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Une gêne diffuse après un effort, une lourdeur persistante, ou une douleur brutale qui surgit en pleine nuit : les douleurs testiculaires peuvent être le signe d'un simple traumatisme passager. Mais, dans certains cas, il peut s'agir d'une torsion testiculaire, urgence chirurgicale qui peut conduire à la perte du testicule si elle n'est pas prise en charge dans les six heures. Comprendre les causes possibles d'une douleur testiculaire, savoir reconnaître les signes qui imposent d'appeler le 15 ou de se rendre aux urgences, et savoir quand une consultation simple suffit : c'est l'objectif de ce guide, rédigé à partir des recommandations des autorités de santé françaises.
Comprendre les douleurs testiculaires
Les causes fréquentes de douleurs testiculaires
Douleurs testiculaires et infections sexuellement transmissibles
Douleur testiculaire et cancer du testicule : savoir faire la différence
Comment se déroule le diagnostic ?
Peut-on prévenir certaines douleurs testiculaires ?
L'avis des experts de MédecinDirect
Toutes les douleurs testiculaires ne se ressemblent pas. Le mode d'apparition et le mode évolutif sont déjà des indicateurs diagnostiques importants :
Les testicules sont parmi les structures les plus densément innervées de l'organisme masculin. Ils sont richement vascularisés via le cordon spermatique, qui contient les vaisseaux sanguins, les nerfs et le canal déférent. Cette riche vascularisation et cette innervation expliquent deux choses : la grande sensibilité douloureuse des testicules (même un choc modéré peut être très douloureux) et la gravité potentielle de tout accident vasculaire, notamment la torsion, qui interrompt l'apport sanguin.
Le tableau ci-dessous présente les principales causes de douleur scrotale et testiculaire :
La torsion du testicule survient lorsque le testicule se tord sur lui-même autour du cordon spermatique, interrompant brusquement la circulation sanguine. Sans traitement rapide, le testicule souffre d'ischémie et peut être définitivement détruit. Elle survient à tout âge, mais le pic de fréquence se situe entre 10 et 25 ans, avec une prépondérance à la puberté. Elle est rare après 40 ans.
Il est recommandé de se rendre immédiatement aux urgences ou d'appeler le 15 (si le transport est difficile ou en cas de doute). La douleur peut survenir en pleine activité ou réveiller la personne en pleine nuit. Selon l’Assurance maladie, l'anomalie anatomique qui favorise la torsion touche les deux testicules dans 50 à 80 % des cas, mais la torsion elle-même est unilatérale dans 99 % des cas.
Le pronostic de viabilité du testicule dépend directement du délai de prise en charge. Les chances de sauver le testicule sont supérieures à 90 % dans les six premières heures, puis diminuent considérablement ensuite. L'intervention chirurgicale consiste à détordre manuellement ou chirurgicalement le testicule et à le fixer pour prévenir une récidive.
Les infections sexuellement transmissibles (IST) sont l’une des causes de douleurs testiculaires chez le jeune homme actif sexuellement. Deux IST sont particulièrement en cause dans les épididymites infectieuses.
Chlamydia trachomatis est l'agent responsable le plus fréquent des épididymites chez l'homme de moins de 35 ans. L'infection peut être longtemps asymptomatique avant de se compliquer d'une épididymite douloureuse. D'autres signes associés peuvent aider au diagnostic :
Selon Ameli.fr, une inflammation des testicules et épididymes peut survenir en complication d'une infection à chlamydia non traitée, avec risque de séquelles sur la fertilité. Un traitement par antibiotiques peut être proposé à la personne concernée, mais aussi à son/sa partenaire.
Neisseria gonorrhoeae est l’autre cause d'épididymite infectieuse chez l'homme jeune. Elle se manifeste souvent par un écoulement urétral purulent et des brûlures urinaires, mais peut aussi être asymptomatique. Chez certains patients, une épididymite ou une orchi-épididymite douloureuse révèle l'infection. Un depistage des IST est recommandé en cas de douleur scrotale associée à des signes urinaires ou à une prise de risque sexuelle récente, même si les symptômes urinaires sont absents.
Le cancer du testicule est le cancer le plus fréquent chez les hommes entre 15 et 35 ans, avec environ 2 300 nouveaux cas diagnostiqués chaque année en France. Il est de bon pronostic quand il est détecté tôt (son taux de guérison est parmi les plus élevés de tous les cancers). Contrairement aux idées reçues, il se manifeste rarement par une douleur intense. C'est au contraire une masse indolore qui doit alerter.
Selon l'Institut National du Cancer, les signes à connaître sont :
L'autopalpation régulière des testicules (idéalement après une douche chaude, quand le scrotum est détendu) peut permettre de repérer précocement une anomalie. Toute masse testiculaire nouvelle, même indolore, doit conduire à une consultation médicale.
L'évaluation d'une douleur testiculaire commence souvent par un interrogatoire précis (mode d'apparition, durée, contexte, antécédents, vie sexuelle) et un examen clinique soigneux (palpation bimanuelle des testicules, des épididymes et du cordon spermatique).
Lorsque le diagnostic est incertain, une échographie Doppler peut être réalisée rapidement. En revanche, si la suspicion de torsion est forte, elle ne devrait pas retarder l'intervention chirurgicale.
Un examen cytobactériologique des urines (ECBU) et un bilan biologique (NFS, CRP) peuvent être demandés en cas de suspicion d'infection. En cas de suspicion de cancer testiculaire, les marqueurs tumoraux (AFP, bêta-HCG totale, LDH) sont dosés en préopératoire.
Le port d'une protection adaptée (coquille) lors des sports de contact ou à risque de traumatisme scrotal (arts martiaux, cyclisme, équitation, sports collectifs) est l’un des gestes préventifs. Un soutien scrotal (suspensoir) peut aussi réduire la gêne liée aux microtraumatismes lors des activités à vibrations importantes.
L'utilisation systématique du préservatif et un dépistage régulier des IST permettent de prévenir les épididymites infectieuses et leurs complications sur la fertilité.
L'autopalpation des testicules peut être utile pour repérer une anomalie. Elle permet de détecter précocement une anomalie de texture, une asymétrie ou une masse (signes possibles de cancer du testicule, dont le pronostic est excellent si le diagnostic est posé tôt).
Beaucoup de patients attendent avant de consulter, parfois par pudeur, parfois parce qu'ils espèrent que ça va passer. Mais face à une douleur testiculaire brutale et intense, la règle est simple : douleur testiculaire intense et soudaine = appel au 15 immédiat. Chaque heure perdue réduit les chances de sauver le testicule.
D’autres patients consultent six mois après avoir découvert une masse, parce qu'elle ne faisait pas mal. Le cancer du testicule est justement souvent indolore dans ses débuts. C'est une des raisons pour lesquelles l'autopalpation mensuelle peut être utile pour repérer une anomalie dès la puberté : c'est simple, ça prend quelques secondes, et ça peut sauver une vie. Les résultats thérapeutiques du cancer du testicule sont parmi les meilleurs de tous les cancers, à condition que le diagnostic soit posé tôt.
Sources
1. Ameli.fr - Torsion du testicule : urgence chirurgicale
2. Ameli.fr - Infection a Chlamydia : symptomes, complications (epididymite)
3. Ameli.fr - Oreillons : symptomes et complications (orchite)
4. Ameli.fr - Comprendre l'infertilite : causes masculines (orchite, torsion)
5. Institut National du Cancer (INCa) - Symptomes du cancer du testicule
6. Institut National du Cancer (INCa) - Les points cles sur les cancers du testicule
Retrouvez ici les réponses aux questions que vous pourriez vous poser