La gazette

Pouvez-vous me parler de la perte des cheveux, Docteur ?

Alopécie, les différentes formes. L’Alopécie, c’est quoi Docteur ?

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On entend par « Alopécie », l’absence des cheveux aux localisations habituelles. Nous pouvons distinguer :

  • Les alopécies télogènes : c’est une diminution de la densité des cheveux par une perte diffuse, et qui n’évoluera pas vers une calvitie totale, le plus souvent.
  • Les alopécies anagènes : c’est aussi une perte de cheveux diffuse, mais qui peut toucher les cheveux que l’on nomme « anagène », c’est à dire qui sont en croissance. Elle résulte d’un blocage de la synthèse d’une protéine, la « Kératine », importante pour la protection du cheveu, des poils, des ongles et de la peau en général. Cette variété d’alopécie peut évoluer vers la calvitie totale et définitive dans certains cas.
  • Les alopécies « péladiques » : perte des cheveux circonscrite résultant de l’atteinte de la matrice pilaire, c’est à dire de la zone qui fabrique le cheveu.
  • Les alopécies cicatricielles : c’est une plaque sans aucun cheveu visible, en général lisse, pouvant être de taille variable.
  • Les alopécies « androgéniques : la plus fréquente, elle survient aussi bien chez la femme que chez l’homme, elle est souvent héréditaire. Elle est souvent liée au vieillissement, mais aussi à certaines maladies touchant les hormones, à certains médicaments, à des carences en fer (pendant la grossesse par exemple) mais aussi à la malnutrition ou à la dénutrition. Elle touche surtout les régions du front et des tempes ainsi que le sommet du crâne.

Il est souvent dit que c’est un problème héréditaire, est-ce vrai ?

Nous retiendrons surtout que l’alopécie dite « androgénique » est souvent héréditaire et se transmet d’une génération à l’autre, mais cela n’est pas systématique.

A Quel âge l’alopécie apparaît-t-elle ?

Comme nous l’avons signalé, l’alopécie peut revêtir différentes formes, pouvant être occasionnées parfois par des maladies différentes, qui peuvent toucher tous les âges, y compris l’enfant très jeune, en cas de dénutrition ou de malnutrition par exemple. La forme androgénique, la plus fréquente, peut débuter à l’adolescence chez l’homme et souvent entre 30 et 40 ans chez la femme. Notons que les alopécies sont plus fréquentes chez les hommes que chez les femmes.

Quelles sont les causes d’alopécies, Docteur ?

Reprenons les différentes formes, comme citées précédemment, pour définir les causes les plus fréquentes :

Les alopécies télogènes :

  • On en retrouve souvent après un accouchement.
  • La prise de certains médicaments, comme :
    • la pilule,
    • les anticoagulants oraux,
    • certains antihypertenseurs,
    • certains produits utilisés dans les chimiothérapies,
    • certains médicaments contre l’acné.

(Liste non exhaustive).

  • Le stress
  • Des maladies endocriniennes (hypo ou hyperthyroïdie par exemple).
  • La malnutrition ou dénutrition et des maladies carentielles (la carence en fer, le déficit en zinc par exemple, liste non exhaustive).

Les alopécies anagènes :

  • Certaines maladies dermatologiques (mycoses par exemple).
  • La radiothérapie en cancérologie.
  • La prise de certains médicaments :
  • Certains produits de chimiothérapies,
  • l’Allopurinol utilisé pour prévenir la goutte,
  • Certains médicaments utilisés dans la maladie de Parkinson,
  • Certains médicaments ayant un effet sur la fabrication de certaines hormones (bromocriptine).

Liste non exhaustive

  • Des produits toxiques comme le bismuth, l’arsenic, l’or et d’autres, plus complexes, qui en cas d’intoxication, peuvent entrainer une perte de cheveu définitive.

Les alopécies cicatricielles :

  • Des maladies génétiques (dysplasie ectodermique par exemple).
  • Des infections : la lèpre, le zona, la syphilis.
  • Des maladies cancéreuses de la peau, parfois graves (citons le carcinome basocellulaire).
  • Des agents physiques : séquelles de brûlures, de cryothérapie pour les verrues, d’atteinte de la peau après radiothérapie en cancérologie.
  • D’autres maladies plus complexes peuvent aussi être responsables d’alopécie cicatricielle, citons pour exemple :
    • Le lichen plan,
    • La sarcoïdose,
    • Le lupus érythémateux,

Liste non exhaustive.

Les alopécies androgéniques : les plus fréquentes

  • Le vieillissement naturel.
  • Certaines maladies touchant les hormones :
  • Hyperplasie des surrénales,
  • Les ovaires polykystiques,
  • Un dysfonctionnement de l’hypophyse.

Liste non exhaustive.

  • La prise de certains médicaments : la testostérone, les stéroïdes anabolisants, la progestérone (liste non exhaustive).

Nous citerons aussi, comme causes d’alopécie, retrouvées assez fréquemment dans les consultations de médecine de terrain :

  • La « Pelade » : cause exacte inconnue, mais surement en rapport avec l’immunité, d’après la littérature médicale.
  • L’alopécie de traction, plus fréquemment appelée « Trichotillomanie », souvent retrouvée chez les enfants pour l’endormissement, mais aussi parfois chez l’adulte, consistant en un mouvement réflexe de torsion des cheveux, répétée et souvent sur une même localisation anatomique.
  • La « Teigne du cuir chevelu » : infection dermatologique parasitaire entrant dans le cadre des dermatophyties.

Comment faire le diagnostic d’alopécie, car les causes sont nombreuses ?

Nous citerons les symptômes les plus fréquents :

  • Raréfaction ou disparition des cheveux.
  • Envie de se gratter, surtout dans le cas des Teignes du cuir chevelu.
  • Parfois des croutes dans le cuir chevelu, par exemple dans le Lupus érythémateux et les Teignes.
  • Des cheveux cassés dans le cas des Trichotillomanies et les Teignes.
  • Arrachement facile des cheveux en périphérie des plaques de Pelade.
  • Inflammation du cuir chevelu et sensation de démangeaisons, dans les Teignes par exemple.

Cette liste est non exhaustive. En effet, nous l’avons vu, les causes d’alopécie sont nombreuses et le facteur déclenchant parfois évident, mais ce n’est pas toujours le cas. Dans ces conditions, une consultation médicale chez le médecin traitant est importante pour éliminer des maladies plus rares, et parfois graves, et dans certains cas une consultation chez un confrère dermatologue et des prélèvements spécialisés sont nécessaires pour faire le diagnostic.

Le bilan des alopécies doit parfois inclure une analyse de sang orientée en fonction des caractéristiques cliniques :

  • Un bilan thyroïdien.
  • Un Hémogramme avec dosage du fer sérique.
  • La recherche de maladies infectieuses, parfois sexuellement transmissibles (Syphilis par exemple).
  • Des bilans hormonaux, plus souvent chez les alopécies de la femme.
  • Des prélèvements cutanés peuvent être réalisés chez un dermatologue pour des recherches plus spécialisées.

Les alopécies se soignent-t-elles, Docteur ?

Nous rapporterons les traitements pouvant être utilisés en fonction du type de la perte de cheveux : Les alopécies télogènes : Le traitement est celui de la cause. La chute maximale intervient en général 3 mois après l’événement déclenchant (médicament, stress, infection, carences, etc.) et la guérison suit. Nous l’avons vu, il est très rare que ce type d’alopécie évolue vers la calvitie totale. Les alopécies anagènes : La chute débute quelques jours ou quelques semaines après l’évènement déclenchant. La guérison suit le traitement de la cause. Il peut arriver que l’alopécie soit définitive dans ce cas. Les alopécies cicatricielles : Malheureusement le cheveu est souvent définitivement endommagé, certains traitements sont chirurgicaux (greffe de cheveux ou ablation de la zone cicatricielle). Les alopécies androgéniques : Des traitements locaux peuvent être utilisés. Pour la citer, la molécule « Minoxidil », en application locale (en lotion), permettrait une amélioration chez environ 30 % des patients après un traitement de 12 mois. Les autres traitements sont souvent chirurgicaux (la greffe de cheveux par exemples, implants capillaires, etc.). Pour information, l’utilisation d’une molécule ayant des effets anti-androgènes, « la Finasteride », initialement utilisée dans certains problèmes prostatiques, aurait des résultats sur les alopécies légères à modérées touchant surtout les patients de 18 à 41 ans. L’efficacité sur les alopécies sévères n’a pas été démontrée et cette molécule peut présenter des effets secondaires nécessitant une prescription et un suivi médical rapproché.

Enfin les traitements sont adaptés aux causes déclenchantes quand elles ont été diagnostiquées :

  • La pelade guérît en 3 ans en moyenne, sans traitement, mais les rechutes sont fréquentes. Des traitements, sur avis médical et sur prescription médicale, à base de cortisone locale peuvent être utilisés.
  • Les alopécies de traction ne seront guéries qu’après l’arrêt du traumatisme exercé sur les cheveux. Parfois l’intervention d’un psychothérapeute est possible sur les conseils de son médecin traitant, surtout s’il existe une notion de syndrome dépressif ou d’angoisse associée au phénomène.
  • La Teigne du cuir chevelu se guérit en 6 à 8 semaines par des médicaments contre les mycoses (souvent pris en comprimés).

Attention, certains médicaments utilisés ont des effets indésirables et des interactions médicamenteuses. Il est indispensable qu’ils soient délivrés sur prescription médicale, après un examen clinique général, et la connaissance des antécédents et des éventuels traitements en cours.

Pour conclure, Docteur, qu’elle est l’évolution des alopécies ?

  • Les alopécies télogènes et anagènes évoluent le plus souvent favorablement.
  • Malheureusement les alopécies cicatricielles sont souvent définitives car le cheveu est détruit.
  • Comme nous l’avons vu les alopécies androgéniques pourraient être améliorées par l’utilisation du Minoxidil en lotion. Mais souvent il existe une aggravation progressive.
  • Les rechutes sont fréquentes dans les Pelades.
  • De même pour les Trichotillomanies, surtout si aucune prise en charge psychologique n’est assurée.
  • Les Teignes du cuir chevelu évoluent favorablement sous traitement antimycosique, mais il faut penser à traiter tous les sujets en contacts dans la famille.

Nous rappellerons le rôle essentiel de la consultation chez son médecin généraliste avec l’aide, dans certains cas, d’un médecin dermatologue, pour un examen clinique général, la réalisation de bilans sanguins et d’éventuels prélèvements pour assurer le diagnostic. Pour plus d’information sur ce(s) médicament(s), nous vous recommandons de consulter le site de l’ANSM : http://ansm.sante.fr


Auteur : Dr Birman Laurent-David

Conflits d’intérêts : l’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données diffusées dans cette interview ou publiées dans la référence citée. Cet article est issu d’une expérience de terrain, il existe d’autres produits, et d’autres protocoles de prise en charge.

 

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