La gazette

Les 7 mesures à prendre pour éviter la déshydratation

Le corps humain est constitué à 65 % d’eau, dont une grande partie est contenue dans les cellules de l’organisme. A ce titre, l’eau est indispensable à son bon fonctionnement. La déshydratation traduit un manque d’eau : soit par manque d’apport hydrique, soit par perte excessive. Parfois, les deux causes peuvent être associées : ceci renforce la gravité de la situation.

Si elle n’est pas rapidement corrigée, la déshydratation peut avoir des conséquences dramatiques pouvant aller jusqu’au décès. Pour éviter cela, il est impératif de savoir repérer ses signaux d’alerte. Adopter la bonne attitude se fait souvent par des actions simples.

 

Qui est concerné par le risque de déshydratation ?

Le risque de déshydratation concerne tout le monde. Il n’existe aucun facteur protégeant un sujet de ce risque.

Toutefois, les âges « extrêmes » de la vie demandent une attention particulière :

  • Les nourrissons sont particulièrement sensibles à la déshydratation. L’évolution peut être très rapidement fatale. Cela est du :
    • à leur incapacité à communiquer et à s’hydrater seuls
    • à l’immaturité de leur système de régulation hydro-électrolytique
  • Les personnes âgées perdent au fil des années la sensation de soif et ont parfois des traitements susceptibles d’aggraver le risque. Ces derniers doivent également faire l’objet d’une importante surveillance lors de situations à risque (canicule par exemple).

 

Quelles sont les causes de la déshydratation ?

La déshydratation est le résultat d’une inadéquation entre les besoins de l’organisme en eau et les apports qui lui sont faits.

Ce décalage entre « offre » et « demande » peut résulter :

  • d’une insuffisance d’apport : lorsqu’une personne ne boit pas ou ne mange pas suffisamment (les aliments contiennent également de l’eau)
  • d’une augmentation des pertes : fortes chaleurs, efforts prolongés (transpiration excessive) notamment en plein soleil, épisodes infectieux (fièvre, diarrhée, vomissements…), brûlures importantes…
  • de l’action de certains médicaments (diurétiques notamment) très utilisés dans le traitement de l’insuffisance cardiaque. Leur rôle propre est d’augmenter le volume urinaire quotidien.

 

Quels sont les principaux symptômes ?

Le symptôme principal le plus rapidement présent est LA SOIF ! Si vous avez déjà ressenti la sensation de soif et le besoin de boire, c’est que vous avez déjà été déshydraté (modérément, probablement). Par la suite, cette sensation peut devenir intense et désagréable. Elle peut s’accompagner de symptômes similaires à ceux d’un épisode de fièvre avec des maux de tête, des sueurs et/ou des vertiges.

Très rapidement, le corps va tenter de s’adapter en diminuant la quantité d’urine. Celle-ci va devenir plus foncée. A ce stade, il devient urgent d’agir car par la suite, des signes neurologiques peuvent s’installer (confusion, troubles de la conscience, convulsions). Des nausées voire vomissements peuvent accompagner ces signes. Cela va aggraver la situation et empêcher toute réhydratation par la personne elle-même.

En l’absence de traitement médical rapide, l’évolution se fait alors vers le coma puis le décès.

 

Comment bien réagir avant qu’il ne soit trop tard ?

Des mesures simples permettent de lutter contre la déshydratation et d’empêcher que celle-ci ne survienne. Les messages de prévention se sont multipliés ces dernières années lors des épisodes caniculaires meurtriers. Toutefois, il n’est pas inutile de les rappeler ici :

  1. Même en l’absence de facteurs de risque évident, une hydratation régulière est indispensable. Il ne faut pas attendre d’avoir soif pour boire. Une quantité d’eau de 1,5L par jour tout compris (thé, café…) est un minimum
  2. En cas de fortes chaleurs, augmentez la quantité d’eau et rafraichissez votre lieu de vie (volets fermés, utilisation de brumisateurs, tenue vestimentaire adaptée, pas d’exposition directe au soleil…)
  3. Lors d’un épisode de fièvre, il est nécessaire de se découvrir au maximum même si le corps frissonne. Les croyances de type « transpirer pour éliminer les microbes » sont totalement fausses et dangereuses. Majorez la quantité de boisson : les pertes d’eau par sudation sont plus importantes.
  4. En cas de symptômes gastro-intestinaux de type diarrhée et/ou vomissement, une hydratation fractionnée permet de lutter contre les pertes (une cuillère à café d’eau toutes les 5 à 10 minutes). Si ces symptômes surviennent chez un nourrisson (moins de 3 ans) ou une personne âgée, un avis médical précoce et une réévaluation fréquente s’imposent (surveillance du poids et des autres signes cliniques de déshydratation)
  5. Lors des périodes de fortes chaleurs ou aux heures les plus chaudes de la journée, évitez le sport. AVANT, PENDANT et APRES l’effort, hydratez-vous correctement. Optez pour des boissons adaptées fournissant des sels minéraux (perdus lors de la transpiration). Un équipement adapté aux conditions climatiques est également nécessaire
  6. Les patients bénéficiant d’un traitement diurétique (dans le traitement de l’insuffisance cardiaque ou de l’hypertension artérielle) doivent rediscuter avec leur médecin de la nécessité ou non de poursuivre le traitement médicamenteux ou d’en adapter le dosage de manière temporaire
  7. La consommation de boissons alcoolisées est déconseillée : elle entraîne une déshydratation (la fameuse « gueule de bois »).

 

Pour en savoir plus :

  1. Site internet de l’Assurance Maladie : https://www.ameli.fr/assure/sante/urgence/pathologies/deshydratation
  2. Publication de l’INPES : http://inpes.santepubliquefrance.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1033.pdf

 


Auteur : Dr Mathieu Flandin, médecin généraliste – Juin 2019

Les 7 mesures à prendre pour éviter la déshydratation