Nos services

La boulimie et l’hyperphagie boulimique sont deux troubles du comportement alimentaire (TCA) qui se caractérisent par la prise compulsive de denrées. Des quantités considérables d’aliments sont mangées sur un laps de temps restreint par le patient souffrant de ces deux troubles. Dans les deux cas, des réactions de purge sont mises en place par culpabilité d'avoir consommé une telle quantité de nourriture. Mais alors, quelle est la différence entre ces deux troubles et surtout, comment les soigner ?
Qu’est-ce que la boulimie et l’hyperphagie boulimique ?
Pourquoi peut-on souffrir de ces troubles du comportement alimentaire ?
Boulimie et hyperphagie boulimique : les causes
Les symptômes observés
Prise en charge de la boulimie et de l’hyperphagie boulimique
Conseils pratiques au quotidien
L’avis des experts de MédecinDirect
Elles font partie de ce que l’on appelle troubles du comportement alimentaire (TCA), tout comme l’anorexie mentale. Il s’agit de conduites qui ont des répercussions physiques mais surtout, mentales. Ces deux troubles sont causés par de nombreux facteurs, aussi bien sociaux que personnels.
Elle est caractérisée par des crises durant lesquelles la personne va absorber de grandes quantités d’aliments de manière compulsive, dans un laps de temps très court, à n’importe quel moment du jour ou de la nuit. L'épisode est une véritable incapacité à se freiner. Elle est suivie par des comportements compensatoires inappropriés. Le plus connu est le vomissement provoqué, mais ce n’est pas le seul.
Les sujets peuvent utiliser des laxatifs, des diurétiques ou réaliser un exercice physique en excès. De même, ils peuvent jeûner entre les crises. Ces personnes présentent souvent une faible estime de soi et ne sont généralement pas en surpoids, du fait de toutes les mesures d'épuration effectuées.
L’hyperphagie boulimique ressemble beaucoup à la boulimie. En effet, le patient va avoir des épisodes de pulsions, où il va manger une grande quantité de nourriture. Mais elle ne va pas adopter de comportements compensatoires. De ce fait, l’hyperphagie boulimique occasionne souvent un surpoids ou une obésité, avec en complément, une grande souffrance psychique provoquée par l’incapacité à s’arrêter de manger.
La différence entre la boulimie et l’hyperphagie boulimique n’est donc pas le processus de crise, mais bien la présence ou non de comportements compensatoires inappropriés.
Tout d’abord, ce sont des affections plutôt fréquentes, en particulier l’hyperphagie. En effet, la boulimie touche environ 1,5 % des jeunes de 11 à 20 ans, tandis que l’hyperphagie boulimique touche 3 à 5 % de la population. Cependant, on considère que ce trouble est sous-estimé car les personnes touchées consultent peu.
Alors que la boulimie touche plutôt les femmes, l’hyperphagie touche autant les hommes que les femmes. Elle est souvent associée à une surcharge pondérale. Mais alors, pourquoi souffre-t-on autant de ces deux troubles alimentaires ?
Il n’existe pas une cause permettant d’expliquer. En effet, les habitudes dépendent de nombreux facteurs génétiques, sociaux et psychologiques. Ils peuvent être influencés par des facteurs familiaux, socioculturels ou environnementaux.
Les profils plus fragiles sont davantage en proie à subir. C’est le cas des personnes souffrant de :
De manière plus générale, ceux qui ont une baisse de confiance en soi sont plus en proie aux troubles du comportement alimentaire.
L'entourage peut influer. Ainsi, lorsqu’on vit dans un milieu où la maigreur est synonyme de beauté ou de réussite, on peut avoir tendance à développer ce type de pathologie. Certains événements malheureux de la vie peuvent causer la mise en place d’un certain régime alimentaire :
Cela peut être réalisé de manière consciente ou inconsciente.
Les manifestations sont nombreuses. Il s’agit de la manifestation des troubles. On peut donc citer :
Certains indices sont propres à la boulimie. Il s’agit :
La crise de boulimie est le symptôme majeur de la boulimie et de l’hyperphagie boulimique. Elle est causée par une tension intérieure et surtout, par un sentiment de manque, mêlé à de l’anxiété ou à de l’irritabilité.
Durant l'accès, le/la boulimique va être dans la perte de contrôle et le besoin d’assouvir une pulsion. C’est au moment où la personne cède que la pulsion prend le contrôle afin de combler un vide intérieur.
La personne va ingérer une grande quantité de nourriture en un temps record, sans ressentir de plaisir. Cependant, les aliments choisis sont généralement riches et sucrés, comme pour solliciter la satisfaction.
Le problème est qu’après l’ingestion, le sentiment de culpabilité surpasse la satisfaction de l’assouvissement de la pulsion, ce qui entraîne, dans le cas de la boulimie seulement, une phase de vomissements, pour se purger. Cette phase est censée soulager.
La honte laisse place au dégoût et à la volonté de se reprendre en main afin de ne plus jamais recommencer. Le problème est que ces crises fonctionnent comme un cercle vicieux.
Le rituel devient indispensable pour le/la boulimique car il soulage sur l'instant, malgré des conséquences destructrices pour le corps et l'esprit.
Ces troubles empêchent l’organisme de fonctionner correctement. Le corps manque de nutriments ou, à l'inverse, en reçoit trop.
La boulimie peut avoir des conséquences sur la santé physique :
La boulimie et l’hyperphagie boulimique présentent également de véritables répercussions psychologiques. En effet, les dégâts psychologiques sont tout aussi graves que les conséquences physiques parfois irréversibles. Voici les conséquences psychologiques les plus courantes :
On voit donc bien à quel point il est indispensable de traiter au plus vite la boulimie et l’hyperphagie boulimique pour éviter ces conséquences physiques et psychiques et surtout, pour éviter les complications irréversibles.
Synthèse des conséquences
Puisque l'origine est mentale, c’est vers les spécialistes de la santé mentale qu’il faut se tourner. On consultera donc un psychologue ou un psychiatre. L’idéal est de réaliser une thérapie comportementale.
Pour pouvoir diagnostiquer puis traiter ces troubles, il est indispensable d’observer les comportements de la personne en cause. Il s’agit d’un diagnostic psychologique.
Le diagnostic se fonde sur la présence de crises boulimiques pendant lesquelles la personne va perdre le contrôle et ingurgiter une quantité astronomique de nourriture en un temps record.
Pour distinguer une personne atteinte de boulimie ou d’hyperphagie, il faut savoir s’il y a présence de comportements compensatoires. Si c’est le cas et que les crises surviennent plus de 2 fois par semaine durant au moins 3 mois consécutifs, on parlera de boulimie.
Enfin, le médecin va évaluer l’estime de soi de la personne boulimique et surtout, si elle est influencée par la silhouette et par le poids.
Outre l’évaluation psychologique permettant de diagnostiquer la présence ou non du trouble, il faudra également faire une évaluation somatique afin de constater les conséquences des purges et des comportements compensatoires mettant en péril la santé du patient.
Le médecin évaluera notamment la présence de problèmes cardiaque, dentaires, gastro-intestinaux, osseux, rénaux et dermatologiques.
Le test EAT-26 permet de dépister les personnes qui souffrent de TCA. Il est nommé ainsi car il y a 26 items que le patient doit renseigner puis remettre à un professionnel.
Il est indispensable de s'attaquer à la source. Bien souvent, il faut traiter le premier trouble, c’est-à-dire l’anorexie mentale qui est à la source de la boulimie, mais pas de l’hyperphagie.
Il est indispensable de pratiquer la thérapie comportementale et cognitive (TCC) qui est très efficace. On peut également pratiquer l’hypnose. Dans tous les cas, une prise en charge psychothérapeutique est indispensable. Vous pouvez prendre rendez-vous en téléconsultation pour avoir une première approche.
Dans certains cas plus spécifiques, une thérapie familiale peut être indispensable pour comprendre et résoudre les conflits entre les membres de la famille. C'est le cas lorsque l'origine de la boulimie ou de l'hyperphagie boulimique est causée par des facteurs familiaux.
Dans la prise en charge de la boulimie et de l’hyperphagie, les stratégies thérapeutiques reposent souvent sur un accompagnement psychologique et médical. Toutefois, certains outils concrets du quotidien peuvent jouer un rôle complémentaire important, en aidant les personnes concernées à :
C’est souvent proposé comme un premier levier. Contrairement à une idée reçue, il ne s’agit pas de compter les calories ou de surveiller strictement les quantités, mais plutôt de :
Ce travail d’observation permet de mettre en exergue des schémas récurrents, comme des crises survenant après une période de restriction, lors de situations de stress ou en réponse à des émotions difficiles telles que l’ennui, la tristesse ou l’anxiété. Progressivement, le journal alimentaire devient un outil de dialogue, notamment lorsqu’il est partagé avec un professionnel de santé.
La gestion du stress constitue un autre pilier important. Le stress chronique est reconnu comme un facteur aggravant des troubles du comportement alimentaire, en particulier dans les formes d’hyperphagie émotionnelle. Apprendre à identifier les signaux corporels du stress et à y répondre autrement que par la nourriture peut contribuer à diminuer l’intensité et la fréquence des crises.
Des techniques simples, accessibles au quotidien, comme la respiration profonde, ont montré un intérêt dans la régulation émotionnelle. Il s’agit par exemple de :
L’objectif n’est pas de supprimer les émotions négatives, mais d’en réduire l’impact sur les comportements alimentaires, en offrant des alternatives plus adaptées pour faire face aux tensions psychiques.
C’est également un point clé, souvent sous-estimé. Les périodes de jeûne prolongé ou les repas sautés favorisent les déséquilibres biologiques et augmentent le risque de perte de contrôle alimentaire ultérieure. Instaurer des repas et collations à horaires relativement stables permet :
Cette régularité contribue aussi à restaurer la perception des signaux de faim et de satiété, souvent altérés dans les troubles du comportement alimentaire. Là encore, l’approche doit rester souple et progressive, adaptée au rythme et aux contraintes de chaque personne, afin d’éviter toute rigidité excessive.
La boulimie et l’hyperphagie boulimique sont des troubles du comportement alimentaire reconnus, complexes et multifactoriels. Ils ne relèvent ni d’un manque de volonté ni d’un simple problème de rapport à la nourriture, mais s’inscrivent dans des mécanismes psychiques profonds associant troubles de la régulation émotionnelle, anxiété, dépression et altération de l’estime de soi. Les crises alimentaires répondent à une détresse psychique et non à une faim physiologique.
Ces troubles peuvent entraîner des conséquences somatiques et psychologiques importantes, notamment digestives, métaboliques, cardiaques et psychiatriques. La distinction entre boulimie et hyperphagie boulimique est importante, car la présence ou non de comportements compensatoires modifie le risque médical et oriente la prise en charge. Un repérage précoce permet de limiter les complications et d’améliorer le pronostic.
Le traitement repose principalement sur une prise en charge psychothérapeutique, en particulier les thérapies cognitivo-comportementales, associée à un suivi médical régulier et, si besoin, à un accompagnement nutritionnel non restrictif. La téléconsultation constitue aujourd’hui un outil complémentaire utile pour initier le suivi, lever les freins à la consultation et assurer une continuité des soins dans un cadre sécurisé.
SOURCES :
Assurance Maladie – Boulimie et hyperphagie boulimique
Haute Autorité de Santé – Boulimie et hyperphagie boulimique
Inserm – Trouble des conduites alimentaires
GIPHAR – Boulimie : comment s’en sortir
Retrouvez ici les réponses aux questions que vous pourriez vous poser