Nos services

Les données médicales ne sont pas des données comme les autres. En droit européen, elles appartiennent à la catégorie des données "sensibles" au sens de l'article 9 du RGPD (la seule catégorie dont le traitement est interdit par principe, sauf exceptions limitativement définies par la loi). Diagnostics, motifs de consultation, prescriptions, antécédents médicaux : tout ce que vous partagez lors d'une téléconsultation entre dans ce cadre ultra-protégé.
En France, une couche réglementaire supplémentaire s'y ajoute, spécifique au numérique en santé : la certification HDS (Hébergement de Données de Santé), obligatoire depuis 2018 en vertu de l'article L.1111-8 du Code de la santé publique. Toute plateforme qui héberge des données de santé à caractère personnel (ce qu'une plateforme de téléconsultation fait par définition) doit impérativement passer par un hébergeur certifié.
Donc oui : si vous utilisez une plateforme conforme, vos données médicales sont bien protégées. Le cadre réglementaire est l'un des plus exigeants au monde.
Le RGPD ne se contente pas d'interdire les abus, il crée des obligations très concrètes pour toute plateforme qui traite vos données de santé.
Vos données ne peuvent être utilisées que pour la finalité pour laquelle elles ont été collectées, c’est-à-dire, pour le cas d’espèce, votre prise en charge médicale et pour accéder aux services proposés par la plateforme.
Une plateforme de téléconsultation conforme ne peut pas réutiliser vos données pour de la publicité ciblée, les vendre à un assureur ou les croiser avec d'autres bases de données sans base légale sans votre consentement expréssement recueilli.
La vente de données de santé à des tiers non autorisée par la personne concernée par la donnée est formellement illicite et passible de sanctions CNIL allant jusqu'à 4 % du chiffre d'affaires mondial, plus d'éventuelles sanctions pénales au titre de l'article 226-21 du Code pénal.
Vos données ne peuvent pas être conservées indéfiniment. La durée de conservation doit être proportionnée à la finalité. Pour les dossiers médicaux, la règle générale en France est de 20 ans à partir du dernier contact.
Le médecin que vous consultez à distance est soumis aux mêmes obligations déontologiques qu'en cabinet (le support numérique ne change rien à cela) et ne peut accéder à vos données médicales que dans les strictes limites définies par contrat.
Si une plateforme subit une cyberattaque ou une fuite de données, elle est légalement obligée de notifier la CNIL dans les 72 heures et de vous en informer si la violation présente un risque élevé pour vos droits. Cette transparence forcée est l'une des protections les plus palpables pour les patients.
La certification HDS, délivrée par un organisme accrédité par le COFRAC après audit indépendant, va au-delà du RGPD. Elle impose notamment :
Pendant la consultation elle-même, vos échanges avec le médecin transitent via un protocole sécurisé chiffré. La CNIL le précise clairement : les plateformes de téléconsultation doivent garantir la confidentialité des échanges avec le même niveau de sécurité qu'une messagerie médicale sécurisée.
L'authentification est également renforcée des deux côtés. Côté patient, votre identité est vérifiée sur plusieurs points (nom, date de naissance, numéro de sécurité sociale). Côté médecin, l'accès à la plateforme nécessite une authentification forte et la vérification de son inscription à l'Ordre des médecins.
Le secteur de la santé figure parmi les secteurs les plus exposés aux cyberattaques. Selon le rapport 2025 de l'Observatoire des incidents du CERT Santé, 764 incidents de sécurité ont été déclarés par les établissements sanitaires et médico-sociaux en 2025. De son côté, l'ANSSI indique que le secteur de la santé représente 10 % des incidents qu'elle a traités en 2025. La CNIL souligne également une augmentation des violations de données personnelles et fait de la cybersécurité l'une de ses priorités de contrôle pour 2026.
Des incidents ont touché́ des hôpitaux, des laboratoires d'analyses, des éditeurs de logiciels médicaux et des plateformes de santé numérique et donc, aucune organisation, aussi bien protégée soit-elle, ne peut se déclarer invulnérable à toutes les formes d'attaque, notamment celles qui exploitent des failles humaines ou des prestataires tiers.
Ce contexte est important à connaître pour deux raisons. D'abord parce qu'il justifie de choisir soigneusement sa plateforme. Ensuite parce que la réglementation a précisément anticipé ce risque : l'obligation de notification en 72 heures (délai maximal), les droits des patients en cas de violation, et les sanctions pour les plateformes défaillantes ont été mises sur pied précisément parce que le risque zéro n'existe pas.
En cas de violation de données de santé vous concernant, la plateforme a des obligations précises. Elle doit informer la CNIL dans les 72 heures et, si la violation présente un risque élevé pour vous, vous contacter directement pour vous en informer et vous indiquer les mesures à prendre.
De votre côté, vous pouvez :
Toutes les plateformes de santé numérique ne se valent pas. Voici quelques éléments concrets à vérifier :
Cet article est rédigé à titre informatif. Pour toute question relative au traitement de vos données personnelles, vous pouvez contacter le Délégué à la Protection des Données (DPO) de la plateforme que vous utilisez via les coordonnées disponibles dans sa politique de confidentialité, ou saisir la CNIL.
Sources :
Les données médicales sont-elles réellement protégées lors d'une téléconsultation ?
Ce que garantit concrètement le RGPD pour vos données médicales
Que garantit la certification HDS ?
Comment vos données sont-elles techniquement protégées pendant une téléconsultation ?
La santé, un secteur très ciblé
Vos droits si vos données ont été compromises
Comment reconnaître une plateforme qui protège vraiment vos données ?
Ce qu'il faut retenir
Retrouvez ici les réponses aux questions que vous pourriez vous poser