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Saisir un stylo, ouvrir un robinet, taper sur un clavier : des mouvements banals qui deviennent soudainement douloureux. La tendinopathie du poignet est l'une des pathologies musculo-squelettiques les plus répandues, aussi bien chez les sportifs que chez les actifs sédentaires. Pourtant, elle reste souvent mal identifiée, confondue avec une simple fatigue ou (à tort) avec un syndrome du canal carpien. Cet article vous guide pas à pas pour reconnaître les signes d'une tendinite au poignet, comprendre pourquoi elle survient, et surtout comment la prendre en charge efficacement pour éviter qu'elle ne s'installe dans la durée.
Cette affection se manifeste par un ensemble de signes cliniques assez caractéristiques, qui varient selon le tissu touché et le stade d'évolution de la réaction locale.
La douleur est le premier signal d'alarme. Elle peut apparaître progressivement ou de façon plus soudaine après un effort inhabituel. Elle se localise au niveau du poignet, parfois sur le bord externe (côté pouce), parfois sur la face dorsale ou palmaire. Dans le cas de la tendinite de De Quervain (la forme la plus fréquente), la gêne se concentre spécifiquement à la base du premier doigt et s'étend vers l'avant-bras. C'est le trajet des tendons abducteur et extenseur du pouce qui est en cause, ces deux structures partageant la même coulisse tendineuse étroite.
Selon le niveau de congestion, un léger gonflement peut apparaître autour de l'articulation du poignet ou le long du trajet du tendon atteint. La palpation de la zone concernée est souvent douloureuse. Dans certaines formes évoluées, une sensation de crépitement ou de frottement peut être perçue lors des manipulations.
Le matin au réveil ou après une période d'inactivité prolongée, le poignet peut sembler « grippé ». Cette raideur matinale s'estompe généralement après quelques minutes de mouvements doux. La préhension d'objets, même légers, peut devenir difficile : tenir une tasse, faire pivoter une clé, essorer un linge. Ces limitations fonctionnelles, anodines en apparence, impactent significativement la qualité de vie au quotidien.
Les élancements s'intensifient typiquement lors des mouvements de flexion, d'extension, de rotation du poignet ou d'opposition du doigt. Pour la maladie de Quervain, le test de Finkelstein est très évocateur : on referme le pouce dans la paume, puis on incline la main vers le bas. Ce geste provoque une douleur vive sur le bord externe du poignet, caractéristique de cette forme particulière de tendinite.
La majorité des atteintes ont une origine mécanique liée à la répétition de gestes sollicitant les mêmes tendons. Le travail sur ordinateur, avec une utilisation intensive de la souris ou du clavier dans une position peu ergonomique, est aujourd'hui l'une des premières causes professionnelles. Les caissiers, secrétaires, coiffeurs, cuisiniers, musiciens ou encore les professionnels du bâtiment sont particulièrement exposés.
Contrairement à ce que l'on croit souvent, ce n'est pas tant l'intensité de l'effort qui fragilise les tendons, mais la répétition de la même manœuvre sans récupération suffisante. Les fibres, peu vascularisées, ont une capacité de régénération limitée et s'enflamment progressivement lorsqu'ils sont soumis à une surcharge continue.
Le tennis, l'escalade, la musculation, la natation ou la pratique intensive du golf sollicitent intensément les tissus de la main. Un déplacement brusque ou une reprise trop rapide après une période d'inactivité peuvent suffire à déclencher une réaction aiguë. Les sportifs amateurs sont souvent plus exposés que les professionnels, faute d'un encadrement technique permettant d'identifier les gestes à risque.
Les femmes sont statistiquement plus touchées par certaines formes de tendinites du poignet, notamment la ténosynovite sténosante. Cette affection est particulièrement fréquente pendant la grossesse et le post-partum. Elle s’explique à la fois par des facteurs mécaniques (gestes répétitifs liés aux soins du nourrisson) et probablement par des variations hormonales favorisant une rétention d’eau et une modification de la souplesse des tissus.
Bon à savoir : La ténosynovite de Quervain mérite une attention particulière car elle représente la forme la plus diagnostiquée et la plus susceptible d'être confondue avec une arthrite du pouce ou une entorse au poignet.
L’évaluation repose avant tout sur l'examen clinique réalisé par un médecin ou un chirurgien de la main. Ce dernier évalue la localisation précise de la douleur, observe la posture du membre et teste activement et passivement la mobilité de l'articulation et des doigts. Des tests spécifiques permettent d'orienter le diagnostic selon le tendon suspecté, comme le test de Finkelstein pour la ténosynovite de Quervain, ou les tests de résistance pour les extenseurs.
L'évaluation de la force de préhension et de la capacité à réaliser certains mouvements contre résistance fait partie intégrante de l'examen. Une perte de force marquée ou des douleurs reproductibles lors de ces tests oriente le diagnostic vers une atteinte tendineuse.
L'échographie est l'examen de référence pour visualiser directement les tissus : elle permet de mettre en évidence un épaississement de l’enveloppe synoviale, un épanchement péri-tendineux ou une rupture partielle des fibres. L'IRM est réservée aux formes atypiques, aux suspicions de lésions associées (ligamentaires, osseuses) ou en cas d'échec de la thérapie initiale, avant d'envisager une intervention chirurgicale. Une radiographie peut être prescrite pour éliminer une cause osseuse.
Dès les premiers signes, trois réflexes permettent de limiter l'aggravation :
La rééducation chez un kinésithérapeute est indispensable en phase subaiguë. Elle mêle étirements, renforcement progressif (exercices excentriques) et correction des gestes à risque. Une prise en charge bien conduite sur 6 à 8 semaines réduit significativement le risque de récidive.
La durée de guérison d'une tendinite du poignet varie selon la forme, l'ancienneté des symptômes et la rigueur de la prise en charge.
Les signes nécessitant une consultation rapide sont entre autres :
La tendinite du poignet est souvent diagnostiquée trop tard, après plusieurs semaines d'attente dans l'espoir que la douleur passe seule. C'est précisément ce délai qui transforme une inflammation passagère en problème chronique. Il est important de ne pas se traiter soi-même sans avis médical, car toutes les douleurs au poignet ne sont pas des tendinites : une entorse ancienne, un syndrome du canal carpien ou une petite fracture peuvent provoquer des symptômes très similaires.
Retrouvez ici les réponses aux questions que vous pourriez vous poser