Infections sexuellement transmissibles (IST) : quels signes doivent alerter ?

Les Maladies Sexuellement Transmissibles (MST) ont été mises en lumière il y a quelques années par « l’affaire du sang contaminé » et la lutte active et médiatisée contre le fléau que représente le SIDA. On les appelle désormais des Infections Sexuellement Transmissibles (IST). Si certaines d’entre elles peuvent engendrer rapidement des symptômes (permettant leur diagnostic rapide), d’autres sont plus silencieuses. De nombreux patients n’ont aucun signe de maladie bien que porteurs des germes. Cela favorise leur transmission.

 

Quelles sont les infections sexuellement transmissibles les plus fréquentes ?

On dénombre plus de trente germes responsables d’infections sexuellement transmissibles. Cependant, certains sont plus fréquents que d’autres. Ces germes peuvent être de plusieurs natures :

  • virus : virus du SIDA (VIH), Hépatite B (VHB), Hépatite C (VHC), Papillomavirus (HPV), Herpès génital (HSV)…
  • bactéries : Chlamydia, Gonocoque, Mycoplasmes, Syphilis…
  • champignons
  • parasites : Trichomonas…

Ces germes se transmettent par voie génitale lors d’un rapport sexuel, qu’il soit oral, vaginal ou anal.

 

Quels sont les signes cliniques révélateurs de ces infections ?

SIDA (virus VIH) : les premiers signes se manifestent entre 1 et 3 semaines après la transmission. Ces derniers ressemblent d’abord à une infection « pseudo-grippale » avec fièvre, courbatures, douleur de gorge, éventuelle éruption cutanée et fatigue prononcée. Dans les mois qui suivent, le patient atteint est plus sensible aux infections en tous genres. Ces symptômes réapparaissent de manière récurrente.

Hépatite B (VHB) et C (VHC) : les symptômes apparaissent plus tardivement que ceux du VIH. Ils sont similaires, avec en plus des signes digestifs (diarrhée, vomissements) et parfois un ictère cutané (coloration jaune de la peau).

Papillomavirus : selon le type de papillomavirus, l’infection peut être silencieuse ou se manifester par des verrues génitales (condylomes). Certains types entrainent des anomalies cellulaires non visibles à l’œil nu, pouvant dégénérer en cancer en l’absence de traitement.

Herpès génital : l’herpès se caractérise par des lésions muqueuses en vésicules au niveau des organes génitaux, de l’anus ou de la bouche. Ces lésions peuvent entrainer démangeaisons et parfois brulures urinaires.

Chlamydiose : il s’agit de l’IST la plus fréquente. Cette dernière est souvent silencieuse. Parfois, de la fièvre, des douleurs abdominales basses, un écoulement vaginal, anal ou urétral et des brûlures urinaires peuvent apparaître.

Gonococcie (« chaude-pisse ») : les symptômes sont similaires à ceux de la chlamydiose.

Infections à Trichomonas ou à Mycoplasmes : le plus souvent marquées par des brûlures urinaires, des démangeaisons et un écoulement urétral, anal ou vaginal sans fièvre.

Syphilis : les symptômes surviennent en 3 phases consécutives. Dans un premier temps, il existe une lésion caractéristique (appelée chancre) sur la peau ou les muqueuses (gland, vagin, anus…). En l’absence de traitement, la maladie évolue éventuellement vers un stade secondaire avec fièvre, douleurs articulaires, éruption cutanée diffuse, perte de cheveux. Enfin, (parfois plusieurs années après la transmission) celle-ci évolue vers un stade tertiaire avec des atteintes potentiellement graves (neurologiques, cardiaques, oculaires notamment).

Tout symptôme évocateur d’une infection sexuellement transmissible doit être bilanté par un médecin. Après un examen médical, ce dernier pourra éventuellement prescrire des examens complémentaires.

 

Comment diagnostiquer les infections sexuellement transmissibles ?

Dans certains cas, le diagnostic se fait uniquement lors de l’examen médical. C’est le cas de l’herpès génital et de la phase primaire de la syphilis.

Différents types de tests peuvent également être proposés selon la maladie suspectée et recherchée :

  • une prise de sang avec recherche sérologique permet de diagnostiquer les virus du SIDA, des hépatites B et C, de la syphilis (pour confirmation)
  • une analyse d’urines peut mettre en évidence un gonocoque et un chlamydia chez l’homme
  • un prélèvement local (vaginal, anal ou urétral) réalisé au laboratoire peut diagnostiquer les trichomonas, mycoplasmes, et chlamydias et gonocoques chez la femme

Un frottis révèle la présence de papillomavirus et son typage. Le frottis est réalisé par un médecin (généraliste ou gynécologue).

 

Je n’ai pas de symptôme, dois-je me faire dépister ?

Certaines infections sexuellement transmissibles peuvent être silencieuses pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois.

C’est pourquoi un dépistage sanguin des maladies les plus graves (VIH, VHB, VHC, Syphilis) s’impose suite à un rapport à risque (mal ou non protégé), même lorsqu’il n’y a aucun symptôme. Un dépistage sanguin est également indiqué lorsqu’un couple décide d’arrêter la protection par préservatifs.

En l’absence de symptômes évocateurs, le diagnostic des autres IST (par prélèvement urinaire ou local) n’est indiqué que lorsque le partenaire sexuel présente une infection identifiée.

 

Quels sont les traitements ?

Les modalités de traitements diffèrent selon l’infection. Ces traitements ne peuvent être délivrés que sur ordonnance. Il est donc indispensable de consulter au préalable.

Certaines maladies comme la chlamydiose, la gonococcie, la syphilis, les infections à mycoplasmes et trichomonas peuvent être prises en charge par des antibiotiques (par voie orale ou injectable). Des traitements courts (une seule dose) ont également démontré leur efficacité. Le(s) partenaire(s) doivent être dépistés et traités dans le même temps.

L’herpès génital se traite par des médicaments spécifiques appelés anti-viraux, tout comme l’hépatite C qui nécessite un suivi spécialisé par la suite.

La prise en charge des papillomavirus dépend du type, du nombre et du stade d’évolution : ils se résorbent parfois seuls mais peuvent bénéficier d’un traitement local, laser, voire chirurgical.

A ce jour, il n’existe aucun traitement permettant de guérir des hépatites B et du SIDA : des traitements permettent toutefois d’éviter l’évolution de la maladie et ses conséquences. Cela réduit ainsi la charge virale, et donc le risque de transmission. Cependant, ces traitements lourds sont à envisager par un médecin spécialiste. Ils seront à prendre tout au long de la vie du patient.

A noter qu’il existe un traitement d’urgence en cas de rapport non ou mal protégé pour limiter le risque de contamination par le VIH. Pour en bénéficier, il faut se rendre dans les 48 heures au service d’urgences médicales le plus proche.

 

Prévenir plutôt que guérir…

Seul le virus de l’hépatite B et certaines souches de papillomavirus disposent d’un vaccin. Malgré la recherche qui avance, aucun vaccin n’est disponible contre le virus du SIDA. La meilleure façon de guérir d’une maladie étant de ne pas la contracter, on rappelle que le seul moyen efficace de lutter contre les infections sexuellement transmissibles est le préservatif. Protégez-vous, et protégez ceux que vous aimez !

Pour aller plus loin :
Le guide des infections sexuellement transmissibles
SIDA-Info-Service


Auteur : Dr Mathieu Flandin, médecin généraliste – Juin 2019

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