Mon enfant siffle après un rhume (bronchospasme post-viral chez l'enfant) : causes et traitement

Mon enfant siffle après un rhume (bronchospasme post-viral chez l'enfant) : causes et traitement

Votre enfant vient d'avoir un rhume ou une bronchite, et depuis quelques jours il tousse sans arrêt et émet un sifflement à chaque expiration. Ce tableau clinique correspond à un bronchospasme post-viral : une réaction des bronches à l'infection virale qui provoque un rétrécissement temporaire des voies aériennes. Ce phénomène est fréquent chez l'enfant de moins de 6 ans, dont les voies aériennes sont plus étroites et plus réactives que celles de l'adulte. Il est traitable et généralement réversible. Toutefois, certains signes doivent alerter et conduire à consulter.
Un enfant alité et qui se mouche, signe évocateur du bronchospasme post-viral chez l'enfant.
En bref
Le bronchospasme post-viral est une contraction des bronches survenant chez l'enfant (surtout entre 1 et 6 ans) après une infection virale (rhinovirus, VRS, grippe). Les bronches immatures et plus étroites du jeune enfant le rendent particulièrement vulnérable. Les symptômes apparaissent 2 à 5 jours après le rhume : sifflements à l'expiration, toux persistante, essoufflement. Le traitement repose entre autres sur le salbutamol (Ventoline) administré avec une chambre d'inhalation et masque (indispensable avant 4 ans). Les antibiotiques ne sont pas utiles au vu du caractère viral et les antitussifs contre-indiqués avant 2 ans. Si les épisodes se répètent, une consultation spécialisée peut être indiquée selon la répétition des épisodes, l'âge, le terrain atopique et l'évaluation du médecin.

Pourquoi les jeunes enfants sont-ils plus touchés ?

Plusieurs facteurs anatomiques et immunitaires expliquent la fréquence du bronchospasme post-viral chez l'enfant :

  • les bronches du nourrisson et du jeune enfant sont plus étroites : un même degré d'inflammation ou de contraction réduit bien plus le passage de l'air
  • le système immunitaire en développement répond de façon plus inflammatoire aux infections virales
  • le système nerveux qui régule le calibre des bronches est encore immature, ce qui favorise des contractions excessives
  • les contacts répétés avec les virus en crèche ou à l'école maternelle multiplient les expositions
  • un terrain atopique (eczéma, allergie alimentaire, rhinite) augmente la susceptibilité.

Bon à savoir : Le terme « bronchite asthmatiforme » est officiellement déconseillé par la Société de pneumologie de langue française (SPLF) depuis 2015, car il entretient deux confusions : il amène à prescrire des antibiotiques à tort, et peut retarder le diagnostic d'un asthme véritable. Les termes recommandés sont : bronchospasme post-viral ou hyperréactivité bronchique post-virale chez l'adulte ; épisode de sifflements ou exacerbation d'asthme en contexte pédiatrique.

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Quels virus provoquent un bronchospasme chez l'enfant ?

Les principaux agents viraux en cause sont :

  • le virus respiratoire syncytial (VRS) : l’une des causes de bronchiolite chez les moins de 2 ans
  • les rhinovirus : responsables du rhume, l’un des déclencheurs de bronchospasme après 18 mois
  • les virus grippaux (influenza A et B)
  • le métapneumovirus humain (hMPV)
  • le SARS-CoV-2 : peut provoquer une hyperréactivité bronchique même dans les formes légères.

Symptômes : comment reconnaître un bronchospasme chez votre enfant ?

Les signes apparaissent généralement 2 à 5 jours après le début de l'infection, quand la phase de rhinite initiale laisse place à l'atteinte bronchique :

  • un sifflement audible à l'expiration (parfois perceptible à distance du lit)
  • une toux persistante, d'abord sèche puis grasse
  • une sensation de gêne dans la poitrine
  • un essoufflement, une respiration plus rapide que d'habitude
  • une fatigue ou une irritabilité inhabituelle
  • parfois une légère fièvre liée à l'infection sous-jacente.
Bon à savoir :

SIGNES D'ALARME : appelez le 15 ou rendez-vous aux urgences pédiatriques si : 

L'enfant a du mal à parler ou à pleurer entre deux respirations 
Vous voyez les muscles entre les côtes (tirage intercostal) ou à la base du cou se creuser à chaque inspiration 
Les lèvres ou le bout des doigts bleuissent (cyanose) 
La fréquence respiratoire est très rapide 
L'enfant refuse de boire ou ne peut pas se nourrir 
Le bronchodilatateur n'apporte aucune amélioration après plusieurs prises 

Diagnostic

Le médecin pose le diagnostic lors de la consultation en auscultant les poumons. Il évalue :

  • la saturation en oxygène
  • la fréquence respiratoire et les signes de lutte (tirage) ;
  • l'état général et le niveau d'hydratation de l'enfant ;
  • le contexte : âge, nombre d'épisodes antérieurs, terrain atopique, antécédents familiaux d'asthme.

Un examen complémentaire n'est pas souvent nécessaire pour le premier épisode non compliqué. Il peut cependant être recommandé de faire une radiographie pulmonaire si une pneumonie ou une atélectasie est suspectée.

Traitement : que faire à la maison et que prescrira le médecin ?

La technique d'inhalation : un point important

Chez l'enfant de moins de 4 ans, le bronchodilatateur fonctionne mieux avec une chambre d'inhalation munie d'un masque nez-bouche. Sans chambre d'inhalation, seul un très faible pourcentage du médicament atteint les bronches. Demandez au médecin ou au pharmacien de vous montrer la technique si nécessaire.

Antibiotiques : non, sauf surinfection

Le bronchospasme post-viral est causé par un virus. Les antibiotiques n'ont aucune efficacité sur les virus et leur prescription systématique est contre-productive (résistances, effets secondaires). Ils ne seront prescrits que dans certaines situations spécifiques, à l’appréciation du médecin.

Prévention

Il n'est pas toujours possible d'éviter les infections virales chez les jeunes enfants, surtout en collectivité. Mais certaines mesures réduisent la fréquence et la sévérité des épisodes :

Quand évoquer un asthme plutôt qu'un simple bronchospasme ?

Le bronchospasme post-viral est, par définition, lié à une infection virale et transitoire. Certains signes doivent conduire à évoquer un asthme de l'enfant (qui demande une prise en charge de fond) :

  • des épisodes de sifflements répétés, quelle que soit la cause déclenchante ;
  • sifflements déclenchés par l'effort, le rire ou le froid (sans infection associée) ;
  • toux nocturne chronique sans infection ;
  • antécédents familiaux (parents, fratrie) d'asthme ;
  • terrain atopique chez l'enfant (eczéma, allergie alimentaire prouvée, rhinite allergique) ;
  • bonne réponse aux bronchodilatateurs à chaque épisode (critère indirect d'hyperréactivité bronchique).

Bon à savoir : un épisode de bronchospasme post-viral chez l'enfant est traitable et réversible. Mais chaque épisode mérite d'être signalé à votre médecin : c'est lui qui appréciera si votre enfant relève d'un suivi spécialisé. Il n'est pas conseillé de modifier la dose du bronchodilatateur sans avis médical.

Les informations de cet article sont fondées sur les recommandations de la SP2A, de la HAS et de la SPLF. Elles ne remplacent pas la consultation d'un médecin, seul à même d'évaluer l'état de votre enfant. En cas de doute sur la gravité d'un épisode, appelez le 15 ou consultez en urgence.

Sources :

EN BREF

FAQ

Retrouvez ici les réponses aux questions que vous pourriez vous poser

Mon enfant a déjà eu deux épisodes. Doit-il être suivi par un spécialiste ?
+
Signalez systématiquement les épisodes à votre médecin traitant ou pédiatre, en précisant leur fréquence, leur durée, leurs déclencheurs et la réponse au traitement. Une consultation spécialisée est recommandée si les épisodes se répètent encore plus, pour envisager un traitement de fond de l'asthme du nourrisson.
La Ventoline peut-elle être donnée sans ordonnance en urgence ?
+
Le salbutamol (Ventoline) est un médicament sur ordonnance. Si votre enfant a déjà eu un épisode et que le médecin vous a prescrit un bronchodilatateur en cas de récidive, vous pouvez l'utiliser selon ses instructions. En l'absence d'ordonnance, consultez sans délai, si votre enfant est dans un état stable. En cas de détresse respiratoire, appelez le 15.
Peut-on utiliser un sirop contre la toux ?
+
Les antitussifs sont contre-indiqués chez les moins de 2 ans (ANSM) et déconseillés en cas de toux productive (qui ramène des sécrétions) à tout âge. La toux est un mécanisme de défense utile qui nettoie les bronches. Quelques-unes des mesures efficaces pour aider : bien hydrater l'enfant, lever la tête du lit légèrement, et désencombrer le nez avec du sérum physiologique.
Le tabagisme à la maison aggrave-t-il les épisodes ?
+
Oui, de façon très significative. Le tabagisme passif est l'un des facteurs aggravants chez l'enfant asthmatique ou en bronchospasme. La fumée irrite les muqueuses bronchiques, augmente l'hyperréactivité et multiplie la fréquence des épisodes. L'arrêt total du tabac à l'intérieur du domicile (et idéalement dans la voiture) est une mesure thérapeutique à part entière.
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