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Le 15 février 2020, lors de la conférence de sécurité de Munich, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, nommait le phénomène : « Nous ne combattons pas seulement une épidémie ; nous luttons aussi contre une infodémie. Les informations fausses se propagent plus vite et plus facilement que ce virus, et elles sont tout aussi dangereuses. »
L'infodémie ne s'est pas arrêtée avec le Covid. Une mauvaise information médicale n'est pas qu'une curiosité intellectuelle. C'est :
Une étude publiée dans Science (Vosoughi, Roy et Aral, 2018) a montré que les fausses nouvelles se diffusent six fois plus rapidement que les vraies sur les réseaux sociaux et les algorithmes n'arrangent pas les choses. Néanmoins, ce n'est pas une raison pour fuir internet ; c'est une raison pour y naviguer mieux.
C'est l’une des premières questions à se poser. Sur un site sérieux, l'auteur est nommé (ou du moins, la direction/le service en charge de la rédaction est identifié), sa profession est indiquée, et souvent un comité de relecture médical est mentionné. Si vous ne trouvez aucune information sur qui a écrit l'article (ni nom, ni qualification, ni institution/comité), c'est généralement un mauvais signal.
Un article qui avance des chiffres ou des recommandations médicales sans citer ses sources, c'est comme une carte sans légende. Les bonnes sources en santé : études publiées dans des revues à comité de lecture, recommandations de la HAS, publications de l'OMS, de l'ANSM, de l'Inserm. La mention « selon des études » sans préciser lesquelles est un autre signal d'alerte.
La médecine évolue. Une recommandation de 2015 peut avoir été révisée. La date de publication (et idéalement la date de dernière mise à jour) doit être visible. Un article sans date, c'est une information sans contexte.
Les deux extrêmes devraient vous alerter. L'information médicale sérieuse est nuancée. Elle dit « dans la plupart des cas », « consultez un médecin si ». Les formulations émotionnellement chargées comme « ce que les médecins ne vous disent pas », « miracle », « danger mortel » exploitent la peur ou l'espoir pour capter l'attention, pas pour informer honnêtement.
Un article qui recommande systématiquement un produit dont l'auteur a un intérêt commercial direct est un contenu publicitaire, pas une information médicale (même s'il est bien rédigé). Les intérêts financiers doivent être déclarés : les sites sérieux l'indiquent dans leurs mentions légales.
Si une affirmation contredit les recommandations des grandes institutions de santé françaises ou internationales (HAS, OMS, ANSM, Inserm), elle mérite une grande prudence. Le consensus scientifique peut évoluer, mais il évolue lentement, par accumulation de preuves.
D’autres sites spécialisés dans du contenu médical sérieux existent (MédecinDirect par exemple), même s’ils ne sont pas institutionnels.
Les forums patients donnent la parole aux personnes qui vivent une situation médicale. Ils ont une vraie valeur de solidarité et d'expérience partagée. Mais ils ne sont pas des sources médicales. Un témoignage personnel, même sincère, n'est pas une donnée clinique.
À retenir : lisez les forums pour vous sentir moins seul, pas pour décider d'un traitement par exemple.
Certains médecins effectuent un travail remarquable de vulgarisation sur TikTok, Instagram ou YouTube. Les réseaux sociaux peuvent donc être une première étape pour s’informer. Toutefois, ne perdez pas à l’esprit qu’il s’agit d’un contenu généraliste qui ne s’apparente pas à un avis médical sur la situation que vous pouvez traverser. Assurez-vous toujours de la légitimité du contenu.
ChatGPT, Gemini, Claude et leurs équivalents peuvent être utiles pour comprendre un terme médical, résumer un document, ou préparer des questions pour une consultation. Toutefois, ils ne remplacent pas un diagnostic médical. Ces outils peuvent se tromper, présenter des informations périmées avec l'assurance d'une vérité absolue et, surtout, ne connaissent pas votre situation personnelle.
Une information présente sur un seul site et nulle part ailleurs mérite une vérification croisée
Si vous lisez une information médicale qui vous surprend ou vous préoccupe, vérifiez-la sur au moins trois sources indépendantes, idéalement des sources institutionnelles. Si l'information est vraie et importante, elle sera confirmée. Si vous ne la trouvez que sur un seul site, soyez prudent.
Internet est formidable pour s'informer. Il ne remplace cependant pas un médecin. Il vous est recommandé de consulter si :
Il n'existe aucun jugement à avoir besoin d'un avis médical après avoir cherché sur internet. La recherche en ligne et la consultation médicale sont complémentaires, pas concurrentes. La première aide à formuler les bonnes questions et la seconde aide à y répondre réellement.
Cet article est rédigé à titre informatif. Si une information lue en ligne vous préoccupe concernant votre santé, parlez-en à un professionnel de santé.
Sources :
1. OMS – Aplatissons la courbe de l'infodémie (2020)
2. Action Santé Mondiale – Comment mettre fin à l'infodémie
3. HAS – La certification des sites Internet santé
4. ansm.sante.fr – Agence nationale de sécurité du médicament
5. inserm.fr – Institut national de la santé et de la recherche médicale
6. Conseil national de l'Ordre des médecins – Annuaire médecins
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