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Ces dernières années, l’absentéisme pour maladie a fortement progressé en France. Une analyse du baromètre de l’absentéisme indique que le taux global d’absentéisme dans les entreprises du secteur privé est passé de 3,9 % en 2019 à 5,3 % en 2022, soit une hausse d’environ 35 % sur cette période. Cette évolution ne relève pas d’un simple effet conjoncturel. Elle s’inscrit dans un contexte plus large de transformation du système de santé et du monde du travail.
Certains facteurs créent un terrain propice à la multiplication des absences :
L’absentéisme devient alors un indicateur indirect de la capacité (ou de l’incapacité) des salariés à accéder aux soins dans des conditions compatibles avec leur vie professionnelle.
L’accès aux soins ne se limite pas à la possibilité théorique de consulter un médecin. Il englobe :
En France, 87 % du territoire est aujourd’hui classé comme désert médical. Cette situation concerne aussi bien les zones rurales que certaines zones urbaines, y compris en Île-de-France. La pénurie de médecins généralistes et de spécialistes rend l’accès aux soins plus complexe, plus long et plus incertain pour une grande partie des actifs.
Les délais moyens illustrent concrètement cette difficulté : il faut compter en moyenne 6 jours pour consulter un médecin généraliste et plus de 46 jours pour un médecin spécialiste. Ces délais constituent un frein majeur à une prise en charge rapide des problèmes de santé, en particulier pour les salariés dont les emplois du temps sont contraints.
Les salariés eux-mêmes identifient clairement les obstacles à l’accès aux soins. Selon l’étude menée par MédecinDirect, plus d’un tiers des salariés interrogés déclarent ne pas avoir suffisamment de temps à consacrer à leur santé. Parmi les causes principales avancées :
Les contraintes professionnelles jouent un rôle aggravant. Les horaires de travail, la charge de travail élevée et les responsabilités familiales limitent la possibilité de consulter sans impacter la présence au travail. Dans ce contexte, la santé devient souvent une variable d’ajustement, repoussée jusqu’à ce que la situation impose une absence plus longue ou un arrêt de travail.
Les rendez-vous médicaux en présentiel ont un impact direct et mesurable sur les absences. En 2023, 64 % des salariés se sont rendus à au moins un rendez-vous médical pendant leur temps de travail. Ces consultations représentent en moyenne 8 heures d’absence par salarié sur l’année.
Cette réalité s’explique par plusieurs facteurs :
Pour 69 % des salariés concernés, ces contraintes ont conduit à déclarer une ou plusieurs absences sur les douze derniers mois, qu’il s’agisse de congés, de RTT ou d’arrêts maladie. L’absentéisme lié aux soins devient alors une conséquence directe de l’organisation du système de santé, plus que de l’état de santé lui-même.
Lorsque l’accès aux soins est trop complexe, un phénomène de renoncement s’installe. Les salariés reportent leurs consultations, minimisent leurs symptômes ou tentent de gérer seuls leurs problèmes de santé. Ce renoncement n’élimine pas le problème : il tend au contraire à l’aggraver.
Un soin retardé peut conduire à une pathologie plus sévère, nécessitant un arrêt de travail plus long, voire une hospitalisation. L’absentéisme qui en découle est alors plus long et plus coûteux pour l’entreprise que l’absence initiale qu’aurait impliquée une consultation rapide.
Ainsi, la difficulté d’accès aux soins contribue non seulement à l’augmentation du nombre d’absences, mais aussi à leur durée.
L’absentéisme ne doit pas être analysé uniquement comme un problème individuel ou disciplinaire. Il constitue un indicateur de santé collective, révélateur de tensions structurelles entre travail, organisation des soins et vie personnelle.
Lorsque les absences se multiplient, elles affectent l’ensemble des équipes :
Un cercle vicieux peut alors se mettre en place, et fragiliser durablement l’organisation. Dans ce contexte, agir sur les causes structurelles de l’absentéisme, et notamment sur l’accès aux soins, devient un enjeu stratégique pour les entreprises.
Les entreprises ne sont pas responsables de l’organisation du système de santé, mais elles sont directement impactées par ses dysfonctionnements. Faciliter l’accès aux soins pour les salariés permet d’agir en amont sur l’absentéisme, plutôt que de le gérer a posteriori.
De plus en plus de salariés estiment que l’entreprise a un rôle à jouer dans la préservation de leur santé physique. Cette attente traduit une évolution du contrat psychologique entre employeur et salariés, où la santé devient un pilier de l’engagement et de la fidélisation.
Faciliter l’accès aux soins ne signifie pas se substituer au système de santé, mais proposer des solutions complémentaires permettant de réduire les frictions. En offrant des alternatives aux rendez-vous en présentiel pour certaines situations courantes, il devient possible de limiter les absences évitables et d’améliorer la réactivité face aux problèmes de santé.
C’est dans cette logique que s’inscrivent les solutions de téléconsultation, qui permettent d’obtenir un avis médical rapidement, sans déplacement, et souvent en dehors des horaires contraints. Elles répondent directement aux causes identifiées de l’absentéisme lié à l’accès aux soins.
Pour comprendre comment la téléconsultation agit concrètement sur la réduction des absences, lire aussi : Qualité de vie au travail et santé : pourquoi l’accès aux soins devient-il un enjeu RH majeur ?
SOURCES :

Une hausse durable de l’absentéisme pour raison de santé
L’accès aux soins, un déterminant clé de la présence au travail
Délais, complexité et contraintes professionnelles : les causes identifiées par les salariés
Le poids des rendez-vous médicaux en présentiel sur l’absentéisme
Renoncement aux soins et aggravation des pathologies
L’absentéisme comme indicateur de santé collective
Pourquoi les entreprises ont-elles un rôle à jouer ?
Faciliter l’accès aux soins pour réduire l’absentéisme
Retrouvez ici les réponses aux questions que vous pourriez vous poser