Nos services

Le recours à la téléconsultation pour l’IVG médicamenteuse a d’abord été autorisé de manière dérogatoire pendant la crise sanitaire de 2020. Le dispositif a ensuite été pérennisé en 2022, en s'appuyant sur les recommandations de la Haute Autorité de santé sur l'IVG médicamenteuse : le décret du 19 février 2022 a notamment consacré la possibilité de réaliser l’interruption volontaire de grossesse médicamenteuse en téléconsultation hors établissement de santé, et la loi du 2 mars 2022 a inscrit la possibilité de réaliser tout ou partie de la procédure d'avortement à distance.
Le délai de recours à l’IVG médicamenteuse est fixé à la fin de la 7e semaine de grossesse, soit 9 SA. Le délai légal général de l’IVG est, lui, de 14 semaines de grossesse, soit 16 SA. Au-delà de 9 SA, l’IVG médicamenteuse n’est plus proposée dans le contexte actuel. Une IVG instrumentale peut en revanche être réalisée jusqu’à 16 SA, en structure de soins ou dans certains centres de santé autorisés.
Deux catégories de professionnels sont habilitées à réaliser ce parcours à distance : les médecins et les sages-femmes. Hors structure de santé, ils doivent justifier d'une expérience professionnelle adaptée et avoir signé une convention avec une structure de soins autorisée à pratiquer l'IVG. Cette convention garantit que la patiente peut être accueillie à tout moment en cas de complication.
Sur le plan réglementaire, la télémédecine est définie à l'article L. 6316-1 du Code de la santé publique comme une forme de pratique médicale à distance. La téléconsultation, en tant qu'acte de télémédecine, est précisément encadrée par les articles R. 6316-1 à R. 6316-6 du même code. Ces textes fixent les exigences d'authentification du professionnel, d'identification de la personne et d'accès sécurisé aux données de santé nécessaires.
Bon à savoir : Aucune prescription d’IVG médicamenteuse n'est possible en téléconsultation chez MédecinDirect. Toutefois, une consultation d’information peut être réalisée sur la plateforme, avec les médecins. Dans les autres situations, la patiente est réorientée en présentiel.
Les étapes de l'IVG médicamenteuse peuvent être réalisées entièrement à distance, de la consultation initiale au suivi post-intervention, sous réserve de l'accord de la patiente et de l'expert médical.
La première téléconsultation se déroule par vidéotransmission. Le médecin informe la concernée en lui transmettant les documents nécessaires en version numérique : le dossier-guide IVG, le mémo pratique relatif au protocole, ainsi que les coordonnées de la structure signataire de la convention. Cette étape permet de vérifier l'éligibilité de la femme, notamment le terme de la grossesse et l'absence de contre-indications médicales.
L’entretien psychosocial est systématiquement proposé et obligatoire pour les mineures. Depuis 2022, aucun délai minimal de réflexion n’est imposé entre cet entretien et la suite du parcours. Le temps d’information de la patiente et le temps de recueil du consentement peuvent même, lorsque la situation le permet et que la patiente le souhaite, avoir lieu au cours d’une même consultation.
Le consentement écrit et signé de la concernée est recueilli et versé au dossier médical. Pour comprendre en détail comment se déroule une téléconsultation gynécologique et les modalités techniques de l'accompagnement à distance, des ressources complémentaires sont disponibles. La personne est libre d'accepter ou de refuser la téléconsultation à tout moment.
Après le recueil du consentement, le médecin ou la sage-femme transmet l'ordonnance par messagerie sécurisée à la pharmacie d'officine désignée par la personne. Avant cela, le spécialiste s'assure que la pharmacie dispose de stocks suffisants. Cette transmission garantit la confidentialité des éléments échangés.
Le protocole associe la mifépristone puis, 24 à 48 heures plus tard, le misoprostol. Les doses et la voie d’administration varient selon le terme de la grossesse et le protocole retenu par le professionnel. La délivrance s'effectue en officine à l'issue de la téléconsultation, après réception de l'ordonnance par le pharmacien.
Le protocole médicamenteux se déroule en deux étapes. La mifépristone est prise en premier : elle bloque l'action de la progestérone, l'hormone nécessaire au maintien de la grossesse, favorise les contractions de l'utérus et l'ouverture du col. Des saignements peuvent survenir dès cette première étape, mais la plupart des symptômes apparaissent après la deuxième dose.
Entre 24 et 48 heures plus tard, le misoprostol est administré. Ce médicament augmente les contractions utérines et provoque l'expulsion. Dans 60 % des cas, l'évacuation intervient dans les 4 heures suivant la prise ; dans les autres cas, elle peut survenir dans les 24 à 72 heures. Les saignements, souvent abondants et accompagnés de caillots, durent généralement une quinzaine de jours.
La prise des médicaments peut se faire à domicile. Si la patiente le souhaite, le professionnel peut rester en vidéo pendant l'ingurgitation, pour l'accompagner à distance. Une prise en charge anticipée de la douleur est systématiquement prévue, avec des antalgiques adaptés prescrits par le médecin.
Une visite de contrôle est obligatoire entre le 14e et le 21e jour suivant la prise du premier médicament. Elle peut être réalisée en téléconsultation. Son objectif est de vérifier l'arrêt de la grossesse, de s'assurer de l'absence de complications et d'aborder, si besoin, la contraception ultérieure. Le taux de succès de la méthode médicamenteuse est d'environ 95 %.
Les saignements seuls ne confirment pas l'arrêt de la grossesse. La consultation de suivi est indispensable pour vérifier l’efficacité de la méthode. Selon le contexte, cette vérification repose notamment sur un dosage de β-hCG, un test urinaire adapté au suivi ou une échographie. Le compte-rendu de la consultation est versé au dossier médical de la patiente et précise l'identité du professionnel, la date, l'heure, ainsi que les actes et prescriptions effectués.
Bon à savoir : Pour une interruption volontaire de grossesse réalisée à domicile hors établissement, le professionnel doit s’assurer que la patiente peut rejoindre dans un délai maximal d’une heure, l’établissement de santé prévu en cas de complication. Elle reçoit ses coordonnées et doit pouvoir y être accueillie à tout moment.
Seuls les médecins et les sages-femmes habilité.e.s à pratiquer l’interruption volontaire de grossesse avec des médicaments peuvent réaliser l'acte en téléconsultation. Hors structure de santé, une convention avec un centre de soins autorisé est obligatoire. Cette convention garantit à la patiente un accueil possible à tout moment en cas de complication. L'expert doit également justifier d'une expérience professionnelle adaptée à la pratique de l'avortement.
L’acte peut être pratiqué hors centre hospitalier : en cabinet de ville, en centre de santé ou en centre de santé sexuelle. L'avortement à l'aide d'instruments est généralement réalisé en établissement de santé, mais elle peut également être pratiquée sous conditions dans certains centres de santé autorisés.
La pertinence du recours à la téléconsultation est appréciée par le professionnel de santé en fonction de l'état de santé de la personne. Il peut estimer qu'une consultation en présentiel est nécessaire et proposer un soutien adapté. Cet article peut vous aider à mieux comprendre ce qu'un gynécologue peut faire en téléconsultation et les limites réglementaires du soutien à distance.
La femme n’a rien à avancer : l’IVG et les actes associés sont pris en charge à 100 %, sans dépassement d’honoraires, selon les modalités mises à jour et détaillées sur le site de l'Assurance maladie.
La prise en charge est protégée par le secret. Si la personne souhaite bénéficier de l’anonymat, elle doit le signaler au professionnel de santé, qui met en œuvre les modalités prévues. Les actes liés à l’IVG ne figurent pas sur un décompte de remboursement adressé à l’assurée.
Avant toute téléconsultation pour un avortement, le médecin doit avoir sélectionné les outils numériques adaptés. Trois catégories sont requises : un outil de vidéotransmission pour la consultation en direct, un outil sécurisé pour l'échange de données avec la pharmacie désignée (comme la Messagerie Sécurisée de Santé), et un outil sécurisé pour le partage des éléments de santé avec la patiente.
L’Agence du Numérique en Santé élabore les référentiels de sécurité, d’interopérabilité et d’éthique auxquels les outils utilisés doivent répondre. Chaque acte doit être réalisé dans des conditions garantissant l'authentification de l'expert médical, l'identification de la personne, et l'accès du spécialiste aux données de santé nécessaires à la réalisation de cet acte médical.
Le secret médical est garanti par le Code de la santé publique. Toutes les données échangées lors de la téléconsultation sont soumises aux mêmes obligations de confidentialité qu'une consultation en présentiel.
Avant de démarrer la séance, le docteur doit s'assurer que la femme se trouve dans un lieu calme et confidentiel. Cette condition est importante pour garantir la qualité de l'accompagnement et le respect de la vie privée. Un environnement inadapté peut justifier le report de la téléconsultation.
Le temps est un facteur important dans le parcours. La Haute Autorité de santé recommande qu’un rendez-vous de consultation ou de téléconsultation soit obtenu dans les 5 jours suivant l’appel de la patiente. Cette recommandation vise à garantir un accès rapide à l’IVG, d’autant que le choix de la méthode dépend du terme de la grossesse.
Le secret médical est protégé par le Code de la santé publique. Aucun renseignement relatif à un avortement ne peut être divulgué sans l'accord de la personne concernée. Pour certaines, la téléconsultation peut offrir davantage de discrétion en limitant les déplacements. Elle doit néanmoins se dérouler dans des conditions permettant de préserver la confidentialité des échanges.
Sur le plan administratif, la confidentialité est également protégée. L’IVG et les actes associés sont pris en charge à 100 % avec tiers payant obligatoire et ne donnent pas lieu à l’envoi d’un décompte de remboursement à l’assurée : ils n’apparaissent donc pas sur les relevés habituels de l’Assurance Maladie. Si la personne souhaite en outre bénéficier de l’anonymat, elle doit le signaler au professionnel de santé, qui met en œuvre dès le début de la prise en charge les modalités prévues à cet effet.
Le recours à la téléconsultation nécessite l’accord de la patiente. Le médecin ou la sage-femme l’informe au préalable sur cette modalité de prise en charge et recueille son consentement. La patiente est libre d’accepter ou de refuser la téléconsultation et peut, à tout moment, retirer son consentement et demander que la suite de sa prise en charge ait lieu en présentiel.
Plusieurs ressources officielles permettent de s'informer, de poser des questions et d'être orientée vers un professionnel de santé rapidement, en toute confidentialité.
Ce qu'il faut retenir sur l'IVG médicamenteuse en téléconsultation
Les informations de cet article sont fondées sur des données scientifiques publiées et des recommandations institutionnelles. Elles ne remplacent pas l'évaluation d'un médecin, seul à même d'apprécier votre situation personnelle. Si vous vous reconnaissez dans les situations décrites, consultez un professionnel de santé.
SOURCES
Cadre légal de la téléconsultation pour l'IVG médicamenteuse
Déroulement complet de la téléconsultation pour l'IVG médicamenteuse
Professionnels de santé autorisés et conditions d'exercice
Remboursement et prise en charge financière
Outils numériques et sécurité des données
Délais d'accès et urgence de la prise en charge
Anonymat et protection de la vie privée
Ressources disponibles
Retrouvez ici les réponses aux questions que vous pourriez vous poser