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L’anorexie infantile est définie comme un trouble du comportement alimentaire du jeune enfant, apparaissant le plus souvent entre 6 mois et 6 ans. Elle se manifeste par un refus persistant de s’alimenter ou une restriction alimentaire marquée, sans cause organique évidente initialement.
Contrairement à l’anorexie mentale, l’enfant ne présente pas de préoccupation concernant son poids ou son corps. Le trouble est davantage centré sur le rapport à la nourriture, au moment du repas, et sur les interactions avec l’adulte nourricier.
Chez le nourrisson, on parle parfois d’anorexie du bébé, notamment lorsque les troubles alimentaires apparaissent lors de la diversification ou après un épisode médical (reflux, allergie, hospitalisation).
Il est fondamental de distinguer l’anorexie infantile d’un refus alimentaire transitoire. De nombreux enfants traversent des phases normales de sélectivité alimentaire, notamment entre 2 et 5 ans. Ces phases sont généralement fluctuantes, sans impact majeur sur la croissance staturo-pondérale.
L’anorexie infantile se différencie par :
Lorsque la croissance est altérée ou que les repas deviennent systématiquement conflictuels, un avis médical est indispensable.
Les facteurs psychologiques jouent un rôle important. L’anorexie infantile peut s’inscrire dans un contexte :
Le repas devient alors un espace d’expression du mal-être de l’enfant.
Certains enfants utilisent le refus alimentaire comme un moyen de contrôle, notamment lorsqu’ils éprouvent des difficultés à verbaliser leurs émotions. Ce mécanisme est inconscient et ne relève pas d’une opposition volontaire.
La dynamique familiale est déterminante. Certains facteurs peuvent renforcer le trouble :
Les changements de routine (entrée en crèche, déménagement, naissance d’un autre enfant) sont également des facteurs déclenchants fréquents. Dans certains cas, l’alimentation devient un enjeu relationnel majeur, au détriment du plaisir de manger.
Avant de poser un diagnostic d’anorexie infantile, il est impératif d’éliminer une cause médicale. Le reflux gastro-œsophagien, les troubles digestifs chroniques ou une allergie aux protéines du lait de vache (APLV) peuvent provoquer une douleur associée à l’alimentation, entraînant un refus secondaire de manger.
Ces causes doivent être systématiquement recherchées par un professionnel de santé.
Le premier interlocuteur est le médecin traitant ou le pédiatre. Il est possible de consulter un pédiatre en ligne, notamment pour :
La téléconsultation permet également de rassurer les parents et d’orienter rapidement vers une prise en charge adaptée.
Selon la situation, plusieurs professionnels peuvent être impliqués :
L’approche est pluridisciplinaire, centrée sur l’enfant mais aussi sur la relation parents-enfant.
Il est indispensable de différencier l’anorexie infantile de l’anorexie mentale, dont les mécanismes et la prise en charge sont différents, ainsi que des autres troubles du comportement alimentaire.
La prise en charge repose sur plusieurs axes : médical, nutritionnel et psychologique. L’objectif n’est pas de forcer l’enfant à manger, mais de restaurer une relation sereine à l’alimentation, sans pression ni conflit.
Le suivi de la croissance est primordial. Une surveillance régulière du poids et de la taille permet d’évaluer l’efficacité de la prise en charge et d’adapter les interventions.
L’anorexie infantile est un trouble complexe, souvent mal compris, car il se situe à la frontière entre le somatique, le psychologique et le relationnel. Dans notre pratique, nous rappelons toujours aux parents que l’enfant ne « choisit » pas de ne pas manger. Son refus alimentaire est l’expression d’un malaise, parfois discret, parfois profond, qu’il ne peut pas verbaliser autrement.
Le premier enjeu médical est d’éliminer une cause organique : reflux, allergie alimentaire, trouble digestif chronique. Cette étape est indispensable, car une douleur associée à l’alimentation peut conditionner durablement le comportement alimentaire de l’enfant. Une fois ces causes éliminées, l’anorexie infantile doit être abordée comme un trouble relationnel autour de l’alimentation, et non comme une opposition volontaire.
La pression exercée autour des repas est souvent contre-productive. Forcer un enfant à manger renforce l’angoisse, rigidifie le trouble et aggrave le conflit familial. L’objectif thérapeutique est de restaurer un climat sécurisant, de redonner à l’enfant le contrôle de ses sensations alimentaires, tout en garantissant un apport nutritionnel suffisant pour la croissance.
La téléconsultation est particulièrement utile dans ce contexte. Elle permet un premier temps d’écoute, une analyse de la courbe de croissance, une évaluation du contexte familial et un accompagnement des parents. Elle facilite également l’orientation vers des professionnels spécialisés lorsque cela est nécessaire. Une prise en charge précoce, bienveillante et coordonnée permet dans la majorité des cas une évolution favorable, sans séquelles à long terme sur la santé de l’enfant.
SOURCES :
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