Apnée du sommeil : comment la détecter et la traiter ?

Apnée du sommeil : comment la détecter et la traiter ?

Apnée du sommeil, la soigner et la traiter
Se sentir fatigué au quotidien, ronfler ou avoir du mal à respirer pendant son sommeil peuvent être les symptômes d'un syndrome d'apnée du sommeil (SAS). Jusqu’à 5 % de la population générale serait concernée, et presque une personne hypertendue sur deux. Souvent méconnu, le SAS doit être diagnostiqué le plus rapidement possible en raison du danger cardio-respiratoire, mais aussi des répercussions psychologiques, sociales et professionnelles. Le médecin traitant ou le pneumologue peuvent proposer des traitements adaptés en fonction de chacun.
En bref
L’apnée du sommeil est un trouble fréquent caractérisé par des arrêts répétés de la respiration pendant le sommeil, entraînant fatigue, somnolence diurne et risques cardiovasculaires. Souvent sous-diagnostiquée, elle se manifeste par des ronflements, des pauses respiratoires nocturnes et un sommeil non réparateur. Le diagnostic repose sur des examens du sommeil comme la polysomnographie. Des traitements efficaces existent, notamment la pression positive continue, les orthèses dentaires et les mesures hygiéno-diététiques. Une prise en charge précoce améliore significativement la qualité de vie et réduit les complications.

Qu'est-ce que le syndrome de l'apnée du sommeil ?

On parle de syndrome d'apnée du sommeil lorsqu'il existe de nombreuses apnées pendant le sommeil qui s'accompagnent de symptômes pendant la nuit et le jour. Il faut plus de 5 apnées (pause respiratoire complète pendant au moins 10 secondes) ou hypopnée (diminution de l’amplitude de la respiration avec lutte pour respirer) par heure de sommeil, et certains symptômes pour faire le diagnostic :

  • Une somnolence importante pendant la journée qui n'est pas expliquée par une autre cause comme un sommeil insuffisant, la prise de médicaments ou une dépression.
  • Un ronflement sévère et quotidien avec une sensation d'étouffement ou de suffocation pendant le sommeil.
  • Des réveils répétés et un sommeil qui n'est pas réparateur.
  • Des difficultés de concentration dans la journée.
  • Dans certains cas une nycturie, c'est-à-dire plusieurs réveils pour uriner la nuit.

Plus le nombre d'apnées ou d'hypopnées par heure est important, et plus la maladie est sévère. Le traitement dépend de l'intensité :

  • Légère entre 5 et 15 apnées-hypopnées par heure
  • Modérée entre 15 et 30 apnées-hypopnées par heure
  • Sévère au-delà de 30 apnées-hypopnées par heure.
Ronflements, fatigue au réveil, somnolence en journée ?
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Les causes du syndrome d'apnée du sommeil

Les apnées pendant le sommeil peuvent être déclenchées par :

  • Un problème de commande nerveuse des muscles respiratoires. On parle alors d'apnée centrale.
  • Un blocage de l'air par un obstacle au fond de la gorge. On parle alors d'apnée obstructive.

De nombreuses causes peuvent être à l'origine d'un syndrome d’apnée du sommeil (SAS) à n'importe quel âge :

  • Un visage mince et étroit avec un rétrécissement de la gorge
  • Des amygdales volumineuses en cas de prise de poids
  • L’âge avancé qui diminue la tonicité du fond de la gorge
  • Le surpoids et l'obésité qui rétrécissent les voies respiratoires
  • Un problème au niveau du cerveau dans le contrôle de la respiration (accident vasculaire cérébral, cancer, traumatisme, etc.)
  • La prise de certaines drogues ou de médicaments à base de morphine
  • Une insuffisance cardiaque ou rénale

Même si le SAS concerne les femmes et les hommes, ces derniers, du fait de la répartition de leur graisse dans le haut du corps, sont plus touchés par la maladie.

Faire le diagnostic du syndrome d'apnée du sommeil

Diagnostiquer le plus tôt possible le SAS est très important pour sa prise en charge par la suite. Le médecin traitant, le médecin spécialiste du sommeil ou le pneumologue peuvent proposer des examens spécialisés :

  • Un examen polygraphique ventilatoire qui enregistre les mouvements respiratoires, la fréquence cardiaque, le taux d'oxygène dans le sang, la position du corps et les ronflements. En cas d'examen négatif, il faut compléter avec un enregistrement du sommeil (examen polysomnographique).
  • Un enregistrement polysomnographique réalisé dans un laboratoire d'exploration du sommeil. Il permet d'analyser les activités du cerveau, des yeux, des muscles et de la respiration. Il est très utile pour différencier les apnées obstructives des apnées centrales

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Un traitement pour le syndrome d'apnée du sommeil ?

De nombreuses techniques de traitement mécanique par des appareils de respiration ou des appareils dentaires correcteurs (orthèses) sont apparues ces dernières années :

  • Le traitement par ventilation à pression positive continue (PPC). C’est actuellement le traitement de référence. Il s’agit d’une machine qui propulse de l'air ambiant sous pression par l'intermédiaire de masques au niveau du nez (masque nasal), au niveau de la bouche et du nez (masque facial / oro-nasal) ou encore au travers de coussinets nasaux (petits embouts dans les narines). La pression de l'air empêche les voies respiratoires de se fermer. Cela réduit les micro-réveils, rétablit une meilleure oxygénation et améliore la qualité du sommeil.
  • Le traitement par orthèses d'avancée mandibulaire. Il s'adresse surtout aux personnes ayant des symptômes moins sévères et sans surpoids important. Cet appareil dentaire en haut et en bas, fait sur mesure, permet d'avancer la mâchoire inférieure pour dégager le fond de la gorge et ouvrir les voies aériennes
  • Le traitement chirurgical pour enlever l'obstacle. Réservé à certains cas particuliers, il permet d'avancer la mâchoire pour ouvrir le passage de l'air au fond de la gorge.

La mise en place d'un traitement par ventilation à pression positive continue (PPC) nécessite une adaptation parfois difficile pendant les premiers mois. Pourtant, son efficacité dépend directement du nombre d'heures d'utilisation, y compris pendant les siestes. Certaines solutions existent pour aider à mieux dormir avec cette machine qui peut faire du bruit ou être gênante :

  • consulter le médecin avec ses proches pour une meilleure compréhension des enjeux de la maladie et de la machine ;
  • bien connaître le fonctionnement de la machine, y compris pour son entretien ou lors d'un déplacement ;
  • prendre le temps d'apprivoiser la machine de façon progressive en augmentant la durée d'utilisation sur plusieurs semaines ;
  • suivre ses progrès au jour le jour pour encourager son utilisation ;
  • ne pas hésiter à changer de matériel en cas d'inconfort.

Dès 4 heures d'utilisation par jour, on constate déjà une diminution de la tension artérielle. Les troubles de la concentration et de la mémoire s'améliorent en général après 6h d'utilisation. Au-delà c'est le bien-être, la somnolence et la fatigue quotidienne qui se normalisent. L'utilisation de la machine à PPC conditionne tellement le succès du traitement, qu’il ne faut pas hésiter à demander toutes les informations sur son fonctionnement à son médecin.

Adapter son hygiène de vie en cas de syndrome d'apnée du sommeil

Peu importe l'intensité de la maladie, certaines habitudes doivent être changées pour ne pas aggraver les symptômes, il est bon d'éviter :

  • les repas copieux le soir qui peuvent altérer la qualité du sommeil
  • le manque de sommeil car cela peut aggraver la somnolence pendant la journée
  • de prendre des somnifères, comme les benzodiazépines, et de l'alcool qui peuvent agir directement sur la respiration et augmenter les apnées ou les hypopnées
  • de dormir sur le dos mais préférer une position sur le côté. Coudre une balle de tennis sur le dos de la veste du pyjama peut aider à maintenir une position stable pendant toute la nuit

Il est aussi conseillé de consulter au plus tôt en cas de rhume ou de nez bouché pour dégager les voies respiratoires supérieures. Et on note que changer ses habitudes en plus du traitement peut aider à réduire considérablement les apnées et les hypopnées - et donc la somnolence et la fatigue pendant la journée.

Apnée du sommeil : un trouble fréquent mais sous-diagnostiqué.
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Les maladies associées au syndrome d'apnée du sommeil

Le SAS est une maladie particulièrement fréquente dans les pays industrialisés. Certaines maladies peuvent aussi favoriser son apparition ou aggraver les symptômes :

  • Le tabac, l'alcool
  • Le diabète, hypothyroïdie
  • La dépression

La prise de poids et l'obésité favorisent ou aggravent le SAS. Perdre du poids ou éviter d'en prendre permet de réduire significativement les symptômes. Dans les cas d'obésité sévère, il est possible de faire appel à la chirurgie bariatrique. Finalement, le SAS diminue significativement l'espérance de vie et la qualité de vie.  

C'est pourquoi il ne faut pas hésiter à consulter son médecin rapidement en cas :  

  • de somnolence pendant la journée,  
  • de difficultés à respirer la nuit,  
  • ou de ronflements importants

Peut-on prévenir le syndrome d'apnée du sommeil ?

Le SAS étant déclenché ou aggravé par certaines maladies, il est important d'avoir une bonne hygiène de vie globale en évitant le surpoids et obésité. Adopter une alimentation équilibrée et pratiquer une activité physique régulière sont des mesures de prévention efficaces. On peut aussi y associer :

  • Une surélévation de la tête du lit de quelques centimètres pour incliner le cou pendant la nuit afin d'ouvrir les voies respiratoires
  • Éviter le tabac, les somnifères et l'alcool
  • Soigner ses allergies avec son médecin traitant ou son allergologue
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L’avis des experts de MédecinDirect

L’apnée du sommeil est un trouble fréquent, encore trop souvent sous-diagnostiqué, alors qu’il peut avoir des conséquences importantes sur la santé à court et long terme. Les pauses respiratoires répétées pendant le sommeil entraînent une mauvaise oxygénation de l’organisme et un sommeil non réparateur, même si le patient n’en a pas toujours conscience. Fatigue persistante, somnolence diurne, troubles de la concentration ou irritabilité doivent alerter. À long terme, une apnée du sommeil non traitée augmente le risque d’hypertension artérielle, de maladies cardiovasculaires, de diabète et d’accidents de la route. Heureusement, des solutions efficaces existent : mesures hygiéno-diététiques, orthèses d’avancée mandibulaire ou traitement par pression positive continue (PPC), selon la sévérité.

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