L’Appendicite…….douleur au ventre quand tu nous tiens !

Une vieille connaissance.....

C’est surement la pathologie la plus classique et la plus fréquente et quasiment tout le monde y a été confronté dans sa vie. 

Son diagnostic, ses signes, ses traitements sont très bien codifiés, et pourtant, aussi bien pour les médecins que pour les chirurgiens elle reste toujours un problème de certitude. 

A l’aube du 21 ème siècle la clinique et l’examen du patient restent la principale source d’inspiration pour décider d’une éventuelle intervention chirurgicale, même si l’apport de la radiologie et des examens sanguins aide à la prise de décisions. 

 

 

 

 

C’est quoi l’appendice et à quoi cela sert ? 

Petit bout d’intestin d’environ 10 centimètres de long, l’appendice est un petit sac situé juste à l’entrée du colon, généralement « en bas et à droite ». Elle est accrochée au colon mais possède une extrémité libre qui peut se promener un peu dans l’abdomen, parfois du coté du foie ou de la vessie ou même au centre du ventre. Tout le monde a déjà entendu des appendices situés « en bas et à gauche », mais cela reste rare, et est un grand piège diagnostic pour les professionnels de santé. 

Comme il s’agit d’un petit sac, il peut se remplir de matières fécales et parfois mal se vider. Ce petit sac s’engorge et s’enflamme, nous avons alors à faire à une maladie inflammatoire appelé évidemment « appendicite », qui peut donner des douleurs et qui parfois par évolution de l’inflammation conduit à une infection de l’abdomen, qu’il faut traiter en urgence, la « péritonite ». 

Ce sont les différentes localisations de l’extrémité libre de l’appendice qui peuvent compliquer le diagnostic en donnant des symptômes non classiques et parfois des douleurs localisées dans des zones très différentes du ventre. 

Pour les médecins il faut donc rester toujours très attentif et penser systématiquement à l’appendicite devant une douleur au ventre, et pour les patients ne pas hésiter à consulter son médecin traitant pour réaliser un examen clinique adapté et faire un diagnostic rapide. 

Pourquoi vous devez consulter si vous avez mal au ventre ? 

Comme nous l’avons vu le diagnostic d’appendicite est parfois difficile. La douleur au ventre peut être le signe de nombreuses maladies parfois urgentes. Les médecins de terrain connaissent les symptômes et sauront par leurs questions, leur examen et la connaissance de votre dossier faire un diagnostic rapide parfois en s’aidant d’examens complémentaires et vous devez donc leur faire confiance. 

A noter : L’inflammation de l’appendice peut se voir aussi bien chez la femme que chez l’homme et surtout elle peut toucher tous les âges, aux deux extrémités de la vie, et pas seulement de « 7 à 77 ans »..... 
 

Les symptômes de l’appendicite Docteur ?

« Au début il n’y avait rien, puis vint le commencement » : 

La douleur est généralement le premier signe d’une crise d’appendicite. 

Il est à noter que chez les jeunes enfants, les personnes âgées, les personnes diabétiques et les greffés rénaux, cette douleur peut être atténuée ou même absente.  

Chez les très jeunes enfants on peut retrouver une diarrhée ou des vomissements à la place de la douleur, ce qui peut faire penser à tort à un diagnostic de gastro-entérite pour les parents (mais aussi pour les médecins), qui essaient de donner des médicaments et le diagnostic est un peu retardé. Donc attention, consultation obligée chez son médecin traitant si l’enfant ne va pas bien ! 

La fièvre peut se voir, mais elle n’est pas toujours présente et même parfois absente. De plus elle peut être variable et rapidement évoluer dans un sens comme dans l’autre (entre 37 et 38-38,5°C) surtout si des médicaments contre la fièvre ont été donnés.

Par contre quand elle est élevée, elle peut correspondre à la présence d’un abcès et la douleur est alors très forte. 

En général, le médecin, par son examen clinique, la recherche de signes sur le ventre qu’il connaît, et la palpation de certaines localisations, va envisager la possibilité d’une crise appendiculaire, parfois parmi d’autres hypothèses, mais il préfèrera toujours penser à l’appendicite en premier. Il va alors vous proposer d’aller consulter un chirurgien, parfois en passant par les urgences.  

Le Chirurgien va alors refaire un examen clinique et probablement un toucher rectal, si le médecin traitant ne l’a pas fait, car ce geste donne une bonne idée de la présence de liquide inflammatoire au niveau de l’abdomen.  

Le chirurgien va alors décider d’opérer ou non !

Parfois, le chirurgien est obligé de s’aider dans sa décision, de certains examens qui peuvent être faits aux urgences, comme une prise de sang pour rechercher des signes biologiques d’infection, ou une échographie, pour visualiser directement l’appendice et un éventuel abcès.  

Il se peut qu’au cours de ces examens le diagnostic change et qu’une autre maladie infectieuse dans le ventre soit découverte, et dont les symptômes ressemblent à ceux d’une appendicite (infection urinaire simple, infection du rein, infection des zones génitales chez la femme ou de la prostate chez l’homme, etc.). 

Si l’examen de l’abdomen, l’interrogatoire et les examens réalisés ne sont pas en faveur de l’appendicite, le chirurgien peut autoriser le retour à domicile avec souvent quelques consignes de surveillance et une consultation rapprochée. Il est très important que le médecin traitant soit prévenu pour qu’il puisse continuer la surveillance et être rapidement à votre écoute si les douleurs persistent ou s’aggravent. 

Dans les cas intermédiaires et lorsqu’il n’y a pas d’urgence, le chirurgien peut décider de garder le patient en surveillance en milieu hospitalier et redemander des examens pour apprécier l’évolution. Cette décision est souvent prise chez les enfants, pour éviter une intervention chirurgicale qui ne serait pas utile, et parfois les nouveaux examens réalisés permettent de retrouver une constipation ou une colite. Avec un traitement simple l’enfant peut alors rentrer chez lui. 

Après le diagnostic……….Le traitement ! 

Il existe deux principales techniques de chirurgie pour traiter une appendicite : 

  • La chirurgie classique, dite « à ciel ouvert », c’est à dire par ouverture de la peau au niveau de la zone anatomique de l’organe, en général en bas et à droite, au niveau de ce que l’on appelle en médecine la « fosse iliaque droite ». C’est évidemment la technique la plus ancienne et qui a été pendant très longtemps la pratique usuelle de la chirurgie digestive.

    Elle permet d’enlever l’appendice, d’évacuer un éventuel abcès et est en général une technique rapide. 

  • La cœlioscopie, technique plus moderne et ne laissant que très peu de  séquelles esthétiques (des petites cicatrices minimes) supplante de plus en plus la technique classique.

    Elle consiste à insuffler de l’air dans l’abdomen pour dégager les tissus et libérer les organes, et à introduire "un Coelioscope" par le nombril, caméra reliée à un écran externe, qui permet au chirurgien de visualiser ses gestes.

    Des minimes ouvertures sur la paroi du ventre permettent d’introduire des instruments chirurgicaux pour enlever l’appendice.

    Son intérêt est que cette technique permet de voire l’ensemble de l’intérieur du ventre et parfois de trouver d’autres causes qu’une crise appendiculaire, qui peuvent donner les mêmes douleurs, par exemple chez la femme un problème au niveau des trompes ou des ovaires (infection ou kystes).

    De plus elle permet parfois de localiser de façon plus précise l’appendice quand celle-ci n’est pas dans sa position anatomique habituelle. 

  En général la durée d’hospitalisation est de 3 à 5 jours en moyenne.

Remarque : Comme tout le temps en médecine il existe aussi des formes plus graves que la crise appendiculaire classique.

En effet soit d’emblée, soit parce que le diagnostic a été retardé, l’inflammation de l’appendice peut conduire à la formation d’un abcès qui peut s’ouvrir et libérer de l’infection dans le ventre, conduisant à une infection appelée « péritonite ». C’est évidemment une urgence, qui devra nécessiter une opération chirurgicale rapide, pour nettoyer l’abdomen, enlever l’abcès et l’appendice. 

C’est pourquoi il faut absolument consulter son médecin traitant en cas de douleur au ventre, même sans fièvre et même si l’on a l’impression que « ce n’est rien », car le praticien effectuera un examen clinique précis, parfois des examens biologiques et il permettra d’éviter une perte de temps pour le diagnostic qui peut conduire comme nous l’avons vu à des infections plus importantes et urgentes et à une chirurgie plus compliquée. 

La question évidente que vous vous poserez surement : a quoi sert ou a servi l’appendice puisque l’on peut l’enlever !!!! 

Très bonne question qui malheureusement soulève de nombreuses hypothèses. 

Beaucoup diront « à rien », sinon à faire mal !!!!!!! 

Plus sérieusement, dans la littérature, beaucoup d’auteurs évoquent un organe ancestral de type "lymphoïde" comme les amygdales, c’est à dire participant à la défense de l’organisme, mais ayant perdu ses fonctions au cours de l’évolution, comme la partie terminale du coccyx qui devait être à l’époque une queue désormais disparue chez l’homme. 

En octobre 2007, William Parker, du Centre Médical de l’Université Duke (Durham, Caroline du Nord, Etats-Unis) émet l'hypothèse que l’appendice serait une "réserve protégée pour bactéries amies", permettant ou ayant permis de participer à la défense de l’organisme, mais qui ne représente plus pour nos générations un système absolu et nécessaire, et dont l’ablation n’entrainerait aucune conséquence, car notre système de défense immunitaire s’est évidemment extrêmement perfectionné au cours du temps. 

Conclusion 

Généralement plus douloureuse que grave, l’appendicite est souvent rapidement diagnostiquée et opérée, et les suites opératoires sont simples et sans séquelles. Dans certains cas la crise appendiculaire peut conduire à une infection plus grave si le diagnostic est retardé. D’où l’intérêt de consulter rapidement son médecin traitant devant une douleur abdominale ou une fièvre mal expliquée pour un diagnostic rapide et une prise en charge adaptée par les équipes chirurgicales. 

Dr Birman Laurent-David pour Médecin Direct, C0 974/2198

médecin généraliste


 

 

Conflits d’intérêts : l’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données diffusées dans cette interview ou publiées dans la référence citée.

 

Cet article est issu d’une expérience de terrain, il existe d’autres produits, et d’autres protocoles de prise en charge.


Conflits d’intérêts : L’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données diffusées dans cette interview ou publiées dans la référence citée. Cet article est issu d’une expérience de terrain, il existe d’autres produits, et d’autres protocoles de prise en charge.

 


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