Nos services

La régulation de la pression artérielle permet d'assurer une bonne irrigation de tous les organes du corps humain. À chaque battement, le cœur propulse le sang à travers le réseau complexe des vaisseaux sanguins. Lorsque la force exercée par ce flux diminue de manière anormale et prolongée, on parle d'hypotension artérielle. Souvent considérée comme moins préoccupante que l'hypertension, cette tension basse peut tout de même altérer le quotidien d'une personne. Il s'avère donc important d'apprendre à en reconnaître les premiers signes et d'en discuter avec un professionnel de santé. Cette démarche vise à écarter d'éventuels troubles sous-jacents, tout en adoptant des habitudes protectrices pour l'organisme.
L'hypotension artérielle correspond à une pression insuffisante du sang dans les artères. La pression artérielle dépend notamment du volume de sang circulant, de la force avec laquelle le cœur pompe le sang et du diamètre des vaisseaux sanguins.
Lorsqu’une tension est mesurée, deux valeurs sont obtenues. La pression systolique, la plus élevée, correspond à la pression exercée lorsque le cœur se contracte et éjecte le sang. La pression diastolique, la plus basse, correspond à la pression présente entre deux contractions, lorsque le cœur se relâche.
De manière générale, une pression artérielle inférieure à 90 mmHg pour la pression systolique et/ou 60 mmHg pour la pression diastolique est considérée comme basse. Ce seuil ne suffit toutefois pas à poser à lui seul un diagnostic : certaines personnes ont naturellement des valeurs faibles et ne présentent aucune gêne. À l’inverse, une diminution importante par rapport à la tension habituelle peut provoquer des symptômes même si les valeurs restent supérieures à 90/60 mmHg.
Il existe plusieurs formes d'hypotension selon les circonstances dans lesquelles la baisse de pression survient.
L'hypotension orthostatique apparaît lors du passage de la position couchée ou assise à la position debout. Sous l’effet de la gravité, une partie du sang s’accumule momentanément dans les membres inférieurs. Normalement, l’organisme compense rapidement ce phénomène en augmentant le tonus des vaisseaux et en adaptant la fréquence cardiaque.
Lorsque cette régulation est insuffisante, la pression artérielle chute. L’hypotension orthostatique est définie par une diminution d’au moins 20 mmHg de la pression systolique et/ou 10 mmHg de la pression diastolique dans les trois minutes suivant le passage en position debout.
Elle peut être favorisée par l’âge, la perte d'eau, certains médicaments, un alitement prolongé ou certaines maladies affectant le système nerveux autonome.
L'hypotension postprandiale se manifeste après un repas, le plus souvent dans les deux heures qui suivent. Pendant la digestion, le débit sanguin augmente dans le système digestif. L’organisme doit normalement compenser cette redistribution afin de maintenir une pression suffisante.
Chez certaines personnes, en particulier les personnes âgées ou celles souffrant d’une altération du système nerveux autonome, cette compensation est insuffisante. Des étourdissements, une faiblesse ou un malaise peuvent alors survenir après le repas. Des repas moins volumineux et fractionnés peuvent parfois limiter les manifestations.
La syncope vasovagale est parfois associée à une chute transitoire de la pression artérielle. Elle peut être déclenchée par une émotion intense, une douleur, la vue du sang, la chaleur ou une station debout prolongée.
Le système nerveux autonome provoque alors une dilatation des vaisseaux et parfois un ralentissement du rythme cardiaque, ce qui réduit momentanément l’arrivée de sang au cerveau et peut entraîner une perte de connaissance.
L’hypotension artérielle n’est pas une maladie contagieuse et ne peut donc pas se transmettre d’une personne à une autre.
L’hypotension et l’hypertension correspondent à deux situations opposées.
Une même personne peut d’ailleurs présenter une hypertension habituelle et développer ponctuellement une hypotension, notamment lors du passage en position debout ou sous l’effet d’un soin antihypertenseur.
Les manifestations de l'hypotension artérielle varient considérablement d'une personne à l'autre. Une personne peut vivre avec une pression artérielle basse sans ressentir la moindre gêne. Une tension faible bien tolérée n’est donc pas nécessairement pathologique.
Lorsque la baisse de pression réduit temporairement l’arrivée de sang au cerveau ou à d’autres organes, plusieurs manifestations peuvent apparaître :
Une hypotension sévère peut également provoquer un essoufflement, une douleur thoracique ou des signes de mauvaise perfusion des organes. Ces manifestations nécessitent une évaluation médicale rapide.
Les facteurs d'une tension artérielle réduite se répartissent en trois grandes familles : médicamenteuses, physiologiques et pathologiques. Identifier l'origine est indispensable pour orienter la prise en charge.
Certains médicaments constituent la première cause d'hypotension, notamment lorsqu'ils sont trop fortement dosés. Les antihypertenseurs et les diurétiques réduisent le volume sanguin et peuvent faire chuter la pression artérielle en dessous du seuil tolérable. Les antidépresseurs et les anxiolytiques agissent sur le système nerveux autonome et peuvent provoquer une baisse de tension. Les neuroleptiques et les opiacés figurent également parmi les thérapies à surveiller. Toute modification d'un médicament à risque doit se faire sous contrôle médical strict.
La déshydratation est une cause fréquente et souvent sous-estimée, particulièrement chez les personnes âgées moins sensibles à la soif. La consommation d'alcool ou de cannabis peut également faire baisser la pression artérielle en agissant sur les vaisseaux sanguins. L'immobilisation prolongée, l'alitement, l'exposition à la chaleur ou un effort physique intense réduisent le volume sanguin actif et favorisent les épisodes d'hypotension. Ces facteurs contextuels sont souvent réversibles dès que la cause est corrigée.
Il n’existe pas de carence nutritionnelle qui provoque systématiquement une hypotension. Plusieurs déficits nutritionnels peuvent entraîner une baisse de tension. L'anémie ferriprive (manque de fer) réduit la capacité du sang à transporter l'oxygène, provoquant vertiges et fatigue caractéristiques. Les carences en vitamine B12 et en folates perturbent la production des globules rouges avec des effets similaires. Un déficit en magnésium peut également dérégler la régulation vasculaire. Ces carences sont détectables par une simple analyse de sang.
Plusieurs pathologies altèrent les mécanismes de régulation de la pression artérielle. Les pathologies neurologiques comme la maladie de Parkinson ou la sclérose en plaques perturbent le système nerveux autonome, qui contrôle l'adaptation vasculaire. Les troubles cardiaques tels que l'insuffisance cardiaque ou les séquelles d'infarctus réduisent le débit sanguin. Les dysfonctionnements endocriniens affectant la thyroïde ou les glandes surrénales modifient la production hormonale impliquée dans la régulation tensionnelle. Le diabète, en endommageant progressivement le système nerveux, favorise également cette affection.
L’hypotension peut concerner tout le monde, mais certaines situations augmentent la probabilité de développer une tension faible symptomatique.
C’est notamment le cas des personnes âgées, chez lesquelles les mécanismes permettant de maintenir la pression lors du passage en position debout sont parfois moins efficaces. La prise de plusieurs médicaments peut également augmenter le risque.
Les personnes atteintes de diabète, de maladie de Parkinson, de certaines pathologies cardiovasculaires ou d’une dysautonomie sont également davantage exposées à l’hypotension orthostatique.
Pendant la grossesse, les modifications circulatoires peuvent par ailleurs entraîner une diminution de la pression artérielle chez certaines femmes. Une tension réduite isolée est alors souvent bien tolérée, mais des malaises répétés doivent être signalés au professionnel assurant le suivi de la grossesse.
Le diagnostic de l'hypotension artérielle repose en premier lieu sur la mesure précise de la tension à l'aide d'un tensiomètre. Étant donné que la pression varie naturellement au fil de la journée et des activités, le médecin réalise généralement plusieurs relevés à différents moments pour établir une moyenne fiable.
Pour identifier une hypotension orthostatique, le médecin mesure la tension lorsque la personne est allongée, puis dans les 3 minutes suivant son passage en position debout. Une chute de la pression systolique d'au moins 20 mmHg et/ou de la pression diastolique d'au moins 10 mmHg confirme le diagnostic. Afin de déterminer les causes exactes de cette tension basse, des examens complémentaires sont susceptibles d’être prescrits par le corps médical.
Si vous ressentez une fatigue inexpliquée ou des vertiges répétés au quotidien, il est particulièrement judicieux de consulter un médecin généraliste en ligne ou en présentiel afin de faire un premier point clinique sur votre santé.
Une tension habituellement peu élevée et bien tolérée n’est pas considérée comme un facteur majeur d’AVC au même titre que l’hypertension artérielle.
Cependant, dans des situations particulières, une baisse très importante ou prolongée de la pression artérielle peut réduire suffisamment la perfusion cérébrale pour mettre le cerveau en difficulté. Ce phénomène concerne surtout des contextes sévères, comme un état de choc, certaines pathologies cardiaques ou des patients dont la circulation sanguine cérébrale est déjà compromise par un rétrécissement important des artères.
Il ne faut donc pas considérer qu’une mesure à 90/60 mmHg expose automatiquement à un AVC. Le risque dépend avant tout du contexte, de l’intensité et de la durée de l’hypotension ainsi que de l’état cardiovasculaire de la personne.
Une hypotension légère et asymptomatique n’entraîne généralement pas de complication particulière.
Les risques concernent surtout les hypotensions symptomatiques, fréquentes ou sévères. Les vertiges et les syncopes peuvent notamment provoquer des chutes, avec un risque de plaie, de fracture ou de traumatisme crânien. Cette problématique est particulièrement importante chez les personnes âgées.
Lorsque la pression artérielle chute de façon importante et prolongée, l’apport de sang et d’oxygène aux organes peut devenir insuffisant. Dans les formes les plus graves, cette hypoperfusion peut provoquer un état de choc et altérer le fonctionnement du cerveau, du cœur, des reins ou d’autres organes.
Ces situations restent très différentes d’une tension constitutionnellement basse et bien tolérée.
Le traitement de l'hypotension artérielle dépend intrinsèquement de ses origines profondes. Une tension basse et asymptomatique ne requiert généralement aucune intervention médicale, car elle reflète souvent un métabolisme économe.
En revanche, lorsque les signes nuisent à la vie quotidienne de la personne, le médecin a la possibilité d'envisager plusieurs approches thérapeutiques. Dans de nombreux cas, la révision d'un médicament en cours s'avère suffisante. Certains médicaments, notamment ceux prescrits pour des cas cardiaques ou la dépression, ont pour effet de favoriser la baisse de la pression. Il est parfois nécessaire de renouveler une ordonnance avec un dosage réévalué pour tenter d'atténuer ces effets indésirables.
Si l'hypotension artérielle semble liée à une pathologie identifiée (telle qu'une anémie, un déficit hormonal ou une déshydratation sévère), la prise en charge de cette affection de fond permet très souvent d'aider à normaliser la tension.
Dans des situations plus rares et particulièrement invalidantes, une prise en charge spécifique peut être discutée. Ces molécules visent à augmenter le volume sanguin ou à stimuler la contraction des vaisseaux, dans le but de faciliter le retour veineux vers le cœur.
Il n’existe pas de valeur unique en dessous de laquelle une tension devient automatiquement dangereuse pour tout le monde. Une pression à 90/60 mmHg peut être parfaitement tolérée par une personne et provoquer des symptômes chez une autre.
Ce sont donc surtout les symptômes, la rapidité de la baisse et les circonstances d’apparition qui doivent alerter.
Une évaluation médicale rapide est particulièrement indiquée en cas de :
Une chute importante de la pression artérielle accompagnée d’une peau froide et moite, d’une respiration rapide, d’une confusion, d’un malaise intense ou d’une altération de la conscience peut être le signe d’un état de choc, qui constitue une urgence médicale.
En présence de signes de gravité, notamment une perte de connaissance, une difficulté à respirer, une douleur thoracique, un saignement important, une réaction allergique sévère ou des signes de choc, il faut appeler le 15 ou le 112.
Il est souvent possible d'atténuer les symptômes de l'hypotension en adaptant doucement son mode de vie. Ces mesures préventives aident l'organisme à maintenir une pression adéquate tout au long de la journée :
En cas de doute persistant ou d'aggravation des troubles ressentis, il reste toujours recommandé d'obtenir un second avis médical afin d'écarter d'éventuelles causes plus complexes et d'assurer une prise en charge parfaitement sécuritaire.
L'hypotension artérielle, qu'elle prenne une forme orthostatique ou postprandiale, traduit une dynamique complexe entre le cœur, le réseau vasculaire et le volume de sang. Si une tension basse est couramment le signe d'une bonne vitalité cardiovasculaire, elle mérite une attention particulière lorsqu'elle s'accompagne de troubles invalidants pour la personne. Adapter ses habitudes de vie, en veillant scrupuleusement à son hydratation et en gérant prudemment ses changements de position, suffit généralement à retrouver un véritable équilibre. Toutefois, l'accompagnement régulier par un médecin demeure précieux pour identifier les causes précises et déterminer le traitement le plus adéquat pour préserver votre santé.
Les informations de cet article sont fondées sur des données scientifiques publiées et des recommandations institutionnelles. Elles ne remplacent pas l'évaluation d'un médecin, seul à même d'apprécier votre situation personnelle. Si vous vous reconnaissez dans les situations décrites, consultez un professionnel de santé.
Sources
Retrouvez ici les réponses aux questions que vous pourriez vous poser