Que va t-il se passer si j’ai une image anormale en mammo ?

Que va t-il se passer si j’ai une image anormale en mammo ?

Que faire en cas d'image anormale en mammographie ?
Chaque année, des milliers de femmes participent au dépistage du cancer du sein grâce à la mammographie. Parfois, le compte rendu peut mentionner une image suspecte ou anormale. Cette information peut être déstabilisante, car elle suscite immédiatement l’inquiétude d’un diagnostic de cancer. Pourtant, dans la grande majorité des cas, ces anomalies ne correspondent pas à un cancer, mais à des images bénignes qui nécessitent simplement une vérification. Alors, que se passe-t-il concrètement après une mammographie anormale ? Voici un guide clair pour comprendre les prochaines étapes.
En bref

Que signifie une « image anormale » en mammographie ?

La mammographie, couplée à un examen clinique, est de plus en plus fiable et permet de suspecter certaines anomalies, qu'elles soient bénignes ou malignes. En fonction du diagnostic et de l'âge, il existe deux attitudes :

1. Aspect bénin confirmé souvent par l'examen clinique

Dans la grande majorité des cas, une échographie complémentaire sera réalisée pour confirmer non seulement l'impression première, mais aussi pour permettre de déterminer si l'anomalie visualisée est de type liquidien (kyste) ou solide, pouvant entrer dans le cadre le plus fréquent des fibroadénomes. C'est dans ce dernier cas que l'âge intervient.  

Si la femme a moins de 35 ans, a priori le diagnostic est quasi certain et on se contentera d'un contrôle à distance (sauf en cas d'augmentation de taille rapide ou importante). Il n'en est pas de même si la femme a plus de 40 ans et sans notion dans les antécédents de cette boule (ce qui veut dire qu'elle n'était pas connue). Dans ce cas, on fera un contrôle plus rapproché (4 à 6 mois) pour confirmer l'aspect et la stabilité de cette image.

 2. Aspect ambigu (difficile à déterminer) ou suspect

Dans ce cas, l'attitude est tout à fait différente, surtout si confirmée par l'examen clinique et/ou l'échographie. Dans ce cas, il faudra passer alors à la biopsie qui peut être : une micro-biopsie ou une macro-biopsie. Ces deux méthodes permettent de confirmer le diagnostic de bénignité ou de malignité. En effet, les cellules retirées et analysées seront la certitude du diagnostic.

L'avantage de la macro-biopsie (qui est plus impressionnante que douloureuse), pratiquée en ambulatoire (ce qui veut dire sans hospitalisation ou effets secondaires) et sous anesthésie locale, est son extrême fiabilité. Elle permet par ailleurs de laisser un repère métallique qui pourra :

  • en cas de bénignité : déterminer sur les contrôles mammographiques suivants que l'image est bénigne
  • en cas de malignité : laisser un repère au chirurgien ou au radiothérapeute
Bon à savoir : fort heureusement, les calcifications dans les seins sont souvent bénignes (dans 7 cas sur 10) et présentent des caractéristiques bien spécifiques. Mais en cas de doute, elles peuvent faire l'objet d'une biopsie.

Les différents types d’anomalies

Une mammographie peut révéler différents types d’anomalies :

  • Microcalcifications : petits dépôts de calcium, souvent bénins mais parfois associés à des lésions précancéreuses.
  • Nodules ou masses : zones plus denses dans le sein, pouvant correspondre à un kyste, un fibro-adénome (lésion bénigne) ou plus rarement à une tumeur maligne.
  • Asymétries : différence de densité entre les deux seins.
  • Anomalies architecturales : modification de la structure du tissu mammaire.
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Quelles sont les étapes après une mammographie anormale ?

1. Une deuxième lecture (dans le cadre du dépistage organisé)

En France, dans le cadre du dépistage organisé du cancer du sein (50-74 ans), toutes les mammographies sont relues par deux radiologues.

  • Si les deux avis concordent et ne trouvent rien d’inquiétant → vous recevez directement un résultat rassurant.
  • Si un doute persiste → vous serez contactée pour réaliser des examens complémentaires.

2. Des examens complémentaires

Le médecin peut prescrire :

  • Une échographie mammaire : pour analyser plus finement l’anomalie détectée.
  • Des clichés supplémentaires ciblés : pour mieux visualiser la zone suspecte.
  • Une IRM mammaire : dans certains cas particuliers (sein dense, doute persistant, haut risque familial).

3. Une biopsie si nécessaire

Si l’imagerie ne permet pas de conclure avec certitude, une biopsie mammaire sera réalisée. Cet examen consiste à prélever un petit fragment de tissu sous anesthésie locale, afin d’analyser les cellules au microscope.

Délais et organisation

La convocation pour examens complémentaires arrive généralement dans les 15 jours qui suivent l’anomalie détectée. Ce délai rapide permet de limiter l’attente et l’anxiété.

Les résultats d’échographie et de mammographie complémentaire sont souvent communiqués immédiatement, tandis que ceux de la biopsie nécessitent quelques jours supplémentaires.

Comment gérer l’attente et l’inquiétude ?

Recevoir un courrier ou un appel à la suite d’une mammographie peut être très anxiogène. Pourtant :

  • Dans 80 % des cas, les examens complémentaires montrent une lésion bénigne.
  • Être rappelée ne signifie pas que vous êtes malade, mais que le radiologue veut être prudent et précis.
  • Vous pouvez demander à être accompagnée par un proche lors de vos examens.
  • En cas de forte anxiété, parlez-en à votre médecin traitant ou à un professionnel de santé : être soutenu×e est important.

L’avis des experts de MédecinDirect

Quand une patiente est rappelée après une mammographie, elle pense souvent immédiatement au pire. Mais dans la majorité des cas, il s’agit de simples images bénignes qu’il faut vérifier. Le rôle des médecins est de rassurer tout en restant vigilants. Les examens complémentaires sont rapides, indolores et indispensables pour lever le doute. Et si une anomalie suspecte est confirmée, la prise en charge est beaucoup plus efficace lorsqu’elle est précoce.

EN BREF
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