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Maladie de Lyme : comment s’en prévenir et la traiter ?

La maladie de Lyme, appelée aussi « borréliose de Lyme », est une maladie souvent mal comprise qui touche plusieurs dizaines de milliers de personnes en France chaque année. Transmise par les piqûres de tiques, elle provoque des symptômes très variables qui évoluent selon le stade de la maladie.

La période estivale, particulièrement propice aux balades en forêt, augmente le risque de piqûres, surtout chez les enfants. Mieux connaître cette maladie permet de se protéger et d’agir le plus rapidement possible pour éviter les complications en recevant un traitement. Dès l’apparition d’un symptôme anormal dans les semaines qui suivent la piqure, il est important de consulter son médecin.

Qu’est-ce que la maladie de Lyme ?

Appelée « borréliose de Lyme », la maladie de Lyme est une infection bactérienne provoquée par la bactérie Borrelia burgdorferi. Elle est transmise à l’homme par une morsure de tique infectée et évolue ensuite en trois phases de plus en plus graves, pendant parfois plusieurs années. En France, c’est entre mars et septembre que les contaminations sont les plus importantes. Les activités extérieures comme les travaux agricoles, ou les promenades en forêt sont les principaux facteurs de risque de transmission de la maladie.

Pour éviter les complications, il est possible de prévenir les piqûres de tiques, et de prendre un traitement le plus rapidement possible.

La transmission de la maladie

Tout le territoire français est concerné par la présence de tiques à l’exception du bassin méditerranéen et des régions montagneuses. Même si toutes les tiques ne sont pas infectées par la bactérie Borrelia burgdorferi, toute morsure est susceptible de transmettre la maladie, et doit donc être traitée le plus rapidement possible.

Les trois phases de la maladie

En l’absence de traitement, la maladie de Lyme se développe dans le corps sur plusieurs semaines, voire parfois plusieurs années. Elle n’est pas toujours facile à diagnostiquer à cause des symptômes qui peuvent être confondus avec d’autres maladies. Elle évolue en trois grandes stades de plus en plus graves :

Premier stade : les symptômes ne se déclarent que dans 1 cas sur 2. En général ils apparaissent quelques heures après la morsure de tique et ressemblent à une grippe ordinaire avec une légère fièvre, une raideur de la nuque, des fourmillements, ou des maux de tête. Ils peuvent persister jusqu’à 10 jours après la piqûre. Le principal symptôme à cette phase est une rougeur foncée de plusieurs centimètres, de forme ovale, tout autour de la piqûre, que l’on appelle un « érythème migrant ».

Deuxième stade : après quelques semaines, les symptômes deviennent plus sévères et atteignent tout le corps. Il peut s’agir d’une sensation de courbatures, de douleurs dans les membres, ou d’une grande fatigue par exemple. La rougeur de l’érythème migrant peut se diffuser à d’autres endroits du corps et des nodules de 2 à 3 cm peuvent apparaître. À ce stade, les douleurs articulaires et les atteintes neurologiques sont beaucoup plus importantes.

Troisième stade : plusieurs mois ou plusieurs années après la morsure de tique infectée par la Borrelia, la maladie de Lyme devient chronique et les symptômes s’accentuent de plus en plus. L’arthrite (douleurs articulaires) est le symptôme principal, mais on retrouve aussi une sinusite, des acouphènes, des troubles gastro-intestinaux ou des troubles neuromusculaires. À ce stade, la maladie est très invalidante pour la personne.

Seul un médecin peut faire le diagnostic de la maladie de Lyme grâce à un examen clinique très précis et des examens complémentaires.

Comment se diagnostique la maladie ?

Bien que la maladie de Lyme soit de plus en plus connue, le diagnostic reste encore très difficile à cause des symptômes très différents d’une personne à l’autre. Pourtant, si elle n’est pas diagnostiquée à temps, elle devient chronique et très handicapante. C’est seulement 4 à 6 semaines après la morsure de tique qu’une prise de sang peut être faites pour détecter la présence de Borrelia burgdorferi. Cependant, comme il n’existe pas de test direct de la bactérie, une prise de sang négative n’exclue pas le diagnostic de maladie de Lyme. Deux autres techniques sont disponibles pour faire le diagnostic :

  • La biopsie cutanée, qui consiste à prélever un petit morceau de peau au niveau de la rougeur (l’érythème migrant) autour de la morsure de tique
  • La ponction lombaire, c’est-à-dire l’analyse du liquide céphalorachidien qui circule dans la colonne vertébrale et le cerveau. Toutefois, ici encore, même un résultat négatif ne signifie pas de façon certaine que la personne n’est pas infectée par la borréliose de Lyme.

Le manque de test diagnostic fiable à l’heure actuelle peut engendrer de nombreuses erreur de diagnostic et ralentir la prise en charge.

Comment traite-t-on la maladie de Lyme ?

Comme il s’agit d’une infection bactérienne, l’utilisation des antibiotiques, de préférence le plus tôt possible, permet de prévenir l’évolution de la maladie dans la plupart des cas. Si aucun symptôme ne se manifeste dans les semaines et les mois qui suivent une morsure de tique, il n’est pas nécessaire de prendre de traitement antibiotique. Cependant, certains cas peuvent nécessiter la prise d’un antibiotique en prévention :

  • Durée d’attachement de la tique supérieure à 48 – 72 heures
  • Durée d’implantation de la tique inconnue mais tique gorgée de sang au moment du retrait
  • Chez la femme enceinte et l’enfant de moins de 8 ans s’il y a eu plusieurs morsures et des attachements de plus de 48h
  • Chez les personnes ayant un faible système immunitaire à cause d’une maladie ou d’un traitement

En cas de rougeur de plusieurs centimètres autour de la morsure (l’érythème migrant), il est préférable de prendre une antibiothérapie par doxycycline ou amoxicilline pendant 14 jours (ou azithromycine pendant 7 jours en cas d’allergie). La réponse au traitement et en général excellente avec une disparition rapide et complète des symptômes un mois après l’antibiotique. Les autres stades de la maladie sont parfois plus difficiles à traiter, et nécessitent une prise en charge médicale spécialisée.

Peut-on prévenir la maladie de Lyme ?

Comme la borréliose de Lyme est transmise par les morsure de tique, il est possible de les prévenir lors d’une promenade en forêt, d’un séjour en zone boisée ou végétalisée, d’une activité de jardinage, ou même d’une randonnée. Il est recommandé de :

  • Porter des vêtements longs et claires afin de mieux repérer les tiques
  • Glisser les bas de pantalon dans les chaussettes
  • Porter des vêtements couvrants (surtout la tête et le cou chez les enfants) et des chaussures fermées
  • S’équiper d’un tire-tique
  • Imprégner les vêtements par des répulsif dédiés

Après une activité à risque de morsure de tique, il faut inspecter tout le corps entier surtout les aisselles, le plie du genou, le nombril, les oreilles, le cuir chevelu ou les zones génitales. Comme la tique ne mesure que 1 à 3 mm, il est recommandé de refaire cet examen le lendemain quand elle sera gorgée de sang et donc mieux visible.

Que faire après une morsure de tique ?

Dès que l’on se rend compte que l’on a été piqué par une tique, il faut l’enlever le plus vite possible, mais pas n’importe comment ! Il est recommandé de la retirer mécaniquement avec un tire-tique, disponible en pharmacie ou chez les vétérinaires, qui permet de faire un mouvement de rotation et de traction perpendiculaire à la peau en évitant d’arracher la tête de la tique.

Il faut ensuite désinfecter le site de morsure après le retrait (et non pas avant car elle peut régurgiter) et surveiller l’évolution du point de morsure. L’apparition de symptômes dans les semaines qui suivent doit faire consulter un médecin dès que possible :

  • Des douleurs, de la fièvre ou une fatigue inexpliquée
  • Une rougeur importante de plusieurs cm autour de la morsure (l’érythème migrant)
  • Des douleurs articulaires ou des symptômes neurologiques par exemple

 


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Auteur : Dr Claire Lewandowski, Psychiatre – 01 août 2018

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