Adénomyose : douleurs, ventre gonflé et prise en charge

Adénomyose : douleurs, ventre gonflé et prise en charge

L’adénomyose est une maladie gynécologique encore insuffisamment connue. L’adénomyose est le plus souvent diagnostiquée chez des femmes âgées de 30 à 40 ans, mais elle peut également être observée chez des femmes plus jeunes, notamment depuis l’amélioration des techniques d’imagerie. Longtemps confondue avec l’endométriose ou les fibromes utérins, cette pathologie utérine peut provoquer des douleurs pelviennes importantes, des règles abondantes et prolongées, ainsi qu’un ventre gonflé parfois très marqué. Certaines femmes décrivent une sensation d’utérus « lourd » ou un abdomen distendu, parfois comparable à un début de grossesse en période menstruelle. Derrière ces symptômes se cache un mécanisme précis que nous allons décrypter.
En bref
L’adénomyose est une maladie chronique de l’utérus caractérisée par la présence anormale du tissu endométrial dans le muscle utérin. Elle provoque des règles abondantes, des douleurs pelviennes intenses et un ventre gonflé lié à l’augmentation du volume utérin et à l’inflammation. Le diagnostic repose sur l’échographie ou l’IRM pelvienne. Les traitements hormonaux permettent fréquemment d’améliorer les symptômes, mais leur efficacité varie selon les situations, avec des options interventionnelles dans les formes sévères. Un avis gynécologique, y compris en téléconsultation, aide à adapter la prise en charge.

Qu’est-ce que l’adénomyose ?

Définition

L’adénomyose correspond à la présence anormale de tissu endométrial (la muqueuse utérine appelée endomètre, qui tapisse normalement l’intérieur de l’utérus) à l’intérieur du myomètre, c’est-à-dire la paroi musculaire de l’utérus.

Autrement dit, des cellules endométriales se retrouvent anormalement au sein du muscle utérin, selon des mécanismes encore partiellement élucidés. À chaque cycle menstruel, ce tissu infiltré réagit aux hormones, provoque une inflammation locale et entraîne un épaississement progressif de la paroi utérine.

On parle d’adénomyose utérine chronique car cette infiltration est durable et peut évoluer au fil des années. Il existe :

l’adénomyose diffuse, où l’atteinte concerne une grande partie du myomètre ;

l’adénomyose focale, où les lésions sont localisées.

Quelle est la différence entre l’endométriose et l’adénomyose ?

La différence entre endométriose et adénomyose tient principalement à la localisation.

Adénomyose Endométriose
Tissu endométrial infiltré dans le myomètre Tissu endométrial situé en dehors de l'utérus
Atteinte exclusivement utérine Peut toucher ovaires, intestin, ligaments
Utérus souvent augmenté de volume Lésions multiples extra-utérines

On parle parfois d’endométriose interne pour désigner l’adénomyose. Les deux maladies peuvent coexister chez certaines femmes atteintes et les symptômes peuvent être entremêlés.

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Les symptômes principaux de l’adénomyose

Douleurs pelviennes et menstruelle

Les symptômes de l’adénomyose les plus fréquents sont :

des règles abondantes prolongées (ménorragies),

des douleurs menstruelles intenses,

une sensation de pesanteur pelvienne,

des douleurs pendant les rapports sexuels.

La douleur est liée à l’inflammation chronique provoquée par la présence anormale de tissu endométrial dans le muscle utérin. L’utérus devient plus épais, plus contractile et plus sensible.

Certaines femmes décrivent une douleur qui irradie vers le bas du dos ou les cuisses.

Autres symptômes possibles

L’adénomyose peut également entraîner :

- une fatigue chronique (liée aux saignements abondants),

- une anémie,

- une sensation de pression pelvienne,

- des symptômes digestifs peuvent être associés, notamment en cas de coexistence avec une endométriose.

- des saignements entre les règles (métrorragies)

Il est important de rappeler que l’adénomyose est une pathologie bénigne, mais ses symptômes peuvent être particulièrement invalidants.

Adénomyose et ventre gonflé : pourquoi ce symptôme ?

Le ventre gonflé est l’un des symptômes les plus perturbants pour les femmes atteintes.

Les mécanismes en cause

Deux phénomènes principaux expliquent ce gonflement :

Augmentation du volume utérin : l’augmentation du volume utérin peut être significative dans certaines formes diffuses.

Inflammation chronique : l’inflammation locale et les modifications hormonales peuvent également contribuer à la sensation de gonflement.

D’autres phénomènes peuvent survenir :

Hypervascularisation : l’utérus devient plus vascularisé.

Rétention hydrique hormonodépendante.

Contractilité excessive du muscle utérin.

Résultat : le ventre gonflé peut apparaître avant les règles, pendant les menstruations, voire persister toute la journée dans les formes sévères.

Certaines patientes parlent d’un « ventre d’endométriose », bien que le mécanisme soit utérin.

Comment différencier ce gonflement d’un trouble digestif ?

Il est important d’écarter d’autres causes comme :

- fibromes utérins,

- syndrome du côlon irritable,

- constipation,

- rétention d’eau isolée

Un diagnostic précis de l’adénomyose permet d’éviter les erreurs d’interprétation.

Diagnostic de l’adénomyose

Les examens recommandés

Le diagnostic repose sur l’imagerie.

Examen Ce qu'il permet d'identifier
Échographie pelvienne spécialisée Épaississement du myomètre, aspect hétérogène
IRM pelvienne Confirmation, localisation précise, évaluation de l'étendue


L’IRM est particulièrement utile en cas de doute ou d’association avec l’endométriose.

Pourquoi le diagnostic est parfois tardif ?

Pendant longtemps, le diagnostic définitif n’était possible qu’après hystérectomie. Aujourd’hui, l’imagerie permet de diagnostiquer plus tôt, mais les symptômes sont encore trop souvent banalisés.

Traitement et prise en charge

Le traitement de l’adénomyose dépend :

- de l’âge,

- du désir ou non de grossesse,

- de la sévérité des symptômes,

- du retentissement sur la qualité de vie

Traitements médicaux

Les traitements hormonaux visent à réduire l’activité du tissu endométrial :

- contraceptifs hormonaux ;

- progestatifs ;

- DIU hormonal ;

- analogues de la GnRH (formes sévères). Ils sont utilisés sur des périodes limitées en raison de leurs effets secondaires (ménopause artificielle).

Ils permettent souvent de diminuer les règles abondantes et les douleurs.

Options interventionnelles

Lorsque les traitements médicaux sont insuffisants, il est possible de procéder à :

- l’embolisation des artères utérines : réduit la vascularisation (elle peut être proposée dans certains cas sélectionnés, après évaluation spécialisée).

- traitement chirurgical conservateur,

- hystérectomie (ablation chirurgicale de l’utérus) en dernier recours.

L’hystérectomie est réservée aux formes sévères et aux femmes sans projet de grossesse.

 

Mesures pratiques au quotidien  

Certaines mesures peuvent soulager le ventre gonflé :

- activité physique douce,

- alimentation limitant les ballonnements,

- réduction du sel,

- gestion du stress,

-application de chaleur locale

Cependant, ces mesures ne traitent pas la cause utérine et ne remplacent pas un traitement médical.

Quand consulter ?

Il est recommandé de consulter en cas de :

règles abondantes prolongées,

douleurs pelviennes intenses,

ventre gonflé régulier,

fatigue importante,

saignements intermenstruels,

douleurs invalidantes empêchant une activité normale.

Vous pouvez demander conseil à un gynécologue en téléconsultation pour un premier avis.

L’avis des experts de MédecinDirect

L’adéomyose est une pathologie utérine chronique souvent sous-diagnostiquée. Le ventre gonflé est un symptôme fréquent, lié à l’augmentation du volume utérin et à l’inflammation locale. Un diagnostic précoce par échographie pelvienne ou IRM peut réduire le risque d’errance diagnostique. Les traitements hormonaux sont efficaces dans de nombreux cas. L’embolisation des artères utérines constitue une alternative intéressante à la chirurgie chez certaines patientes. L’hystérectomie reste une option de dernier recours. L’essentiel est d’adapter la prise en charge au profil de chaque femme, en tenant compte de son âge et de son projet de maternité.  

 

 

SOURCES :

EndoFrance

Institut endométriose

Fondation recherche endométriose

Manuel MSD

EN BREF
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