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Une chute sur une main tendue, un faux mouvement au sport, un choc inattendu : l'entorse du poignet est l'une des blessures ligamentaires les plus fréquentes, tous âges et toutes activités confondus. Pourtant, elle est aussi l'une des lésions les plus souvent sous-estimées (et parfois mal soignées), avec des conséquences fonctionnelles durables à la clé.
Comprendre l'entorse du poignet
Les causes principales d'une entorse du poignet
Quels sont les symptômes d'une entorse du poignet ?
Le diagnostic d'une entorse au poignet
Traiter une entorse du poignet
Durée de la guérison : combien de temps dure une entorse du poignet ?
Quand consulter en urgence ?
Prévenir les récidives et renforcer le poignet
L'avis des experts de MedecinDirect
Ce traumatisme est une lésion ligamentaire causée par un étirement forcé ou une déchirure des ligaments qui stabilisent l'articulation du poignet. Ces ligaments relient entre eux les huit petits os du carpe, mais aussi le carpe au radius et aux métacarpiens formant un système de suspension précis et solidaire.
On distingue deux grandes catégories de ligaments au niveau du poignet :
L’ampleur est variable. Une forme légère correspond à un simple étirement du ligament, sans rupture des fibres. Et lorsqu’elle est moyenne, elle implique une déchirure partielle. Une atteinte sévère correspond à une rupture complète du ligament, pouvant entraîner une fragilité de l'ensemble et un risque d’usure prématurée s'il n’y a pas de suivi correct.
Le terme « entorse » recouvre donc des réalités très différentes : d'une simple élongation qui guérit en quelques jours à une rupture ligamentaire nécessitant une intervention chirurgicale, l'éventail est large, ce qui justifie dans tous les cas un avis médical.
Bon à savoir : Contrairement à une entorse de la cheville, l'entorse du poignet implique une architecture anatomique particulièrement complexe, où ligaments intrinsèques et extrinsèques travaillent ensemble pour maintenir la cohérence des os du carpe. Comprendre cette mécanique est indispensable pour ne pas passer à côté d'une lésion grave.
C'est le mécanisme le plus fréquent. Lors d'une chute, le réflexe naturel est d'amortir le choc en tendant les mains devant soi. Le poignet subit alors une hyperextension brutale, qui soumet les ligaments à une tension dépassant leur résistance élastique. Ce mécanisme – appelé FOOSH (Fall On an Outstretched Hand) dans la littérature médicale – est responsable de la très grande majorité des entorses, fractures et luxations du carpe.
Le ski, le snowboard, le roller, le skate, le vélo, les arts martiaux, le handball, le rugby, l'escalade : toutes ces pratiques exposent le poignet à des chocs directs ou des torsions excessives. Les sports de raquette et la musculation peuvent également, par accumulation de microtraumatismes, fragiliser les structures ligamentaires jusqu'à provoquer une lésion sur un mouvement banal.
Un vissage ou dévissage forcé, une torsion rapide du poignet lors d'une manipulation d'outil, ou un geste brusque lors d'une activité professionnelle peuvent suffire à provoquer une entorse. Ces mécanismes en torsion sont particulièrement susceptibles d'atteindre le ligament scapho-lunaire.
Glisser dans les escaliers, butter contre un meuble, recevoir un objet lourd sur la main : les causes domestiques sont nombreuses. Sur le plan professionnel, les métiers du bâtiment, de l'artisanat et ceux impliquant des vibrations répétées sont davantage exposés.
Les signes varient selon l’ampleur de l'atteinte, mais un ensemble d’indices cliniques permet de l'identifier.
Dans les formes aiguës, les maux apparaissent au moment du traumatisme. Elle peut être localisée sur le dos du poignet, sur le bord radial (côté pouce) ou cubital (côté auriculaire), selon le ligament atteint. Dans certains cas, la souffrance peut s'installer progressivement dans les heures suivant le choc.
Un œdème réactionnel apparaît généralement dans la première heure suivant le traumatisme. Plus le gonflement est rapide et important, plus la lésion ligamentaire est susceptible d'être grave.
La mobilité active est réduite, notamment en extension et en flexion. La prise en main d'un objet (même léger) peut devenir douloureuse.
Dans les cas sévères avec rupture ligamentaire, le patient peut ressentir une sensation de « dérobement » ou de « lâchage » du poignet lors des mouvements. Ce signe doit alerter sur une possible atteinte du ligament scapho-lunaire ou luno-triquétral.
Des hématomes peuvent apparaître dans les heures ou jours suivant le traumatisme, témoignant d'une hémorragie ligamentaire ou sous-cutanée. Leur présence ne préjuge pas à elle seule de la gravité.
Le diagnostic repose avant tout sur l'examen clinique réalisé par un médecin ou un chirurgien orthopédiste. Il comprend l'interrogatoire (mécanisme du traumatisme, douleurs, antécédents), l'inspection (gonflement, ecchymose, déformation), la palpation des reliefs osseux et des interlignés articulaires, et la réalisation de tests spécifiques.
Parmi les manœuvres diagnostiques, le test de Watson (compression du scaphoïde lors d'un mouvement de déviation cubitale) est caractéristique d'une instabilité scapho-lunaire. Le test du « ballottement luno-triquétral » explore l'intégrité du ligament luno-triquétral.
La radiographie standard du poignet de face et de profil est systématiquement prescrite pour éliminer une fracture du carpe, notamment du scaphoïde. Cette fracture, fréquente dans les chutes sur main tendue, peut être difficile à voir sur les clichés initiaux et ne doit pas être confondue avec une simple entorse bénigne.
Lorsque les douleurs persistent au-delà de quelques semaines malgré un traitement médical bien conduit, ou lorsqu'une instabilité est suspectée à l'examen clinique, des examens complémentaires peuvent être indiqués pour évaluer la gravité des lésions ligamentaires (IRM, arthroscanner, arthroscopie du poignet).
Dans les premières heures suivant le traumatisme, les recommandations ont évolué. Le protocole RICE (Rest, Ice, Compression, Elevation), longtemps considéré comme la référence, est aujourd'hui jugé insuffisant et partiellement dépassé. Il a été remplacé par le protocole PEACE & LOVE, publié en 2020 dans le British Journal of Sports Medicine et adopté par les kinésithérapeutes du sport, qui intègre à la fois la phase aiguë et la réhabilitation progressive.
Les principes clés à retenir pour la phase immédiate :
La durée de récupération dépend directement de la sévérité de l'atteinte ligamentaire.
Tout doute sur la gravité d'une entorse du poignet justifie une consultation médicale.
Certains signes doivent conduire à une consultation médicale rapide, voire aux urgences :
Une téléconsultation peut permettre d'évaluer rapidement la situation et d'orienter vers les examens adaptés si nécessaire, notamment pour distinguer une entorse bénigne d'une fracture occulte ou d'une rupture ligamentaire.
Pour en savoir plus sur les autres traumatismes ligamentaires courants, consultez nos articles sur l'entorse de la cheville, l'entorse du doigt et l'entorse du genou.
Après une entorse du poignet, la prévention des récidives repose sur trois axes :
La lésion du ligament scapho-lunaire est particulièrement complexe, car elle peut passer inaperçue pendant plusieurs semaines alors que l'articulation se dégrade progressivement. Ignorer le diagnostic expose le patient à de potentielles complications. Il est donc conseillé de consulter dès lors qu'une douleur persiste plusieurs jours après un choc.
Sources
Les informations de cet article sont fondées sur des données scientifiques publiées et des recommandations institutionnelles. Elles ne remplacent pas l'évaluation d'un médecin, seul à même d'apprécier votre situation personnelle. Si vous vous reconnaissez dans les situations décrites, consultez un professionnel de santé.
Retrouvez ici les réponses aux questions que vous pourriez vous poser