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Douleur dans le bas-ventre à gauche, à droite, ou des deux côtés, parfois diffuse, parfois franchement localisée… Une douleur aux ovaires peut prendre de nombreuses formes et survenir à n'importe quel moment du cycle menstruel. Si elle inquiète souvent, elle n'est pas systématiquement le signe d'une pathologie grave. Dans la majorité des cas, elle est liée à l'ovulation ou au cycle et ne nécessite pas de traitement particulier. Mais certaines causes (torsion ovarienne, grossesse extra-utérine, infection) méritent une attention médicale particulière.
Une douleur aux ovaires se manifeste le plus souvent dans le bas-ventre, à droite ou à gauche selon l'ovaire concerné, parfois des deux côtés. Elle peut être unilatérale et précisément localisée, ou diffuse. Sa nature varie également. Elle peut être :
Il faut distinguer la douleur liée à l'ovulation (appelée mittelschmerz, terme allemand signifiant « douleur du milieu ») qui survient généralement en milieu de cycle (le plus souvent autour du 14e jour pour un cycle de 28 jours, mais pouvant varier entre le 7e et le 24e jour), des douleurs pelviennes chroniques qui peuvent signaler une pathologie sous-jacente nécessitant un diagnostic précis.
Les ovaires sont deux glandes reproductrices situées de part et d'autre de l'utérus. Chaque mois, au cours du cycle menstruel, l'un d'eux libère un ovule mature lors de l'ovulation. Parallèlement, ils sécrètent les hormones féminines (œstrogènes et progestérone) qui régulent le cycle. C'est précisément ce cycle hormonal qui peut être à l'origine de douleurs ovariennes physiologiques, notamment lors de l'ovulation ou juste avant les règles : en l'absence de grossesse, la chute de progestérone déclenche la libération de prostaglandines par l'endomètre, qui provoquent à leur tour les contractions utérines responsables des crampes.
Le tableau ci-dessous présente les principales causes de douleurs ovariennes, de la plus bénigne à la plus urgente. Il constitue un outil d'orientation, mais ne remplace pas une consultation médicale.
La douleur d'ovulation (mittelschmerz) est l'une des causes les plus fréquentes et les plus bénignes de douleur aux ovaires. Elle survient en milieu de cycle, dure généralement de quelques minutes à quelques heures et jusqu’à 48 heures dans certains cas, et se manifeste par une légère crampe ou une sensation de pincement d'un seul côté du ventre, alternant d'un cycle à l'autre selon l'ovaire qui ovule. Elle peut s'accompagner de légères pertes. Aucun traitement n'est nécessaire, sauf si la douleur est invalidante.
Les kystes ovariens sont extrêmement fréquents chez les femmes en âge de procréer. La majorité sont dits « fonctionnels » et disparaissent spontanément en deux à trois cycles menstruels sans traitement. Selon l’Assurance maladie, les kystes fonctionnels représentent 90 % des cas et sont liés à un dérèglement hormonal transitoire. Ils peuvent provoquer une sensation de pesanteur dans le bas-ventre, des douleurs pelviennes modérées d'un côté, des troubles urinaires ou intestinaux par compression. Les kystes organiques, moins fréquents, nécessitent une surveillance et parfois une intervention chirurgicale.
Parmi les complications à connaître : la torsion ovarienne (urgence chirurgicale si le kyste tord l'ovaire sur lui-même) et la rupture du kyste, qui provoquent toutes deux une douleur brutale et intense. Ameli.fr détaille les symptômes et l'évolution des kystes ovariens.
L'endométriose est une maladie gynécologique chronique dans laquelle des cellules semblables à celles de l'endomètre (muqueuse utérine) se développent hors de l'utérus, notamment sur les ovaires, les trompes de Fallope, le péritoine ou d'autres organes pelviens. Selon Ameli.fr, elle est multifactorielle et touche environ 10 % des femmes en âge de procréer. Elle se manifeste par des douleurs pelviennes chroniques, souvent intenses pendant les règles (dysménorrhée), des douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunie) et, parfois, des troubles digestifs ou urinaires cycliques. L'endométriose peut également affecter la fertilité.
Le diagnostic est souvent tardif (en moyenne 7 ans après les premiers symptômes). Pour en savoir plus, consultez notre article sur le sopk et l'endométriose.
La maladie inflammatoire pelvienne (MIP), souvent appelée salpingite en France, est une infection bactérienne ascendante touchant les trompes de Fallope et parfois les ovaires. Elle se manifeste par des douleurs pelviennes bilatérales, de la fièvre, des pertes vaginales anormales et parfois des douleurs lors des rapports sexuels. Non traitée rapidement, elle peut engendrer des séquelles (infertilité tubaire, risque de grossesse extra-utérine). Ameli.fr rappelle que les principaux agents responsables sont Chlamydia trachomatis et Neisseria gonorrhoeae, et que la prise en charge antibiotique doit être rapide.
La grossesse extra-utérine (GEU) survient lorsqu'un embryon s'implante en dehors de la cavité utérine ; le plus souvent dans une trompe de Fallope. Elle provoque une douleur unilatérale dans le bas-ventre, souvent associée à un retard de règles et à des saignements vaginaux peu abondants de couleur foncée. Sans prise en charge urgente, la rupture tubaire peut provoquer une hémorragie interne potentiellement mortelle. Ameli.fr insiste sur la nécessité de consulter en urgence dès qu'une douleur unilatérale accompagne un retard de règles chez une femme en âge de procréer.
Le SOPK est un trouble hormonal caractérisé par une production excessive d'androgènes, des cycles irréguliers ou absents, et la présence de nombreux petits follicules sur les ovaires. Il peut provoquer des douleurs ovariennes diffuses, mais celles-ci sont souvent moins intenses que dans l'endométriose. Le SOPK est aussi associé à des troubles métaboliques et un risque élevé de diabète. Il touche 5 à 10 % des femmes en âge de procréer.
Certaines douleurs perçues comme provenant des ovaires ont en réalité une autre origine :
Le diagnostic d'une douleur aux ovaires commence par un interrogatoire approfondi (date des dernières règles, localisation et type de douleur, antécédents gynécologiques et familiaux, contraception, etc.) qui oriente déjà le clinicien avant tout examen. L'échographie pelvienne (abdominale et/ou endovaginale) peut ensuite être réalisée : elle visualise les ovaires, l'utérus et les trompes, et détecte un kyste, une masse ou un épanchement. Une IRM pelvienne est prescrite en cas de suspicion d'endométriose profonde. Des analyses biologiques complètent le bilan : dosage du bêta-hCG pour exclure une grossesse extra-utérine, NFS et CRP pour rechercher une infection.
Le traitement symptomatique repose sur les antalgiques et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (si ces médicaments ne sont pas contre-indiqués pour vous), efficaces notamment pour les douleurs cycliques liées à l'ovulation ou aux règles. Les antispasmodiques peuvent aider en cas de crampes utérines. La chaleur locale (bouillotte) apporte parfoisdu soulagement pour les douleurs diffuses.
Prendre des médicaments sans avis médical n'est pas conseillé : seul un médecin généraliste ou un gynécologue peut identifier la cause exacte de la douleur et proposer une prise en charge adaptée. Selon les cas, il orientera vers l’examen adapté. La prise en charge se fera donc de façon spécifique, selon la cause.
L’on peut constater que de nombreuses patientes attendent trop longtemps avant de consulter, considérant leur douleur comme « normale » parce qu'elle est liée aux règles ; ce qui conduit à des diagnostics d'endométriose ou de kystes posés avec retard. Or, toute douleur cyclique qui s'aggrave, retentit sur la qualité de vie ou résiste aux antalgiques habituels justifie une consultation. Nous insistons également sur les signaux d'urgence à ne pas ignorer : une douleur brutale dans le bas-ventre avec nausées impose d'appeler le 15 sans délai, car une torsion ovarienne se traite dans les six heures ; une douleur unilatérale avec retard de règles et test positif doit conduire immédiatement aux urgences, une grossesse extra-utérine étant à exclure en priorité. Pour les situations moins critiques (douleur modérée, contexte cyclique connu, absence de fièvre), une téléconsultation reste tout à fait adaptée pour obtenir une évaluation rapide et une ordonnance si nécessaire.
Les informations de cet article sont fondées sur des données scientifiques publiées et des recommandations institutionnelles. Elles ne remplacent pas l'évaluation d'un médecin, seul à même d'apprécier votre situation personnelle. Si vous vous reconnaissez dans les situations décrites, consultez un professionnel de santé.
SOURCES :
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