La gazette

Tabac : des solutions efficaces pour arrêter de fumer

En France, plus de 13 million de personnes fument tous les jours et près de 60 % des fumeurs actuels déclarent souhaitez arrêter de fumer. Le tabac est une source majeure de cancers, de maladies cardio-vasculaires et d’insuffisance respiratoire. Il est la première cause de mortalité évitable avec 73 000 décès en France chaque année.

C’est dans ce contexte que le Mois Sans Tabac, propose chaque novembre de motiver les fumeurs à arrêter tous ensemble. MédecinDirect se joint à cette action et vous propose toutes les solutions les plus efficaces pour arrêter de fumer durablement.

 

Qu’est-ce que le Mois Sans Tabac ?

Inspiré d’un dispositif anglais, le Mois Sans Tabac est un défi collectif national de 28 jours qui consiste à accompagner les fumeurs dans une démarche d’arrêt. Cette durée n’a pas été choisie par hasard car elle correspond à la période pendant laquelle les signes les plus désagréables de sevrage sont réduits. Les chances d’arrêter de fumer de façon permanente sont alors 5 fois plus importantes qu’au début de la tentative. Le mois sans tabac propose plusieurs types d’actions :

  • Des consultations individuelles pour aider au sevrage des personnes qui s’engagent dans cette démarche
  • Des ateliers collectifs sur plusieurs jours avec éventuellement la distribution gratuite de traitements de substitution

Le mois sans tabac s’adresse à tous les fumeurs, y compris les femmes enceintes, les jeunes, ou les personnes atteintes de maladies chroniques.

 

Pourquoi est-ce si difficile d’arrêter de fumer ?

Le tabac est la substance la plus addictive, c’est-à-dire qu’il est impossible de s’en passer même en sachant les conséquences négatives sur la santé ou les finances. C’est la nicotine, entre autres, qui arrive au cerveau et libère la dopamine, un messager qui active la sensation de plaisir. À chaque bouffée, le fumeur ressent un état de bien-être momentané qui diminue ensuite jusqu’à la prochaine bouffée.

 

Quel est l’intérêt d’arrêter de fumer ?

Les bénéfices de l’arrêt du tabac sont nombreux et ceci dès les premières minutes.

  • 20 minutes après la dernière cigarette, la fréquence cardiaque redevient normale
  • 24 heures après, le risque de faire une crise cardiaque diminue, et le monoxyde de carbone disparaît
  • 2 jours après, la nicotine disparaît du sang
  • 2 semaines après, le goût des aliments revient
  • Quelques mois après, la peau et la respiration s’améliorent, le risque d’accident vasculaire cérébral, de cancer de la bouche ou de l’œsophage diminue de moitié
  • 15 ans après, l’état de santé est celui d’une personne qui n’a jamais fumé

Il n’est donc jamais trop tard pour arrêter le tabac et retrouver des bénéfices sur la santé.

 

Comment préparer son arrêt ?

Si certaines personnes préfèrent arrêter du jour au lendemain sur un coup de tête, dans la plupart des cas, il est préférable de se préparer avant l’arrêt :

  • Se poser la question de la motivation pour soi et non pas pour les autres
  • Se convaincre que c’est le bon moment
  • En parler avec ses proches pour qu’ils vous aident et non pas pour qu’ils vous mettent la pression. N’ayez pas peur de les décevoir, si cette tentative n’est pas la bonne, vous pourrez toujours recommencer à nouveau
  • Fixer des objectifs avec un arrêt progressif ou un arrêt d’un coup à une date précise
  • Faire une liste de ses motivations, que ce soit pour la santé ou pour les finances

Le mois sans tabac est l’occasion de se fixer une date pour un arrêt progressif ou total.

 

Quels sont les symptômes de l’arrêt du tabac ?

Connaître les symptômes de l’arrêt du tabac permet de mieux se préparer pour le sevrage :

  • La prise de poids qui peut varier d’un fumeur à l’autre. En général elle est de 3 à 4 kg, mais il faut rester vigilant à ne pas prendre plus en se faisant accompagner par un médecin nutritionniste ou un diététicien par exemple
  • La déprime en lien avec les changements d’habitude le sevrage de la nicotine
  • La constipation qui nécessite parfois une aide médicamenteuse pendant quelques temps
  • La toux qui est due à la reprise de l’activité des cils des bronches et qui peut parfois donner l’impression de se sentir moins bien qu’avant l’arrêt. Cet effet transitoire disparaît en général en quelques mois (si ce n’est pas le cas il faut consulter)
  • Des insomnies
  • Une irritabilité

Dans la plupart des cas, les symptômes de sevrage disparaissent progressivement lors des premiers mois après l’arrêt.

 

Quelles méthodes sont les plus efficaces pour arrêter de fumer ?

Il n’existe pas une seule méthode pour arrêter de fumer, mais plusieurs. Pour mettre toutes les chances de son côté, il est préférable d’en choisir une ou plusieurs et surtout d’être capable de la tenir sur le long terme. N’hésitez pas à consulter votre médecin traitant, un addictologue ou un tabacologue au CSAPA (Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie) le plus proche de chez vous ou téléphonez au 3989 (numéro gratuit mis à disposition par Tabac Info Service). Les applications sur smartphone peuvent aussi être une aide pour garder la motivation.

 

1) Les substituts nicotiniques

Les substituts nicotiniques sont l’une des solutions les plus utilisées et conseillées par les médecins pour arrêter de fumer. En apportant de la nicotine, ils permettent de diminuer les symptômes de manque. La durée du traitement et la dose sont variables en fonction du nombre de cigarettes fumées avant l’arrêt.

  • Les patchs qui s’appliquent directement sur la peau et diffusent de la nicotine pendant 16 ou 24 heures. Ils se changent tous les jours et s’appliquent sur une peau propre et sans poil (épaule, omoplate, dos, cuisse, fesses) en changeant la position pour éviter les irritations. Une cigarette équivaut en général à 1 mg de nicotine. Si vous fumez un paquet par jour, vous pouvez donc appliquer un patch de 21 mg par exemple
  • Les gommes à mâcher qui contiennent de 1 à 4 mg de nicotine et qui existent avec plusieurs parfums. Souvent combinées avec les patchs, elles ne doivent pas être utilisées comme un chewing-gum car elles doivent être sucées pendant quelques minutes et ensuite mâchées doucement pendant une vingtaine de minutes en faisant des pauses de quelques secondes
  • Le spray buccal, facile à utiliser qui permet de soulager une envie irrésistible de fumer
  • L’inhaleur qui soulage surtout les fumeurs en manque du geste
  • Les comprimés à sucer pour occuper la bouche et détourner l’attention lorsque l’envie de fumer est trop forte

Quel que soit le substitut nicotinique utilisé, il est conseillé de poursuivre à la même dose pendant plusieurs semaines avant de diminuer progressivement. Il s’agit d’un traitement pouvant aller de 3 à 6 mois en général. Même si le prix peut sembler élevé, les substituts nicotiniques coutent moins cher qu’un paquet de cigarettes. Sur prescription médicale, vous avez même droit à un remboursement de 150 € par an par l’assurance maladie.

 

2) Les méthodes alternatives

En plus des substituts nicotiniques, il est possible de combiner des méthodes naturelles :

  • L’hypnothérapie (seules quelques séances suffisent pour une efficacité de 50 % à 6 mois)
  • L’acupuncture qui doit être combinée à une bonne motivation
  • L’homéopathie qui peut donner un coup de pouce

 

3) Les médicaments

Lorsque l’arrêt du tabac est trop difficile et qu’il y a déjà eu plusieurs échecs avec les substituts nicotiniques et les méthodes naturelles, on peut envisager, sur prescription médicale, un médicament qui agit directement sur le cerveau pour réduire la sensation de manque. Deux médicaments sont actuellement disponibles en France :

  • Zyban : à débuter avant l’arrêt du tabac en décidant d’une date précise d’arrêt au cours des deux premières semaines de traitement (de préférence au cours de la deuxième semaine). L’insomnie est un effet indésirable très fréquent qui peut être réduit en évitant de le prendre à l’heure du coucher (à condition de respecter un intervalle d’au moins 8 heures entre les prises). La durée du traitement est de 7 à 9 semaines
  • Champix : à commencer une à deux semaines avant la date d’arrêt avec une augmentation progressive. La durée totale du traitement doit être de 12 semaines. Cependant il est possible de le continuer pour 12 semaines en cas d’inefficacité

 

Plus d’infos sur Tabac Info Service.

 


Auteur : Dr Claire Lewandowski, psychiatre – 01 novembre 2018

Tabac : des solutions efficaces pour arrêter de fumer