Bruxisme : causes, symptômes et traitements efficaces

Une jeune dame qui a mal à la mâchoire car elle est atteinte de bruxisme.

On estime que la prévalence du bruxisme est bien plus élevée chez les jeunes adultes. Pourtant, la plupart des personnes qui crissent des dents ou serrent la mâchoire l'ignorent complètement, jusqu'à ce que la douleur ou un proche les alerte. Cette affection musculaire, souvent discrète, peut à terme provoquer une dégradation prématurée des dents, des douleurs chroniques de la musculature faciale, et même des complications au niveau des articulations temporo-mandibulaires (ATM). Décryptage d'un phénomène plus sérieux qu'il n'y paraît.

En bref
Le bruxisme est un dysfonctionnement musculaire caractérisé par le grincement ou le serrement involontaire des dents, touchant environ 8 % des adultes. Il existe deux formes : la forme de nuit (la plus fréquente, 80 % des cas) et la forme diurne, souvent liée au stress ou à la concentration. Les principales causes sont le stress, une mauvaise occlusion dentaire (même si, aujourd'hui le rôle des troubles de l'occlusion est beaucoup plus discuté qu'avant), la consommation d'alcool, de caféine ou certains médicaments. Les symptômes comprennent : douleurs à la mâchoire, usure dentaire, sensibilité élevée et maux de tête matinaux. Le traitement repose sur une gouttière occlusale sur-mesure, des techniques de relaxation, et dans les cas sévères, des injections de toxine botulique. Une consultation chez le dentiste est recommandée dès l'apparition de signes persistants.
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Qu'est-ce que le bruxisme ?

Le bruxisme est défini comme une activité répétitive des muscles mandicateurs, caractérisée par un grincement ou un serrement involontaire des dents. Ce phénomène fait partie de ce que les spécialistes appellent les activités para-fonctionnelles ; des mouvements de la bouche sans lien avec la mastication ou la parole. Le bruxisme touche environ 8 % de la population adulte dans le monde. Il se distingue ainsi d'une simple mauvaise habitude : il s'agit d'un dysfonctionnement fonctionnel à part entière, qui sollicite en permanence les muscles mandibulaires bien au-delà de leur usage normal. À long terme, cette suractivité musculaire use l'émail des dents, détériore les couronnes et peut déchausser, voire fracturer les dents.

Les deux formes de bruxisme

On distingue deux formes principales de cette affection :

  • Le grincement des dents du bas contre celles du haut, alors que l’on ne mastique pas
  • Le serrement continu des mâchoires (le fait de contracter les muscles manducateurs en permanence.

Il est possible de ne bruxer que le jour, que la nuit, ou les deux. Néanmoins, la forme nocturne est la plus fréquente. Il survient pendant le sommeil ; la personne n'en a généralement aucune conscience. C'est souvent le partenaire de lit qui entend le frottement caractéristique. Le Réseau Morphée, réseau de santé spécialisé dans les troubles chroniques du sommeil, rappelle que cette forme peut être aggravée par la consommation d'alcool ou de tabac en soirée, ainsi que par certains médicaments.

Le bruxisme diurne, lui, se manifeste en journée par un serrement involontaire des dents, souvent silencieux, contrairement au grincement nocturne. Il survient fréquemment lors de situations de tension nerveuse, de concentration intense, ou d'anxiété. Certaines personnes serrent les dents sans s'en rendre compte en travaillant sur ordinateur, en conduisant ou même en lisant. C'est un geste réflexe que la prise de conscience pourrait, en partie, aider à corriger.

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Quelles sont les causes du bruxisme ?

Les causes du bruxisme sont assez mal identifiées. Toutefois, certaines étiologies sortent du lot :

  • l’anxiété et la pression psychologique : un comportement d’effort lié au stress (physique, émotionnel, etc.) ou à une concentration intense pousse à serrer les dents en continu ;
  • des dents qui ne s’emboitent pas bien (altération de l’occlusion des dents) sont susceptibles de créer une gêne pouvant entrainer un besoin de trouver une position plus confortable ;

D'autres éléments déclencheurs ou aggravants sont identifiés :

  • Consommation d’alcool, de caféine ou de tabac, surtout en soirée
  • Certains médicaments (antidépresseurs ISRS, L-Dopa, amphétamines)
  • Consommation de substances psychoactives.

Quels sont les symptômes du bruxisme ?

Voici les manifestations les plus caractéristiques :

  1. douleurs faciales, au niveau de la mâchoire ou des oreilles ;
  1. dégradation visible des dents ;
  1. sensibilité élevée aux aliments chauds ou froids ;
  1. douleurs cervicales ou faciales diffuses, parfois confondues avec des céphalées de tension ;
  1. certaines personnes consultent à la suite de de plaintes de leur conjoint(e), du fait des bruits occasionnés par les crissements dans la nuit ;
  1. dans les cas sévères : une rage de dents peut survenir si la pulpe dentaire est fragilisée par l'érosion chronique.

Si plusieurs de ces indices sont présents en même temps, il est conseillé d'en parler à un dentiste ou à un stomatologue.

Comment traiter le bruxisme ?

Parce que le bruxisme trouve souvent ses racines dans l'anxiété, la prise en charge ne se limite pas aux dents. Les techniques de relaxation font partie des outils recommandés pour agir sur le terrain psychologique : en aidant à relâcher les tensions accumulées, elles peuvent réduire la fréquence et l'intensité des épisodes de grincement ou de serrement.

Sur le plan bucco-dentaire, la gouttière occlusale sur-mesure (fabriquée par le chirurgien-dentiste) peut aider. Elle protège l'émail, absorbe les contraintes mécaniques et contribue à détendre les muscles masticateurs pendant le sommeil.

Lorsque ce trouble est sévère et que les traitements habituels se révèlent insuffisants, des injections de toxine botulique dans les muscles manducateurs peuvent être envisagées (c'est une option spécialisée dans certaines situations sélectionnées). Réalisées sous contrôle électromyographique, elles réduisent la force de contraction musculaire, limitant ainsi le risque de fractures des dents, de dommages sur les prothèses ou implants, et de douleurs chroniques au niveau des articulations temporo-mandibulaires.

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Quand faut-il consulter pour un bruxisme ?

Tous les épisodes de grincement ne nécessitent pas une consultation urgente, mais certains indices méritent d'être évalués sans trop attendre :

  • douleurs persistantes à la mâchoire, aux tempes ou au cou au réveil
  • maux de tête matinaux récurrents, non expliqués autrement
  • dents visiblement détériorées, ébréchées ou anormalement sensibles
  • difficultés à ouvrir ou fermer la bouche normalement
  • craquements ou douleurs des articulations temporo-mandibulaires
  • Troubles du sommeil associés : réveils fréquents, fatigue chronique

Pour les enfants, une consultation chez le spécialiste dès que ce phénomène est signalé par l'entourage est recommandée, même si le trouble disparaît souvent spontanément avec la croissance.

L'avis des experts de MédecinDirect

Le bruxisme n'est pas une mauvaise habitude volontaire, mais le symptôme d'un stress ou d'un trouble du sommeil sous-jacent qu'il convient de traiter. Le rôle du médecin est avant tout d'orienter : vers un dentiste pour évaluer l'usure et envisager une gouttière, vers un psychologue ou sophrologue si l'anxiété est en cause, ou vers un spécialiste du sommeil en cas d'apnée suspectée. Les patients qui associent protection dentaire et gestion active du stress obtiennent généralement de bons résultats, à condition de ne pas attendre que les dégâts soient trop avancés pour consulter.

Sources :

  1. Réseau Morphée – Le bruxisme : définition, causes et traitements
  1. Fondation Rotschild - Bruxisme
  1. Santé sur le net
  1. Union française pour la santé bucco-dentaire

FAQ

Retrouvez ici les réponses aux questions que vous pourriez vous poser

Le stress peut-il provoquer du bruxisme ?
+
Oui, c'est l'un des facteurs déclenchants les mieux documentés. Le stress chronique, l'anxiété et les émotions intenses activent le système nerveux autonome, qui peut se traduire par des contractions involontaires des muscles masticateurs. Des études publiées sur PubMed montrent que des niveaux élevés de stress raccourcissent le temps de sommeil et augmentent les épisodes de bruxisme nocturne. Mais le stress n'explique pas tout : des facteurs génétiques, médicamenteux et neurologiques jouent aussi un rôle. La bonne nouvelle : travailler sur la gestion du stress (TCC, sophrologie, relaxation) réduit souvent l'intensité du bruxisme.
Comment savoir si je fais du bruxisme la nuit ?
+
Le bruxisme nocturne étant inconscient, il est souvent difficile à détecter seul. Les indices les plus fiables sont : des douleurs ou raideurs à la mâchoire au réveil, des maux de tête temporaux au saut du lit, des dents qui semblent plus sensibles ou plus courtes que d'habitude, et bien sûr le témoignage d'un partenaire qui entend le grincement. Votre dentiste peut également repérer les signes d'usure caractéristiques sur vos dents lors d'un examen de routine. Un enregistrement nocturne via application smartphone ou des dispositifs spécialisés (capteurs de mâchoire) peuvent aussi aider au diagnostic.
Une gouttière est-elle toujours nécessaire ?
+
Non, pas systématiquement. La gouttière occlusale est recommandée dès que le bruxisme entraîne une usure dentaire visible ou des douleurs persistantes. Dans les cas légers, sans dommages dentaires ni douleurs significatives, une approche axée uniquement sur la gestion du stress, l'hygiène du sommeil et la kinésithérapie peut suffire. La décision appartient au dentiste ou au stomatologue après examen clinique. En revanche, si le bruxisme est avéré et que les dents commencent à s'user, attendre sans protection risque d'aggraver les lésions de façon irréversible.
Quel est le traitement pour le bruxisme chez l'enfant ?
+
Le bruxisme chez l'enfant disparaît souvent spontanément. Pour cette raison, le traitement n'est pas systématique chez le tout-petit. La priorité est d'identifier une cause sous-jacente (stress scolaire, anxiété, troubles du sommeil) et de la traiter. Les gouttières ne sont généralement pas recommandées chez les enfants en denture mixte, car elles peuvent gêner le développement dentaire. En revanche, un suivi dentaire régulier est conseillé pour surveiller l'usure. Si le bruxisme persiste jusqu'à l'adolescence avec des signes d'usure, une consultation chez le dentiste ou le stomatologue est indiquée.
Le bruxisme peut-il disparaître avec le temps ?
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Chez l'enfant et l'adolescent, oui : le bruxisme régresse souvent naturellement avec la maturation du système nerveux et la fin des changements dentaires. Chez l'adulte, c'est plus nuancé. Un bruxisme déclenché par une période de stress intense peut s'atténuer lorsque la cause disparaît. Mais un bruxisme chronique, installé depuis des années, ne disparaît généralement pas seul, il se gère. Avec la bonne combinaison de traitements (gouttière, gestion du stress, prise en charge des troubles du sommeil), la majorité des patients voit ses symptômes s'améliorer significativement, même si une surveillance à long terme reste nécessaire.
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