La gazette

Appendicite : symptômes, traitements et évolutions 😣

Mis à jour en janvier 2020

C’est surement la pathologie la plus classique et la plus fréquente. Quasiment tout le monde y a été confronté dans sa vie. Son diagnostic, ses signes et ses traitements sont très bien codifiés. Et pourtant, aussi bien pour les médecins que pour les chirurgiens, elle reste toujours un problème de certitude. La clinique et l’examen du patient restent la principale source d’inspiration pour décider d’une éventuelle intervention chirurgicale.

 

Qu’est-ce que l’appendicite ?

Petit bout d’intestin d’environ 10 centimètres de long, l’appendice est un petit sac situé juste à l’entrée du colon. Bien qu’accrochée au colon, elle possède une extrémité libre qui peut « se promener » dans l’abdomen, parfois du coté du foie, parfois du côté de la vessie ou même au centre du ventre.

Comme il s’agit d’un petit sac, il peut se remplir de matières fécales et parfois mal se vider. Ainsi, ce petit sac s’engorge et s’enflamme. Nous avons alors à faire à une maladie inflammatoire appelée « appendicite ». Celle-ci peut donner des douleurs et peut, si évolution de l’inflammation conduire à une infection de l’abdomen : la péritonite.

L’appendicite a pour particularité de présenter une douleur « en bas et à gauche », mais cela reste rare ! C’est un grand piège diagnostic pour les professionnels de santé. Les différentes localisations de l’extrémité libre de l’appendice peuvent compliquer le diagnostic en donnant des symptômes non classiques et parfois des douleurs localisées dans des zones très différentes du ventre. Pour les médecins, il faut donc rester très attentif et penser systématiquement à l’appendicite devant une douleur au ventre. Pour les patients, il ne faut pas hésiter à consulter son médecin traitant pour réaliser un examen clinique adapté et faire un diagnostic rapide.

 

Pourquoi consulter pour mal de ventre ?

Le diagnostic d’appendicite est parfois difficile. La douleur au ventre peut être le signe de nombreuses maladies, parfois urgentes. Les médecins de terrain connaissent les symptômes et sauront, par leurs questions, leur examen et la connaissance de votre dossier, faire un diagnostic rapide.

⚠️ A noter : L’inflammation de l’appendice peut se voir aussi bien chez la femme que chez l’homme. Elle peut toucher tous les âges, aux deux extrémités de la vie.

 

Quels sont les symptômes de l’appendicite ?

La douleur est généralement le premier signe d’une crise d’appendicite. Il est à noter que chez les jeunes enfants, les personnes âgées, les personnes diabétiques et les greffés rénaux, cette douleur peut être atténuée ou même absente. Chez les très jeunes enfants, on peut retrouver une diarrhée ou des vomissements à la place de la douleur. Ceci peut faire penser à tort à un diagnostic de gastro-entérite. Attention, consultation obligée chez son médecin traitant si l’enfant ne va pas bien !

La fièvre peut se voir, mais elle n’est pas toujours présente. Elle peut être variable et rapidement évoluer dans un sens comme dans l’autre (entre 37 et 38,5°C), surtout si des médicaments contre la fièvre ont été donnés. Quand la fièvre est élevée, elle peut correspondre à la présence d’un abcès et la douleur est alors très forte.

En général, le médecin, par son examen clinique, la recherche de signes sur le ventre, et la palpation de certaines localisations va envisager la possibilité d’une crise appendiculaire, parfois parmi d’autres hypothèses. Mais il préfèrera toujours penser à l’appendicite en premier ! Il va alors vous proposer d’aller consulter un chirurgien, parfois en passant par les urgences. Le chirurgien va alors refaire un examen clinique et probablement un toucher rectal (si le médecin traitant ne l’a pas fait) car ce geste donne une bonne idée de la présence de liquide inflammatoire au niveau de l’abdomen.

 

Opérer ou pas opérer ?

Le chirurgien va alors décider d’opérer ou non. Parfois, ce dernier est obligé de s’aider de certains examens qui peuvent être faits aux urgences. Par exemple, une prise de sang (pour rechercher des signes biologiques d’infection), ou une échographie (pour visualiser directement l’appendice et un éventuel abcès).

Il se peut qu’au cours de ces examens le diagnostic change et qu’une autre maladie infectieuse soit découverte et dont les symptômes ressemblent à ceux d’une appendicite (infection urinaire simple, infection du rein, infection des zones génitales chez la femme ou de la prostate chez l’homme…). Si l’examen de l’abdomen, l’interrogatoire et les examens réalisés ne sont pas en faveur de l’appendicite, le chirurgien peut autoriser le retour à domicile avec quelques consignes de surveillance et une consultation rapprochée.

Il est très important que le médecin traitant soit prévenu. De fait, il peut continuer la surveillance et être rapidement à votre écoute si les douleurs persistent ou s’aggravent. Dans les cas intermédiaires et lorsqu’il n’y a pas d’urgence, le chirurgien peut décider de garder le patient en surveillance en milieu hospitalier et redemander des examens pour apprécier l’évolution. Cette décision est souvent prise chez les enfants, pour éviter une intervention chirurgicale qui ne serait pas utile.

 

Traiter l’appendicite

Il existe deux principales techniques de chirurgie pour traiter une appendicite :

  • La chirurgie classique, dite « à ciel ouvert », c’est à dire par ouverture de la peau au niveau de la zone anatomique de l’organe. Cette zone est en général en bas à droite, au niveau de ce que l’on appelle en médecine la « fosse iliaque droite ». C’est la technique la plus ancienne qui a été pendant longtemps la pratique usuelle de la chirurgie digestive. Elle permet d’enlever l’appendice, d’évacuer un éventuel abcès. C’est en général une technique rapide.
  • La cœlioscopie est une technique plus moderne qui ne laisse que très peu de séquelles esthétiques. Elle consiste à insuffler de l’air dans l’abdomen pour dégager les tissus et libérer les organes. En parallèle, on introduit « un coelioscope » par le nombril. Cette caméra est reliée à un écran externe et permet au chirurgien de visualiser ses gestes. De minimes ouvertures sur la paroi du ventre permettent d’introduire des instruments chirurgicaux pour enlever l’appendice.

Cette technique permet de voir l’intérieur du ventre. Parfois, elle permet trouver d’autres causes qu’une crise appendiculaire, qui peuvent donner les mêmes douleurs. Par exemple, chez la femme, un problème au niveau des trompes ou des ovaires (infection ou kystes). De plus, elle permet parfois de localiser de façon plus précise l’appendice quand celle-ci n’est pas dans sa position anatomique habituelle. En général, la durée d’hospitalisation est de 3 à 5 jours en moyenne.

Remarque : Comme souvent en médecine, il existe aussi des formes plus graves que la crise appendiculaire classique.

 

🔎 Zoom sur la péritonite

Soit d’emblée, soit parce que le diagnostic a été retardé, l’inflammation de l’appendice peut conduire à la formation d’un abcès. Celui-ci peut alors s’ouvrir et libérer de l’infection dans le ventre, conduisant à une infection appelée « péritonite ». C’est une urgence qui devra nécessiter une opération chirurgicale rapide, pour nettoyer l’abdomen, enlever l’abcès et l’appendice. C’est pourquoi il faut absolument consulter son médecin traitant en cas de douleur au ventre, même sans fièvre. Le praticien effectuera un examen clinique précis et des examens, ce qui permettra d’éviter une perte de temps pour le diagnostic.

 

A quoi sert l’appendice, puisqu’on peut l’enlever ?

Très bonne question qui malheureusement soulève de nombreuses hypothèses ! Beaucoup diront « à rien, sinon à faire mal ». Dans la littérature, beaucoup d’auteurs évoquent un organe ancestral de type « lymphoïde » – comme les amygdales. Cela signifie qu’ils participaient à la défense de l’organisme, mais qu’ils ont perdu leurs fonctions au cours de l’évolution humaine (comme la partie terminale du coccyx qui devait être à l’époque une queue désormais disparue chez l’homme).  En octobre 2007, William Parker, du Centre Médical de l’Université Duke émet l’hypothèse que l’appendice serait une « réserve protégée pour bactéries amies« . Cela permettait ou (aurait permis) de défendre l’organisme, ne représenterait plus, pour nos générations, un système absolu et nécessaire. Son ablation n’entrainerait donc aucune conséquence, car notre système de défense immunitaire s’est extrêmement perfectionné au cours du temps.

 

Généralement plus douloureuse que grave, l’appendicite est souvent rapidement diagnostiquée et opérée, et les suites opératoires sont simples et sans séquelles. Dans certains cas, la crise appendiculaire peut conduire à une infection plus grave si le diagnostic est retardé : d’où l’intérêt de consulter rapidement son médecin traitant devant une douleur abdominale ou une fièvre mal expliquée pour un diagnostic rapide et une prise en charge adaptée par les équipes chirurgicales.

 

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Auteur : Dr Birman Laurent-David

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