
Une gorge qui gratte correspond à une sensation d’irritation ou de picotement au niveau du pharynx. Elle peut s’accompagner d’une toux sèche, d’une gêne à la déglutition ou d’une sensation de sécheresse. Ses origines sont nombreuses : infection virale, allergie, reflux gastro-œsophagien, écoulement du nez ou encore irritation liée à l’environnement. Selon les cas, on parle aussi de gorge qui pique et fait tousser, de gorge qui chatouille ou de gêne dans la gorge qui fait tousser.
La muqueuse du pharynx forme une barrière de protection tapissée d'un épithélium (tissu biologique formé de cellules étroitement serrées et reliées entre elles) humide. Lorsqu’un virus, un allergène ou un irritant l'agresse, une inflammation peut apparaître.
Les médiateurs inflammatoires stimulent alors les terminaisons nerveuses sensitives, provoquant une sensation de picotement, de brûlure ou de démangeaison. Dans les réactions allergiques, l’histamine joue notamment un rôle important dans ces sensations.
La nuit, la gêne s'intensifie pour deux raisons cumulées. La position allongée favorise les remontées acides de l'estomac jusqu'au pharynx, et la sécrétion de salive diminue naturellement pendant le sommeil, privant la gorge de son lubrifiant naturel. Résultat : une gorge sèche et irritée qui fait tousser au pire moment.
La majorité des maux de gorge aigus sont liés à une infection, le plus souvent virale. La distinction entre angine virale et bactérienne est importante, car les angines virales ne nécessitent pas d’antibiotiques. Une antibiothérapie est indiquée notamment lorsqu’une angine à streptocoque du groupe A est confirmée par un test rapide (TROD).
Les virus sont responsables de 75 à 90 % des angines chez l'adulte. Selon le virus impliqué, la gêne peut s’accompagner d’une toux, d’un écoulement nasal, d’une fatigue ou d’une fièvre. Ces épisodes viraux guérissent généralement en quelques jours à une semaine sans antibiotiques, qui sont dans ce cadre totalement inefficaces.
Le streptocoque bêta-hémolytique du groupe A représente 25 à 40 % des angines chez l'enfant et 10 à 25 % chez l'adulte. Chez l’adulte, certains signes peuvent orienter vers une angine à streptocoque : température supérieure à 38 °C, absence de toux, ganglions cervicaux antérieurs douloureux et augmentation de volume ou exsudat des amygdales. Ces signes ne suffisent cependant pas à confirmer l’origine bactérienne : un TROD est nécessaire lorsque le contexte le justifie. Sans traitement, des complications sérieuses peuvent survenir, même si elles sont rares (abcès amygdalien, rhumatisme articulaire aigu).
À noter : lorsqu’elle est adaptée à la situation, une ordonnance conditionnelle peut être établie par les médecins de MédecinDirect : elle prévoit la délivrance de l’antibiotique uniquement si le TROD réalisé en pharmacie est positif. Dans certaines situations, le pharmacien peut également réaliser le TROD et délivrer directement l’antibiotique aux patients éligibles.
Une gorge qui gratte n’est pas toujours liée à une infection. Le reflux, les réactions allergiques, l’air sec, le tabagisme, la pollution ou certains médicaments peuvent également irriter le pharynx.
Il est fréquent : selon l’Assurance Maladie, au moins 20 % des adultes présentent occasionnellement des remontées acides ou des brûlures rétrosternales, et environ 10 % en souffrent quotidiennement. Il peut également provoquer des symptômes en dehors de l’œsophage, notamment une toux chronique, des raclements de gorge, une voix enrouée ou une sensation d’irritation pharyngée. Ces manifestations peuvent parfois survenir sans brûlures d’estomac typiques. Comme elles ont de nombreuses autres explications possibles, leur attribution au reflux nécessite toutefois une évaluation médicale.
Pollens, acariens, poils d'animaux : ces allergènes inhalés déclenchent une libération d'histamine qui provoque une hypersensibilité locale de la muqueuse pharyngée. La rhinite allergique, inflammation de la muqueuse du nez, s'accompagne fréquemment d'une gorge qui gratte et fait tousser ; et parfois de démangeaison des yeux. La rhinite allergique au pollen (rhume des foins) concerne environ 30 % des adultes en France selon l'Inserm, avec une saisonnalité marquée au printemps et à l'automne. Le mécanisme d'irritation et démangeaisons des muqueuses est similaire dans les réactions allergiques localisées, quelle que soit leur localisation anatomique.
La fumée de tabac, la pollution atmosphérique, l'air conditionné ou un chauffage excessif assèchent la muqueuse pharyngée et entretiennent une inflammation chronique. Certains métiers favorisent également ces troubles : les enseignants et chanteurs en raison d’un usage vocal intensif, et certains professionnels exposés à des poussières, vapeurs ou produits chimiques.
Une hydratation insuffisante peut accentuer la sécheresse de la bouche et de la gorge. La respiration par la bouche pendant la nuit peut également assécher les muqueuses. Boire régulièrement de l’eau par petites gorgées aide à maintenir l’hydratation et peut réduire l’inconfort.
Lors d'une rhinite allergique, d'une sinusite ou d'un rhume, le mucus produit en excès s'écoule vers le pharynx plutôt que vers l'avant. Cet écoulement permanent provoque une sensation de glaires dans la gorge, une tendance à tousser et un raclement de gorge répété. Traiter l'origine située dans le nez peut permettre d’améliorer ces symptômes.
Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion peuvent provoquer une toux sèche persistante. Sa fréquence varie selon les études et les molécules. Si les symptômes apparaissent après l’introduction d’un nouveau traitement, parlez-en au médecin sans interrompre le médicament de vous-même.
La plupart des maux de gorge simples peuvent être surveillés quelques jours. Consultez si les symptômes ne s’améliorent pas après plusieurs jours, reviennent fréquemment ou s’accompagnent d’une forte fièvre, de ganglions importants ou d’une altération marquée de l’état général. Si vous avez des difficultés à respirer ou à avaler, contactez immédiatement le 15 ou le 112.
À savoir : Un mal de gorge inexpliqué, persistant et surtout unilatéral pendant plusieurs semaines mérite une consultation médicale, en particulier s’il s’accompagne d’une difficulté à avaler, d’une douleur d’oreille du même côté, d’un enrouement persistant, d’une masse dans le cou ou d’une perte de poids inexpliquée. Le tabac et l’alcool augmentent le risque de certains cancers ORL, mais ceux-ci peuvent également survenir chez des personnes sans ces facteurs de risque.
Deux niveaux d'action existent : les mesures immédiates accessibles à tous, comme l'hydratation et le repos vocal, et les traitements médicamenteux adaptés à l'origine identifiée.
Une prise en charge naturelle peut parfois soulager. Le miel peut avoir un effet apaisant sur la toux et certains symptômes des affections respiratoires hautes. Une méta-analyse a retrouvé une amélioration modeste de la fréquence et de l’intensité des quintes par rapport aux soins habituels, même si la qualité des études reste variable. Le miel ne doit jamais être donné à un enfant de moins d’un an en raison du risque de botulisme infantile.
Les tisanes tièdes au gingembre ou au citron humidifient la muqueuse et soulagent l'inconfort.
Chez l’adulte, des gargarismes à l’eau salée peuvent également contribuer à soulager la gorge. Ils ne sont pas adaptés aux jeunes enfants en raison du risque de fausse route.
En cas de gorge qui gratte, des pastilles ou sprays contenant des substances antiseptiques, anesthésiques ou anti-inflammatoires peuvent apporter un soulagement local temporaire. Leur composition et leurs précautions d’emploi varient : demandez conseil à votre pharmacien, notamment chez l’enfant, pendant la grossesse ou en cas d'autre médicament pris. Les sirops contre la toux n’ont pas tous démontré la même efficacité et ne sont pas systématiquement nécessaires.
Le paracétamol est généralement privilégié pour soulager la douleur ou une fièvre mal tolérée. En présence d’une infection ORL ou lorsqu’une infection est avérée ou suspectée, l’ibuprofène et les autres AINS doivent être évités sans avis médical en raison du risque de complications infectieuses.
Le choix du médicament contre la gorge qui gratte dépend du diagnostic établi. L'antibiotique peut être nécessaire pour une angine streptococcique confirmée. Les antihistaminiques oraux traitent les gorges irritées d'origine allergique. En cas de RGO, la prise en charge repose d’abord sur des mesures d'hygiène de vie et d'hygiène alimentaire et, selon les symptômes et le diagnostic, des médicaments tels que les inhibiteurs de la pompe à protons. Une gêne chronique isolée de la gorge ne doit toutefois pas être automatiquement attribuée au reflux.
Le stress chronique peut également influencer la susceptibilité aux infections respiratoires. Plusieurs travaux ont retrouvé une association entre un niveau élevé de stress psychologique et une fréquence élevée d’épisodes respiratoires, mais cette relation dépend de nombreux facteurs et ne peut pas être résumée à un pourcentage unique. Voici les mesures les plus efficaces pour limiter les récidives :
Ce qu'il faut retenir sur la gorge qui gratte
Les informations de cet article sont fondées sur des données scientifiques publiées et des recommandations institutionnelles. Elles ne remplacent pas l'évaluation d'un médecin, seul à même d'apprécier votre situation personnelle. Si vous vous reconnaissez dans les situations décrites, consultez un professionnel de santé.
SOURCES :
- National library of medicine - Syndrome toux chronique
- Haute Autorité de Santé - Choix et durée d'antibiothérapie
Retrouvez ici les réponses aux questions que vous pourriez vous poser