Anorexie infantile : comprendre ce trouble alimentaire chez l’enfant

Anorexie infantile : comprendre ce trouble alimentaire chez l’enfant

Anorexie infantile : comprendre ce trouble alimentaire chez l’enfant
L’anorexie infantile est un trouble du comportement alimentaire qui touche le jeune enfant, souvent avant l’âge de 6 ans. Contrairement à l’anorexie mentale de l’adolescent ou de l’adulte, elle ne repose pas sur une peur de grossir ou une altération de l’image corporelle, mais sur une perturbation précoce de la relation à l’alimentation, parfois en lien avec des facteurs psychologiques, relationnels ou médicaux.
En bref
L’anorexie infantile est un trouble alimentaire du jeune enfant, caractérisé par un refus durable de s’alimenter, sans motivation liée au poids ou à l’apparence. Elle peut entraîner un ralentissement de la croissance et nécessite une évaluation médicale et psychologique précoce.

Qu’est-ce que l’anorexie infantile ?

Définition et âge concerné

L’anorexie infantile est définie comme un trouble du comportement alimentaire du jeune enfant, apparaissant le plus souvent entre 6 mois et 6 ans. Elle se manifeste par un refus persistant de s’alimenter ou une restriction alimentaire marquée, sans cause organique évidente initialement.

Contrairement à l’anorexie mentale, l’enfant ne présente pas de préoccupation concernant son poids ou son corps. Le trouble est davantage centré sur le rapport à la nourriture, au moment du repas, et sur les interactions avec l’adulte nourricier.

Chez le nourrisson, on parle parfois d’anorexie du bébé, notamment lorsque les troubles alimentaires apparaissent lors de la diversification ou après un épisode médical (reflux, allergie, hospitalisation).

Anorexie infantile ou simple difficulté alimentaire ?

Il est fondamental de distinguer l’anorexie infantile d’un refus alimentaire transitoire. De nombreux enfants traversent des phases normales de sélectivité alimentaire, notamment entre 2 et 5 ans. Ces phases sont généralement fluctuantes, sans impact majeur sur la croissance staturo-pondérale.

L’anorexie infantile se différencie par :

  • la durée du refus alimentaire,
  • la pauvreté progressive du régime alimentaire,
  • le retentissement sur la courbe de poids et de taille,
  • la tension importante autour des repas.

Lorsque la croissance est altérée ou que les repas deviennent systématiquement conflictuels, un avis médical est indispensable.

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Consultez un médecin en ligne pour comprendre s’il s’agit d’une anorexie infantile.
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Quelles sont les causes possibles de l’anorexie infantile ?

Facteurs psychologiques

Les facteurs psychologiques jouent un rôle important. L’anorexie infantile peut s’inscrire dans un contexte :

  • d’anxiété de séparation,  
  • de difficultés d’autonomie,  
  • de régulation émotionnelle.  

Le repas devient alors un espace d’expression du mal-être de l’enfant.

Certains enfants utilisent le refus alimentaire comme un moyen de contrôle, notamment lorsqu’ils éprouvent des difficultés à verbaliser leurs émotions. Ce mécanisme est inconscient et ne relève pas d’une opposition volontaire.

Facteurs familiaux et environnementaux

La dynamique familiale est déterminante. Certains facteurs peuvent renforcer le trouble :

  • des tensions répétées autour des repas,  
  • une inquiétude parentale excessive,  
  • des injonctions à manger ou des rapports de force.  

Les changements de routine (entrée en crèche, déménagement, naissance d’un autre enfant) sont également des facteurs déclenchants fréquents. Dans certains cas, l’alimentation devient un enjeu relationnel majeur, au détriment du plaisir de manger.

Causes médicales à éliminer en priorité

Avant de poser un diagnostic d’anorexie infantile, il est impératif d’éliminer une cause médicale. Le reflux gastro-œsophagien, les troubles digestifs chroniques ou une allergie aux protéines du lait de vache (APLV) peuvent provoquer une douleur associée à l’alimentation, entraînant un refus secondaire de manger.

Ces causes doivent être systématiquement recherchées par un professionnel de santé.

Quels sont les signes d’alerte chez l’enfant ?

  • Signes alimentaires : l’enfant présente un refus répété de manger, une sélectivité extrême ou des quantités très faibles. Il peut rejeter certaines textures ou aliments essentiels, notamment les protéines ou les produits laitiers.
  • Signes physiques : la stagnation ou la perte de poids est un signe d’alerte important. La courbe de croissance montre un ralentissement de la prise de poids, voire un décrochage. L’enfant peut également présenter une fatigue inhabituelle, une pâleur ou une diminution de son niveau d’activité.
  • Signes comportementaux : les repas deviennent sources de conflits. L’enfant peut se montrer irritable, anxieux ou opposant au moment de manger. Il anticipe parfois le repas avec angoisse, ce qui renforce le cercle vicieux du refus alimentaire.
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Quand consulter et vers qui se tourner ?

Premier avis médical

Le premier interlocuteur est le médecin traitant ou le pédiatre. Il est possible de consulter un pédiatre en ligne, notamment pour :

  • une première évaluation,  
  • l’analyse de la croissance,  
  • l’élimination d’une cause organique.

La téléconsultation permet également de rassurer les parents et d’orienter rapidement vers une prise en charge adaptée.

Spécialistes impliqués

Selon la situation, plusieurs professionnels peuvent être impliqués :  

  • pédopsychiatre,  

L’approche est pluridisciplinaire, centrée sur l’enfant mais aussi sur la relation parents-enfant.

Il est indispensable de différencier l’anorexie infantile de l’anorexie mentale, dont les mécanismes et la prise en charge sont différents, ainsi que des autres troubles du comportement alimentaire.

Prise en charge et accompagnement

La prise en charge repose sur plusieurs axes : médical, nutritionnel et psychologique. L’objectif n’est pas de forcer l’enfant à manger, mais de restaurer une relation sereine à l’alimentation, sans pression ni conflit.

Le suivi de la croissance est primordial. Une surveillance régulière du poids et de la taille permet d’évaluer l’efficacité de la prise en charge et d’adapter les interventions.

Vous êtes inquiet face au comportement alimentaire de votre enfant ?
Un médecin peut vous guider et vous orienter vers une prise en charge adaptée.

L’avis des experts de MédecinDirect

L’anorexie infantile est un trouble complexe, souvent mal compris, car il se situe à la frontière entre le somatique, le psychologique et le relationnel. Dans notre pratique, nous rappelons toujours aux parents que l’enfant ne « choisit » pas de ne pas manger. Son refus alimentaire est l’expression d’un malaise, parfois discret, parfois profond, qu’il ne peut pas verbaliser autrement.

Le premier enjeu médical est d’éliminer une cause organique : reflux, allergie alimentaire, trouble digestif chronique. Cette étape est indispensable, car une douleur associée à l’alimentation peut conditionner durablement le comportement alimentaire de l’enfant. Une fois ces causes éliminées, l’anorexie infantile doit être abordée comme un trouble relationnel autour de l’alimentation, et non comme une opposition volontaire.

La pression exercée autour des repas est souvent contre-productive. Forcer un enfant à manger renforce l’angoisse, rigidifie le trouble et aggrave le conflit familial. L’objectif thérapeutique est de restaurer un climat sécurisant, de redonner à l’enfant le contrôle de ses sensations alimentaires, tout en garantissant un apport nutritionnel suffisant pour la croissance.

La téléconsultation est particulièrement utile dans ce contexte. Elle permet un premier temps d’écoute, une analyse de la courbe de croissance, une évaluation du contexte familial et un accompagnement des parents. Elle facilite également l’orientation vers des professionnels spécialisés lorsque cela est nécessaire. Une prise en charge précoce, bienveillante et coordonnée permet dans la majorité des cas une évolution favorable, sans séquelles à long terme sur la santé de l’enfant.

SOURCES :

EN BREF
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