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Pervers(e) narcissique : quels sont les signes qui doivent vous alerter ? 🚩

Côtoyer l’un d’entre eux (ou l’une d’entre elles) se révèle souvent être une expérience destructrice. Plus difficiles à repérer qu’on ne le pense, ce sont des personnalités hautement toxiques. Mais que signifie exactement ce terme ? Comment repérer les pervers(es) narcissiques ? Peut-on s’en protéger ?

 

Qu’est-ce qu’un(e) pervers(e) narcissique ?

Selon Isabelle Nazare-Aga, thérapeute cognitivo-comportementaliste française, les pervers(es) narcissiques représenteraient 2 à 3 % de la population, avec une prédominance masculine. Les facteurs de risque pouvant mener à de tels troubles sont aujourd’hui mal connus. Les difficultés rencontrées dans l’enfance, que ce soit la négligence ou au contraire des exigences excessives de la part des parents, sont aujourd’hui des pistes explorées.

 

Ce qu’en dit la psychiatrie

Dans le cadre de la psychiatrie, le terme de « pervers(e) narcissique » renvoie à deux entités : la « perversion » et la « personnalité narcissique ».

➡️ La « perversion » est un terme relativement générique qui se réfère souvent à des conduites immorales, considérées comme déviantes.

➡️ Le « trouble de la personnalité narcissique » est quant à lui décrit dans le DSM-5 (ouvrage de référence international concernant les maladies psychiatriques). Il s’agit d’une véritable pathologie psychiatrique. Selon ce même DSM-5, les personnes souffrant d’un trouble de personnalité narcissique ont en commun un certain nombre de caractéristiques :

  • Elles se sentent extrêmement importantes, surestiment leur capacité, et manifestent une volonté de pouvoir et de puissance illimitée.
  • Elles se jugent supérieures, spéciales ou uniques, et s’attendent à être reconnues, admirées et traitées avec respect, et tolèrent mal la critique.
  • L’autre est dévalorisé et sous-estimé. Ces personnes manquent d’empathie, et sont relativement insensibles aux besoins et aux sentiments d’autrui.

 

Au sens commun du terme

Le ou la « pervers(e) narcissique » – tel que décrit aujourd’hui en sociologie – possède (au moins en partie) les caractéristiques de la personnalité narcissique évoquée ci-dessus. Il est cependant rare qu’il / elle les possède toutes. De fait, on dit souvent de ces gens qu’ils possèdent des « traits narcissiques ». Si leur contact est nocif et doit être évité, c’est parce que les pervers(es) narcissiques (au sens habituel du terme) ont en commun d’autres caractéristiques. Celles-ci s’avèrent être toxiques pour les personnes de leur entourage :

 

1️⃣ Besoin permanent de reconnaissance

Les pervers(es) narcissiques ont sans cesse besoin de se sentir valorisé(e)s, admiré(e)s. Pour cela, ils / elles mettent en place des stratégies. Celles-ci reposent essentiellement sur la dévalorisation de l’autre, et ce d’autant plus que la personne extérieure entretient une relation étroite avec eux.

 

2️⃣ Forte tendance à la manipulation

Les pervers(es) narcissiques parviennent progressivement à générer de fausses croyances chez leurs victimes, qui sont peu à peu convaincues qu’elles sont responsables de ce qui leur arrive, qu’elles ne valent rien, etc…

 

3️⃣ Absence d’empathie

Les personnes qualifiées de « perverses narcissiques » ne font pas ou très peu preuve d’empathie. Elles ont conscience de l’influence qu’elles ont sur les autres, mais ne sont pas touchées par le mal qu’elles leur font.

 

Sur le papier, les caractéristiques des personnes narcissiques ne donnent pas envie de les côtoyer. On pourrait se dire qu’il est impossible de passer à côté de tels défauts ! Le problème est que la personnalité de ces pervers(es) narcissiques est loin d’être perceptible au premier abord. Le mode d’entrée dans une relation toxique avec un(e) pervers(e) narcissique est souvent le même : ces personnes paraissent dans les premiers temps de la relation sympathiques, charmantes et très attentionnées. Leurs mauvais côtés ne se révèlent qu’avec le temps, insidieusement et progressivement. De cette façon, elles plongent peu à peu leurs proches dans un cercle vicieux de dévalorisation et de dépendance affective.

 

Que ressentent les personnes sous l’emprise d’un pervers narcissique ?

Les personnes nouant des relations avec un pervers narcissique ont toutes des profils différents (caractère, situation sociale, âge…). Cependant, leurs ressentis sont souvent très similaires. L’un des principaux sentiments est la culpabilité. Pour se décharger de ses maux, le / la pervers(e) narcissique va accabler sa cible en lui rejetant systématiquement la faute dessus. La victime a de ce fait l’impression qu’elle est à l’origine des conflits, des insultes, des violences (psychiques et/ou physiques), et qu’elle est donc la seule en mesure d’améliorer la situation.

Un autre sentiment particulièrement présent est l’espoir, et notamment celui que :

  • La situation va s’améliorer
  • Le partenaire toxique pourra changer

 

🔂 Rester aux côtés de son bourreau

Ce sont ces sentiments de culpabilité et d’espoir qui poussent les victimes à ne pas se séparer de leur bourreau. Elles pensent être fautives et qu’elles seules pourront faire en sorte que la relation reprenne un chemin normal. Au-delà de ces deux sentiments, les personnes sous l’emprise d’un(e) pervers(e) narcissique sont rabaissées, isolées socialement, et appréhendent les altercations avec leur partenaire. Elles font ainsi tout pour éviter de froisser celui-ci, quitte à se sacrifier et à agir comme l’autre le souhaite.

 

Comment se libère-t-on d’un(e) pervers(e) narcissique ?

Il peut s’avérer très difficile de se détacher d’un(e) pervers(e) narcissique pour toutes les raisons énoncées plus haut (emprise psychologique, dépendance affective, perte de confiance en soi…). Souvent, le / la pervers(e) narcissique va profiter de cela pour continuer à avoir une influence sur sa victime afin d’éviter que celle-ci ne lui échappe.

Avant toute chose, il est important de comprendre qu’un(e) pervers(e) narcissique ne changera pas. Cela malgré tout ce qu’il / elle pourra dire et tout ce que l’on pourra faire pour lui / elle… Il est très courant qu’il / elle tente le tout pour le tout pour ne pas perdre sa cible, à grands renforts de promesses et de belles paroles : il ne faut pas s’y fier.

 

🚫 Ne pas s’isoler !

Le seul moyen pour sortir de son emprise est donc de s’éloigner le plus possible de lui / elle. Cette solution est radicale et très difficile à mettre en place, mais c’est la seule qui puisse garantir de reprendre une vie normale par la suite. Il est très important, à ce moment précis, de pouvoir s’entourer de :

Ils seront de véritables alliés pour aider la victime à surmonter le traumatisme subi. En fonction du temps passé et du mal fait, du temps sera nécessaire pour récupérer de cette épreuve. Il faudra reconstruire son environnement affectif et social ainsi que son estime de soi.

 

Par leur capacité de manipulation et leur absence d’empathie, les pervers(es) narcissiques peuvent avoir une influence extrêmement toxique sur les gens qu’ils / elles côtoient. Les personnes victimes perdent confiance en elles, se sentent coupables et dépendantes, et peuvent se retrouver isolées. Même si cela peut paraître difficile, il est possible de s’en sortir, en s’entourant le plus possible (famille, amis, mais aussi médecins) et en mettant définitivement un terme à ce genre de relation toxique. Après lecture de cet article, vous reconnaissez quelqu’un de votre entourage ? La téléconsultation est un très bon moyen de faire le point. Exprimez-vous par écrit, téléphone ou vidéo à un médecin généraliste ou à un psychiatre. MédecinDirect est peut-être pris en charge à 100 % par votre complémentaire santé ou votre assurance : testez votre éligibilité en essayant de vous inscrire !

 


Auteur : Mathilde SPORTOUCH – Relu par le Dr Juan Sebastian SUAREZ VALENCIA

Pervers(e) narcissique : quels sont les signes qui doivent vous alerter ? 🚩