la téléconsultation : elle permet un monitoring continu de paramètres physiologiques (glycémie, pression artérielle, saturation en oxygène, fréquence cardiaque), transmis automatiquement à une équipe soignante qui intervient en cas d'alerte. Après une phase d'expérimentation (programme ETAPES, 2014-2021), la télésurveillance entre progressivement dans le droit commun du remboursement.
Si vous êtes concerné par l'une de ces cinq pathologies, parlez-en à votre médecin traitant ou votre spécialiste : un dispositif de télésurveillance remboursé peut compléter votre suivi de façon très significative.
Quelques conseils pratiques pour que la téléconsultation serve vraiment votre suivi chronique.
Un enjeu massif : 14 millions de personnes concernées
Le cadre réglementaire : téléconsultation et ALD
Ce que dit la HAS sur la télésanté dans le suivi chronique
Ce qui peut se faire à distance pour un patient chronique
Ce qui nécessite toujours du présentiel
La règle de l'alternance : ce que la réglementation impose
La télésurveillance : un outil complémentaire pour les cas les plus complexes
Comment intégrer concrètement la téléconsultation à votre suivi ?
Retrouvez ici les réponses aux questions que vous pourriez vous poser