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Trouble Bipolaire : Causes, symptômes et traitement
Trouble Bipolaire : Causes, symptômes et traitement
Mis à jour le 
27
.
05
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2024
Article relu par la Direction Médicale de MédecinDirect
Trouble bipolaire
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Anciennement appelé psychose maniaco-dépressive ou folie circulaire, le trouble bipolaire est une maladie mentale chronique responsable de dérèglements de l’humeur. Favorisée par des facteurs biologiques et génétiques, la maladie apparaît le plus souvent chez le jeune adulte. C’est l’une des pathologies les plus sévères qui conduit à des risques de suicide fréquents. Cependant, les phases d’excitation et de dépression qui les caractérisent varient d’une personne à une autre. Avoir une bonne connaissance des symptômes et des traitements adaptés permet d’améliorer nettement la vie des personnes atteintes.

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Qu'est-ce que le Trouble Bipolaire ?

Le trouble bipolaire est une maladie mentale sévère caractérisée par une variation anormale de l’humeur, avec l’alternance de deux phases, d’où le mot bipolaire.  

La personne peut par exemple vivre une période de profonde excitation appelée épisode maniaque, puis une période de dépression, voire de mélancolie. Entre ces périodes, surviennent des épisodes de stabilité qui durent plus ou moins longtemps, selon les personnes.

Le trouble bipolaire débute souvent précocement, c’est-à-dire à l’adolescence, et entre 20 et 30 ans. Toutefois, il peut aussi apparaître chez des personnes de plus de 60 ans, voire 70 ans. Les hommes sont aussi bien touchés que les femmes.

44% des adolescents atteints du trouble bipolaire sont à risque de suicide. Devant une tentative de suicide chez un jeune, il est impératif de chercher un trouble bipolaire.

Le saviez-vous ? Il peut s’écouler 8 à 10 ans entre le début de la maladie et la mise en route d’un traitement adapté, car le diagnostic du trouble bipolaire n’est souvent pas posé au début de son évolution.

Types de troubles bipolaires

La plupart des troubles bipolaires peuvent être ainsi classés :

  • trouble bipolaire I : la personne a présenté au moins un épisode maniaque et des épisodes dépressifs ;
  • trouble bipolaire II : la personne a présenté des épisodes dépressifs majeurs, au moins un épisode maniaque moins grave (hypomaniaque), mais aucun épisode véritablement maniaque.
  • trouble cyclothymique : ici, la personne connait des épisodes qui ressemblent à un trouble bipolaire, mais ces derniers sont légers et ne remplissent pas les critères des troubles bipolaires I et II.

Le trouble bipolaire induit par une substance (cocaïne) ou un médicament (corticostéroïdes) et le trouble bipolaire apparenté dû à un trouble médical (syndrome de Cushing, lésion cérébrale traumatique) peuvent aussi rentrer dans la catégorisation du trouble bipolaire.

Causes et facteurs de risque

Même si l’origine du trouble bipolaire n’est pas encore réellement comprise, il existe toutefois certaines causes à cela :

  • des troubles biologiques dans le fonctionnement et la communication des cellules du cerveau chez les personnes malades ;
  • des anomalies génétiques : plusieurs gènes ont été identifiés comme facteurs de l’apparition du trouble bipolaire. Le risque de développer une maladie bipolaire est dix fois plus élevé lorsqu’un parent du premier degré est atteint.

Les éléments déclencheurs du trouble bipolaire chez les personnes prédisposées peuvent être :

  • la consommation d’alcool, de tabac et/ou de drogue ;
  • le manque de sommeil ;
  • le stress ;
  • la maladie (hyperthyroïdie par exemple) ;
  • la prise de certains médicaments (corticoïdes, traitements de la maladie de Parkinson, interféron, anti-inflammatoires, antidépresseurs, etc.)
Bon à savoir : un trouble bipolaire peut aussi se développer sans élément favorisant ou déclenchant.

Symptômes du Trouble Bipolaire

Les épisodes symptomatiques du trouble bipolaire alternent avec des périodes de rémission (sans aucun symptôme). Certaines personnes peuvent connaître seulement quelques épisodes au cours de toute leur existence, tandis que d’autres ont des cycles rapides, c’est-à-dire qu’ils vont avoir plusieurs épisodes dans l’année.

Outre cette forte variation, la durée d’un cycle est relativement constante chez chaque personne malade. Les symptômes diffèrent pour chaque phase de la maladie.

Phase dépressive

La dépression liée au trouble bipolaire ressemble à celle qui se produit seule. Mais la dépression qui survient dans le trouble bipolaire connait plus de symptômes psychotiques tels que les hallucinations et les délires. Ses autres symptômes sont les suivants :

  • grande tristesse ;
  • idées de suicide ;
  • pas de goût au plaisir ;
  • fatigue ou perte d’énergie ;
  • troubles du sommeil ;
  • Troubles de l’appétit ;
  • perte de l’estime de soi ;
  • ralentissement psychomoteur ;
  • sentiment de culpabilité ;
  • difficultés de concentration.

Phase Maniaque

Les épisodes maniaques se terminent plus brusquement que ceux de la dépression. Ils sont aussi plus courts. Leurs symptômes sont :

  • hyperactivité ;
  • énergie excessive ;
  • sociabilité excessive ;
  • irritabilité ;
  • accoutrement extravagant ;
  • euphorie ;
  • volubilité ;
  • réduction du besoin de sommeil ;
  • augmentation de l’énergie sexuelle ;
  • dépenses excessives, sans fondement ;
  • mégalomanie accompagnée d’une surestime de soi et des idées de grandeur.

Certaines personnes peuvent vivre une psychose maniaque, qui est une forme extrême de la phase maniaque. Les symptômes psychotiques présentés ressemblent à ceux de la schizophrénie. Pendant cette psychose, la personne malade peut par exemple se sentir persécutée, poursuivie par un corps de l’armée. Son niveau d’activité augmente considérablement.

En outre, la personne atteinte peut courir dans tous les sens, crier, jurer, chanter. L’activité mentale et physique est si frénétique que la personne perd toute cohérence entre sa pensée et son comportement. Un traitement immédiat est requis pour la personne atteinte de psychose maniaque.

Phase hypomaniaque

Ici, les symptômes sont moins graves que pour la phase maniaque. Chez certaines personnes, l’hypomanie peut même être une phase productive, car elles sont pleines d’énergie et se sentent créatives et confiantes. La personne se sent joyeuse, a besoin de peu de sommeil et est mentalement et physiquement active.

A contrario, d’autres personnes atteintes d’hypomanie sont facilement distraites, irritées, en proie à des accès de colère. Elles ne tiennent pas leurs engagements et ne vont pas au bout de leurs projets.

Phase mixte

Pendant la phase mixte, la dépression et la manie ou l’hypomanie se manifestent au cours d’un même épisode. La personne malade peut par exemple fondre en larmes alors qu’elle était en pleine exaltation. Elle peut se coucher dépressive le soir et se réveiller pleine d’énergie le matin. Le risque de suicide est particulièrement élevé pendant les épisodes mixtes.

Diagnostic et traitements du trouble bipolaire

Diagnostic du trouble bipolaire

Le trouble bipolaire peut être difficile à diagnostiquer, car il présente de nombreux symptômes. Une personne maniaque ne sait pas décrire ses symptômes avec précision, car elle ne reconnait pas avoir de problème.

Lors de l’examen clinique, le médecin se renseigne auprès de la famille du malade. Il leur est par ailleurs demandé de remplir un questionnaire du trouble bipolaire pour aider le médecin à évaluer le risque de trouble bipolaire.

Afin d’écarter les signes d’autres troubles susceptibles de contribuer aux symptômes (hyperthyroïdie par exemple), le médecin peut pratiquer des analyses de sang et d’urine. Il examine aussi les médicaments que prend la personne, pour vérifier si l’un d’eux peut expliquer les symptômes.

Le traitement à administrer va dépendre de l’épisode en cours chez la personne.

Traitements du trouble bipolaire

En l’absence de traitement, le trouble bipolaire récidive chez la plupart des personnes. Le traitement peut comprendre :

Les médicaments psychorégulateurs

Le lithium par exemple est un médicament qui atténue les symptômes de manie et de dépression.  

Les médicaments anticonvulsivants

Le valproate, la carbamazépine et la lamotrigine agissent aussi comme des stabilisateurs d’humeur. A la différence du lithium, ils n’affectent pas les reins.

Les médicaments antipsychotiques

Des antipsychotiques de deuxième génération sont de plus en plus utilisés, car ils agissent plus rapidement. Il s’agit de l’aripiprazole, la lurasidone, l’olanzapine, la quétiapine, la rispéridone, la ziprasidone et la cariprazine.

Les antidépresseurs

Même si leur utilisation est controversée dans le traitement de la dépression sévère, ils sont souvent prescrits. Cependant, ils ne doivent être utilisés que sur de courtes durées. Ils sont généralement administrés en association avec un médicament stabilisateur de l’humeur ou un antipsychotique.

La psychothérapie

La psychothérapie est conseillée aux personnes sous médicaments stabilisateurs de l’humeur, afin de les aider à suivre convenablement leur traitement.

La thérapie de groupe est proposée aux proches ou conjoints des malades afin de les aider à mieux comprendre le trouble bipolaire et ses effets.

La psychothérapie individuelle, elle, aide les personnes à mieux faire face aux problèmes de la vie quotidienne. Il peut s’agir de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) qui aide les personnes à apprendre à identifier et à modifier les schémas de pensée destructeurs ou dérangeants ou de la thérapie interpersonnelle et sociale (IPS).

Les autres traitements

  • la sismothérapie ou thérapie de choc est souvent utilisée pour traiter la dépression et la manie qui résistent aux traitements ;
  • la photothérapie est souvent utile pour traiter les troubles bipolaires I et II ;
  • la simulation magnétique crânienne a prouvé son efficacité dans le traitement de la dépression bipolaire ;

Formation et soutien

Il est important que les proches des personnes atteintes de trouble bipolaire participent au traitement et offrent leur soutien, même si leur rôle n’est pas de se substituer au médecin. Ce soutien peut consister à :

  • repérer les signes d’une dépression ou d’une phase maniaque chez le proche malade et lui en parler ;
  • aider son proche à chercher de l’aide auprès de professionnels et à suivre son traitement ;
  • soutenir son proche malade dans les activités du quotidien ;
  • évoquer ouvertement les épisodes de suicide s’il y en a eu, afin de l’encourager dans sa recherche d’aide.

Les programmes de psychoéducation aident la personne malade à connaître sa maladie et à prévenir les rechutes et complications.  

La personne malade peut aussi s’aider elle-même en développant des ressources personnelles qui peuvent l’aider à aller mieux. Elle peut par exemple :

  • porter plus d’attention à son rythme de sommeil et à son alimentation ;
  • limiter sa consommation d’alcool ou de substances psychotropes (cannabis et autres drogues) ;
  • pratiquer une activité physique qu’elle aime.
L’avis des experts de MédecinDirect sur le trouble bipolaire : le trouble bipolaire est une maladie mentale grave qui provoque des hausses et des baisses d’humeur extrêmes. Cette alternance d’humeur influe sur la façon de penser et d’agir de la personne. Il est important de traiter le trouble bipolaire avec une approche holistique qui comprend à la fois des interventions médicales et des ajustements du mode de vie.

L’aide de professionnels et le soutien de l’entourage sont essentiels pour améliorer la condition des personnes atteintes du trouble bipolaire.