Arrêt de travail pour grippe : durée, démarches et indemnisation

Arrêt de travail pour grippe : durée, démarches et indemnisation

La grippe peut rendre toute activité professionnelle impossible en quelques heures. Lorsque les symptômes sont suffisamment importants pour empêcher de travailler, un congé maladie peut être nécessaire. Sa durée dépend de l’intensité des symptômes, de l’état de santé général et de l’évolution de la maladie.
Une personne en train de se moucher, car elle a la grippe nécessitant un arrêt de travail.
En bref
  • Durée de référence : 5 jours pour tout type d’emploi, selon le référentiel de l’Assurance Maladie ; cette durée reste indicative
  • Indemnisation à partir du 4e jour à 50 % du salaire journalier de base, après 3 jours de carence
  • Transmission de l'arrêt à la CPAM et à l'employeur : délai obligatoire de 48 heures
  • Téléconsultation possible pour un arrêt jusqu'à 3 jours maximum, sans possibilité de prolongation.
  • Chez l’adulte, la contagiosité peut débuter environ un jour avant les symptômes et persister plusieurs jours après leur apparition. La nécessité et la durée de l’arrêt dépendent toutefois avant tout de l’état de santé et de la capacité à travailler.

Quand faut-il un arrêt de travail pour une grippe ?

La question se pose souvent : grippe, congé maladie ou pas ? La réponse dépend de deux critères médicaux principaux : la sévérité des symptômes et le type de poste occupé.

Une fièvre élevée, des courbatures intenses, une fatigue sévère ou des maux de tête invalidants peuvent justifier un arrêt. Le médecin évalue votre capacité réelle à exercer votre activité. Si vous travaillez au contact d'autres personnes, la contagiosité de la grippe constitue un argument supplémentaire. À l'inverse, un syndrome grippal léger avec possibilité de télétravail ne donnera pas systématiquement lieu à un arrêt. Pour apprendre à reconnaître les symptômes de la grippe nécessitant une consultation médicale urgente, consultez les recommandations disponibles en ligne.

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Combien de jours d'arrêt pour une grippe ?

La durée de référence est fixée par la Haute Autorité de Santé et modulée selon plusieurs facteurs médicaux et professionnels.

Durée de référence et fourchette selon la CNAM

Le référentiel de l’Assurance Maladie, établi après avis de la HAS, retient une durée de référence de 5 jours pour une grippe saisonnière. Cette durée est indicative et doit être adaptée à la situation du patient. Ces 5 journées correspondent à la durée à l'issue de laquelle la majorité des patients est capable de reprendre le travail. Cette durée est indicative : seul le médecin prescrit la durée adaptée à chaque situation.

Adaptation selon le type de poste

La durée de référence citée ci-dessus concerne tous les types d’emploi. Elle n’est toutefois qu’indicative. Le médecin peut prescrire une durée différente selon l’intensité des symptômes, l’âge, les éventuelles affections chroniques, la survenue de complications et la persistance d’une fatigue importante.  

Les contraintes concrètes du poste peuvent également être prises en compte dans l’évaluation de la capacité à reprendre le travail.

Cas nécessitant une prolongation

Certaines situations médicales justifient un dépassement des 5 journées de référence. Une pneumonie bactérienne secondaire, une autre complication respiratoire, la décompensation d’une affection chronique ou la persistance d’une asthénie importante peuvent nécessiter une prolongation. Les personnes fragiles présentant des comorbidités comme le diabète ou la BPCO nécessitent une surveillance particulière. La persistance d'une fièvre élevée ou d'une asthénie marquée après la phase aiguë est également un motif de prolongation.

Comment obtenir un arrêt de travail pour grippe ?

Plusieurs options existent pour obtenir un congé, avec des modalités différentes selon le mode de consultation.

Consultation en cabinet médical

Lorsque le médecin utilise le téléservice de l’Assurance Maladie, les volets 1 et 2 sont directement transmis à la CPAM et seul le volet 3 est remis au patient pour son employeur. Si la télétransmission n’est pas possible, le professionnel va proposer un formulaire papier sécurisé en trois volets. Les volets 1 et 2 sont transmis à la CPAM, le volet 3 est adressé à l'employeur. Aucun scan ni photocopie n'est accepté.

Téléconsultation et arrêt en ligne

En règle générale, un arrêt prescrit en téléconsultation par un professionnel autre que le médecin traitant ou son remplaçant ne peut dépasser trois journées s’il doit être indemnisé, sauf exceptions prévues par la réglementation. Chez MédecinDirect, les arrêts sont délivrés uniquement en visioconférence, pour une durée maximale de trois jours, sans prolongation possible et dans la limite de trois arrêts par an et par patient. Leur délivrance reste entièrement soumise à l’appréciation du médecin.

Quelles démarches administratives effectuer ?

Les obligations légales sont strictes. Tout retard peut entraîner une réduction, voire une suppression, de vos indemnités journalières. Voici les étapes obligatoires à respecter :

  • Prévenir l'employeur sans délai : par téléphone, mail ou SMS, dès le début de l'arrêt
  • Faire parvenir le volet 3 à l'employeur dans les 48 heures suivant la prescription
  • Envoyer les volets 1 et 2 à la CPAM dans le même délai de 48 heures (si non télétransmis par le spécialiste)
  • Respecter les horaires de présence : en cas de sorties autorisées avec restriction, vous devez être présent au domicile de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h, sauf pour des soins ou examens.
À noter : en cas de premier retard de transmission, la CPAM envoie un courrier d'information. Au deuxième retard dans les 2 ans, les indemnités journalières peuvent être réduites de 50 % pour la période entre la date de prescription et la date d'envoi. Si, à la fin de la période d’arrêt, l’avis n’a toujours pas été adressé à la CPAM, l’arrêt n’est pas indemnisé.

Quelle indemnisation pendant l'arrêt maladie ?

Les indemnités journalières compensent partiellement la perte de salaire, selon des règles strictes.

Montant et calcul des indemnités journalières

Les indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS) représentent 50 % du salaire journalier de base. Le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 SMIC, soit un maximum de 42,97 €/jour depuis le 1er juillet 2026. Les arrêts prescrits en téléconsultation sont indemnisés selon les mêmes règles que les arrêts classiques, avec transmission automatique à la CPAM. Le versement des IJ est soumis aux conditions d’ouverture des droits à la Sécurité sociale.

Exemple : Pour un salarié percevant 2 000 € bruts par mois, le salaire journalier de base s'établit à environ 66 € (2 000 × 3 / 91,25), et l'indemnité versée à environ 33 €/jour

Délai de carence et versement

En régime général, un délai de carence de 3 jours s'applique : aucune indemnité n'est versée pour les trois premières journées d'arrêt. Le versement des IJSS commence donc à partir du 4e jour. Certaines conventions collectives prévoient une prise en charge dès le premier jour ou un maintien de salaire, selon les dispositions négociées dans votre branche professionnelle.

Subrogation et maintien de salaire employeur

Lorsque l’employeur maintient tout ou partie du salaire du malade, il peut percevoir directement les IJ versées par la CPAM : c’est la subrogation. Les conditions et le niveau du maintien de salaire dépendent notamment de la loi, de l’ancienneté et des éventuelles dispositions plus favorables de la convention collective ou de l’accord d’entreprise.

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Grippe : symptômes et contagiosité

Distinguer la grippe d'un simple rhume permet de mieux évaluer la légitimité d'un congé. La grippe est une maladie virale à début brutal, contrairement au rhume qui s'installe progressivement.


Critère

Grippe Rhume
Début Brutal (quelques heures) Progressif (1 à 2 jours) 
Fièvre Élevée (autour de 39 °C) Absente ou légère 
Fatigue Intense, prostration Légère
Courbatures Diffuses et sévères Absentes ou minimes 
Congestion nasale  Secondaires Dominante

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Bon à savoir : La grippe peut être contagieuse dès la veille des signes et pendant plusieurs journées après leur apparition. Le risque est particulièrement important au début de l'affection. Après la reprise du travail, le port du masque et les autres gestes barrières restent utiles si des manifestations respiratoires persistent.

Traitement de la grippe pendant l'arrêt

Chez la plupart des personnes, le traitement est symptomatique : repos, hydratation et traitement de la fièvre ou des douleurs. Des antiviraux peuvent cependant être prescrits dans certaines situations, notamment chez les personnes à risque de complications ou en cas de forme grave :

  • Paracétamol : médicament de référence contre la fièvre et les douleurs, à utiliser selon le dosage adapté à votre poids et en respectant les contre-indications
  • Hydratation : boire régulièrement et abondamment pour éviter la déshydratation, surtout en cas de fièvre prolongée
  • Repos : condition indispensable à la récupération, ne pas sous-estimer la fatigue liée à l'affection
  • Vêtements légers : éviter de trop se couvrir pour ne pas aggraver la fièvre
  • Consulter à nouveau si apparaissent un essoufflement au repos, une toux productive avec crachats purulents ou sanglants, réapparition de la fièvre ou altération de l’état général ou des troubles de la conscience.

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Pourquoi ne pas aller travailler avec la grippe ?

Lorsque les symptômes sont importants, continuer à travailler peut être difficile en raison de la fatigue, de la fièvre, des douleurs et du manque de concentration. La présence au travail pendant la phase contagieuse peut également favoriser la transmission du virus aux collègues, notamment aux personnes fragiles.

Un salarié grippé présent au bureau, peut voir sa productivité chuter significativement, tout en propageant le virus. Un arrêt peut donc être nécessaire lorsque l’état de santé ne permet pas de travailler, non seulement pour votre rétablissement, mais aussi pour limiter la propagation du mal dans votre environnement de travail. La contagion par gouttelettes dans les espaces confinés rend la présence au bureau particulièrement risquée pour les collègues.

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Prévention et gestes barrières

L’une des meilleures protections contre la grippe est la vaccination annuelle. Découvrez comment se protéger avec la vaccination antigrippale recommandée chaque année pour les personnes à risque. Au quotidien, plusieurs gestes limitent la transmission du virus :  

  • le lavage régulier des mains avec de l'eau et du savon ou une solution hydroalcoolique,  
  • le port d'un masque en présence de symptômes,  
  • et la distanciation sociale.  

Ces mesures de prévention protègent aussi bien les personnes fragiles de votre entourage que vos collègues de travail.

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Ce qu'il faut retenir sur l'arrêt de travail pour grippe

  • ‍5 jours : c'est la durée de référence HAS, modulable entre 3 et 10 jours selon votre situation.
  • L'arrêt doit être transmis à la CPAM et à l'employeur dans les 48 heures, sous peine de réduction des indemnités. Ces dernières démarrent au 4e jour, à 50 % du salaire journalier plafonné.  
  • La contagiosité active justifie l'arrêt même si vous vous sentez mieux : elle entre dans l’évaluation, mais ne justifie pas systématiquement un arrêt à elle seule.
  • Une téléconsultation suffit pour les cas simples.

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Les informations de cet article sont fondées sur des données scientifiques publiées et des recommandations institutionnelles. Elles ne remplacent pas l'évaluation d'un médecin, seul à même d'apprécier votre situation personnelle. Si vous vous reconnaissez dans les situations décrites, consultez un professionnel de santé.  

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Sources :
EN BREF

FAQ

Retrouvez ici les réponses aux questions que vous pourriez vous poser

Peut-on avoir un congé maladie sans fièvre élevée ?
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Oui, si les symptômes empêchent de travailler : fatigue intense, courbatures, toux sévère. Le spécialiste évalue la capacité à exercer son activité professionnelle, pas uniquement la température.
Combien de temps faut-il pour se remettre complètement d'une grippe ?
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Chez une personne habituellement en bonne santé, la phase aiguë s’améliore généralement en une semaine. Une toux sèche peut persister environ deux semaines et une fatigue pendant trois à quatre semaines.
Peut-on sortir de chez soi pendant un arrêt pour grippe ?
+
Cela dépend de la mention du docteur sur le certificat : soit interdiction totale, soit sorties autorisées hors des plages 9h-11h et 14h-16h, soit sorties libres. Respecter ces horaires tous les jours, week-ends inclus. Pendant les plages de présence obligatoires, les sorties restent possibles pour des soins ou examens médicaux.
Un arrêt pour grippe peut-il être prolongé ?
+
Oui, si l'état de santé le justifie. En principe, la prolongation doit être prescrite par le professionnel ayant établi l’arrêt initial ou par le médecin traitant. Certaines exceptions sont prévues, notamment pour leurs remplaçants, un spécialiste sollicité par le médecin traitant, une sage-femme ou un expert hospitalier. Depuis le 1er septembre 2026, chaque prolongation est en principe limitée à 62 jours, avec possibilité de dépassement lorsqu’une durée supérieure est médicalement justifiée.
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